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Thursday, November 20, 2008 ..:: Lu pour vous dans la presse flamande ::.. Register  Login
 Presse flamande du 20 novembre 2008 Minimize

« Le gouvernement n’inspire aucune confiance » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 20 novembre _ Traduction Jules Gheude

 

Prenez place dans une machine à voyager dans le temps et reportez-vous deux ans en arrière. Nous sommes en novembre 2006. Yves Leterme est ministre-président du gouvernement flamand, Jo Vandeurzen président du CD&V, Pieter De Crem chef de groupe à la Chambre. Au fédéral, les démocrates-chrétiens sont dans l’opposition. Guy Verhofstadt est Premier ministre, il dirige un gouvernement de libéraux et de socialistes.

 

Imaginez qu’on ait vécu alors des situations comme celles que nous connaissons aujourd’hui.

 

- Le gouvernement fédéral n’a pas de majorité en Flandre.

- Les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération au Développement se chamaillent sur la voie publique à propos du Congo.

 

- On réclame la démission de deux ministres, l’un pour copinage présumé dans la nomination de fonctionnaires de police, l’autre pour délit d’initié présumé dans la vente d’actions.

- Deux ministres se disputent depuis des mois sur la politique d’asile et d’immigration.

 

- Un budget dont personne ne peut dire quel est l’objectif exact. Des taxes sont introduites puis retirées. Plus personne ne s’y retrouve.

 

- Des négociations communautaires qui s’éternisent depuis seize mois sans le moindre résultat.

 

- Le plus grand bancassureur de Belgique vendu pour une bouchée de pain à la France et aux Pays-Bas.

Ce n’est pas rien…

 

Qu’aurait fait Pieter De Crem dans ces circonstances ? Il serait monté, semaine après semaine, à la tribune de la Chambre pour clouer le gouvernement au pilori dans les termes les plus durs. Et pas tout à fait à tort d’ailleurs.

 

Les incidents et problèmes que nous venons d’énumérer ne se sont pas passée il y a deux ans, mais maintenant. Sous un gouvernement qui est dirigé par Yves Leterme, avec Pieter De Crem à la Défense et Jo Vandeurzen comme vice-Premier et ministre de la Justice. (…)

 

Il y a bien sûr des excuses. Yves Leterme est devenu Premier ministre au plus mauvais moment. Le fossé entre le Nord et le Sud est - en partie à cause des promesses fermes lors de la campagne électorale de 2007 - plus profond que jamais. Nous traversons une crise économique et financière sans précédent, avec un taux d’inflation important et une économie qui régresse au lieu de croître.

 

A l’exception du communautaire, ce sont toutes des affaires sur lesquelles le gouvernement ou le Premier ministre a peu d’influence. Et pourtant. Là où nous pouvons certainement apostropher Leterme, c’est sur la manière dont son cabinet réagit à cette situation difficile. Ou ne réagit pas.

 

En fait, il n’y pas d’équipe sur le terrain. Le Premier ministre ne parvient pas à en créer une. Il n’y a pas un gouvernement, il y a 15 ministres et 7 secrétaires d’Etat qui font tous leur job et qui se contredisent. La confiance de la population ne cesse donc de diminuer, à un moment où elle est essentielle pour reprendre le dessus.

 

Le gouvernement doit se ressaisir d’urgence.

 

                                                                        °

 

« Geysen prend la tête des Vl.pro » - Titre à la Une du « Standaard » du mercredi 20 novembre – Traduction Jules Gheude

 

La position  de Bettina Geysen en tant que présidente des Vlaams Progressieven était devenue intenable après la divulgation de notes de frais exubérantes quand elle était manager à la VRT. Nelly Maes fera les fonctions de présidente ad interim.

 

                                                                                    °

 

« De Gucht » - Edito de Walter Pauli dans « De Morgen » du mercredi 20 novembre – Traduction Jules Gheude

 

(…) Espérons que Karel De Gucht ne pas répéter sa propre histoire. Son palmarès comme président du VLD était excellent jusqu’au jour où il s’est empêtré dans le droit de vote aux immigrés en voulant être trop conséquent avec lui-même.  Ce fut la fin indigne d’une présidence parfaite. Karel De Gucht devint ensuite ministre des Affaires étrangères et pendant cinq ans, il fut apprécié et applaudi, bien au-delà de la sphère libérale classique. Hier, le groupe MR de la Chambre était à couteaux tirés contre lui.

 

Karel De Gucht devra donc veiller à faire la part des choses entre son attitude conséquente et son entêtement, sa personnalité et son amour-propre. Cela n’a aucun sens d’organiser soi-même, pour la seconde fois dans une carrière, l’impossibilité de fonctionner.

 

 


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 Presse flamande du 19/11/2008 Minimize

« Deux coqs » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 19 novembre – Traduction Jules Gheude

 

(…) Que Karel De Gucht et Charles Michel  allaient se disputer à propos du Congo, voilà qui était parfaitement prévisible depuis la formation du gouvernement Leterme. Ce gouvernement compte trop de ministres pour le nombre de compétences qui demeurent encore au niveau fédéral. Et ont retrouve ainsi certaines compétences qui forment un tout réparties sur deux portefeuilles. Deux coqs, cela donne des visions contradictoires et donc des problèmes. Encore plus quand ces deux coqs sont d’un parti ou d’un rôle linguistique différent. (…)

Karel De Gucht a raison quand il critique Joseph Kabila et son entourage. Les régimes corrompus se succèdent au Congo. Et les choses ne progressent donc pas. Tandis qu’une élite s’enrichit scandaleusement, la situation ne cesse d’empirer pour la population congolaise. C’est inacceptable et il faut le dire.

Mais il y a la manière de le dire. Comme ministre des Affaires étrangères, Karel de Gucht se trouve à la tête de notre diplomatie. (…) Il se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine Avec comme conséquence qu’il est mis hors-jeu dans le dossier congolais, le seul dossier étranger pour lequel les autres pays observent d’abord ce que fait la Belgique. Comment est-ce possible ? De Gucht a-t-il un agenda intérieur au détriment du Congo ?

C’est pourquoi il est bon que Charles Michel continue à parler avec Kabila. Parler avec lui ne signifie pas être d’accord avec lui. En outre, chacun admet que la solution au problème de l’est du Congo doit être politique. Une solution politique n’est possible que lorsque les gens se parlent. Cela peut durer longtemps. Mais quoi qu’il en soit, parler va plus vite que ne pas parler.

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« Conducteur fantôme » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 19 novembre – Traduction Jules Gheude

Est-il devenu complètement fou ? C’est ce que s’est demandé hier un ministre francophone après avoir pris connaissance des déclarations impitoyables de Karel De Gucht à l’égard de Kabila, mais surtout du père et du fils Michel. (…)

Chaque jour qui passe, Karel De Gucht est de plus en plus un alien au sein de ce gouvernement, un être étrange. Charles Michel l’a comparé hier à un conducteur fantôme. (…)

Un scénario de rêve est prêt chez les De Gucht pour le 7 juin 2009 : le fils Jean-Jacques (24) gagne les élections flamandes pour l’Open VLD comme tête de liste et le père Karel (54) rejoint la Commission européenne après les élections européennes. Dans ce scénario de rêve, les élections fédérales ont également lieu le 7 juin, gagnées triomphalement par Guy Verhofstadt, le sauveur de la patrie, qui s’empressera de prendre à bord son ami Louis Michel comme nouveau ministre des Affaires étrangères. Mais que va-t-il se passer si c’est un  scénario de cauchemar qui se déroule, dans lequel la parole donnée à Karel De Gucht n’est pas respectée ? C’est la raison pour laquelle des partisans de De Gucht se sont demandé hier s’il était bien raisonnable de s’en prendre si fort à Louis Michel et, pis encore, à son fils Charles. Car rien n’est plus vite froissé que la fierté d’un père. Chez De Gucht, le culot confine souvent à la bravade.


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 Presse flamande du 18 novembre 2008 Minimize

 « Herman De Croo se convertit au fédéralisme » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 18 novembre – Traduction Jules Gheude

(…) Que De Croo n’était pas séparatiste, nous le savions depuis longtemps. Mieux, c’est l’un des peu nombreux politiques flamands de haut rang qui aimait appuyer sur le frein quand il s’agissait de la réforme de l’Etat. L’oracle de Brakel a la réputation d’un unitariste invétéré.

Dans son petit livre « Que la Belgique crève ? Questions aux séparatistes », il rectifie quelque peu cette image. Herman De Croo confesse maintenant de manière claire sa foi dans la nécessité d’une réforme de l’Etat. Il dit même expressément ne pas vouloir minimiser les transferts de la Flandre vers la Wallonie – estimés chaque année entre 6 et 10 milliards d’euros. De Croo qui se révèle un fédéraliste convaincu, voilà qui est nouveau. En outre, il reconnaît ainsi pour la première fois la ligne officielle du parti. Le VLD décida en effet un jour, lors d’un congrès, de tendre vers le confédéralisme.

Que cherche-t-il à atteindre avec son pamphlet ? Le séparatisme – la Flandre et la Wallonie qui deviennent deux Etats indépendants – ne figure pas, en effet, à l’agenda politique du moment. En fait, seuls deux partis politiques y sont favorables. Pour le Vlaams Belang, il ne sera jamais assez tôt pour la séparation totale. La N-VA voit la scission de la Belgique à plus long terme. Pour Bart De Wever et les siens, le séparatisme est le résultat ultime et inévitable d’un processus en plein développement. Pour le reste, je ne connais aucun parti qui est pour une scission pure, pas même la Lijst Dedecker.

Le séparatisme n’est donc pas aujourd’hui à l’ordre du jour. A première vue, De Croo nous met donc en garde contre un fantôme. Et il passe sous silence quelques affaires essentielles. Ainsi, il ne cesse de parler du coût d’une division du pays. L’Etat flamand indépendant se retrouverait à la traîne avec un problème financier. Mais De Croo minimise en même temps le coût de la construction belge actuelle. Et ici nous ne visons pas les transferts Nord-Sud, mais la « politique du gaufrier », l’inefficacité de la gestion, le double travail, les paquets de compétences non cohérents, les querelles quotidiennes entre francophones et néerlandophones qui bloquent la politique sur tous les thèmes possibles.

Mais revenons à la question de savoir pourquoi De Croo a écrit ce petit livre ? Pourquoi apparaît-il subitement comme un fédéraliste convaincu ? C’est simple. De Croo n’est pas un sot. Il regarde devant lui. Le séparatisme n’est peut-être encore qu’un fantôme, mais cela pourrait devenir un jour une vraie menace, notamment si aucune réforme approfondie de l’Etat ne voit le jour.

En fait, De Croo ne met pas en garde contre une scission du pays, mais contre un « non » persistant à une nouvelle réforme de l’Etat. C’est là que se cache le danger. Tout politique francophone devrait lire le petit livre de De Croo.


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 Presse flamande du lundi 17 novembre 2008 Minimize

«  Le parlement doit régler rapidement les dotations » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 17 novembre – Traduction Jules Gheude

(…) L’augmentation des dotations est réglée par une loi de 1993. Si les politiques fédéraux estiment qu’il faut adapter la loi, cela doit se faire au Parlement. Le Premier ministre Yves Leterme les y a invités, mais il ne passe rien. Le groupe de travail Dotations, souvent annoncé au Sénat, ne parvient pas à être installé, parce que la plupart des francophones freinent.  Si ce groupe n’est pas composé cette semaine, le CD&V menace de déposer une proposition de loi. Il apparaîtra alors que ce dossier a également une forte coloration communautaire. La plupart des francophones souhaitent maintenir les choses en l’état et considèrent un débat sur les dotations comme une attitude hostile envers le roi. Pour eux, il reste un peu comme la seule garantie pour l’unité du pays.

En réaction à la forte augmentation des Cobourg, les partis flamands de l’opposition ont ouvert tous les registres pour exprimer leur indignation. Ils ont d’emblée ressorti leurs propositions de loi.

Il n’est pas anormal de demander la clarté complète sur l’utilisation de l’argent du contribuable. (…) Dans d’autres royaumes, les princes et les princesses vont travailleur pour gagner leur pain, comme les simples mortels, et on trouve cela tout à fait normal. Lorsqu’ils doivent effectuer une mission protocolaire, ils peuvent recevoir une indemnité. Mais pas un salaire annuel.

C’est avec cette augmentation du roi en tête, que les leaders syndicaux vont discuter aujourd’hui avec les patrons du nouvel accord interprofessionnel. (…)

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« Le Roi n’a pas mérité cela » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du lundi 17 novembre – Traduction Jules Gheude

La Belgique est le seul pays occidental où le chef de l’Etat est constamment exposé au feu. Cela ne se passe nulle part ailleurs, certainement pas d’une manière aussi systématique et subversive. Dans tous les pays, le chef de l’Etat est respecté. Nulle part, on ne voit les nationalistes et séparatistes monopoliser quasiment l’information sur le chef de l’Etat et en dicter la direction. Je dois bien sûr faire une correction : cela ne se passe qu’en Flandre. Ailleurs dans le pays, le roi est apprécié pour ce qu’il fait. (…)

Le roi Albert ne mérite pas un tel traitement. Au cours de ces quinze dernières années, il a fait remarquablement son job. On ne peut pas lui reprocher de graves erreurs. Il est proche de la population et constitue en effet le ciment de la nation. C’est d’ailleurs pour cela que les nationalistes et les extrémistes cherchent à le descendre. Cela les gêne que le roi symbolise l’unité du pays et soit apprécié par la grande majorité de la population. L’arme préférée des fossoyeurs de la famille royale est l’argent. On essaie de susciter la jalousie dans la population, avec ce seul objectif : miner le chef de l’Etat et déstabiliser ainsi le pays.

Le roi doit-il être indexé ? Pour l’instant oui, parce qu’il s’agit d’une ancienne loi que les politiques ont omis d’adapter. Le Roi a-t-il demandé cela ? Nullement. La loi doit-elle être adoptée ? Bien entendu, car tous les Belges sont censés être égaux devant la loi. En ce compris le roi et les politiques. (…)

Le gouvernement fédéral renvoie la patate chaude au Parlement. C’est la solution de facilité. C’est livrer le roi aux extrémistes et aux séparatistes. Un gouvernement doit prendre ses responsabilités et faire ce pour quoi il a été désigné. Il doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires et ne pas les laisser au hasard. On n’agit pas ainsi avec le chef de l’Etat.  

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 « Le pays a-t-il encore un gouvernement ? » -  Titre de l’édito de Peter Vandermeersch dans « De Standaard » du samedi 15 novembre

 

 

(…) Et, entre-temps, on peut lire partout en Europe qu’Yves Leterme est qualifié de menteur par la commissaire européenne Neelie Kroes, un des poids lourds de la Commission. Leterme avait en effet affirmé que la Commission européenne n’avait pas été joignable lors du week-end crucial au cours duquel les pays du Benelux tentaient de sauver Fortis. On sait maintenant, grâce à la commissaire européenne, ce que vaut une telle affirmation. Hallo, Premier Leterme ?

 

Le Premier ministre dont les relations avec la presse n’en finissent pas de se détériorer, signe les SMS adressés cette semaine à notre rédaction par les mots : « De la part des chipoteurs amateurs ». Il semble bien que ces termes recouvrent de plus en plus la vérité. Pas vrai, Premier Leterme ?

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 Presse flamande du 14 novembre 2008 Minimize

 « Petits jeux pervers » - Edito de Roger Huisman dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 14 novembre

Le président congolais Joseph Kabila s’y entend beaucoup mieux en petits jeux politiques pervers qu’en gestion de son pays. Un digne successeur de feu Joseph-Désiré Mobutu qui savait toujours se jouer de ses partenaires belges. Kabila a reçu, il y a quelques jours, le ministre de la Coopération, Charles Michel. Cela pouvait ressembler à une tentative de dégeler les relations belgo-congolaises.

Bruxelles et Kinshasa n’étaient plus en bons termes depuis avril, lorsque le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, avait déclaré qu’il était de son devoir moral de fustiger la mauvaise gouvernance au Congo.

Il paraît que De Gucht a été furieux quand il a appris que Michel était en route pour Kinshasa. Tout comme André Flahaut et Armand De Decker dans le précédent gouvernement, Charles Michel essaie de jouer un peu au ministre des Affaires étrangères, avec beaucoup de grâce francophone et d’instinct de grandeur. Peu lui chaut s’il crée ainsi une nouvelle ligne de fracture dans la coalition fédérale chancelante.

En attendant, la situation au Congo devient de plus en plus effroyable et toute la région se prépare à un nouveau conflit transfrontalier. Des rumeurs inquiétantes font état de la présence de troupes angolaises, zimbabwéennes et rwandaises dans l’est du Congo. Cela ressemble à la deuxième guerre congolaise en 1998, qui coûta la vie à 4-5 millions de personnes.

La solution du conflit se trouve à Kinshasa, dans la rupture de l’incapacité ou du manque de volonté du régime Kabila de mettre les choses en ordre. Ce régime continue de soutenir les milices rwandaises hutu qui compromettent la sécurité dans l’est du Congo. Ces milices offrent un excellent prétexte à Nkunda et à son protecteur Kagame pour militariser cette région.

En outre, le régime rwandais joue un rôle secondaire important avec le refus obstiné de Kigali de donner aux éléments modérés de ces milices hutu une place dans la société rwandaise.

Joseph Kabila sait mieux que quiconque de quelle manière scandaleuse ses généraux et colonels s’enrichissent dans l’est du Congo en jouant un rôle-clé dans les réseaux maffieux qui se livrent au trafic des matières précieuses vers l’Europe et l’Asie.

Karel De Gucht, Charles Michel et l’ensemble du gouvernement sont au courant de ces situations intolérables. C’est pourquoi ils ne doivent pas se laisser entraîner dans ces petits jeux congolais.


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 Presse flamande du 7 novembre 2008 Minimize

 

« L’Open VLD est gêné (à juste titre) » - Titre de l’édito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 7 novembre – Traduction Jules Gheude

 

Quand Laurette Onkelinx (PS) se trouve en face d’eux, les ministres de l’Open VLD se mettent spontanément à crier. Quand Joëlle Milquet (CDH) se trouve en face d’eux, ils ne font que soupirer. Un accord avec Onkelinx est précédé de nombreux décibels, mais une fois qu’elle a donné sa parole, elle la tient, disent les libéraux. En revanche, il n’y a pas moyen, selon eux, de gouverner avec Milquet : quand elle est d’accord avec vous le soir, il est garanti qu’elle fait marche arrière le matin. (…)

 

N’est-ce pas l’Open VLD qui, par la bouche de Bart Tommelen, a exigé qu’Yves Leterme refasse son budget 2009, même pas un jour après que les ministres libéraux eussent donné leur accord ? L’encre n’était pas encore sèche que les libéraux parlaient de barbouillage dans les couloirs. Une mesure impopulaire  se trouvait dans ce budget : l’introduction d’une taxe sur les avions, Aujourd’hui, l’Open VLD fera tout pour la supprimer avant même qu’elle ne soit introduite. Une analyse du secteur montre en effet que la taxe coûtera plus cher qu’elle ne rapportera, un détail que le gouvernement Leterme avait négligé dans sa hâte et son désespoir. La vérité, c’est que les libéraux flamands sont profondément gênés de faire partie de ce gouvernement, et à juste titre.  Patrick Dewael et Karel De Gucht ont lancé, il y a deux semaines, la menace que leur parti quitterait le gouvernement si les choses ne s’amélioraient pas, en sachant fort bien qu’elles ne s’amélioreront pas. Pourquoi y rester alors ? « Sens des responsabilités », voilà le concept le plus creux à la rue de la Loi. La façon dont le gouvernement a bâclé son budget 2009 avec des aberrations comme la taxe-avion ne témoigne pas seulement d’un manque d’unanimité. Elle révèle aussi le mépris pour ceux qu’Yves Leterme appelle affectueusement « les gens ». En réalité, lui et ses ministres  entendent par là « le populo ». Comme si ce peuple ne comprenait pas que ce gouvernement rejette son indécision et son manque de courage sur les frêles épaules des jeunes générations. Après nous le déluge.

 

 

« Non, nous ne pouvons pas le faire » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 7 novembre

(…) Ce qui est possible en Amérique, devrait en principe l’être aussi ici. A notre niveau certes, mais cela devrait être possible. Et bien, ce ne sera pas le cas. Ce pays est politiquement sur une voie morte, ce pays est moribond, le blocage communautaire et idéologique est complet. Les exemples abondent. La réforme de l’Etat a été confiée à un dialogue de communauté à communauté qui est surtout destiné à atteindre les élections régionales de l’an prochain sans trop d’accrocs. En l’absence d’une réforme de l’Etat poussée, ni le gouvernement fédéral ni les gouvernements fédérés ne peuvent mener une politique cohérente pour affronter la crise financière et les conséquences économiques qui en résultent. Et ce qu’ils sont encore capables de faire en principe, ils ne le font pas en raison du blocage idéologique. C’est ainsi que, le mois dernier, le gouvernement Leterme n’a pu prendre aucune décision sur l’activation des chômeurs ou la politique d’asile et d’immigration. 

On se plaît ici à brocarder l’Amérique et ses cowboys. Il est vrai que le président George Bush nous en a largement donné l’occasion. Mais l’Amérique est manifestement un pays qui se corrige. Même à ce niveau-là, nous éprouvons des difficultés. L’an prochain, et pour autant que toutes les élections aient lieu en même temps en juin 2009, nous aurons une toute dernière chance de le faire, de réaliser une réforme approfondie de l’Etat et de prendre ensuite un nouveau départ. Si nous ne saisissons pas cette chance, ce pays implosera.

                                                                       


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 Presse flamande des 5 et 6 novembre 2008 Minimize

 « Scandalite » - Titre de l’édito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 5 novembre – Traduction Jules Gheude

Il y a dix ans, notre pays a été frappé par un virus tenace. Celui de la scandalite, un mal qui se propage rapidement et dont il faut chercher la cause dans le manque d’un projet d’avenir politique. (…)

Nous nous situons à nouveau tout à fait dans la sphère des « X ». Cette fois, il ne s’agit pas de sexe, mais d’autres faiblesses humaines : l’argent, le pouvoir et l’envie. Le monde des finances plein de magouilleurs et de menteurs. Tout politique est un criminel potentiel. (…)

Hendrik Boonen  a révélé hier que Karel De Gucht ne serait pas seul à avoir commis un délit d’initié, mais que toute une série d’autres ministres auraient fait la même chose. Il a communiqué leurs noms au parquet, mais ne peut malheureusement pas dire de qui il s’agit, de crainte d’être poursuivi si les informations qu’il a recueillies ne s’avéraient pas exactes. Chaque ministre est donc suspecté, ainsi que son (sa) partenaire, pour ne pas dire sa mère et ses enfants.

Hier les banquiers, aujourd’hui les politiques, ils sont tous pourris, à l’exception des défenseurs du consommateur trompé, réunis dans l’association dénommée Dolor. (…)

Quand Steve Stevaert ose payer au restaurant aves sa carte personnelle Visa, délivrée par Ethias, il y en a assurément un qui appelle le parquet pour se plaindre que le gouverneur mange aux frais du petit épargnant. (…)

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 « Barack Obama, l’espoir du monde libre » - Titre de l’édito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du jeudi 6 novembre – Traduction Jules Gheude

(…) Son expérience est mince et les défis sont gigantesques. Mais les vrais grands donnent leur mesure quand ils doivent vaincre des montagnes.  Barack Obama est un orateur exceptionnel. Dans son premier discours à la Nation, il y a quatre ans, l’ « unité » était son principal message. America united. Quatre plus tard, il n’a pas changé. Il veut réunifier un pays divisé, car il doit mener deux guerres et contrer la plus grave crise depuis les années 30. Barack Obama porte l’espoir de la nation. Et même du monde libre tout entier.

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« Chair de poule » - Titre de l’édito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du jeudi 6 novembre – Traduction Jules Gheude

(…) Obama sait parfaitement que les défis qui l’attendent sont gigantesques et que le plus grand danger qui le menace réside dans les espoirs qu’il a lui-même créés. Chercher une issue en Irak, réduire une dette d’au moins 10 mille milliards de dollars, rétablir les relations avec l’étranger, introduire une assurance santé pour chaque Américain, redistribuer la prospérité, répondre aux problèmes de l’immigration et du réchauffement climatique : un mandat ne sera pas suffisant pour tout cela.

Mais l’on peut peut-être espérer tout de cet homme qui est parti de rien et n’avait au départ aucun  réseau.

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 Presse flamande du 4 novembre Minimize

« Pas de marge pour les petits cadeaux » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 4 novembre – Traduction Jules Gheude

 

(…) Le gouvernement n’a de nouveau pas donné une impression combative, ces derniers jours. On cherche en vain l’unanimité chez les partenaires de la coalition. Le dossier sensible de l’asile et de l’immigration est bloqué. Le PS et le CDH, d’un côté, et le MR et l’Open VLD, de l’autre, se haïssent cordialement. Ce serait un petit miracle, dans ces conditions, si Leterme et Co pouvait parvenir à des accords mercredi.

 

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 « L’éthique plutôt que le pur pouvoir » - Edito de Guy Tegenbos dans « De Standaard » du mardi 4 novembre – Jules Gheude

Le ministre Karel De Gucht est sous le feu. Il est soupçonné de délit d’initié.

(…) Le délit d’initié est difficile à prouver et le contraire encore plus. Le grand danger est donc que ce dossier s’enlise : que la rumeur restera sans fondement et rongera la réputation de l’homme ainsi que celle de la politique entière et de l’Etat de droit. (…)

Jean-Luc Dehaene  n’avait qu’une seule règle : un ministre peut rester s’il estime lui-même qu’il peut rester. Et ses successeurs Guy Verhofstadt et Yves Leterme l’ont reprise.

Dehaene faisait appel à la conscience individuelle des ministres. Mais dans les faits, celui qui était assez fort - celui qui était suffisamment haut placé dans son propre parti - pouvait rester, et celui qui était au bas de l’échelle devait se retirer à la moindre broutille.

La pouvoir, et non l’éthique, est devenu le critère et le citoyen voit cela d’une manière fâcheuse. (…) Parce que le pouvoir, et non l’éthique, gouverne, les politiques ne discutent jamais entre eux de règles déontologiques. Ils se taisent à cet égard. (…)

Des règles éthiques sont toujours imparfaites et ne peuvent jamais résoudre toutes les questions pratiques. Mais c’est préférable à la règle du pur pouvoir. Cela empêche au moins tout dossier de s’enliser, à tort ou à raison.

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« Compter pour du beurre » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 4 novembre –  Traduction Jules Gheude

(…) S’agit-il ici d’un délit d’initié ou d’un concours de circonstances ? Sur base des déclarations du ministre, nous sommes portés à le croire. L’enquête de la CBFA nous apportera ultérieurement la réponse définitive.

Quoi qu’il en soit, cette affaire n’est pas bonne pour le prestige de De Gucht. Prestige qui est déjà entamé comme ça. (…) Le ministre n’a pas pu s’entretenir avec le président congolais Kabila, car il n’est plus le bienvenu à Kinshasa depuis ses déclarations sur Kabila et ses amis corrompus.

Beaucoup louent Karel De Gucht pour son franc-parler. Mais cela ne rapporte pas beaucoup. (…) Il fut longtemps président de l’Open VLD. Il mit dehors Jean-Marie Dedecker et aujourd’hui, le président de la LDD est le plus grand assaillant de son parti. Et au sein du gouvernement Leterme - du moins selon une interview du ministre dans « La Libre Belgique » -, l’Open VLD compte pour du beurre. Cela irrite le ministre. Nous voulons bien le comprendre. Mais que fait alors Karel De Gucht dans ce gouvernement ? Et s’il ne parvient pas à faire changer les choses, pourquoi continue-t-il à siéger ? Parce qu’il aime être ministre ? C’est sans doute cela.

                                                                       


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 Presse flamande du 3 novembre 2008 Minimize

« Rudy Aernoudt va sauver la Wallonie » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 3 novembre – Traduction Jules Gheude

(…) Depuis quelques semaines déjà, l’initiative d’Aernoudt est le sujet de discussion en Wallonie. Aernoudt connaît les coups de fouet et veille à attirer l’attention. Il manie la presse francophone et dose habilement ses interventions médiatiques. On annonce d’abord la création. Quelques semaines plus tard, on fait connaître le nom. Et un peu plus tard encore, le programme en dix points.

Les partis traditionnels ne sont nullement rassurés. Les libéraux francophones de Didier Reynders redoutent notamment un éventuel effet Aernoudt. La MR et LiDé sont deux partis libéraux et il n’est pas exclu que LiDé pique des voix au MR, ce qui pourrait affaiblir sa position dans la lutte acharnée pour la suprématie en Wallonie. Didier Reynders et Rudy Aernoudt se sont « parlé » avant que le nom du nouveau parti ne soit présenté.

On prétend que Reynders a essayé de dissuader Aernoudt en lui offrant une place sûre sur la liste MR. Mais on n’en sait pas plus. La possibilité d’un cartel MR-LiDé existe-t-elle ? Cela reste pour l’instant une question ouverte. Aernoudt n’est pas un fan des cartels et il veut tenter le coup avec ses propres forces.

Un Flamand (occidental) qui crée en Belgique francophone un parti politique avec, comme objectif, de mettre en quinze ans la Wallonie au même niveau que la Flandre, voilà un phénomène curieux. Comment les Wallons réagiront-ils à l’initiative d’un Flamand qui se sent appelé à devenir le sauveur de la Wallonie ? S’il parvient à avoir sur sa liste quelques « Wallons Connus », il a des chances de réussir lors des élections de 2009. Surtout si de plus en plus d’électeurs en ont plein le dos du combat entre MR et PS. 


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 Presse flamande du 31/10/08 Minimize

 

« Alliés objectifs » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 31 octobre – Traduction Jules Gheude

 

(…) Le pouvoir d’achat est important. Pour les gens et pour les entreprises. Quand les gens n’ont pas d’argent, ils ne peuvent rien acheter. Les entreprises subissent alors le contrecoup et licencient Et... Vous nous voyez venir. En fait, patrons et syndicats sont des alliés objectifs.

 

Le grand problème belge est que nos salaires bruts sont les plus élevés du monde. Et les gouvernements lèvent trop d’impôts en proportion de ce qu’ils font avec cet argent. Selon le groupe de réflexion Itinera, les pouvoirs publics pourraient épargner facilement 12 milliards d’euros s’ils fonctionnaient de manière plus efficace. 12 milliards d’euros, c’est gigantesque. Avec cela, on pourrait stimuler le pouvoir d’achat de manière gigantesque.

 

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« Dégraisser » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du vendredi 31 octobre – Traduction Jules Gheude

 

(…) La Belgique a une administration lourde. En comparaison avec les autres pays, il y a trop de fonctionnaires. De plus, ils ne travaillent pas toujours de façon efficace. C’est ce que révèle une étude du groupe de réflexion Itinera. (…)

 

Les fonctionnaires coûtent cher. (…) L’administration belge a besoin d’une révolution copernicienne. Luc Van den Bossche s’y est attelé, mais il a malheureusement échoué. Notamment parce que la fonction publique en Belgique - et en Flandre - est encore trop perçue comme un bac à sable pour les partis politiques. Aujourd’hui, on impose encore de pures nominations politiques. Sans parler des cabinets surpeuplés, tout-puissants et arrogants. Pire qu’à l’époque glorieuse de l’ancienne Union soviétique.

 

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« Typiquement belge » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 31 octobre – Traduction Jules Gheude

 

Nulle part en Europe, il n’existe un système comme celui de notre index, qui adapte les salaires et les allocations au coût de la vie. De même, on ne trouve pas en Europe un système comme celui de notre chômage économique, qui permet de casser temporairement le contrat des ouvriers quand la production se met à baisser fortement. (…)

L’index et le chômage économique : voilà deux mécanismes typiquement belges, qui forment un premier barrage contre les vagues de crise qui déferlent de plus en plus vite. Chaque jour, il y a des coups durs. Aucun secteur n’est épargné. Pas mal d’entreprises en difficulté se tournent expressément vers l’autorité publique. Car elles ont remarqué que celle-ci  était largement venue en aide aux banques.

Leur raisonnement est donc le suivant : ce que l’Etat a pu faire pour le secteur financier, il doit pouvoir le faire aussi pour d’autres entreprises. En outre, ce ne serait pas la Belgique si ce raisonnement ne s’accompagnait pas d’un petit volet communautaire : ce que l’on fait pour une entreprise flamande comme KBC, il faut aussi le faire pour une entreprise wallonne comme Sonaca, estiment les ministres francophones. La politique du gaufrier est de retour, mais elle n’a jamais été fort absente.


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 Presse flamande du 30 octobre 2008 Minimize

« Didier » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du mercredi 29 octobre – Traduction Jules Gheude

On peut dire que c’est un demi-miracle si des impôts sont encore perçus dans ce pays. Car l’organisation du département est un croisement entre ruine et foutoir. L’informatisation des services est un échec colossal. (…)

A la tête de l’organisation, de violentes querelles font rage. Un des managers a introduit une plainte fondée au Conseil d’Etat. S’il devait obtenir satisfaction, ce serait une catastrophe juridique pour les Finances, car cela signifierait que presque toutes les décisions de l’actuel comité de direction  n’auraient pas été prises de manière réglementaire.

Les Finances n’ont plus de véritable topmanager, mais sont gérées par un homme qui se trouve à un an de sa pension et Didier Reynders ne se hâte pas avec la procédure de succession. En attendant, il n’y a plus personne sur le terrain pour effectuer convenablement les contrôles.

Le cabinet s’occupe plutôt d’octroyer des postes à des personnes issues de régions spécifiques. Si vous venez des environs d’Alost ou de Liège, vous avez une bonne chance d’aller travailler aux Finances, grâce au ministre et à sa collaboratrice flamande chargée du personnel, Anne-Marie Verdoodt. La vieille culture politique est bien vivante, témoin les informations sur les interventions du cabinet dans des dossiers fiscaux individuels.

Voilà presque dix ans que l’on entend cette critique. Mais elle glisse sur Reynders comme l’eau sur un canard. L’objectif du libéral est manifestement d’installer le plus mauvais service de perception des impôts d’Europe. Cela semble réussir, car d’autres services européens ne nous prennent quasi plus au sérieux et refusent d’échanger des informations.

Ce manque criant d’efficacité est compensé par des tarifs fiscaux qui sont parmi les plus élevés au monde. (…)

Il est vrai que Didier Reynders a beaucoup de travail. Il n’est pas seulement ministre des Finances mais aussi vice-Premier. Il dirige les libéraux francophones et doit encore consacrer un demi-jour à éloigner Louis Michel de Belgique. En outre, il a déjà, selon ses dires, commencé une campagne électorale à temps plein pour les élections de juin 2009. Un homme ne pas faire tout en même temps.

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« La taxe à taux unique existe déjà » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 29 octobre – Traduction Jules Gheude

L’Open VLD et la Lijst Dedecker veulent introduire chez nous la taxe à taux unique. Cela signifie que chacun verse un même pourcentage de ses revenus, les riches pas plus que les pauvres. C’est de nouveau une idée qui vient d’Amérique. (…)

Il n’est besoin d’introduire cette taxe. En fait, elle existe déjà. Il s’agit d’un montant de 32.860 euros imposable par an. De tout ce que nous gagnons en plus, l’Etat empoche 50%. La même chose pour chacun. (…)

Il n’y a pas de meilleure illustration pour montrer que le niveau fiscal dans notre pays est beaucoup trop élevé. Avec ce tarif, nous sommes dans le top 3 ou 4. Et je laisse de côté le TVA, où nous jouons aussi en classe un. (…)

N’avons-nous pas reçu une baisse d’impôts ? Certainement. Ca été encore pire. Mais ce faisant, nous n’avons pas amélioré notre position en Europe. Presque tous les pays ont diminué leurs impôts. C’est justement au moment où la situation devient difficile que l’autorité publique devrait être en mesure de faire baisser la pression fiscale, de façon à donner de la marge aux entreprises et aux citoyens pour  pouvoir soutenir la concurrence et consommer. Beaucoup d’entreprises ferment ou licencient collectivement. Il ne faut pas chercher bien loin la raison.

 

 « A en devenir malade » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 30 octobre – Traduction Jules Gheude

Combien de millions de personnes ont été assassinées et sont mortes au Congo ces dernières années ? Personne ne le sait. Les estimations parlent de 4 millions. Avec cela, le Congo est le théâtre du plus grand génocide que le monde ait connu au cours des dernières décennies. Le Darfour et le Congo sont ensemble la honte humanitaire de ce siècle encore jeune.

Et ce n’est pas fini. Ces dernières semaines, les hostilités ont repris avec intensité dans la province du Nord-Kivu. (…)

Nkunda a quitté l’armée congolaise parce que le gouvernement ne protégerait pas les Tutsis - il en est lui-même un. (…)

Le Congo et la communauté internationale sont de nouveau divisés en deux. Selon les uns, le nœud du problème est à Kinshasa, plus précisément chez Kabila. Pour les autres, le président du Rwanda, Kagame, est le grand criminel. Les troupes rwandaises aideraient effectivement le général rebelle sur le terrain. Peut-être la vérité se situe-t-elle quelque part au milieu. Ni Kagame ni Kabila ne sont intervenus pour empêcher la violence. Ils l’ont prouvé dans le passé.

Quoi qu’il en soit, la population locale n’a que faire de telles discussions. Les dizaines de milliers de réfugiés dans le Nord-Kivu, qui, pour la nième fois en quinze ans, doivent abandonner leur maison et leurs biens, attendent de l’aide, et non des palabres, de la part des dirigeants politiques internationaux.

Et jusqu’ici, cette aide est très limitée. Les troupes des Nations unies, qui ont été envoyées au Congo pour protéger la population, se révèlent inefficaces. Il y a environ 6.000 casques bleus dans le secteur des hostilités. Beaucoup trop peu pour arrêter Nkunda. (…)

Que font ces hauts messieurs au quartier général de l’ONU à New York ? Ils « expriment leurs préoccupations », et ils « appellent à la retenue » ou ils « condamnent fermement les attaques ». C’est écœurant. (…) Pas étonnant que les Congolais de l’est s’en prennent de plus en plus aux troupes de la Monuc.

Ne pourrait-on pas cesser, pour une fois, ces petits jeux géopolitiques au sein du Conseil de sécurité de l’OBU ? Nous avons que les EU et la Grande-Bretagne sont derrière Kagame, comme d’autres apportent leur soutien à Kabila, nous pensons à la Chine. Chacun a ses raisons économiques et stratégiques. Mais le pays est maintenant en feu ! (…) Il faut agir. Et il faut davantage que de l’aide humanitaire. Les EU et l’Europe doivent intervenir au Nord-Kivu, par les armes s’il le faut. Pas dans un mois. Maintenant.

Les Congolais ont subi bien des choses au cours des dernières décennies. Mobutu, Kabila I et II, les guerres civiles, les pays voisins qui visent les richesses naturelles. Bref beaucoup de corruption, de misère et de violence pour le Congolais moyen. Cela doit stopper.

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 Presse flamande du 29 octobre 2008 Minimize

« Chacun banquier » - Edito de Johan Van Geyte dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 28 octobre – Traduction Jules Gheude

 

Les autorités belges ont déjà dépensé ces dernières semaines quelque 20 milliards d’euros pour renflouer les banques et les assureurs. (…)

 

Avec son apport financier, l’autorité - et donc chaque Belge - est devenu propriétaire d’une part de Fortis Bank, de Dexia, de KBC et d’Ethias. Dans cette optique, une petite place dans l’organe de contrôle principal d’une entreprise se justifie. Celui qui investit beaucoup a le droit d’être aussi à la barre.

 

Pourtant on peut se  demander si cette thèse peut s’appliquer dans ces dossiers. L’autorité doit-elle siéger au conseil d’administration d’institutions financières ? Il y a déjà suffisamment de conflits d’intérêts. (…)

 

Et ne va-t-il pas y avoir ici une discrimination, voulue ou non, entre les entreprises où l’autorité est actionnaire et celles qui n’ont pas ce même accès ? Car on  constate déjà les effets pervers. Grâce à l’aide publique aux banques faibles, celles-ci sont maintenant devenues plus fortes que les institutions qui ont mené ces dernières années une politique plus prudente et qui se retrouvent maintenant sous pression. ING et KBC était suffisamment solvables, mais elles ont dû néanmoins recharger leurs accus, car elles étaient dépassées par des collègues dopés.

 

Deuxième effet : celui des bonus. Le management de KBC laisse tomber ses extras pour 2008. Pourtant, ces administrateurs n’ont pas grand-chose à se reprocher. Ils ont dirigé leur entreprise en bon père de famille. Ceci contrairement aux banquiers qui faisaient bombance en appuyant sur la pédale quand les temps étaient favorables. Ils ont pu produire des gains importants avant de laisser derrière eux un désastre, mais ils se sont bien emplis les poches. Ce n’est pas quand cela va bien qu’on apprend à connaître les bons patrons et administrateurs, mais quand cela va mal.

 

Troisième effet pervers : des institutions comme KBC et ING ont reçu un prêt de l’autorité. Les intérêts sont liés aux dividendes. Plus la rémunération des actionnaires est élevée, plus il faut payer d’intérêts. Cela incitera l’entreprise à épargner sur les dividendes. Ce qui n’est pas de nature à séduire beaucoup d’actionnaires. Avec la forte chute boursière, beaucoup se sont déjà détournés des actions. Et cela risque de s’accentuer. Pourtant, en cas de reprise économique, l’appui d’actionnaires qui continuent à croire dans leur entreprise, est absolument nécessaire.

 

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 « Arrêter l’impunité » - Edito de Bart Beirlant dans « De Standaard » du mercredi 29 octobre – Traduction Jules Gheude

(…) La « communauté internationale » doit intervenir d’urgence. Quelques suggestions. Le procureur de la Cour pénale doit inculper Nkunda de crimes de guerre. Il faut une aide massive en faveur des personnes déplacées. La force de paix des NU doit enfin montrer les dents. Et les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent faire comprendre clairement au président Kagame qu’il doit rester à l’écart du Congo. Et que les victimes de ses crimes compteront aussi. L’impunité a assez duré.

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« Nouvelle guerre au Congo » - Edito de Roger Huisman dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 29 octobre – Traduction Jules Gheude

(…) Le nœud du problème dans l’est du Congo se trouve à Kinshasa, disent les spécialistes.

L’armée régulière congolaise travaille dans l’est avec les milices rwandaises hutues, ennemis jurés de Nkunda, et avec les milices locales Mai Mai.

Ce qui a amené Laurent Nkunda à l’offensive, c’est le fait que l’armée congolaise, ces dernières semaines, a pris régulièrement des positions dans une zone tampon qui était placée depuis janvier sous intervention internationale. Hélas, la force de paix des NU ne peut pas intervenir, pour des raisons politiques, contre cette armée gouvernementale, qui constitue - et sur ce point, tous les observateurs étrangers s’accordent - la plus grande menace pour la population congolaise.

Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a plaidé hier pour que des démarches diplomatiques soient entreprises auprès du Rwanda. Il faut que le président Kagame fasse pression sur Laurent Nkunda pour qu’il cesse son offensive. Cela n’apportera qu’un soulagement temporaire. Les véritables causes de la misère dans l’est du Congo subsisteront. Pour les éliminer, de nombreuses interventions diplomatiques sont nécessaires à Kinshasa. Hélas, la Belgique  ne dispose plus de leviers dans la capitale congolaise  - nous les avons perdus en avril, après la nième querelle entre Karel De Gucht et le président Joseph Kabila.

                                               

 

                                               

 

 

 

 

 

 


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 Presse flamande du 28 octobre 2008 Minimize

 « C’était fait exprès » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mardi  28 octobre – Traduction Jules Gheude

La Flandre devra se passer de la recette de la truite meunière. Sous la pression de son conseil d’administration, du gouvernement flamand, des organisations juives du monde entier, de prisonniers politiques et autres, la direction de la VRT a retiré le programme consacré à Adolf Hilter. La direction l’a fait à contre-cœur, comme on peut le déduire de son argumentation. La décision a été prise, en effet, pour des raisons de forme et non de contenu.

La direction explique que la programmation n’était pas opportune, mais elle reste derrière le concept et l’élaboration, sans doute parce qu’elle ne veut pas désavouer ses programmateurs et la tête de Canvas. Mais un programme de divertissement consacré au plus grand criminel de l’histoire - dont des victimes sont encore parmi nous-,  sans grand contexte historique, est une erreur fondamentale et même incompréhensible pour une station s’inscrivant jusqu’ici dans la tradition de Maurice De Wilde.  La porte-parole de l’émission parle d’un conflit de générations, mais ce n’est pas absolu. Il y a, parmi les jeunes, des personnes ayant suffisamment d’empathie pour les victimes. Tout comme certains, parmi les personnes âgées, sont branchés sur l’idéologie et n’ont pas assez d’empathie. S’ajoute à cela le fait que l’information de base du programme n’est pas vérifiable : on ne trouve aucune trace dans la littérature du plat préféré de M. Hitler, à savoir la truite. On peut donc supposer que les réalisateurs du programme ont associé à Adolf Hitler le plat que l’on consomme dans les montagnes bavaroises, dans l’intention de déclencher une controverse. Les réalisateurs s’attendaient bien sûr à des réactions, mais pas jusqu’à menacer le programme. Il n’y a pas si longtemps, il y a eu un autre incident avec un show de Canvas – Tomtesterom- ce qui a  accrédité l’idée que la direction et la tête de la chaîne voulaient  une programmation plus mordante en fonction du  petit public élitiste de gauche. (…) En d’autres termes, c’était fait exprès.