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Tuesday, February 09, 2010 ..:: Lu pour vous dans la presse flamande ::.. Register  Login
 Presse flamande du 10 novembre 2009 Minimize

« Il est logique que Leterme ait une seconde chance » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 10 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

Officiellement, on n’a pas encore discuté au CD&V de la succession de Herman Van Rompuy. « Encore trop tôt. Nous réglerons les problèmes quand ils se poseront. » Cette déclaration célèbre de Jean-Luc Dehaene date par hasard de la période où il était candidat-président de la Commission européenne...

On sait que Dehaene resta finalement « simple » Premier ministre de Belgique. Cela peut se passer aussi avec Herman Van Rompuy. Il se peut que d’ici quelques jours, tous les scénarios pour le poste de Premier ministre soient superflus et que la rue de la Loi range les spéculations.

C’est possible. Bien que les rumeurs, cette fois, soient  tenaces. « Il faut les prendre au sérieux », a-t-on confirmé, lundi, au bureau du CD&V. Et c’est vrai. Lorsque les journaux britanniques eux-mêmes mettent en avant Van Rompie comme favori, on peut en déduire qu’il n’y a effectivement pas de fumée sans feu.

Il est dès lors tout à fait normal que la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, tâte de manière informelle le terrain  pour savoir qui doit succéder à Herman Van Rompuy. (...) Tout tourne autour de la question de savoir si Yves Leterme doit avoir une  seconde chance.

Il ressort d’une petite enquête que la réponse est « oui, de manière quasi unanime. Surtout après le veto qu’un journal francophone a mis contre l’ex-Premier ministre. Cela a facilité le travail de Marianne Thyssen. Toute réticence à l’égard de Leterme a, depuis le week-end, fondu comme neige au soleil. Plus les francophones crieront « non » à Leterme, plus la pression sera forte sur Thyssen pour qu’elle n’y prête pas l’oreille. Ne pas tomber à genoux, telle est la recommandation.

Il ne nous paraît d’ailleurs pas anormal qu’Yves Leterme ait une seconde chance. Au contraire. Si la notion de démocratie a encore un sens, on doit tenir compte de la voix de l’électeur lors du partage des responsabilités politiques. Qu’il soit un bon ou un mauvais dirigeant, il reste qu’il a obtenu 800.000 voix. Et il les conserve jusqu’aux prochaines élections. (...) Un raisonnement qui vaut d’ailleurs aussi pour Inge Vervotte. Son poids démocratique est nettement plus important que celui de son successeur, Steven Vanackere.


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 Presse flamande du 3 au 6 novembre 2009 Minimize

« SNCB » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 6 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Et oui, comme toujours, on plaide maintenant pour un service minimum, comme cela existe en France, et pour une interdiction de grève durant les heures de pointe, comme en Italie. Mais, hélas ! la proposition  de loi que l’Open VLD a déposée à cet égard pourrit déjà depuis un an au Sénat. Elle est vouée à l’échec, comme c’est le cas a priori dans ce pays pour toute proposition touchant aux droits acquis.

Le dossier de B-Cargo est symptomatique de l’immobilisme de notre société. Le train comme symbole de ce pays : s’arrêter toujours un peu.

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« Grève » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du vendredi 6 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) A l’époque de la Colère Blanche, la plus grande grève qu’on ait jamais connue dans le secteur des soins, les cliniques et maisons de repos continuèrent à garantir un service minimum, conscientes de leur responsabilité sociale. Citez-moi une seule raison pour laquelle cela ne serait pas possible aux chemins de fer ?

« Le président Van Rompuy » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 3 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Le fait que l’on songe à un Belge comme président d’une instance européenne n’a pas de quoi surprendre. La Belgique, c’est l’Europe en format de poche avec ses nombreux partis, piliers, régions et communautés, oppositions idéologiques et communautaires. Un Premier ministre doit disposer de grandes capacités intellectuelles et politiques pour aboutir à un compromis et diriger le pays. Celui qui est capable de le faire en Belgique, devrait en principe pouvoir également le faire en Europe. Tel est le raisonnement.

Si Herman Van Rompuy devait devenir le premier président européen, cela signifierait la fin, à partir du 1er janvier prochain, de sa fonction de Premier ministre. Il faudrait donc un nouveau Premier ministre. Ce n’est pas un cadeau.

Le fait est qu’Herman Van Rompuy, du moins jusqu’à présent, ne prendra guère de place dans les livres d’histoire belge en ce qui concerne sa fonction de Premier ministre. Ce n’est même pas sa faute. Le problème, ce sont les oppositions tenaces dans ce gouvernement, qui ne lui permettent pas de faire les choix fondamentaux. Nous pensons, entre autres, à l’activation du marché du travail, à l’assainissement accéléré des finances publiques et à une réforme fondamentale de l’Etat qui rendrait les régions financièrement et fiscalement responsables de leurs choix politiques.

Mais Herman Van Rompuy est tout de même parvenu à rétablir le calme après deux ans de grande instabilité politique. Et avec les décisions qu’il a déjà prises, il a amorcé le tournant vers un redressement du pays. C’est un grand mérite. Celui qui lui devrait lui succéder, pourrait difficilement faire mieux.

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« Carrière contre son gré » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mardi 3 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Si l’Europe l’obtient, nous le perdons, précisément au moment où règne un certain calme pour contourner l’écueil le plus difficile, Bruxelles-Hal-Vilvorde, si c’est toutefois possible avec un Reynders dépendant du FDF. Leterme est prêt et il pourra difficilement résister à la tentation d’assouvir complètement sa rage sur tous ceux qui l’ont gêné. La question est de savoir si cet homme, porté naturellement à la confrontation, jouit d’une confiance suffisante chez ses partenaires de la coalition. Il y a une alternative. Steven Vanackere. Il s’entend bien avec tous les partis. Il a un inconvénient. Il n’a pas obtenu 800.000 voix.

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« Van Rompuy comme président » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du mardi 3 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Cela pourrait donc être Van Rompuy. Lors de la laborieuse formation du gouvernement en 2007, il a, comme explorateur royal, acquis la confiance de tous les partis. Mais avec 800.000 voix, Yves Leterme était incontournable pour le poste de Premier ministre, même si Guy Verhofstadt a dû pour cela déblayer le terrain. Lorsque Leterme tomba dans l’affaire Fortis, ce fut l’heure d’Herman van Rompuy. Les qualités qui en ont fait un Premier ministre fédéral l’an dernier, sont peut-être les mêmes que celles sur lesquelles l’Europe compte. La capacité à maintenir ensemble des partis qui sont condamnés à cohabiter. Il n’est pas certain que cela donne des résultats spectaculaires, mais on ne les attend pas non plus. Le plus important, c’est que l’Union liquide les conflits internes paralysants et que le temps fasse son travail, au moins le temps d’une génération. (...)

On saura vite comment l’Europe va naviguer avec Van Rompuy. En attendant, la politique belge est confrontée à un nouveau défi. Son remplacement touche seulement le CD&V. Si Yves Leterme réclame son droit d’aînesse - et pourquoi ne le ferait-il pas ? -, personne ne pourra y objecter quoi que ce soit. (...) Bon gré, mal gré, Leterme II est donc un scénario plausible.

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« Président » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du mardi 3 novembre 2009 – Traduction Jules Gheude

Cette fonction européenne au sommet pour Van Rompuy serait belle. Mais dans ce cas, Leterme réapparaît comme Premier ministre. Car qui d’autre le CD&V pourrait-il avancer ?

 


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 Presse flamande du 24 au 29 octobre 2009 Minimize

 

« Le Vlaams Belang a perdu le Nord » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 26 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Le conseil politique du Vlaams Belang a rejeté de justesse, samedi, la nouvelle direction, avec Marie Rose Morel comme vice-présidente. Le président Bruno Valkeniers a reçu mission de proposer pour fin novembre une nouvelle équipe et d’établir également une stratégie pour les prochains mois et années.

 

Voilà un événement tout à fait remarquable. C’est la première fois, dans l’histoire du Vlaams Belang, qu’une telle chose se produit. Serait-ce une expression de démocratisation au sein du parti ?

 

Le fait est que la base du VB a davantage voix au chapitre. C’eût été impensable du temps de Karel Dillen, et même de Frank Vanhecke. La volonté du président était faisait alors office de loi.

 

La cause de la rébellion réside incontestablement dans les mauvais résultats électoraux. Le temps où chaque élection se traduisait automatiquement par un gain, est définitivement révolu. Et cela, les membres du VB peuvent difficilement l’avaler.

 

Il y a évidemment beaucoup plus de concurrence à droite. La N-VA et la Lijst Dedecker sont devenus de redoutables adversaires. La personnalité de Bart De Wever, surtout, charme pas mal d’électeurs de droite. Les militants du VB adressent cependant un regard accusateur à leur propre direction. Les querelles des derniers mois n’ont pas été bien accueillies par la base. Le vote de samedi en est une expression. Les dirigeants ne sont plus suivis aveuglément. Ils doivent apprendre à vivre avec le fait qu’ils ont des comptes à rendre à la base. Une nouveauté pour le Vlaams Belang.

 

Le message qui a été délivre samedi n’est cependant pas tout à fait clair. D’un côté, le  conseil du parti demande une communication plus douce, d’un autre côté, on écarte quelqu’un comme Marie-Rose Morel. Que veulent les militants en fait ? Je croyais que Morel  était justement favorable à un langage plus modéré. N’est-ce pas elle qui attaqua le grossier Filip De Winter ? Et maintenant elle n’est pas acceptée comme vice-présidente. Ce n’est pas logique.

 

Il n’y a à cela qu’une explication. Le Vlaams Belang a perdu le Nord. Le doute frappe. Tant au sujet de la direction que du programme et de la communication. Le bloc monolithique présente des fissures.

 

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 « Etat vassal de la France » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du samedi 24 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Les rapports de force entre Paris et Bruxelles sont tels qu’on ne peut même plus envisager une stratégie pour sortir quelque peu de cette étreinte et, mon Dieu ! et garder l’illusion d’une marché libre de l’énergie. Depuis la crise financière, nous sommes devenus encore plus qu’avant un Etat vassal de la France. Il vaut mieux nous y habituer, car les choses ne changeront plus.

 

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 « La Flandre, de moins en moins top-région » - Titre à la Une du « Standaard » du jeudi 29 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Les prestations du marché du travail flamand ne s’améliorent pas, bien au contraire.

 

Taux d’emploi

 

                                               Les top-régions                  Flandre

                                           (Scandinavie, régions

                                          allemandes, britanniques,

                                                et néerlandaises)

 

Total                                                 73,9%                              66,5%

 

Personnes âgées                           59,2%                               34,3%

 

Sans formation                             64,4%                             53,3%

 

Les prestations flamandes très modérées contrastent pourtant violemment avec celles de Bruxelles et de la Région wallonne, qui se balancent toutes deux en queue, en compagnie de l’Espagne du Sud et de l’Italie du Sud.

 

Le ministre flamand de l’Emploi, Philippe Muyters (N-VA) veut conclure dans les mois qui viennent un accord étendu avec les partenaires sociaux sur une nouvelle politique de l’emploi. Il veut tirer un maximum de leçons de l’exemple des pays scandinaves, qui font systématiquement de bons scores.

 

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 « Le plus mauvais ministre des Finances qu’on  ait jamais eu... » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 29 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Désolé, lecteur, de parler une fois encore de Didier Reynders dans cette rubrique. Je sais, mon récit est monotone, mais pas moyen de faire autrement.

 

Il s’agit cette fois des recettes TVA. Un fonctionnaire à Bruxelles n’a sciemment pas perçu, entre 1990 et 2005, un tas de montants redevables. Il a fait cela en échange de repas et de billets d’avion offerts par une série d’entreprises. Un échange de courrier confidentiel entre l’administration des Finances et la Cour des comptes révèle que la faute aurait coûté 110 millions d’euros au Trésor.

 

D’abord ceci. Le fait qu’un fonctionnaire commette une faute n’est pas la responsabilité politique ou personnelle de Didier Reynders. (...) Mais il ne s’agit pas de cela ici. Le problème, c’est que Monsieur Reynders s’abstient d’entreprendre une action contre le fonctionnaire, entre-temps condamné. Il ne fait rien pour exiger de l’intéressé la restitution des sommes manquantes. La Cour des comptes est prête à intervenir, mais elle ne peut le faire qu’au départ d’une plainte du ministre des Finances. Et celui-ci ne bouge pas. Il y aura prescription l’année prochaine, et il ne sera plus possible de récupérer l’argent ou du moins une partie.

 

Reynders dément. Naturellement. Il fait à nouveau une « Reynderske » : il n’y a pas de problème. Celui qui prétend le contraire, n’a rien compris. Nous verrons.

 

On l’a souvent écrit et cela se confirme, hélas ! une fois de plus aujourd’hui : Reynders ne fait pas bien son job. Notre argent n’est pas dans de bonnes mains avec lui.

 

Au moins une fois par mois, il fait la une de manière négative. Mauvais contrôles, pas de politique du personnel, nominations politiques, erreurs de calcul, équipement déficient....  Dites quelque chose qui peut mal tourner, et cela s’est déjà passé. Mais cela ne le gêne pas. Cela glisse sur lui comme  l’eau sur un canard.

 

Ce qui très surprenant, ce que ses partenaires de la coalition continuent à tolérer cela. Le CD&V l’a un jour qualifié de plus mauvais ministre des Finances. Quand aura-t-il cinq minutes de courage politique pour le mettre en garde ?

« Reynders gagne, mais sa pension approche » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 28 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

La mutinerie est terminée chez les libéraux francophones. Les deux camps ont conclu un armistice. Didier Reynders en sort relativement indemne. Il n’a pas dû faire la plupart des concessions.

Les rebelles, appelez-les pour plus de facilité « le clan Michel », visaient surtout la double fonction de Reynders. Il est à la fois président de parti et vice-Premier au gouvernement fédéral. Cela ne pouvait plus durer, estimaient les Michel. Reynders devait choisir. Et s’il ne le voulait pas, il fallait organiser une consultation parmi les membres du MR. C’était leur exigence minimale.

Ils n’ont eu ni l’un ni l’autre. La base ne peut pas s’exprimer sur la question, tandis que Reynders peut continuer à porter ses deux casquettes. Jusqu’aux élections législatives de 2011. En échange, il accepte un vice-président supplémentaire à ses côtés. Et les anciens présidents ont aussi davantage leur mot à dire.

Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme Reynders « Monsieur Teflon ». Lisse comme une anguille, il est resté insaisissable aux  rebelles. Car soyons clair : la croisade du père et du fils Michel n’était pas dépourvue d’intérêt personnel. Le fils Charles espérait soit une promotion comme vice-Premier, soit la présidence du parti. Il n’a rien obtenu.

Reynders a joué si habilement que l’interdiction du cumul d’un portefeuille avec la présidence n’est prévue qu’à partir de son successeur. Et le quatrième vice-président, Willy Borsus, chargé des affaires régionales, ne peut guère lui faire de tort à présent que le  MR est écarté des gouvernements régionaux.

Ce que Didier Reynders doit maintenant faire, c’est tout doucement penser à sa pension. Je crains que son rôle ne soit définitivement joué après 2011. A moins qu’il n’obtienne dans deux ans une victoire électorale éclatante. Mais, dans la configuration actuelle, ce n’est pas gagné. Au contraire. Sans nouveaux scandales, le PS remontera la pente et la concurrence d’Ecolo et du CDH est de plus en plus forte.

Quelqu’un qui doit également se faire du souci, c’est Olivier Maingain. Sans le tout-puissant Didier à la tête du MR, l’influence du FDF va se rabougrir. C’est peut-être une bonne nouvelle pour le Premier Van Rompuy. Il doit en effet s’atteler sous peu à BHV.

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 « Pourquoi cela réussirait-il ? » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 27 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

Le parlement de la Communauté germanophone a enclenché hier un conflit d’intérêts contre les propositions de loi flamandes visant à scinder la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde. De ce fait, le Premier ministre Herman Van Rompuy reçoit plus de temps pour élaborer une solution négociée. Celle-ci est nécessaire parce qu’il y a partout des circonscriptions  électorales provinciales, sauf dans le Brabant flamand. Là, il y a toujours deux arrondissements électoraux : celui de Louvain et celui de BHV. Selon la Cour constitutionnelle, c’est une discrimination : ou bien, on a partout des circonscriptions électorales provinciales, ou bien on n’en a nulle part.

En principe, il y a trois solutions possibles.

1. Les propositions de loi flamandes sont votées Flamands contre francophones en séance plénière de la Chambre. Les francophones disent qu’ils n’accepteront pas cela. Dans ce cas, le gouvernement tombe.

2. Un retour aux anciens arrondissements électoraux. Cela avantage les grands partis. En Flandre, il n’y en a plus qu’un, le CD&V. Les autres partis seront-ils d’accord ?

3. Une solution négociée. C’est ce que veut Herman Van Rompuy. Mais a-t-il quelque chance de réussir ? Nous avons des craintes.

Pourquoi réussirait-il là où Guy Verhofstadt a échoué ? La question est d’autant plus pertinente qu’immédiatement après les élections de juin 2007, tous les partis flamands ont déposé des propositions de loi visant à scinder BHV sans conditions. Herman Van Rompuy a personnellement signé la proposition de loi du CD&V. Les partis flamands peuvent-ils faire marche arrière ?

Pour aboutir dans des négociations, il faut une bonne atmosphère. Elle fait défaut. Les réactions francophones à la décision flamande d’envoyer des inspecteurs néerlandophones dans les écoles francophones en Flandre ne laissent aucun doute à cet égard.

En échange de la scission, les francophones demandent la nomination des trois bourgmestres francophones dans la périphérie flamande et l’élargissement de Bruxelles. Les Flamands ne veulent pas en entendre parler.

En initiant un conflit d’intérêts, le Communauté germanophone a acheté du temps pour Herman Van Rompuy. Le parlement bruxellois voudrait en faire de même. Après, il n’y aura plus d’échappatoire. Sans solution, il ne sera plus possible d’organiser encore des élections légales pour la Chambre en 2011. Un pays qui ne peut même plus organiser des élections, n’est plus un pays.

 


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 PResse flamande du 23 octobre 2009 Minimize

« Curieux : on peut payer, mais pas contrôler » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du vendredi 23 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

Les francophones se sont laissé surprendre par une manœuvre du Parlement flamand. Celui-ci a approuvé le décret par lequel l’inspection de l’enseignement primaire francophone dans les communes flamandes à facilités tombe dans des mains flamandes. Contre ce décret aussi, ils avaient mis en route un carrousel de conflits d’intérêts, mais entre la fin du troisième conflit et le déclenchement d’un quatrième, il y eut un vide. Les députés flamands en ont profité. C’est  la procédure parlementaire normale, ni plus ni moins.

Les francophones ont été pris de vitesse. Il ne leur reste plus qu’à contester le décret devant la Cour constitutionnelle, ce qu’ils vont faire. En attendant, ils protestent énergiquement contre cette nouvelle « gifle » de la Communauté flamande. Dans leurs communiqués, ils utilisent le même langage que celui employé en ce fameux jour de novembre 2007, lorsque les députés flamands avaient approuvé la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde en commission de la Chambre. Les Flamands s’étaient alors également vu reprocher d’attiser sciemment les tensions communautaires.

De quoi s’agit-il aujourd’hui ?  La Flandre paie l’enseignement francophone dans les communes à facilités. Les francophones trouvent cela normal. Désormais, l’inspection de l’enseignement, le contrôle de la qualité, seront exercés par la Flandre. Ils trouvent cela anormal, une « provocation ». En Communauté germanophone, l’enseignement francophone  relève de la compétence des germanophones. Ce n’est pas une catastrophe. Curieux.

Pouvons-nous rappeler la petite école flamande « De Taalkoffer » à Comines, une commune à facilités pour les néerlandophones ? Depuis sa création en 1979, cette école est subsidiée par la Flandre. Elle n’a jamais reçu un franc ou un euro de la Communauté française, parce que celle-ci a toujours refusé de la reconnaître.

L’approbation du décret sur l’inspection est une illustration parfaite de la doctrine Maddens. Selon cette doctrine, le gouvernement fédéral est mis progressivement sur la paille, de façon à mettre les partis francophones sous pression et les amener à accepter les réformes communautaires. Certains qualifient cela de « fédéralisme de combat ». Mais qui veut l’élargissement ? Pas la Flandre. Voilà des années que les partis wallons ont convenu qu’il n’y aurait pas de solution pour BHV sans élargissement de Bruxelles. Qui laisse ici pourrir  les choses ?

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« C’est la logique même » - Edito d’Yves Desmet dans « De Standaard » du vendredi 23 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Il est clair que le Parlement flamand a fait ici le forcing pour éviter qu’un énième conflit d’intérêts ne soit déclenché. (...)

Ces écoles en question sont financées par la Flandre, elles se trouvent en territoire flamand et l’enseignement est une compétence communautaire. Rien de plus logique, donc, que l’inspection soit également exercée par l’autorité flamande.

Mais nos collègues francophones sont déjà convaincus que ce n’est qu’une première étape pour miner l’enseignement primaire francophone dans les communes à facilités, et même le supprimer. Pourtant, personne en Flandre n’a jamais plaidé en faveur de cela. La Constitution  bétonne d’ailleurs les facilités.

Il n’y a donc rien à craindre et cependant, on a une réaction incroyablement virulente. Cela montre à quel point les préjugés sont  sensibles. Le fossé reste grand entre les principes du « droit du sol » et du « droit des gens ». (...)

Cela promet pour le jour où Herman Van Rompuy décidera de mettre à l’agenda la délicate question de BHV, un problème qui exigera visiblement plus que « cinq minutes de courage politique ». L’avantage est que Van Rompuy  en est plus conscient que d’autres dans son parti et dans l’ancien cartel.


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 Presse flamande du 21 octobre 2009 Minimize

« Reynders ne dansera jamais au rythme dicté par un Michel » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 21 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Les présidents de parti doivent être choisis avec soin. Ce sont des gens puissants. Regardez Didier Reynders, qui s’est fait lui-même vice-Premier. Au MR, on trouve que c’est une combinaison malsaine. Une quarantaine de responsables, et non des moindres, veut y mettre fin. Reynders doit choisir : rester président ou ministre.

Les mutins voudraient bien qu’il reste ministre. Mais Reynders ne voit pas les choses de cette façon.  S’il devait vraiment être placé devant le choix - et il y a des chances que cela se produise très rapidement -, il quitterait vraisemblablement le gouvernement.

Reynders sait bien pourquoi. Un président de parti est comme un régisseur. Il dirige le contenu du film, choisit, coache et met personnellement en scène les acteurs. C’est surtout vrai dans un parti comme le MR, qui ne doit pas tenir compte d’une mutualité ou d’un syndicat.

Voyez-vous Reynders comme une marionnette dont le père et le fils Michel tireraient les ficelles ? Impossible ? Il préférerait encore entrer au couvent.

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« Reynders » - Edito de Walter Pauli dans « De Morgen » du mercredi 21 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

La fin politique de Didier Reynders pourrait bien être proche, maintenant que d’importantes personnalités du MR ont demandé son départ. Et les Michel, père et fils, ne sortiront pas du maquis avant d’être sûrs du succès de leur attaque.

C’est donc probablement la fin politique d’un homme qui est apparu durant des années comme « incontournable », « intouchable ». Car il était à la fois vice-Premier, ministre des Finances et des Réformes institutionnelles, et président du MR. Même au sein du PS, il fallait chercher loin pour trouver un tel cumulard. (...) Rien ne se passe sans Reynders. Et avec Reynders, il ne se passe également rien.

Reynders est le visage charmant, aimable, de la stratégie du pourrissement politique. (...) Il incarne l’impasse dans laquelle se trouve ce pays. (...) Là où Reynders paraît, il n’y a plus de vie politique. Même au sein de son propre département : jamais le fisc n’a été aussi mal organisé. (...) Et même dans le pays : avec Didier Reynders, BHV fut totalement bloqué, tout comme tout autre discussion sur la réforme de l’Etat. Tout glissait sur l’homme, se heurtait à une cuirasse fournie par Armani : celle du pouvoir.

Reynders est le catenaccio fait homme, l’anti-football de la politique. (...) Les élections fédérales de 2007 furent les élections ultimes de Reynders. Il parlait d’une victoire historique, car le MR était pour la première fois le premier parti en Wallonie. Exact. Le MR avait toutefois reculé en sièges. Mais le PS en avait perdu bien plus. Une coupe sombre : voilà à quoi ressemble le paysage politique à la Reynders.

Malgré cela, Didier Reynders a marqué sa place dans l’histoire politique du Royaume de Belgique : jamais quelque chose d’aussi inconsistant n’aura connu un tel essor.

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« Ce sera mieux sans Reynders » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du mercredi 21 octobre 2009 – Trdauction Jules Gheude

(...) Il y a encore deux ans, Reynders était au sommet de son pouvoir, visant le poste de Premier ministre fédéral. (...) La famille libérale était devenue la plus grande en Belgique. Reynders est surtout connu en Flandre comme celui qui, depuis dis ans, est responsable du mauvais fonctionnement et de la modernisation beaucoup trop lente des Finances. En Wallonie et à Bruxelles, c’était seulement une question de pouvoir. Peut-il ou non se maintenir et à quel prix ? (...)

Longtemps, il est apparu intouchable, mais il semble que le père et le fils Michel aient franchi le Rubicon et veuillent entreprendre le combat final.

Reynders est plus un tacticien rusé qu’un stratège clairvoyant. En disant que, s’il doit choisir, il préfère rester président, il essaie de placer les dissidents devant un dilemme. Mais c’est trop tard pour ce genre de petits jeux. Il risque d’être un président sans parti. (...)

Vu de Flandre, il vaut mieux que Reynders tombe. S’il reste encore aux Finances pendant deux ans, ça ne fera pas une grande différence au niveau de l’appréciation finale. Il peut encore jouer l’an prochain un rôle de vedette lors de la présidence belge de l’UE. Mais avec les négociations sur la scission de BHV et la réforme de l’Etat en vue, il est préférable que le marteau de la présidence du MR passe dans d’autres mains – celles de Charles Michel ? Ce Reynders abîmé risque d’être encore plus tributaire qu’avant des « Vlamingenhaters » (haïsseurs des Flamands)  du FDF.


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 Presse flamande des 15 et 16 octobre Minimize

« A chacun sa vérité » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 16 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Le gouvernement est convaincu qu’Electrabel paiera, il y a un accord. Mestralet a lui-même fait savoir qu’il voulait payer. Mais il parlait d’une contribution au cours des cinq prochaines années, jusqu’en 214, alors que le ministre de l’Energie Paul Magnette parle d’une contribution jusqu’à la fermeture des centrales nucléaires en 2015. Qui a raison ? En outre, il n’ay a toujours pas d’accord signé.

Le ministre du Budget Guy Vanhengel dit que le gouvernement sait depuis longtemps qu’Electrabel ne paierait pas la contribution de 500 millions pour 2009 et qu’il a en a tenu compte, car elle avait été décidée unilatéralement. Si c’est vrai, pourquoi le parlement ne devait-il pas le savoir ?

Guy Vanhengel a été immédiatement contredit par le premier ministre Herman Van Rompuy. Electrabel devait payer une taxe aussi bien en 2008 (222,4 millions d’euros) qu’en 2009 (500 millions d’euros) mais il conteste ces montants devant la Cour constitutionnelle, en raison d’une décision unilatérale du gouvernement. Herman Van Rompuy espère obtenir satisfaction devant la Cour constitutionnelle ?

Décision unilatérale ?  On disait pourtant en 2007 que le gouvernement avait un accord sur la contribution.

Bonne gouvernance. Un slogan. Mais uniquement durant les campagnes électorales.

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 « Le gouvernement fédéral bâtit des châteaux en Espagne » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du vendredi 16 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) On a de plus en plus l’impression que le gouvernement Van Rompuy est en train de bâtir des châteaux en Espagne. Il n’y a pas seulement Electrabel. Il y a aussi les banques. La taxe sur les banques n’a qu’un jour et Didier Reynders est déjà prêt à la renégocier. Tout simplement parce qu’il est arrivé à la conclusion que sa proposition était insensée.

De quoi la tête du gouvernement s’est-elle en fait occupée ces dernières semaines ?

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« Congédié sur-le-champ » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 16 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Si nous faisons le compte global, Electrabel recevra (vraisemblablement) 250 millions – cadeau du fisc – et ne devra (vraisemblablement) pas payer 500 millions. Les taxes de 2010, 2011 et 2012, de chaque fois plus de 200 millions, seront donc nécessaires pour compenser la perte. Reste donc : un bon 450 millions pour les années 2013-2014.

Un ministre qui laisse commettre de telles erreurs devrait être congédié sur-le-champ.

« Un pays curieux » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 15 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Cela reste un pays curieux. Quelques exemples.

 

La Chambre  a débattu hier de la déclaration gouvernementale. La majorité a trouvé bien tout ce que le gouvernement veut faire, l’opposition a estimé que cela ne ressemblait à rien. Mais pourquoi ce débat était-il encore nécessaire ? Immédiatement après la lecture de la déclaration gouvernementale, tous les partis  étaient déjà comme des poules pour livrer leur commentaire définitif devant les caméras de TV. Il y a même des partis qui ont diffusé des communiqués sur le travail budgétaire avant que les détails n’en soient connus.

 

Parlons-en, du budget. (…) Un certain nombre de mesures ont bien été décidées, mais il n’y a pas encore d’accord définitif à ce sujet. Le gouvernement fédéral attend ainsi une contribution du secteur de l’électricité en échange de la prolongation des centrales nucléaires. Mais cet accord ne semble pas encore complet. Idem avec la contribution des banques en échange de l’appui qu’elles ont reçu au moment de la crise financière. Quelle banque doit payer ? Et quoi ? Personne ne le sait. (…)

 

Nous risquons de payer deux fois le soutien aux banques. Nous nous expliquons. Lorsqu’une série de banques menacèrent de s’effondrer, elles reçurent de l’argent du gouvernement. Celui-ci a dû prêter cet argent et il peut éventuellement le récupérer. En attendant, des intérêts doivent être payés sur ce prêt avec l’argent du contribuable. En échange de ce soutien, les banques doivent maintenant payer une prime de garantie de plus de 500 millions d’euros par an. Les banques répercuteront cela sur leurs clients : crédits plus chers, moins de rente sur l’épargne et moins de dividendes. Cela signifie que nous payerons deux fois. La première fois pour sauver les banques, la seconde fois parce que nous les avons sauvées.

 

Un dernier exemple. La Communauté germanophone va initier une procédure en conflit d’intérêts contre les propositions de loi flamandes visant à scinder l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Elle n’a rien à voir avec cela. Mais elle le fait pour accorder au Premier ministre Van Rompuy du temps en vue d’une solution négociée pour un problème qu’il a lui-même créé, il y a deux ans, lorsqu’il était encore député, en déposant à la Chambre les propositions de loi visant à scinder BHV.

 

Un pays curieux. Vous ne trouvez pas ?

 

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« Allo, le CD&V ? Comment se porte votre courage politique ? » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 15 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(…) Prenez maintenant BHV. Un problème qui est en fait extrêmement simple - en dehors de Bruxelles, il n’y a pas de territoires bilingues, dit la Constitution -, mais qui continue à traîner. Il y a pourtant au parlement une majorité pour voter la scission de BHV. Mais une minorité l’en empêche.

 

Vous suivez encore ? Pas de problème, vous n’êtes pas les seuls. Quelqu’un de normal ne peut pas comprendre. L’essence d’un régime parlementaire démocratique n’est-elle pas précisément que la minorité s’incline devant la majorité ? Je le pensais. Mais ce n’est donc pas le cas en Belgique.

 

Et encore plus beau. Pour éviter un vote au parlement, la Communauté germanophone est priée gentiment, mais de façon pressante, d’initier une procédure de conflits d’intérêts. De cette manière, le traitement du dossier sera retardé de quelques mois. Vous avez bien entendu. La Communauté GERMANOPHONE. Une population qui habite à 200 kilomètres du territoire concerné. Quel intérêt, bon Dieu, peuvent-ils avoir à BHV ?

 

Ce n’est qu’un exemple pour montrer à quel point ce pays fonctionne mal et de manière folle. Pourtant, nous n’avons pas entendu Herman Van Rompuy aborder ce sujet mardi. Quand va-t-il, avec son parti, montrer cinq minutes de courage politique ? Allo, monsieur Leterme ? Ne vous sentez-vous pas concerné pour mettre cela sur le tapis ?

 

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« Notre génération d’abord » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du jeudi 15 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(…) La génération des Cortebeeck (ACV) et  De Leeuw (ABVV) – les plus de cinquante ans – approuvent de la tête : ce n’est pas eux qui paieront pour la lâcheté de nos politiques. Au moment du Pacte des générations, Bert Anciaux avait qualifié les syndicats de « groepsegoïsten ». Il n’avait pas tort. Qu’attendent-ils encore, les sections de jeunes de tous les partis, pour manifester en rue contre ce gouvernement de « Notre génération d’abord » ? Qu’attendent-ils, les Jeunes CD&V, les Jeunes VLD et que sais-je encore, pour exiger qu’on économise vraiment et qu’on fasse les choix courageux ? Afin que leur avenir ne soit pas hypothéqué par cette bande hétéroclite.

 

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« Mesure dirigée contre votre épargne » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du jeudi 15 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(…) La mesure que le gouvernement a prise pour obtenir de l’argent  des banques est complètement dirigée contre vous et votre épargne. Elle est vendue comme une sorte de remboursement pour les efforts que le gouvernement a dû faire pour soutenir financièrement les banques. Le gouvernement est en effet intervenu, et heureusement pour notre économie. Mais cet effort est resté limité à un certain nombre de grandes banques : Dexia, Fortis, KBC et Ethias. Aujourd’hui, elles ne sont pas les seules à devoir payer. Celles qui n’ont pas souffert, surtout parce qu’elles se sont tenues à l’écart des crédits  « suspects », devront payer aussi. 

 

Chose plus curieuse encore : le critère appliqué par le gouvernement. C’est le volume des avoirs d’épargne que possède une banque qui est imposé. Précisément le volume qui a augmenté de façon spectaculaire. Cela signifie que la perception va toucher l’épargnant qui a placé son argent sans risque, alors que les spéculateurs, qui ont causé la crise, sont laissés en paix. C’est le monde à l’envers.

 

Il n’y a aucun doute à avoir : ce n’est pas sur leurs actionnaires que les banques vont répercuter cela, mais bien sur leurs clients. Cette mesure revient de facto à augmenter la fiscalité sur votre épargne. (…)

 

Vous pensiez être prévoyants avec votre livret d’épargne qui rapporte 1%, mais en fait, vous aurez encore moins. Comme le disait Colbert, le ministre des Finances de Louis XIV : « Il vaut mieux imposer les pauvres que les riches, car ils sont plus nombreux. »

 


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 Presse flamande du 14 octobre 2009 Minimize

« Herman Van Rompuy n’est pas Dick Advocaat » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 14 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Et Herman Van Rompuy ? Honnêtement,  j’avais espéré hier beaucoup plus de lui. Il n’a pas pu renverser la situation. Malgré sa réputation très solide. Dans quelle direction veut-il mener ce pays ? Quelle vision y a-t-il derrière sa politique ? Je ne le sais toujours pas aujourd’hui.

 

Pour ce qui est du budget, il nous fait penser à Guy Verhofstadt, un ex ministre du Budget comme Van Rompuy, qui veillait rigoureusement aux comptes. Son ardeur à faire des économies lui valut dans les années 80 le surnom « da joenck ». Mais plus tard, comme Premier ministre, il fut quelqu’un d’autre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il fit trop peu pour le budget entre 1999 et 2007. Il a laissé grimper les dépenses de manière inconsidérée et, aujourd’hui, nous avons les jetons.

 

C’est un peu la même chose avec Van Rompuy. Pour parvenir à son effort – déjà très minimaliste – de 3,3 milliards (sur un déficit total estimé à 45 milliards d’euros pour 2010 et 2011), il joue surtout la carte de nouvelles recettes. Ce sont les travailleurs qui vont payer la facture. Même les taxes sur les électriciens et les banques proviendront finalement de leur porte-monnaie.

 

Quel que soit celui qui tient le gouvernail, il semble qu’épargner soit devenu quasi impossible dans ce pays, avec ses impôts déjà faramineux. Même avec un Van Rompuy et un Open VLD au gouvernement...

 

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« Une occasion manquée » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 14 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Ces budgets sont surtout une occasion manquée à plus long terme. Le problème belge par excellence est en effet notre taux d’emploi trop faible, d’un peu plus de 60%. Si on pouvait l’amener à 70%, nos problèmes seraient écartés. Les gens qui travaillent paient des impôts et des cotisations de sécurité sociale. Ils n’ont pas besoin d’allocations.

 

Pour réaliser cela, il faut des mesures énergiques. Nous pensons, entre autres, à un assouplissement du marché du travail, au maintien plus long des gens au travail, à un transfert des charges fiscales (du travail vers la consommation et la pollution), à une restructuration de l’appareil d’Etat pour faire mieux avec moins de gens, à un gouvernement qui investit au lieu de redistribuer.

 

Nous sommes conscients que ceci n’est pas une solution à court terme pour les budgets 2010 et 2011, mais bien à plus long terme. Rien n’empêchait le gouvernement fédéral de Van Rompuy de prendre dès à présent ces mesures et de les appliquer ensuite progressivement. Nous serions  alors déjà prêts pour le moment où l’économie reprendra et où le vieillissement fera sentir ses effets. Ce travail est confié au prochain gouvernement fédéral. Mais pourra-t-il le réaliser ? Aujourd’hui, il faut déjà cinq partis pour former un gouvernement. Qu’en sera-t-il après les élections de 2011 ? Si les choses tournent mal, nous risquons un étranglement mortel.

 

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« Force tranquille » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du mercredi 14 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Dans ce budget, aucun frein n’est mis aux mécanismes de dérapage structurels.  Le gouvernement accepte un déficit budgétaire de 5,6% à la fin de cette législature, le plus élevé en plus d’une décennie. Au besoin, il devra être remboursé par nos enfants ou petits-enfants.

 

Le gouvernement met notre avenir en danger par manque de courage politique.

 

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« De la stabilité à la stagnation » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 14 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Ce que Van Rompuy apporte, est le contraire du spectacle. L’un appellera cela stabilité, l’autre stagnation. Il progresse lentement, mais il progresse. Reste à savoir si cela suffira pour la Commission européenne. A en juger par sa procédure à l’encontre de la Belgique, la réponse est négative. Notre pays a une dette trop élevée pour traîner encore longtemps un déficit de plus de 3% du PIB.  (...)

 

Herman Van Rompuy est un anachronisme de calme stable dans une époque hyper-cinétique. Il suit une ligne fixe. Un dossier après l’autre. (...) Pour l’instant, c’est un parcours sans gros obstacles. Mais sur son chemin vers Rome, se trouve une colline difficile à affronter. Elle s’appelle BHV. Personne n’y est parvenu en un demi-siècle.

 

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« Vintage Van Rompuy » - Titre de l’édito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du mercredi 14 octobre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Dans l’opposition, Van Rompuy aurait qualifié ce budget d’insignifiant. Dans les années à venir, la dette augmentera inévitablement et nous devrons traîner cela encore durant une génération. En même temps, on fait des cadeaux, à l’horeca et aux infirmières, uniquement comme monnaie d’échange. Cela convient à l’objectif que Van Rompuy s’est fixé : survivre jusqu’à la mi-2011. Pas moins, mais pas plus.


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 Presse flamande des 29 et 30 septembre 2009 Minimize

« Institut Royal du Passe-temps Inutile » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 30 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

L’IRGT est mort. Ce ne serait pas une grande nouvelle, si le prince Laurent n’en était pas le président. C’était son joujou environnemental. Jusqu’en 2001, il a rapporté pas mal d’argent au plus jeune des rejetons du roi Albert II. (...)

Le prince Laurent jouit depuis 2001 d’un « win-for-life » via une dotation officielle de 350.000 euros votée par le parlement. Dans d’autres pays, celle-ci est réservée uniquement au roi (reine) et au prince héritier (princesse  héritière). Le reste de la famille travaille. Pourquoi cela n’est-il pas possible ici ?

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« Ces Anversois quand même » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 30 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

C’est le dimanche 18 octobre que les Anversois se prononceront par référendum  sur l’ « Oosterweelverbinding ». (...) Nous prenons peu de risques en prédisant que le « non » l’emportera. Après quoi les discussions pourront recommencer.  Comment doit-on interpréter le rejet ? Comme un rejet du plan tout entier ? Comme seulement un non au « Lange Wapper » ? Comme un choix pour le tracé de tunnel alternatif ? Comme un plaidoyer pour une nouvelle combinaison tunnel-tracé ? (...)

Vu à distance, nous pourrions dire que c’est toujours la même chose avec ces Anversois. Le gouvernement flamand met un gros paquet d’argent sur la table anversoise pour réaliser un projet, après quoi les Anversois se disputent. (...)

On pourrait aussi se demander pourquoi ils sont les seuls à pouvoir se prononcer. Il y va finalement de l’argent flamand. Et il s’agit d’une liaison qui intéresse tous les Flamands. (...)

Laissons passer le référendum. Le résultat n’a en fait déjà plus d’importance. Après, les politiques devront prendre à nouveau leurs responsabilités et trouver rapidement une solution pour le développement de la capitale économique de la Flandre. Dans l’intérêt d’Anvers et, par extension, de toute la Flandre.

« Le gouvernement flamand fait les bons choix budgétaires » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 29 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Le gouvernement flamand  va vivre selon ses moyens. Il opte, en outre, pour une souffrance courte. Le déficit doit être totalement résorbé dans deux ans. Et ce sans nouvelles recettes. Excellent. Quand c’est bien, nous le disons aussi.

Au total, on économisera cette année 234 millions, et 1,53 milliard en 2010. Sur une assiette totale de 21,87 milliards, cela signifie une réduction de 7%. Que cela serve d’exemple au gouvernement fédéral. (...)

Avec cette politique budgétaire rigoureuse, on pourra même se permettre quelques extras en 2010. Davantage d’argent sera consacré à l’accueil de la petite enfance, aux handicapés, à la rénovation, au logement social et à l’emploi.

Ce qui est aussi positif, c’est la petite part des économies « one shot ». A peine 215 millions d’euros sur une somme totale de 1,53 milliard. Cela signifie donc que les mesures qui sont décidées aujourd’hui se poursuivront dans les années à venir. Une grande différence avec ce que le gouvernement fédéral a fait au cours de la dernière décennie.  (...)

Conclusion. Le gouvernement flamand a fait du bon travail. Les nouvelles ne sont pas toutes agréables, mais il fallait intervenir. Reste à savoir maintenant comment chaque ministre va faire concrètement des économies.

« Economiser rapidement : un accouchement lent » - Edito de Guy Tegenbos dans « De Standaard » du mardi 29 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

Le gouvernement flamand assainit vite. Le trou dans on budget sera refermé dans deux ans, bien plus tôt que chez les autres gouvernements du pays, qui semblent avoir besoin de cinq ans. C’est un bon point pour le gouvernement flamand.

Mais cet assainissement rapide est un accouchement lent. Le gouvernement flamand a donné hier les chiffres indiquant comment ses efforts seront politiquement répartis, mais il n’a pas expliqué clairement comment on va épargner. Et où. Et qui va le sentir. (...)

Et ça, c’est un mauvais point. Car les choses ne sont pas claires. Une démocratie sert justement à faire clairement les choix politiques. Via le parlement. (...)

Le parlement peut encore corriger cela. Il peut refuser mercredi d’entamer déjà la discussion sur la Déclaration de septembre et attendre que tous les ministres aient indiqué clairement leurs économies, vers le 21 octobre. Ce n’est qu’alors qu’on pourra comparer et argumenter, et faire clairement les choix. (...)

La coalition a encore peur de ses propres choix politiques. Les ministres n’osent pas encore entamer la confrontation sur leurs économies. (...) Le parlement doit être le pont entre le citoyen et la politique, a déclaré hier le président Jan Peumans. Mais cela a été dit d’une manière morne. Alors que cela pourrait être si captivant.

 


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 Presse flamande du 9 au 16 septembre 2009 Minimize

« Pourquoi est-ce que ce sont toujours les Flamands qui doivent sauver la Belgique ? » - Dans « Knack » du mercredi 9 septembre 2009, Bart De Wever, président de la N-VA, est interrogé par Ann Peuteman – Traduction Jules Gheude

 

(...) Avez-vous encore de l’espoir pour une issue favorable (à la réforme de l’Etat) ?

 

A voir la situation telle qu’elle est aujourd’hui, je ne crois pas qu’un mouvement positif soit possible aujourd’hui ou demain. Je remarque, par exemple, que Joëlle Milquet (CDH) est toujours la même. Si on la laissait faire, elle ferait une réforme de l’Etat uniquement pour renforcer le niveau fédéral. Le MR a été chassé à nouveau des coalitions régionales et il ne me semble pas en ce moment en état de prendre des décisions qui seraient difficiles à avaler par la base. Au MR, il faut chaque fois jouer avec le FDF lorsque le dossier de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde arrive sur la table. Dans cette constellation, je ne vois pas comment on pourrait obtenir une réforme de l’Etat sérieuse.

 

On ne pourra plus différer longtemps la scission de BHV.

 

Ce dossier reviendra en effet inévitablement au printemps, lorsque les procédures en conflit d’intérêt auront été épuisées. La proposition de scission retournera alors au parlement et on votera finalement en séance plénière.

 

Et les francophones tireront la sonnette d’alarme.

 

Si la Belgique est vraiment une démocratie, une proposition doit pouvoir être approuvée au parlement avec une majorité simple. Il serait plutôt incivique de tirer la sonnette d’alarme et de faire tomber le gouvernement, car cela voudrait dire qu’on n’accepte pas la majorité démocratique. Si les francophones se sentent Belges et en sont fiers, ils doivent se résigner à un tel vote démocratique. S’ils ne le font pas, ils donnent comme signal que la démocratie belge n’existe plus. Très intéressant, car c’est ce que je dis depuis des années.

 

La Premier ministre n’aime pas trop la procédure parlementaire. Il veut une solution négociée pour BHV.

 

Guy Verhofstadt n’y est pas arrivé en 2005 et ce fut également l’impasse en 2007 lors des négociations pour la formation d’un gouvernement orange-bleu. Pourquoi Herman Van Rompuy réussirait-il ? Les circonstances sont plus mauvaises que jamais. Le minimum que veulent les francophones comme compensation à cette scission est, en effet, à trois univers et deux milles années-lumière du maximum qu’un Flamand normal – même pas radical – veut donner. Oui.

 

Votre  ami Geert Bourgeois est connu comme un dur sur le plan communautaire et, en tant que ministre flamand, il est compétent pour la périphérie bruxelloise et la nomination des bourgmestres francophones de trois communes à facilités. Cela ne va pas aider à faire avancer les choses.

 

Je ne pense pas que je vais vous donner un scoop en disant que nous n’avons pas l’intention de nommer ces bourgmestres. Avec la N-VA au gouvernement flamand, il sera en effet difficile de faire des concessions flamandes. Je n’ai aucune hésitation à dire cela. Au contraire. Ils ne doivent pas compter sur nous pour céder des communes, donner des facilités ou faire d’autres concessions que demande le FDF. Notre présence au gouvernement flamand augmente-t-elle la misère d’Herman Van Rompuy ? Je crois bien que oui.

 

Le Premier ministre voudrait un peu de calme communautaire quand la Belgique assumera l’an prochain la présidence de la l’UE. Vous ne comprenez pas cela ?

 

Pourquoi est-ce toujours nous, les Flamands, qui devons plier pour sauvegarder l’intérêt de la Belgique ? Les francophones n’aiment-ils pas chanter l’hymne national ? Eh bien, s’ils trouvent la Belgique tellement fantastique, qu’ils fassent une fois un sacrifice. Qu’ils acceptent, par exemple, un gouvernement minoritaire. Mais non, nous devons avaler comme ça que la plus grande communauté se voie attribuer une position minoritaire, que nous ayons une non-gestion, que BHV ne soit pas scindé. Car imaginez que nous ayons une crise ! Pourquoi est-ce que ce sont toujours les Flamands qui doivent sauver la Belgique ? Comment pouvez-vous être si sot ?

 

Quelle est l’alternative ?

 

Peut-être une crise courte, purificatrice. Le Professeur Jef Vuchelen a dit dans «Knack », il y a quelque temps, que ce serait peut-être mieux qu’un chemin de croix qui durerait encore vingt ans. Car le prix socio-économique à payer serait alors beaucoup plus élevé que celui d’une crise courte, immédiate. Depuis les événements de 2007, j’en suis aussi convaincu. Il me semble préférable d’engager tout de suite la confrontation et de montrer clairement qu’on ne peut plus continuer ainsi. Car quelle est l’alternative ? Poursuivre sur le même chemin et dire à chaque deadline : nous plierons, car sinon nous nous écraserons contre le mur. Eh bien, le temps est peut-être venu pour un tel clash.

 

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« Propos hallucinants » - Edito de Peter Vandermeersch dans « De Standaard » du lundi 14 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

 

« La Belgique est en faillite virtuelle ». Telle était la manchette de ce journal, il y a neuf jours. Le ministre libéral du Budget, Guy Vanhengel, n’a pas épargné les métaphores. Le prochain budget sera davantage un Mont Everest qu’une simple montagne au Tour de France ; pour mener cet exercice budgétaire à bonne fin, « il faut un autre esprit d’équipe au sein du gouvernement » ; il est clair que « chacun devra se serrer la ceinture et économiser » ; « il faut être conscient qu’en matière de soins de santé, on devra travailler de manière plus efficace avec moins de moyens ». Bref, a dit Vanhengel, « il est minuit moins cinq ».

 

Aujourd’hui, moins de dix jours plus tard, le président du PS, Elio Di Rupo, répond à cet interview. Son raisonnement est le suivant : le grand coupable de cette crise, c’est l’idéologie libérale ; les banques doivent payer le trou budgétaire ; on ne touche pas à la sécurité sociale et aux soins de santé ; les problèmes budgétaires sont sérieux mais ce n’est pas la fin du monde ; « économiser et économiser, cela ne peut être les mots-clés de ce budget ». Bref, dit Di Rupo, « ce ne sont pas les gens qui vont payer la crise. Avec moi, c’est non.

 

Pour qui pourrait en douter : les partis de Guy Vanhengel et d’Elio Di Rupo font partie de la même coalition gouvernementale sous la conduite du Premier ministre Herman Van Rompuy. Ils devront bientôt décider ensemble au sujet de l’un des budgets les plus difficiles que ce pays ait connu. Un budget qui va vers un déficit de 25 milliards d’euros. Les chiffres font penser aux budgets funestes des années 80. La réaction de Di Rupo fait penser à celle du ministre du Budget de l’époque, le socialiste wallon Guy Mathot, qui disait que « les déficits naissent et disparaissent d’eux-mêmes »

 

Les propos d’Elio Di Rupo sont franchement hallucinants. Ses recettes pour arriver à une solution ne sont pas crédibles. Son coup de griffe aux Flamands et à leur responsabilité pour la Belgique est provoquant. Sa stratégie est astucieuse mais limpide. Le socialiste francophone veut nier la crise budgétaire et la réduire à quelques clichés sur les banques et les libéraux parce qu’il réalise trop bien qu’il faudra faire nettement plus que se serrer çà et là la ceinture. Si nous voulons garantir l’avenir financier du pays - et cela signifie notamment nos pensions et nos soins de santé -, nous devons travailler à l’architecture institutionnelle de ce pays. Cela veut dire revoir la loi de financement, qui étrangle lentement l’autorité fédérale. Et nous devons parler du réaménagement nécessaire de notre Etat.

 

Mieux que quiconque, Elio Di Rupo sait que parler de sous, c’est parler de droits,  de devoirs et de  responsabilités. D’une indispensable réforme d’Etat. Sa réaction quasi panique à l’égard de Vangenhel, montre à quel point il a peur d’entamer ce débat.

 

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« On ne peut pas continuer comme ça » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 16 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Quelle est la conclusion qui s’impose ? Elle est évidente : les entités fédérées devront apporter leur part légitime. Et dès que cette opération sera terminée, il faudra une réforme de l’Etat avec trois éléments : une redistribution des compétences, une redistribution des sous et, ce qui devrait être en fait un problème minuscule, la scission d’un arrondissement électoral.

Sans nouveaux accords de financement, l’Etat fédéral Belgique ne peut plus fonctionner.

Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 9 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Commençons par le Premier ministre. A  la RTBF - ce n’est pas par hasard -, il a déclaré que le gouvernement flamand ne devait pas trop se donner des grands airs, car c’est le fédéral qui fait le plus pour les gens. Par exemple, via la sécurité sociale. « Les Flamands, ce sont aussi des pensionnés, des malades et des familles, qui ne vivent pas avec des moyens flamands mais fédéraux. C’est pourquoi je dis que je représente peut-être encore plus les Flamands que le gouvernement flamand », a déclaré littéralement Van Rompuy.

Il est trop intelligent pour croire ce qu’il dit. Avec sa blague - le Premier a un humour spécial -, il scandalise tous les Flamands actifs. Ce sont eux, en effet, qui paient en grande partie la sécurité sociale. Pas le gouvernement fédéral.

Le Premier devrait savoir mieux que quiconque que 5 à 6 milliards sont transférés chaque année du Nord vers le Sud. Ce flux d’argent maintient la Belgique - et la Wallonie - depuis des décennies. Ce n’est pas la main généreuse du Premier ministre fédéral. Qui ne fait que recevoir et redistribuer. C’est la solidarité de tous les Flamands.

Et Herman Van Rompuy les représenterait davantage que Kris Peetsr ? Restons sérieux, s’il vous plaît ! Son gouvernement n’a même plus de majorité flamande à la Chambre. Un peu de modestie flamande l’honorerait.

Venons-en maintenant à Steven Vanackere. Lui aussi aime blaguer. A moins qu’il n’ait une mauvaise mémoire. Les régions doivent payer elles-mêmes leurs propres compétences, a-t-il déclaré. Cela sonne bien. Mais où avons-nous encore entendu cela ?

Tous les partis du précédent gouvernement flamand ont supplié le gouvernement fédéral de ne pas toucher aux compétences qui ont été accordées légalement et constitutionnellement aux Régions. Kris Peeters (CD&V) l’a fait, de même que Marino Keulen (Open VLD) et Frank Vandenbroucke (SP.A). Cela pourrait signifier une économie de 400 millions. Comme ça ! Steven Vanackere devrait s’en rappeler. Il peut donc dire « oui » maintenant à la demande qu’il a faite lui-même il y a un an.


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 Presse flamande des 5 et 7 et 8 septembre 2009 Minimize

 

 « Schisme » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du mardi 8 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

S’il n’était pas un homme aussi affable, on pourrait presque qualifier la petite idée du vice-Premier CD&V Vanackere de vile. Il trouve que la Flandre doit financièrement trinquer elle-même pour une série de compétences qu’elle a déjà, mais dont la facture est toujours réglée par le gouvernement fédéral. L’examen préventif du cancer du sein est une mesure qui relève du gouvernement flamand, mais qui est payée par l’assurance-maladie fédérale. Voilà qui peut compter comme coup contre la doctrine Maddens, dont le gouvernement flamand est adepte et selon laquelle il ne doit pas intervenir pour le budget fédéral aussi longtemps qu’il n’a pas obtenu satisfaction en matière de réforme de l’Etat.

Selon la même logique, on peut dire que la Flandre a recruté  pas mal de fonctionnaires ces dernières années, fonctionnaires dont les pensions sont payées par la caisse fédérale. Il y a encore nombre d’exemples qui peuvent faire mal au gouvernement flamand.

L’ironie, c’est que les deux points de vue, qui s’excluent l’un l’autre, sont défendus par des CD&V. Il semble de plus en plus qu’un champ de tension communautaire est en train de s’étendre au sein du parti. D’un côté, il y a Herman van Rompuy et son fidèle Steven Vanackere, qui se contenteraient déjà d’une percée à propos de BHV et qui veulent surtout sauver le budget fédéral de la faillite virtuelle. De l’autre côté, il y a Kris Peeters, qui, en choisissant la N-VA comme partenaire de coalition, a opté pour une ligne communautaire dure et qui veut appliquer la politique de la terre brûlée pour obliger les francophones à se mettre à table en vue d’une grande réforme de l’Etat. (...)

Le CD&V a toujours été une maison aux multiples chambres. Mais il semble maintenant qu’il sera confronté sous peu à des tensions intenables.

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 « La situation est grave mais pas désespérée » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mardi 8 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Ce pays a besoin  d’une nouvelle loi de financement entre l’autorité fédérale et les entités fédérées. Cela ne sera possible qu’avec de nouveaux accords pragmatiques. Il faut pour cela une nouvelle phase dans la réforme de l’Etat, qui sera aussi importante pour le Sud que pour le Nord de la fédération. L’occasion est là, que les partis commencent !

 

« Le chagrin de la Flandre » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du samedi 5 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

Koen et Kris van Clouseau savent maintenant aussi ce que cela signifie de ne pas rouler dans la direction des flamingants. Menaces, injures, attaques sous la ceinture, quiconque s’exprime de manière nuancée sur la question belgo-flamande doit y penser. (...)

Geert Bourgeois a osé déverser un tonneau de chagrin sur un petit groupe qui ne fait rien de plus que de chanter une chanson avec un message simple de fraternité, même pas contre la Flandre.

Ces gens de la N-VA font de la Flandre le seul endroit au monde où l’on reproche aux citoyens de prendre parti pour leur pays. Lorsqu’ils se demandent pourquoi la Flandre a une image aussi négative, c’est la manière dont ils ont transformé un sentiment positif d’identité en un message négatif, où l’intolérance est une tradition.

Les interviews de leur leader dans quelques journaux francophones en témoignent : par un euro aux autres, tout pour nous-mêmes, le problème du gouvernement fédéral n’est pas notre problème. Ce sont les déclarations avec lesquelles Bart De Wever essaie manifestement de provoquer la faillite du gouvernement fédéral, sans la moindre forme de loyauté fédérale. Et la présidence belge de l’Union européenne lui semble une occasion idéale pour propager son « modèle de conflit belge » sur tous les canaux TV européens. De Wever oublie une chose : le déficit du budget fédéral et la dette publique sont aussi nos problèmes. Les citoyens qui habitent dans la République Flandre, habitent également dans le Royaume de Belgique. Personne en Flandre n’a deux portefeuilles, l’un avec de l’argent flamand, l’autre avec de l’argent fédéral.

Tous les contribuables flamands devront contribuer – qu’ils le veuillent ou non –  à l’effort pour réduire le déficit fédéral. Si la Belgique se retrouve dans le chaos, ce sont les contribuables flamands qui devront supporter la plus grande part de la dette.

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« Les Bruxellois francophones mènent une lutte perdue » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Anbtwerpen » du lundi 7 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

Le Gordel vient de connaître une nouvelle édition réussie. Du beau temps, beaucoup de monde et peu d’incidents. C’est ainsi que les choses doivent aller. Pas comme l’année dernière, avec le boycott des trois bourgmestres francophones.

Ils n’avaient pas voulu à l’époque de T-shirts avec des slogans provocants dans leur commune. Du moins, ce qu’ils qualifient de « provocant ». Pour eux, réclamer la scission de BHV est comparable à une action terroriste.

Je ne comprends pas bien le ressentiment de ces francophones. (...) Pour eux, les communes à facilités ne sont pas des communes flamandes. Ils les considèrent comment faisant partie du territoire bruxellois. D’où la colère d’Olivier Maingain et consorts.

Ils se fourvoient évidemment et mènent une lutte perdue. Je crois qu’il n’y a aucun politicien flamand – même pas chez Groen ! – qui veut céder les communes à facilités à Bruxelles. Les Six sont en Flandre et y resteront. Il est temps que les francophones le comprennent. Tout comme la nécessité impérieuse de scinder l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

La constitution a divisé la Belgique en territoires linguistiques homogènes. Dans sa forme actuelle, BHV n’y satisfait pas. L’arrondissement couvre plusieurs régions linguistiques. Cela ne se peut. Par ailleurs, comme l’a précisé la Cour constitutionnelle dans un arrêt, il n’est pas normal que BHV soit une circonscription électorale d’arrondissements, alors que le reste du pays vote à l’échelon provincial. Il y a violation du principe d’égalité.

Si ce pays est toujours un Etat de droit, il doit respecter la constitution et les jugements judiciaires. Il n’y a donc pas le choix : il faut scinder.

Je sais bien que BHV est un « problème de luxe » en comparaison du trou budgétaire. Cela ne menace pas notre prospérité. Il est dès lors logique que toute l’attention aille en priorité à l’assainissement des finances publiques. Mais l’an prochain, il faudra bien trouver une solution.

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« Guerre avec les Pays-Bas » - Edito d’Erick Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 7 septembre 2009 – Traduction Jules Gheude

L’Escaut occidental ne sera pas creusé pour la  fin de cette année. C’est pourtant ce qui avait été convenu. (...)

Pourquoi le gouvernement néerlandais ne s’est-il pas tenu au traité ? (...) A-t-il agi intentionnellement pour provoquer des problèmes ? A-t-il voulu ainsi privilégier le port de Rotterdam ? Le creusement de l’Escaut occidental profite en effet en premier lieu au port d’Anvers, le grand concurrent de Rotterdam. Quand il s’agit de défendre les intérêts économiques, il ne faut pas sous-estimer les Néerlandais. C’est peut-être également la raison pour laquelle les Pays-Bas ont tant de difficulté à rouvrir l’Ijzeren Rijn.

Nous pouvons comprendre l’irritation de Kris Peeters. Mais lui et son gouvernement doivent faire attention à ce qu’ils font pour éviter des conséquences inopportunes. Ils doivent aussi comprendre les problèmes de Balkenende. Les Pays-Bas sont un Etat de droit. Le gouvernement néerlandais doit tenir compte des arrêts des collèges juridiques. Kris Peeters et le gouvernement flamand devraient comprendre cela d’autant plus facilement qu’ils sont confrontés eux-mêmes à tout bout de champ à ce problème. (...)


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 Presse flamande du 18 août 2009 Minimize

« Joie à propos de 3.500 brebis » - Edito de Guy Tegenbos dans « De Standaard » du mardi 18 août 2009 – Traduction Jules Gheude

Il ne manquerait plus que cela: qu’ils ne prennent pas les milliers d’emplois qu’ils leur sont offerts sur un plateau...

Voilà comment réagissent certains Flamands en apprenant que 3.500 Wallons et Bruxellois francophones  ont pu être convaincus d’accepter un emploi ouvert en Flandre. Quand il n’y avait pas de sécurité sociale, des dizaines de milliers de Flamands ont immigré en Wallonie sans cours de langue ni bourses d’emploi. En Amérique, les gens déménagent à l’autre bout du pays quand il n’y a plus d’emploi dans leur région, ajoutent-ils en bougonnant.

Il y a de la vérité dans tout cela. Et de la rancune. Et cette dernière ne fait pas progresser les choses. Il vaut mieux utiliser ici la formule biblique : « il y a plus de joie pour la brebis égarée qui retrouve le troupeau ».

En 1980, lorsqu’il fut décidé de donner aux régions l’autonomie en matière de placement tout en maintenant des allocations de chômage « nationales », la Flandre, la Wallonie et Bruxelles comptaient à peu près autant de chômeurs. Trente ans plus tard, même avec la crise que nous connaissons aujourd’hui, les chiffres du chômage wallon et bruxellois sont 2 à 3 fois plus élevés qu’en Flandre. La Flandre manque de main-d’oeuvre, la Wallonie et Bruxelles manquent d’emplois. La sonnette devait donc retentir tôt ou tard et on en est maintenant là : l’approche flamande paie et la mobilité entre les régions est nécessaire. On en est conscient au Nord et au Sud.

L’affaire est-elle réglée pour autant ? La ministre fédérale de l’Emploi, Joëlle Milquet, aura-t-elle raison de dire que ce résultat prouve qu’une réforme de l’Etat en matière d’emploi n’est pas nécessaire ? Non.

Le résultat actuel a exigé une immense force de conviction. Pourquoi ? Ce qui est obtenu est bon pour tout le monde, non ? C’est bon pour la population et l’économie des trois régions, pour l’Etat fédéral, pour les chômeurs et pour les entreprises. Mais c’est préjudiciable au budget des entités fédérées qui doivent faire les efforts.

Pour l’économiste de l’ULB Mathias Dewatrimont, l’activation d’un chômeur, en ce compris les cours de langue, coûte 21.000 euros à l’entité fédérée et rapporte 28.000 euros à l’Etat fédéral.

En outre, cette entité fédérée reçoit plus d’argent de la « solidarité nationale » quand elle a plus de pauvres et de chômeurs, et moins quand un nombre plus élevé de ses habitants travaillent. Ce sont les mécanismes pervers qui se trouvent dans la construction fédérale Belgique. Il est grand temps de les remplacer par la règle : l’entité fédérée qui agit bien est récompensée. C’est ce que les politiques flamands appelaient jusqu’ici « réforme de l’Etat ». Les politiques francophones ont donc pratiqué le blocage. Et si l’on rebaptisait cela « logique », est-ce que le blocage persisterait ?


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 Presse flamande du 3 au 12 août 2009 Minimize

« Ils commanderont bientôt une pizza » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 12 août 2009 – Traduction Jules Gheude

L’homme m’a adressé la parole à l’aéroport. « Je viens de recevoir une contravention parce que je roulais à 32 km/h dans zone 30 et chez nous, c’est la tolérance zéro ».

C’était précisément le jour où trois gangsters s’étaient échappés d’une salle d’audience bruxelloise. « C’est vexant, quand vous voyez comment les citoyens normaux sont punis pour une broutille », ajouta l’homme.

Cela illustre bien ce que ressentent les gens au sujet des récentes évasions de gangsters dangereux. Le monde politique, le ministre De  Clerck en tête, et la justice feraient bien de se rendre compte de la mauvaise impression que donne leur gestion. (...)

Les évasions des prisons belges sont commandées depuis la cellule par gsm. Ils appelleront bientôt pour commander une pizza avec une lime dedans.

Tout cela révèle un profond laxisme de la justice, de haut en bas, en ce qui concerne la protection de la population. Voilà longtemps que l’administration et les syndicats s’opposent bec et ongles à l’intervention  du secteur privé. Je ne veux pas en faire toute une histoire, mais les exemples de Grande-Bretagne, où le privé est fortement impliqué, montrent qu’une prison peut très bien fonctionner sans que cela coûte les yeux de la tête.

Il n’est vraiment pas nécessaire de réinventer ce qui existe déjà de l’autre côté de la frontière.

« On ne laisse pas tomber les camarades au PS » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van           Antwerpen » du lundi 3 août 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Au Parti Socialiste, on ne laisse pas tomber les camarades. L’ancienne excellence PS Didier Donfut revient à l’avant-plan. Le nouveau ministre des Pensions et « camarade » Michel Daerden a proposé à Donfut de travailler pour lui comme expert. (...)

 

L’affaire Donfut avait débouché en un éclair sur un véritable scandale.

Pour la énième fois, Elio Di Rupo avait été obligé de mener une opération « sauvez les meubles ». Après les affaires retentissantes à Charleroi et le voyage d’agrément des parlementaires wallons aux Etats-Unis sous l’excellente conduite de José Happart (PS), la crédibilité des socialistes wallons en avait pris à nouveau un sacré coup. (...)

 

Daerden a une réputation douteuse en Flandre. Son transfert au gouvernement fédéral a été accueilli avec dérision. (...) Que va faire maintenant Elio Di Rupo ? Il ne peut tout de même pas accepter que quelqu’un qu’il a lui même écarté se retrouve parmi les cadres d’un cabinet PS.


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 Presse flamande des 25, 28, 29 et 30 juillet 2009 Minimize

 

 « Lecture pour le PS » - Edito d’Eric Donckier dans « Het belang van Limburg » du jeudi 30 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) On peut se demander également si tout cet argent qui va aux soins de santé est bien utilisé. A cet égard, nous conseillons vivement à Elio Di Rupo et à ses amis la lecture du dernier numéro de 2008 du Périodique belge de la Sécurité sociale. Ils pourront y lire :

- que 35% des dépenses de la Sécu vont aux soins de santé,  11% de plus depuis 1980 ;

- que nous consacrons déjà 10,6% de notre PIB aux soins de santé. Seule la France dépense plus ;

 

- que selon une étude de la Banque nationale, la Suède fait mieux que la Belgique avec 12% de dépenses en moins et que le Luxembourg fait aussi bien que la Belgique avec 20% de dépenses en moins ;

 

- que les dépenses de plus en plus grandes pour les soins de santé se font au détriment des pensions et des finances publiques et que ce n’est pas tenable.

 

Il n’y a donc aucune raison de ne pas examiner d’un oeil critique les dépenses pour les soins de santé. (...)

 

Le PS doit se rappeler aussi que toute tergiversation en ce qui concerne l’assainissement des finances publiques est préjudiciable au citoyen moyen. Dans les années 80, on a également hésité à assainir de manière drastique les finances publiques. Les économies, sauts d’index et augmentations d’impôts sous les deux gouvernements Dehaene, dans les années 1990, ont été principalement crachés par le citoyen moyen.

 

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« Très, très, très, très difficile » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du jeudi 30 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Plus d’excuses : Van Rompuy et Vanhengel, tous deux des cracks reconnus en la matière, devront économiser en septembre de manière rigoureuse et crédible, sans tabous rouges, sans dadas bleus et sans hésitation orange. Plus d’alibis, pas même celui qui consiste à dire que tailler trop vite ferait plus de tort que de bien à notre économie. Oui, ce sera très, très, très, très, très, très difficile, mais échouer n’est plus une option.

 

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Le petit jeu « Non ! Si ! » sur le budget a commencé – Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 30 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Ce sera une lutte dure au sein du gouvernement. Les francophones gèrent tous les départements sociaux : emploi, santé, affaires sociales, pensions. Ils veulent qu’ils restent hors d’atteinte. Plutôt alors des augmentations d’impôts. Mais l’Open VLD et le MR n’en veulent pas.

 

Le petit jeu « Non ! Si ! » a commencé. Essayez donc, dans ces  circonstances, de trouver 20 milliards d’euros...

 

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« Norme de croissance » -Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du jeudi 30 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

La question est de savoir si  une croissance garantie de 4,5% par an pour la sécurité sociale n’a pas été calculée un peu trop largement.

 

                                                                         

« Vivre après Opel » - Edito de Jan Segers dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 29 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

L’entêtement avec lequel Kris Peeters essaie de sauver Opel Anvers, même pendant ses vacances, est aussi touchant qu’inutile. (...) Que personne ne se fasse encore d’illusions : ce n’est pas la Commission européenne qui dictera au repreneur d’Opel les usines qui doivent rester ouvertes. Anvers fermera. C’est une catastrophe, mais it’s no use crying over spilled milk. Au lieu de se lamenter comme  le dépité Callimero sur ce qui est irréversible, les gouvernements fédéral et flamand doivent avoir le courage de préparer dès maintenant les ouvriers touchés à vivre après Opel – une vie active, non pas une vie comme chômeur ou prépensionné.

On va de nouveau entendre l’appel visant à accorder la prépension à partir de 50 ans, malgré les nobles intentions du Pacte des générations. La décision finale à cet égard relève du ministre fédéral de l’Emploi : Joëlle Milquet. Mais on guette surtout l’avis du ministre flamand de l’Emploi : Philippe Muyters, ex-patron de l’organisation patronale flamande Voka. Il y a à peine deux ans, après une précédente vague de licenciements chez Opel, Muyters avait plaidé pour supprimer la prépension – non seulement à partir de 50 ans, mais aussi à 56 ou 58 ans. En théorie, les prépensionnés doivent rester disponibles pour le marché du travail jusqu’à l’âge de 58 ans. Mais en pratique, et surtout en temps de crise, ils retrouvent rarement du travail. (...)

Pourtant, la Flandre ne peut pas se permettre de ne pas procurer un nouvel emploi à la main-d’oeuvre disponible via un accompagnement intensif et une formation. Y compris pour les plus de 50 ans. (...) Il y a une vie après Opel.

 

 

« S’en aller en beauté » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 28 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Herman van Rompuy a fait savoir qu’il ne sera pas candidat à sa succession en 2011. (...) Le Premier ministre espère qu’il pourra réaliser encore des « choses importantes » pour le pays d’ici là. Il pense bien sûr à la réforme de l’Etat et aux finances publiques.

 

Van Rompuy participera toutefois aux élections en 2011. (...) Un Premier ministre sortant offre toujours un  bon score électoral à son parti.

 

Et si Van Rompuy obtenait un résultant éclatant en 2011 ? S’il était plébiscité par le peuple pour continuer ? Un score monstre à la Yves Leterme en 2007. Pourrait-alors alors demeurer sur la ligne de touche ? (...)

 

Une demande explicite de l’électeur pour accomplir encore un terme flatterait énormément son ego. Mais le Premier ministre est en même temps détaché et réaliste. C’est le genre de politique qui préfère partir en beauté. (...)

 

Il préfère s’en aller comme un grand homme d’Etat plutôt que comme un héros populaire qui se fait hisser par la rue sur le pavois. Van Rompuy prend ses décisions lui-même. Il y est contrait par son statut.

 

Aura-t-il une statue dans deux ans ? Toute la question est là. Bruxelles-Hal-Vilvorde pourrait bien être son Waterloo.

 

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Dans « De Morgen » du samedi  25 juillet 2009, le Premier ministre Herman Van Rompuy est interrogé par Filip Rogiers – Traduction Jules Gheude

 

(...) Pensez-vous que les choses vont pouvoir s’arranger sur le plan communautaire ?

 

Nous sommes confrontés à une curieuse évolution. Le nouveau gouvernement flamand  ne donne plus l’impression d’être demandeur d’une réforme de l’Etat, alors que c’est précisément l’absence de perspective en matière de réforme de l’Etat qui fit tomber le gouvernement Leterme il y a un an. Cette crise n’a d’ailleurs porté que sur la formule – quel dialogue et avec qui ? -, même pas sur le contenu.

 

Du côté francophone, j’ai de nouveau l’impression ferme que l’on est prêt à négocier. Les signaux qui me parviennent de ce côté, sont même très concrets : on veut aller plus loin  que ce qu’on voulait en juillet 2007. BHV est une autre paire de manches. Ces deux dernières, on a parfois changé d’idées à cet égard, mais on n’a encore jamais vraiment négocié. On ne peut plus remettre ça trop longtemps. Nous ne pouvons pas nous permettre une crise gouvernementale sur ce point pendant la présidence belge de l’UE, à partir du 1er juillet. Et après cette présidence, ça ne marchera plus non plus, car nous serons de nouveau à la veille des élections de 2011. En outre, la fin de la procédure des conflits d’intérêt viendra en mars. Les possibilités de repousser le problème touchent lentement à leur fin. Le même calendrier vaut aussi pour la réforme de l’Etat, du moins si nous voulons aboutir encore à quelque chose durant cette législature.

 

Et vous voulez aboutir à quelque chose ?

 

Oui, je crois que durant cette législature, on peut faire un pas important en matière de réforme de l’Etat. Il faudra que cela se fasse en plusieurs phases. Une grand opération comme celle de 1988, lorsqu’on a transféré énormément de moyens vers les régions, ne relève pas du possible. Mais ce sera un pas important et, tout comme pour BHV, cela devrait se produire entre aujourd’hui et mars ou juin  2010 au plus tard. Nous arrivons au moment de devoir trancher les noeuds. (...)Cela peut se faire à nouveau via une formule de sages ou, le cas échéant, avec les présidents de parti.

 

Kris Peeters (CD&V) y est radicalement opposé. Il veut à nouveau un dialogue de communauté à communauté.

 

C’est une formule que les francophones ne souhaitent pas expressément. Je ne peux que le constater.

 

Vous voulez éviter un fédéralisme d’opposition (een vechtfederalisme), mais un gouvernement flamand avec la N-VA semble être une recette garantie pour retrouver tôt ou tard un tel scénario.

 

A ce sujet, je suis quelque peu rassuré. L’accord de gouvernement flamand dit littéralement que le gouvernement flamand utilisera ses compétences de manière optimale « dans le cadre légal et constitutionnel ». Que la N-VA dise les choses de façon aussi explicite, est une nouvelle donnée.

 

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 « La réalité économique contribue à déterminer le choix des études » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 27 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Quand il s’agit d’enseignement, la Flandre continue à faire partie des meilleurs élèves de la classe européenne. Nous y consacrons aussi énormément d’efforts et de moyens financiers. L’an dernier, l’ensemble du secteur de l’enseignement a mangé plus de 9,8 milliards d’euros, plus d’un tiers du budget flamand. Logique, car l’enseignement flamand compte globalement 1,27 million d’élèves et d’étudiants.

 

Si qui se rend sur le marché de plus en plus exigeant du travail sans diplômes ni qualifications, a de plus en plus de difficultés à trouver un emploi. Cependant, en Flandre, le degré scolaire augmente de façon significative. Il y a dix ans, 46% des personnes âges de 24 à 65 ans étaient encore peu scolarisées. En 2006, il s’agissait encore de une pour trois. En outre, la part de diplômés de l’enseignement supérieur ne cesse d’augmenter, de 23% en 1996 à plus de 32% aujourd’hui.

 

Avec ces chiffres, la Flandre fait partie du top européen, car nous atteignons ave brio la norme européenne de Lisbonne en ce qui concerne les objectifs. (...)

 

Une constatation réjouissante : de plus en plus d’étudiants de première année choisissent les disciplines scientifiques. (...) La réalité économique contribue à déterminer le choix des études. Un choix pour une sécurité relative. On trouvera aujourd’hui plus facilement un job comme ingénieur ou biologiste que, par exemple, comme archéologue.

 

L’accès à l’enseignement supérieur est, à juste titre, l’un des points forts de l’accord de gouvernement flamand.  Mais l’enseignement secondaire continue à être confronté à un point névralgique, le système en cascade. Les parents poussent leur enfant dans une direction plus difficile « car on peut toujours redescendre si ça ne marche pas ». Souvent avec des conséquences désastreuses pour les jeunes qui, à la longue, ne savent plus dans quelle direction aller ou, plutôt, ce qui leur reste encore finalement.

 

La nouvelle structure dans l’enseignement secondaire doit aider à résoudre ce problème. On espère qu’elle fonctionnera et qu’il y aura ainsi moins de talents perdus.

 


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 Presse flamande des 24 et 27 juillet 2009 Minimize

 « C’est possible » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 27 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

Renforcé par l’accord de régularisation qu’il a personnellement négocié, le Premier ministre Herman Van Rompuy pense qu’un accord sur la réforme de l’Etat – en ce compris un accord sur BHV – doit également être possible. Guy Verhofstadt l’a déjà dit : Optimism is a moral duty. Cela vaut-il aussi pour Herman van Rompuy ? Peut-être bien. Un certain nombre de raisons objectives expliquent pourquoi ce qui n’a pas été possible durant deux ans pourrait l’être maintenant.

Les élections régionales du 7 juin  ont montré que le fait de vouloir se profiler nettement n’aide pas toujours. En temps de crise économique, les gens donnent la préférence aux partis qui recherchent des solutions et qui sont prêts à faire pour cela des compromis. La crise économique, du moins ses effets, se fera encore sentir durant quelques années.

La N-VA est au gouvernement flamand. Du coup, le parti a adapté sa stratégie communautaire. Etre dans un gouvernement signifie prendre ses responsabilités.

Financièrement, notre pays est le dos au mur. Une réforme de l’Etat intelligente peut aider à résoudre les problèmes. Sans solution, la faillite du pays menace. Ce qui signifie aussi la faillite de la sécurité sociale de six millions de Flamands et de cinq millions de francophones. Quel parti veut endosser cette responsabilité ?

L’arrêt de la Cour constitutionnelle au sujet de BHV reste en vigueur. Il faut une solution - scission ou retour aux anciens arrondissements électoraux ou peut-être encore autre chose - pour les prochaines élections fédérales. Sans solution, il sera difficile d’organiser ces élections. Dans ce cas, le pays risque même d’imploser. Ici aussi, la question est : quel parti osera ?

Enfin, il y a la présidence belge de l’UE au cours de la seconde moitié de 2010. Notre pays ne pourra pas se permettre alors une crise politique.

Ce dernier point montre qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour aboutir à des solutions. Après, ce ne sera plus possible, car ce seront à nouveau les élections. En outre, les problèmes sont gigantesques.

Les problèmes budgétaires ne peuvent se résoudre qu’avec des économies drastiques et de nouveaux impôts. Et l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde est un dossier symbolique. Le Premier ministre Van Rompuy devra être très créatif. Et les partis très courageux. Dans le cas contraire, ce pays n’a plus d’avenir.

 

 

 

 « Pauvre ensemble » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 24 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

Les choses ne vont pas bien pour Opel Anvers. (...)

L’histoire wallonne semble se répéter. Cette fois en Flandre. La Wallonie était l’une des plus fortes régions industrielles d’Europe. Elle était donc riche. Des dizaines de milliers de Flamands allèrent y habiter et travailler. Les nombreux noms flamands en Belgique francophones sont là pour le rappeler. Mais dans les années soixante et septante du siècle dernier, la situation se retrourna. Les entreprises textiles, les charbonnages et les usines sidérurgiques fermèrent leurs portes. Dans le même temps, la Flandre connut un développent industriel rapide avec un accent fort sur la construction automobile.

Les ouvriers flamands devinrent de plus en plus chers au fil des ans. La haute productivité était là pour compenser. Ce n’est plus le cas. Les processus de production sont de plus en plus automatisés. Quelques managers et ingénieurs suffisent pour faire tourner une usine. Le travail est effectué par des robots, les ouvriers qui restent ne sont plus que de simples exécutants. Il est dès lors de plus en plus facile de déménager les entreprises vers des pays à bas salaires, avec des taxes plus faibles, des consignes environnementales moins strictes et une autorité souple. (...)

La Flandre est confrontée à de grands défis industriels. Notre tissu industriel doit être renouvelé. Nos responsables politiques le savent. Mais ils n’ajoutent pas l’acte à la parole. L’accord de gouvernement flamand en est la preuve. Dès que l’on connaît à nouveau des surplus budgétaires, l’argent est principalement affecté à une nouvelle politique sociale au lieu d’être investi dans la recherche et le développement, dans les infrastructures, dans la stimulation de l’entrepreneuriat, dans l’abaissement de la pression fiscale, dans l’attrait d’entreprises. Ce fut également le cas en Wallonie. Avec le résultat que l’on sait. Mais cela ne dérangeait pas trop les Wallons, ils pouvaient se raccrocher à la sécurité sociale et à la solidarité flamande. La Flandre ne pourra pas le faire. Qui n’a rien ne peut rien donner. Nous serons bientôt pauvre ensemble.

                                                           

 


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 Presse flamande du 22 juillet 2009 Minimize

 « Le Roi en a marre des tergiversations politiques à propos de la réforme de l’Etat » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 22 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) L’année dernière, à peu près à la même époque, nous sortions d’une crise politique et institutionnelle. Souvenez-vous comment le Premier ministre Yves Leterme avait remis la démission de son gouvernement. Il n’avait, en effet, pu obtenir un accord pour le 15 juillet sur la deuxième phase de la réforme de l’Etat. Ce qui était promis dans l’accord de gouvernement. Les sages, Guy Verhofstadt et Jean-Luc Dehaene en tête, s’étaient entendus sur la première phase, les fameux amuse-gueules.

Mais il n’y eut pas de suite et Leterme pensa donc pouvoir faire le forcing en remettant sa démission. Le roi la tint en délibéré pour finalement la refuser. On désigna trois médiateurs -de Donnéa, Langendries et Lambertz - qui étaient censés préparer un dialogue communautaire.

On sait depuis ce qu’il en est advenu. Kris Peeters se mit au travail à l’automne. Il avait des « garanties » des francophones. Cette fois, ceux-ci prenaient les choses au sérieux. Rien n’était moins vrai. En décembre, le dialogue s’enlisa et Peeters dut jeter l’éponge.

Retour chez le roi. Au cours de cette funeste période de juillet 2008, le gouvernement Leterme a utilisé le roi. Chacun savait que la lettre de démission de Leterme n’était pas sérieuse. Elle ne servait qu’à gagner du temps. Et le roi a dû jouer ce petit jeu. L’enregistrement de son discours du 21 juillet a même dû être reporté quelques fois.

Et à quoi tout cela a-t-il servi ? A rien. Nous sommes au même point que l’an dernier. Je peux donc comprendre que le roi ne soit pas « amused » (sic) L’homme a - à la demande des politiciens - hypothéqué sa neutralité constitutionnelle et son prestige personnel, et le résultat est nul. Une constatation dramatique. D’où, peut-être, cet appel/imploration d’Albert II. Il a raison. Si la Belgique veut encore avoir un avenir, elle doit être réformée en profondeur.                                            

« Le roi apprend » - Edito d’Yves Lambrix dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 22 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

On n’est jamais trop vieux pour apprendre, même pas à 75 ans. C’est ce qu’a montré le roi Albert, lundi soir, dans son discours à l’occasion de notre fête nationale.

Revenons au 21 juillet 2008. Alors que notre pays traversait une crise sans précédent, avec une réforme de l’Etat approfondie pour enjeu, notre souverain n’en avait pas touché un mot dans son discours. Il s’était limité à lancer un appel à l’unité et à la tolérance. Le Roi Albert laissa passer une chance unique d’appeler les choses par leur nom. De dire ouvertement qu’il fallait d’urgence une solution aux problèmes socio-économiques qui, lentement mais sûrement, pourrissaient notre pays. Pour dire ouvertement qu’une réforme de l’Etat approfondie était le seul moyen de réaliser cela. (...) La critique fut dure dans la presse flamande. A juste titre. (...)

Aujourd’hui, le passage le plus remarquable de son discours est celui sur la réforme de l’Etat. (...) le Roi a plaidé ouvertement pour une réforme de l’Etat avec une nouvelle loi de financement pour garantir notre sécurité sociale, symbole par excellence de la solidarité entre Flamands et Wallons. Et cela sans un mot de critique de la part des francophones. Ont-ils enfin compris, comme le roi, qu’une véritable réforme de l’Etat est indispensable ? Espérons-le, pour la prospérité de 10 millions de Belges, de leur roi et de leur dynastie.

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« Le monde à l’envers » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 22 juillet 2009 – Traduction Jules Gheuded

(...) Le roi insiste pour qu’on réalise une réforme de l’Etat. Les choses ont bien changé. Jadis, Baudouin et Albert avaient une peur bleue de l’autonomie régionale. Aujourd’hui, ils savent que c’est la seule manière de maintenir le pays. Le message d’Albert II s’adressait surtout au ministre-président Kris Peeters et à son nouveau gouvernement flamand. (...)

Le roi qui insiste pour réformer l’Etat et le gouvernement flamand qui a décidé de laisser pourrir la situation jusqu’à ce que l’autorité fédérale et les francophones viennent mendier place des Martyrs, voilà qui semble être le monde à l’envers. (...)

C’est un signe aimable à l’attention de Kris Peeters pour l’inviter à suivre une politique responsable et à ne pas se laisser mener par la doctrine du pourrissement qui a prise sur la place des Martyrs.

La N-VA a adopté cette façon de faire après que la précédente stratégie – forcer une réforme de l’Etat – n’ait débouché sur rien. C’était prévu, mais certains sont « dure de comprenure » (sic). Qui dit que la nouvelle stratégie rapportera quelque chose ? Imaginons que ces francophones, sous la conduite de Rudy Demotte, s’en tirent avec leurs petites affaires financières. Ce gouvernement flamand peut-il encore attendre longtemps ? La N-VA peut-elle le supporter et combien de temps ? Un an, cinq ans, dix ans ?

 


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 Presse flamande du 6 au 17 juillet 2009 Minimize

«  Un clown wallon dans le cirque fédéral » - Edito de Peter Vandermeersch dans « De Standaard » du vendredi 17 juillet 2009

« Le clown a pris le dessus sur le ministre. » C'est ce qu'écrivait Le Soir il y a à peine un mois dans son rapport du gouvernement wallon au sujet de Michel Daerden. (…) Le score était désastreux. Vision : 16,5/40. Action : 20/40. Communication : 10/40. Sur ce dernier point, nos collègues du Soir disaient à juste titre : « Il ne faut pas confondre notoriété et communication. »

La démocratie commence, fort heureusement, avec la popularité. Il faut être élu. Un parti peut de temps à autre faire appel à un extérieur comme ministre (pensez à Ingrid Lieten et à Philippe Muyters), le pouvoir d'un politique est surtout fortement lié au résultat électoral (demandez-le donc à Joke Schauvliege). Ceux qui ont mis temporairement un pied hors du gouvernement peuvent faire leur retour après qu'ils se soient laissés évaluer (demandez-le donc à Jo Vandeurzen). Et ceux qui sont propulsés à l'intérieur depuis l'extérieur ne reçoivent leur pleine crédibilité qu'après s'être présentés devant l'électeur (demandez-le donc à Kris Peeters).

Michel Daerden est l'homme politique wallon le plus populaire. 63.580 personnes ont voté pour lui lors des dernières élections. Cela peut compter. La base du tout nouveau ministre des Pensions est en admiration devant lui. En bon empereur wallon du clientélisme, il l'a choyée. « Papa » Daerden se soucie des gens. Et ils le lui rendent bien. C'est comme cela que cela fonctionne, tant à Ans qu'à Liège. Là où l'on est fier que les petits films du ministre ivre mort sur Youtube (« Daerden bourré » ou « Daerden encore bourré ») aient été regardés par plusieurs millions de personnes dans le monde.

La démocratie commence peut-être par la popularité, mais faire de la politique c'est aussi, heureusement, davantage qu'être populaire. Faire de la politique c'est, pour les ministres à tout le moins, gérer. Faire des choix. Gérer de façon saine l'argent du contribuable et l'affecter justement. Regarder de l'avant. Développer une vision et avoir une connaissance des choses. Il y a des années de cela, Daerden pouvait encore être considéré comme un spécialiste des chiffres, nous n'avons encore jamais pu le surprendre sur ces qualités politiques. Ce clown rejoint donc aujourd'hui le cirque fédéral. Parachuté depuis la Wallonie.

Sans la moindre légitimité en Flandre, il devra maintenir droit l'un des principaux piliers de la maison fédérale. Avec Michel Daerden, ce pilier risque de s'effriter au risque d'endommager davantage encore le toit fédéral. Pendant que cela se passera, nous pourrons boire un verre de rosé avec « papa ». Pour nettoyer ce goût âpre dans la bouche.

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« Michel » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du vendredi 17 juillet 2009

Même s'il se contente volontiers d'approuver pour la forme que le niveau fédéral doit être maintenu à tout prix, sinon renforcé, il semble quand même que le niveau régional vienne au premier rang dans l'ordre des valeurs d'Elio Di Rupo. On ne peut pas expliquer autrement pourquoi Michel Daerden est précisément propulsé dans le gouvernement d'Herman Van Rompuy.

C'est arrivé exclusivement parce qu'Ecolo et le CDH ont posé un veto absolu et d'ailleurs tout à fait justifié contre l'homme, qui incarne encore tous les éléments néfastes d'une culture de gestion du PS qui n'est pas encore en voie d'extinction. Daerden est toujours à la limite, nominations, clientélisme, petites amitiés politiques et surtout une prise démesurée de tout liquide avec un notable taux d'alcoolémie. Avec ses frasques, il a pu devenir le clown le plus populaire de Wallonie (…).

Qu'il ait été rejeté de la coalition au sein de laquelle Ecolo, surtout, voulait faire une rupture avec la culture préhistorique du PS, ce n'est que normal et cela mérite même des applaudissements.

Mais ce n'est quand même pas une raison pour imposer à 10 millions de Belges une figure qui n'était pas en état de cogérer environ 4 millions de Wallons. Certainement pas dans un département comme celui des Pensions, qui sera l'un des enjeux de société les plus importants de ces prochaines années, avec des implications budgétaires dont même les bêtes de la rue de Loi ne savent pas bien comment ils pourront être résolus. Et c'est précisément là que le PS place l'oncle bourré de la famille. En raison de ses nombreuses voix de préférence.

On épargne peu de choses à Herman Van Rompuy ces derniers jours. Il reçoit Yves Leterme aux Affaires étrangères, qui n'est pas précisément son meilleur ami. Les entités fédérées lui ont clairement fait comprendre qu'il devra voir comment mettre le budget fédéral en ordre, parce qu'elles veulent de cette manière essayer d'imposer financièrement une réforme de l'Etat. Et dans ce fédéralisme de tensions croissantes, il peut désormais compter également sur la présence inspiratrice de Michel Daerden au sein du Conseil des ministres.

Herman Van Rompuy reconnaît parfois qu'il a quelque chose de bouddhiste en lui. Il aura effectivement besoin d'une grande dose de zen attitude pour ne pas fuir en hurlant de la rue de la Loi.

                                                        °

« Le coeur et la raison » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 17 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

Le ministre wallon du Budget sortant, Michel Daerden, passe au gouvernement fédéral. Il remplace Marie Arena aux Pensions. C’est le président du PS, Elio Di Rupo, qui a pris la décision. Mais bien sur les instances d’Ecolo, même s’il le dément. (...) L’interview d’Isabelle Durant à la VRT, jeudi matin, était on ne peut plus claire. L’accord de gouvernement wallon met fortement l’accent sur la bonne gouvernance et une nouvelle culture politique. Le nouveau gouvernement wallon veut rompre avec le passé et les barons PS magouilleurs. Michel Daerden a l’image d’un arrangeur. Aussi n’y a-t-il plus de place pour lui dans le nouveau gouvernement wallon. On le propulse donc au gouvernement fédéral. Car Elio Di Rupo n’a pas osé se passer entièrement de Michel Daerden. Il est toujours beaucoup trop populaire à Liège. (...)

Les changements d’aujourd’hui au gouvernement fédéral montrent une nouvelle fois que le fait d’avoir des élections distinctes est une farce. Des élections au niveau régional ont des conséquences au niveau fédéral. Et vice versa. (...)

Notre coeur fédéral bat pour des élections distinctes. Notre raison dit que ce n’est pas possible. Les ministres et parlementaires de tous les gouvernements et de tous les parlements participent toujours à toutes les élections. (...) Après chaque élection, tous les gouvernements sont réaménagés et tous les parlements sont reconstitués. Comme cela se passe tous les deux ans, la politique à long terme est devenue impossible. Conséquence : le pays sombre, les gens trinquent. Il faut que cela cesse.

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« Exil » - Edito de Frank Dereymaeker dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 17 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Le nouveau ministre des Pensions : Michel « hic » Daerden. Expérience « bourré, aucun doute là-dessus. Comme réviseur d’entreprise, fort en chiffres et grâce à ses interventions sociales, un véritable canon à voix (indispensable) pour le PS. Mais Daerden est avant tout l’homme qui a fait de son problème d’alcool un tube sur You-Tube. Cela en dit long sur ce que certains bonzes du parti pensent actuellement de ce gouvernement fédéral. Difficile d’être plus clair. Tout se focalise sur les gouvernements et parlements régionaux. On y place les « meilleurs » pions.

Cela dégrade le gouvernement fédéral en une sorte de lieu d’exil. (...) Ce pays a maintenant besoin d’un gouvernement énergique, mais les petits jeux politiques risquent à nouveau de tout chambouler.

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« Compatir avec le Premier ministre » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du vendredi 17 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Nous nous retrouvons ici avec cinq partis au gouvernement. Leurs présidents respectifs se prennent pour Dieu le Père. Ils déplacent leurs pions entre le niveau fédéral et le niveau régional, comme cela leur rapporte les plus électoralement.

Rien d’étonnant à ce qu’on ait alors ces farces comme celles que nous connaissons avec Michel Daerden. Un plaisantin qui procure plaisir et boisson aux conseils des ministres, mais qui, pour le reste, fait plonger la crédibilité et le sérieux du gouvernement belge dans des profondeurs inconnues.

Et le Premier ministre ? On ne lui demande rien. Il est juste là, à regarder. Et il essaie de tirer de tout cela le meilleur...

                                                                      

 

 

 « Il y a de l’espoir pour le Parlement flamand » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 16 avril 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Un débat d’investiture n’est rien de plus qu’une formalité. Il n’est jamais arrivé qu’un nouveau gouvernement ne reçoive pas la confiance.  (...)

Mais cela peut parfois être intéressant et instructif. Comme hier. C’est ainsi que nous pouvons d’ores et déjà prédire que le nouveau Parlement flamand sera beaucoup plus passionnant que le précédent. (...)

Nous pensons par exemple à un Bart De Wever très présent. La manière dont il a déclenché mercredi des discussions avec  Filip Dewinter et Sven Gatz laisse augurer le meilleur pour l’avenir. Le président de la N-VA doit toutefois faire attention à ne pas tomber dans trop d’autosatisfaction. L’orgueil précède la ruine. Pour le reste, nous attendons avec impatience ses interventions sèches du tac au tac.

Lukas Vander Taelen (Groen !) est incontestablement aussi un gain pour le Parlement. Ses interventions intelligentes, nuancées, contrastent violemment avec le discours terne et populiste de Mieke Vogels. Jan Peumans manie son marteau de président avec plus de verve et d’humour que son prédécesseur. Il est clair qu’il veut donner plus de punch à son assemblée.  (...)

Bref, il y a de l’espoir pour le Parlement flamand. (...) Cela ne peut que rehausser le niveau, la vivacité et l’attrait du parlement.

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« Un débat intéressant » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 16 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Le débat d’investiture fut extrêmement intéressant. (...) La présence de la LDD a comme avantage supplémentaire que le Vlaams Belang doit sortir aussi de son hibernation. Filip Dewinter et ses compagnons ont dû trop longtemps mener seuls l’opposition. Cela change maintenant. Avec le Vlaams Belang, LDD et Groen !, nous avons trois partis d’opposition qui peuvent y aller à fond. Cela ne peut que rendre le Parlement flamand plus vivant. Seul l’Open VLD aura quelques difficultés à s’adapter. On l’a vu hier avec l’intervention de Sven Gatz.

Remarquable fut aussi la manière avec laquelle Bart De Wever s’est manifesté. (...) Il nous a fait penser à Frank Vandenbroucke. Il doit toutefois veiller à ne pas trébucher sur sa propre popularité et ses 123.155 voix de préférence.

Une seule fois, Bart De Wever n’est pas intervenu : lorsque Joris Van Hauthem (VB) a demandé si le gouvernement flamand entamerait la procédure en conflit d’intérêt au cas le budget fédéral affecterait de l’argent à des affaires pour lesquelles le gouvernement flamand est en principe compétent, comme la politique des villes. (...)

Cette question est tout à fait intéressante. Dans l’accord de gouvernement flamand, il est stipulé que le gouvernement flamand ne tolèrera pas que le gouvernement fédéral sape ses compétences. Le 10 décembre 2008, il n’y a donc pas si longtemps, la N-VA a déposé, par la voix de Jan Peumans entre autres, une motion pour déclencher un conflit d’intérêt contre le budget fédéral 2009 pour la même raison. La N-VA va-t-elle remettre ça maintenant ? Le CD&V et le SP.A suivront-ils la N-VA ? Les réponses ne sont pas venues hier (...) En octobre, au plus tard, nous saurons où nous en sommes.

 « L’éparpillement des compétences freine » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 15 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) En matière d’asile et d’immigration, les compétences sont maintenant partagées entre Annemie Trutelboom (Open VLD) et Marie Arena (PS). L’Open VLD et le PS ont une vision différente de la question et tentent chacun de l’imposer. (...) En attendant, le dossier déraille. (...)

C’est un vieux mal belge, ce morcellement des compétences. Cela complique les solutions. C’est encore pire quand ces compétences sont partagées entre ministres de différents partis et éventuellement de rôles linguistiques différents. (...)

La solution est moins de ministres et plus de compétences. Mais les partis n’en veulent pas. Leurs rapports de force au sein du gouvernement l’emportent sur une répartition cohérente des compétences. Cela explique d’ailleurs que le gouvernement flamand compte 9 ministres, au lieu de 6 comme l’avait proposé la N-VA.

                                                        °

« Larguer Turtelboom serait un pur scandale » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 15 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Cela fait un an et demi que Turtelboom défend de manière cohérente le point de vue de l’Open VLD en ce qui concerne les régularisations. Elle n’était pas en poste de trois semaines que le PS exigeait déjà sa démission. (...) Di Rupo, Onkelinx et Arena lui ont lancé les pires choses à la figure. Jamais son parti n’a ramassé le gant pour elle. L’Open VLD l’a laissée galérer et démolir.

Une médaille pour son courage et son abnégation, voilà ce que mérite Annemie Turtelboom. Certainement pas une démission.

Si l’Open VLD cède à Di Rupo et la largue, Verhofstadt peut acheter une carte de membre du PS.

Il est d’ailleurs totalement erroné de prétendre que Turtelboom bloque tout. En 2008, il y a eu 10.000 régularisations. 10.000 ! Mais pour le PS, ce n’est évidemment pas assez. Philippe Moureaux a expliqué pourquoi : « Les « loftsocialistes » sont passés chez Ecolo. Nous restons avec le prolétariat. » Et les nouveaux Belges font naturellement partie du prolétariat, donc de la république des électeurs du PS. Pas besoin d’explication supplémentaire...

 

 « Pourquoi faire encore de la politique ? » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 13 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

C’est cet après-midi que le nouveau gouvernement flamand prêtera serment. Y compris, parmi les neuf ministres, les non-politiques Ingrid Lieten et Philippe Muyters. Le SP.A et la N-VA suivent en cela, l’exemple du CD&V. Il y a cinq ans, Yves Leterme sortit de son chapeau le patron d’Unizo Kris Peeters. Celui-ci est à présent ministre-président. Un bel exemple de reconversion  réussie. Etant donné leurs capacités et leur carrière professionnelle fructueuse, Ingrid Lieten et Phgilippe Muyters devraient pouvoir en faire de même.

Il n’empêche que nous devons placer quelques apostilles à côté de leur promotion. Les listes sont en partie pourvues de BV (Bekende Vlamingen, Flamands connus) sans mérites politiques. Des ministres sont plongés dans des gouvernements sans que nous ayons pu les juger en tant qu’électeurs. L’anémie est-elle si grande ? Pourquoi encore voter ? Pourquoi les jeunes s’engageraient-ils en politique si, au moment où le temps est mûr pour obtenir une belle place sur la liste, ils se  font dépasser par des étrangers ? Pourquoi des parlementaires se tueraient-ils au travail et se préparaient-ils à devenir ministre quand ils sont mis hors jeu à la dernière minute ?

Pour Peter Vanvelthoven et Jan Peumans, les choses sont particulièrement amères. Lors du congrès de la N-VA, Bart De Wever a demandé que l’on applaudisse Jan Peumans. Il a reçu une belle ovation. Mais cela ressemblait à une variante du baiser de Judas. Car à ce moment-là, Bart De Wever savait déjà qu’il allait pousser immédiatement après le congrès Philippe Muyters comme ministre N-VA. En tant que meilleur parlementaire de la précédente législature, Peumans peut maintenant présider le Parlement. Une fonction « pot de fleurs ». A Jan Peumans de le casser.

Pour Peter Vanvelthoven, la pilule est encore plus amère. Ingrid Lieten avait été sollicitée pour emmener la liste SP.A aux dernières élections. Elle a refusé. Peter Vanvelthoven a donc dû prendre ses responsabilités. Et qui se retrouve aujourd’hui ministre ? Non pas Peter Vanvelthoven, mais bien Ingrid Lieten. (...)

Au SP.A, on remarque que lors du choix des ministres, la loyauté à l’égard de la présidente l’a emporté sur la compétence. Le compétent mais critique Frank Vandenbroucke peut rester à la maison. En revanche, Freya Van den Bossche et Pascal Smet se retrouvent ministres, bien que leur expérience ministérielle  n’ait pas été un succès unanime.

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« Kris Peeters n’est pas encore Barack Obama » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 14 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

« Le nouveau gouvernement flamand a un objectif précis : faire de la Flandre une société innovante, durable et solidaire, ouverte à la cohabitation internationale ». Ce fut le point essentiel de la déclaration gouvernementale de Kris Peeters. (...)

Comment le nouveau gouvernement flamand va-t-il atteindre cet objectif, nous ne le savons toujours pas. Il n’y a pas de mesures concrètes, encore moins de budgets chiffrés. (...)

A cet égard, la déclaration de Kris Peeters  fut une occasion manquée. Non, Kris Peeters n’est pas (encore) Barack Obama.

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« Cela sera captivant » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 14 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Les cinq prochaines années s’annoncent très intéressantes. Il y a à cela trois explications. La première est que la majorité est fort juste, avec seulement trois sièges en plus. L’opposition pourra la mettre constamment sous pression. (...) La crise financière et économique mettra également le gouvernement et le parlement flamands sous pression. C’est surtout le gouvernement fédéral qui s’en ressentira ici, il est responsable de la sécurité sociale. Mais vu l’évolution  des choses, il exclu que le gouvernement fédéral puisse régler le problème tout seul. Il devra solliciter l’aide des gouvernements régionaux, en ce compris le flamand. Et le gouvernement et le parlement flamands devront alors choisir entre l’exigence de la N-VA , d’une part - aider de façon limitée le gouvernement fédéral jusqu’à ce que les francophones demandent eux-mêmes une réforme de l’Etat - et, d’autre part, les pensions, les allocations de chômage et les soins de santé des... Flamands.

Cette réforme de l’Etat - et nous en arrivons à la troisième explication - est plus éloignée que jamais, étant donné la composition du gouvernement flamand avec Geert Bourgeois comme ministre responsable de la périphérie flamande. Un compromis avec les francophones sur la périphérie flamande, la nomination des bourgmestres francophones et la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde sont, de ce fait, quasi impossibles. Dans ce cas, il n’est même plus possible d’organiser dans deux ans des élections législatives et le pays risque d’imploser. Mais est-cela que veulent le CD&V et le SP.A ? Cela sera captivant.

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« Le président du parlement Jan Peumans ne veut pas aller chez le Roi » - Article dans « Het Laatste Nieuws » du mardi 14 juillet

Le nouveau président du Parlement flamand Jan Peumans (N-VA) refuse d’assister aux réceptions organisées par le palais royal. Du jamais vu.

 

« Un accord flamand sérieux mais pas innovateur » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 8 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) C’est un accord sérieux, qui a été réalisé étonnamment vite dans des circonstances budgétaires difficiles. Cela oui. Mais innovateur ? Non. (...)

Il est toutefois réjouissant de constater que l’on s’occupe enfin d’une vraie sécurité sociale flamande. Même l’ACW, qui était jusqu’ici extrêmement réticente à l’adoption de mesures sociales particulières en Flandre, semble aujourd’hui pouvoir s’en accommoder. On aura ainsi, à côté de l’assurance-maladie existante, une assurance-hospitalisation flamande qui devra être accessible à tous, ainsi que des allocations complémentaires pour les enfants flamands. On investira aussi davantage dans les garderies et le secteur des handicapés. Excellent.

D’autant que l’on mènera dans le même temps une politique budgétaire orthodoxe. Le budget flamand devra se clôturer sans déficit à la fin 2011. C’est en tout cas un peu plus courageux et intelligent que ce que la Wallonie et Bruxelles ont l’intention de faire.

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 « La lumière s’éteint » - Titre de l’édito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 7 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

Le Premier ministre Herman Van Rompuy joue avec l’idée de coupler le dossier de l’énergie nucléaire à l’élaboration du budget pluriannuel. Ce budget de toutes les autorités ensemble est dans le rouge. Il en sera ainsi jusqu’en 2015. On devrait alors connaître à nouveau l’équilibre. Pour supprimer le déficit, des mesures sont nécessaires. Ainsi, le fait de maintenir les centrales nucléaires pourrait rapporter chaque année au moins un demi milliard d’euros. Le fait est que la plupart des centrales nucléaires belges sont amorties. Cela les rend très rentables. Le gouvernement veut en profiter.

Avec son idée de couplage, Herman Van Rompuy prend un acompte sur la décision politique de principe de maintenir plus longtemps ouvertes les centrales nucléaires. C’est le gouvernement Verhofstadt qui décida en 2003 de fermer les centrales nucléaires. Celles de Tihange 1 et Doel 1 et 2 devront être fermées pour 2015. Les quatre autres pour 2025. On avait bien dit à l’époque que cela ne serait possible que s’il y avait entre-temps des alternatives suffisantes.

Il est impossible que l’énergie renouvelable (verte) assure les 54,4% d’électricité qui sont aujourd’hui produits par les centrales nucléaires. En principe, le charbon et le gaz pourraient le faire. Mais cela augmente l’émission de C02 et nous ne pourrions pas atteindre les objectifs de Kyoto. La troisième alternative consiste à importer l’électricité. Cela revient à pratiquer la politique de l’autruche. Importer l’électricité signifie en effet importer l’énergie nucléaire.

Le problème est que la décision de fermer les centrales nucléaires fut une décision prise sous la pression de Groen !, appuyé par le SP.A. Cette décision était en soi honorable. Les déchets nucléaires représentent un gros problème. Cette décision impliquait la mise en oeuvre d’un plan pluriannuel, en plus des investissements nécessaires pour obtenir les formes alternatives d’énergie suffisantes. Hélas ! comme c’est souvent le cas en Belgique, il n’y a pas eu de suite. Avec le résultat que nous sommes aujourd’hui le dos au mur et que nous n’avons plus d’autre choix que de maintenir plus longtemps ouvertes les centrales nucléaires.

C’est seulement une solution à court et à moyen terme. Il est plus que temps que les divers gouvernements fassent ensemble des plans pour savoir comment les choses devront se passer à long terme. Et il faut que ces plans soient exécutés ensuite de manière conséquente, sans qu’il ne soit besoin de les modifier lors de la constitution de nouveaux gouvernements. S’ils ne parviennent pas à faire cela, il arrivera un moment où la lumière s’éteindra tout simplement.

« Faute d’Etat » - Edito de Rik Van Cauwelaert dans « Knack » du mercredi 1er juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Jusque dans un passé récent, le gouvernement fédéral déterminait l’agenda budgétaire. Mais aujourd’hui, le Premier Herman Van Rompuy doit demander aux formateurs des gouvernements fédérés s’ils veulent l’aider gentiment à assainir les finances publiques dans les années à venir.

 

La tâche n’est pas mince. Selon l’économiste Geert Noels, le déficit budgétaire devrait grimper en 2010 jusqu’à 10% du PIB, à politique inchangée. Cela revient à 35 milliards d’euros. Une économie de cette ampleur est donc nécessaire pour maintenir le budget belge en équilibre, conformément au Pacte de stabilité européen. (....)

 

Le Premier ministre a déclaré à la Chambre qu’il rejetait le « fédéralisme d’opposition ».

 

Mais la réalité est là : nous sommes tombés dans la révolution copernicienne du ministre-président flamand Kris Peeters. L’Etat fédéral n’est plus le soleil autour duquel tournent les entités fédérées. Celles-ci forment à présent le centre – les petits jeux partisans et électoraux, comme une circonscription électorale nationale, n’y changeront rien. Et l’Etat fédéral doit être au service des entités fédérées, estiment Kris Peeters et les partis avec lesquels il est en train de former un gouvernement flamand. « Le problème budgétaire d’Herman Van Rompuy est n’est le nôtre », a déclaré l’un des négociateurs flamands.

 

Ce ne sont pas les entités fédérées qui constituent aujourd’hui le problème. La Belgique – et son maintien – est devenue un problème. C’est le résultat des réformes successives de l’Etat.

 

Au cours des dernières décennies, l’autorité fédérale s’est dépouillée des principaux leviers. Au profit des régions et des communautés et de l’Union européenne.

 

On ne parle pratiquement plus d’intérêt général belge et la solidarité réciproque n’est plus une notion qui va de soi. Surtout pas quand les chiffres du ministère des Finances indiquent que 58% des Flamands paient 64% des impôts belges. La part de la Wallonie (un bon 28%) et de Bruxelles (à peine 8%) ne fait que diminuer.

 

Ce genre de distorsions ainsi que l’évidement de l’Etat fédéral entraînent inévitablement la dévalorisation de la politique nationale. Le Premier Van Rompuy, de plus en plus isolé au sein de son propre parti, est aujourd’hui confronté à cette situation. (...)

 

Des élections législatives anticipées ne régleront pas le problème. Seuls des Etats généraux des régions et communautés, qui se pencheront sur ce qu’ils veulent et peuvent encore faire ensemble, offriront une issue. (...)

 

Nous savons de la bouche même de Frank Vandenbroucke que l’autorité fédérale n’est plus à même de remplir ses obligations envers les citoyens belges.

 

                                                        °

 

« Pur et insignifiant » - Titre de l’édito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du lundi 6 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Guy Verhofstadt n’a pas son parti sous contrôle. Il y a deux raisons à cela. La première est compréhensible : l’Open VLD a perdu les élections trois fois de suite et est durement secoué de l’intérieur. La seconde est personnelle : le président intérimaire n’est plus là avec sa tête. Il vit mentalement en Europe.

 

Son but est de consolider le parti et de la confier à l’automne à un successeur. (...) Il n’empêche que l’Open VLD est en train de commettre les mêmes erreurs que le SP.A a faites il y a deux ans. La plus importante est de discuter de son propre existentialisme sur le forum public. (...) Normalement, un président de parti doit, après une défaite cinglante, organiser lui-même la discussion au sein de ses propres instances. (...) Mais, comme on l’a dit, il a obtenu un autre job fulltime, celui de chef de groupe à l’Europe.

 

L’ex-Premier et président temporaire est aujourd’hui confronté à 12 jeunes hommes et femmes en colère qui mettent sa politique en bouillie. Leur lettre ouverte est une énumération des faiblesses de notre pays. (...)

 

La lettre sape également la position de l’Open VLD au gouvernement fédéral. L’Open VLD se montre comme le facteur instable mais les partenaires savent aussi que le parti est trop affaibli pour provoquer aujourd’hui des élections. Et étant donné que la nouvelle constellation politique penche plutôt vers le centre gauche, le risque est même réel de voir les autres partis remplacer le VLD par le SP.A.

 

L’Open VLD peut donc se retrouver petit et pur dans l’opposition, mais insignifiant. Il ne serait même plus le seul parti libéral.

 

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« Le mieux pour Karel De Gucht, c’est l’Europe » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 6 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) On ne verra pas de maillots bleus dans le prochain gouvernement flamand. Les libéraux flamands ont été lâchés par le formateur Kris Peeters et Bart De Wever, président de la N-VA.

 

C’est un gros problème pour l’Open VLD. Jusqu’à nouvel ordre, le parti fait toujours partie du gouvernement fédéral d’Herman van Rompuy. Cela fonctionne difficilement. Avec un pied dans la majorité et l’autre dans l’opposition, on doit se livrer à des écarts pénibles.

 

Un certain nombre de jeunes trouvent que ce n’est pas une bonne chose. Ils préfèrent une cure d’opposition totale, de façon à ce que le parti ait l’occasion de se ressourcer en profondeur.

A l’Open VLD, on assiste à un changement de génération. J’ai l’impression que Guy Verhoftsdat veut profiter de son interrègne en tant que président de parti pour faire table rase du passé.

 

Ce n’est pas compliqué. Trois des quatre hommes qui ont déterminé le cours du parti ces dernières années sont déjà sur une voie de garage. Patrick Dewael a été « promu » président de la Chambre, Bart Somers a démissionné comme président de parti, et Dirk Van Mechelen n’a pas fait ses preuves le 7 juin.  Je ne les vois pas revenir dans une fonction au top.

 

Reste Karel De Gucht. Il est toujours ministre des Affaires étrangères et vice-Premier. Mais pour combien de temps encore ? En principe, il doit choisir avant le 14 juillet s’il va ou non à la Commission européenne.

 

S’il est intelligent – et nous n’en doutons pas une seconde -, c’est ce qu’il fera. Il est clair que son avenir en politique nationale est derrière lui. Celui qui ne jouit pas au sein de l’Open VLD du soutien de Guy Verhofstadt, a un très gros problème.

 

A la Commission européenne, il sera tranquille pour des années et il pourra agir sans belle-mère. Peut-être rêve-t-il en silence du poste de Javier Solana, qui a fait savoir qu’il ne souhaitait plus être Haut représentant aux Affaires étrangères. De Gucht pourrait le devenir. Mais la Belgique n’a peut-être pas la taille voulue pour une fonction de cette importance.

 

                                                                      

 

« Jeunes loups bleus » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 6 juillet 2009 – Traduction Jules Gheude

Les négociations pour la formation du gouvernement flamand sont entrées dans la dernière ligne droite. Pour le 11 juillet, fête de la Communauté flamande, nous aurons un nouveau gouvernement flamand. Se maintiendra-t-il cinq ans ? C’est une autre paire de manches. Il y a en effet l’interférence avec le gouvernement fédéral.

Ce dernier se trouve à la veille de semaines décisives, avec cinq dossiers importants à l’agenda : l’asile, l’assainissement des finances publiques, le nucléaire, la réforme de l’Etat et, enfin, une solution pour l’arrondissement électoral de BHV. C’est surtout ce dernier dossier qui peut causer de grands problèmes. Nous pouvons difficilement imaginer que le N-VA reste au gouvernement flamand si le gouvernement fédéral cherche la solution pour BHV dans un retour aux circonscriptions d’arrondissements.

La réforme de l’Etat et BHV ne sont que pour l’an prochain. Pour autant que le gouvernement Van Rompuy n’ait pas trébuché entre-temps sur l’assainissement des finances publiques. Douze jeunes de l’Open VLD ont en effet fait savoir que l’objectif d’Herman van Rompuy d’atteindre à nouveau l’équilibre budgétaire pour 2015 était pour eux inacceptable et que l’Open VLD ferait mieux dans ce cas de quitter le gouvernement fédéral.

On pourrait dire que ce ne sont que des jeunes qui écrivent cela, que Verhofstadt a déclaré à plusieurs reprises que l’Open VLD voulait continuer à travailler. Le problème est qu’après trois défaites successives, le mécontentement est grand au sein de l’Open VLD, que Verhofstadt partira bientôt pour l’Europe et que les libéraux devront se choisir un nouveau président cet automne. Les jeunes sont prêts à prendre le pouvoir pour ressourcer le parti. (...) Ils le peuvent d’autant plus facilement que l’impact de la génération Verhofstadt fut tel qu’il n’y a quasiment pas eu de génération intermédiaire. (...)

A moins que Guy Verhofstadt ne puisse avancer un pape de transition dans l’intérêt du gouvernement et du parti. Un tremblement de terre peut être suivi de nouvelles secousses Cela vaut aussi pour les partis après une lourde défaite électorale. La jeune génération n’est souvent pas en mesure d’intercepter ces nouvelles secousses. Au SP.A, ils le savent par expérience. Caroline Gennez n’a pas pu remettre immédiatement les choses en ordre. Et le SP.A a encore perdu cette fois. Une défaite que l’on a vendue comme une victoire, car elle était moins sévère que ne l’avaient prévu les sondages. Encore deux victoires de ce genre et il n’y aura plus de SP.A.


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 Presse flamande du 29/6/2009 Minimize
« Mathot est de retour » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du lundi 29 juin 2009 – Traduction Jules Gheude (...) Cela ressemble furieusement au retour de la doctrine Mathot. Au début des années 80, Guy Mathot (PS) prétendait, en sa qualité de ministre du Budget, que la dette publique disparaîtrait comme elle était venue : d’elle-même. Les conséquences de cette sottise nous ont suivis durant deux décennies. Ce risque est de nouveau là. . (...) Dans toute cette histoire, le Premier Van Rompuy joue par la force des choses le rôle de baron pauvre. (...) Le modèle fédéral belge est totalement la proie de forces centrifuges. C’est chacun pour soi. Van Rompuy compte sur chacun pour maintenir le déficit belge dans les limites.  Son argument est que nous sommes tous dans le même bateau. (...) Mais dans un pays où les citoyens du Nord paient un tiers des impôts en plus que ceux du Sud, chaque décision qui implique de l’argent peut entraîner des distorsions. Il est donc naïf de compter sur la compréhension mutuelle. (...)                                                                         °  « De manière pragmatique et humaine » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du lundi 29 juin 2009 – Traduction Jules Gheude Il n’y a pas de tâche plus ingrate pour un ministre que celle d’Annemie Turtelboom. Voilà deux ans qu’elle essaie de résoudre le dossier de la régularisation des immigrés, mais elle est empêtrée dans une dispute idéologique avec quelques collègues francophones, qui son tributaires des lobbys d’asile. (...) Depuis quelques mois, la ministre a décidé de changé son fusil d’épaule. Elle essaie maintenant d’épuiser au maximum ses compétences, sans grand accord avec sa collègue Marie Arena, qui gère l’autre moitié du dossier de l’immigration. Arena a réagi de manière hargneuse à la nouvelle instruction concernant les familles avec enfants, mais Turtelboom semble obtenir plus de succès qu’escompté. La ministre a, en tout cas, abordé le problème le plus émotionnel du dossier. S’il y a de l’attention en Flandre, c’est bien pour une famille qui s’est parfaitement adaptée, qui est implantée chez nous depuis cinq ans et dont les enfants sont devenus les camarades d’école et de jeu des enfants autochtones. Il n’y a aucun doute quant au droit de ce groupe d’être repris dans notre communauté. Il satisfait à toutes les conditions. (...) C’est peut-être la seule manière de déminer le dossier, une approche pragmatique qui résout dans la pratique les problèmes réels des gens d’une manière humaine, sans pour autant ouvrir grandes les portes à chacun ou appliquer une nouvelle régularisation collective. Espérons que Marie Arena abordera de manière tout aussi pragmatique les problèmes de la surpopulation dans les maisons d’asile. Ou est-ce trop demander ?

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 Presse flamande du 17 au 19/6/2009 Minimize

 « Le triomphe de Di Rupo » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 17 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Quoi qu’il en soit, Elio Di Rupo est le grand triomphateur. Vous imaginez ça en Grande-Bretagne avec Gordon Brown. C’est pourtant ce qu’est s’est passé en Wallonie. Le PS a pu se maintenir grâce au charisme personnel de son président, une combinaison de bonne analyse, charme, timing parfait et maîtrise de soi (...). En maître de tactique politique, Didier Reynders a trouvé son maître. Il n’empêche que Di Rupo ne pourra pas tenir éternellement le petit discours de l’ancien et du nouveau PS. Et les affaires ne sont pas terminées, de nouveau avec un parvenu par excellence, parachuté dans toutes sortes de conseils d’administration. Ecolo et le CDH prennent un grand risque. Ils peuvent être entraînés, si Di Rupo se montre à nouveau trop mou.

 

Qu’est-ce que cela signifie pour le gouvernement fédéral ? Normalement, rien ne change. Le MR était au gouvernement fédéral et pas dans les gouvernements régionaux. Et bien, les choses restent ainsi. Les élections n’ont rien changé. Nous espérons que Van Rompuy pourra continuer, car il convient d’agir maintenant vite. Les finances publiques ne supportent plus aucun délai et ile ne reste plus beaucoup de temps. Dans un an, la Belgique assumera le présidence de l’UE. Une instabilité politique à la tchèque n’est pas une option.

 

                                                                        °

 

 

« Langage rude (bis) » - Titre de l’édito de Luc Van der Kelen dans « Het  Laatste Nieuws » du jeudi 18 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Il y a une semaine, Bart De Wever voulait mettre le gouvernement fédéral « sous curatelle ». C’était dans l’euphorie de la victoire. Hier, la gueule de bois avait disparu, mais pas la doctrine. Il est maintenant question de « mener une politique d’affirmation  à l’égard du gouvernement fédéral ».

 

En soi, ce n’est pas mauvais, au contraire. Mais De Wever vise davantage : il veut attendre avec la réforme de l’Etat jusqu’à ce que les francophones soient demandeurs -c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils aient besoin d’argent - et entre-temps dire « non » au gouvernement fédéral, si par exemple celui-ci demande de l’aide pour le budget. « Mener une politique d’affirmation à l’égard du gouvernement fédéral » revient donc à adopter une attitude négative, le contraire de ce qu’implique la solidarité fédérale. (...)

 

De Wever a même été plus loin hier : la Flandre doit également « usurper » des compétences. Usurper, cela signifie « s’approprier quelque chose indûment ». C’est ce que De Wever veut dire quand il parle de « colorier en dehors des lignes ». Peut-on interpréter cela autrement que par « entrer dans l’illégalité » ? Pour une telle attitude, inspirée par la doctrine du professeur louvaniste Maddens, il n’existe qu’un mot correct : comportement incivique. Quelqu’un qui contrecarre sciemment la gestion du pays, n’a pas sa place dans un gouvernement, un parlement ou une université. Il faudrait l’incarcérer.

 

L’attitude de la N-VA révèle au moins une chose : le parti préfère ne pas négocier, il a peur de la « doctrine Schiltz », car cela implique des concessions.

 

C’est tout de même étonnant, de la part d’un parti qui a immobilisé le pays durant un an, de forcer une réforme de l’Etat, en cinq minutes et unilatéralement.

 

Kris Peeters aura bien du plaisir. Et Herman Van Rompuy aussi.

 

                                                                        °

                                                           

« Poker » - Titre de l’édito de Walter Pauli dans « De Morgen » du jeudi 18 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) On joue donc au poker, mais selon les règles pour enfants. Sans conséquence fatales. C’est un jeu qui permet à la Flandre de ne pas tomber dans la dualité classique opposition et majorité. Car le parti qui est « condamné » à l’opposition a toutes les raisons de se plaindre. (...)

 

Les libéraux ne sont pas contre la note de Peeters et ils pleureront et hurleront s’il s’avère qu’ils ne sont pas repris. Si aucun parti n’a un discours propre, l’opposition est peu séduisante. C’est pour cela que tout le monde veut être l’ami de Kris Peeters, peu importe ce que cela implique.

 

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« La main de la gouvernante » - Edito de Rik Van Cauwelaert dans « Knack » du mercredi 17 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Les empereurs de la Rue de la Loi sont nus depuis longtemps. (…) Les chiffres révèlent la misère de l’autorité fédérale. Le gouvernement fédéral doit ainsi trouver, selon ses dires, 7 milliards d’euros pour limiter son déficit budgétaire à 4% du PIB. Ce qui revient à un effort gigantesque, qui touchera durement la population.

 

Les recettes fédérales s’élèvent annuellement à quelque 92 milliards d’euros. Le gouvernement fédéral en garde un bon 25 milliards pour ses tâches essentielles. Le reste va immédiatement aux régions et communautés, à la sécurité sociale etau remboursement des charges d’intérêt.

 

Cela signifie donc que l’autorité fédérale doit faire cette économie de 7 milliards sur les 25 milliards qui lui restent encore. Celui qui espère que les régions et communautés supporteront leur part de charges, rêve. Car même la Communauté flamande n’aura plus un euro d’excédent dans les deux années qui viennent. La Belgique francophone est complètement sur les genoux. (…)

 

Dans ces circonstances financières critiques, le Premier ministre fédéral Herman Van Rompuy ne pense pas commencer par la réforme de la loi de financement pour renforcer la plate-forme fédérale. Car cela veut dire supprimer des moyens aux entités fédérées indigentes – à l’exception de la Flandre.

 

Tant que les grandes familles politiques n’osent pas lâcher la main de leur gouvernante belge, un Premier ministre belge n’a d’autre choix que de continuer ainsi. En d’autres termes : emprunter de l’argent, ce qui augmentera encore les charges fiscales,  et couper plus profondément dans la sécurité sociale. Tout cela dans l’espoir de maintenir le dispositif fédéral.

 

Reste à voir si cela réussira. Car dans la nuit du 7 juin, après une défaite électorale qui a balayé d’un coup toute l’aventure Open VLD et ramené les libéraux flamands au temps d’Omer Vanaudenhove, le président intérimaire Guy Verhofstadt a commencé sa revanche. (…)

 

Renforcé par son succès personnel aux élections européennes, Guy Verhofstadt place tout son espoir, pour une remontée électorale de son Open VLD, dans la jeune génération, encore docile. (…)

 

Steven Gatz a relayé parfaitement l’exigence de Verhofstadt pour une réforme de l’Etat qui renforce la fédération tout en offrant une solution au problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais à l’exception de quelques fadaises comme une circonscription électorale fédérale, on ne dit pas à l’Open VLD à quoi devrait ressembler une telle réforme de l’Etat.

 

Mais Guy Verhofstadt connaît comme personne l’état de la caisse qu’il a laissée lui-même au royaume fédéral. La réforme de l’Etat que lui et d’autres sages proposent revient seulement à déplacer les fauteuils sur le pont du Titanic. 

 

Les politiciens les plus dangereux ne sont pas ceux qui persistent dans leurs erreurs, mais bien ceux qui ignorent la vérité.

 

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« Un ticket Peeters –De Wever » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 19 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Les bureaux de l’Open VLD et du CD&V ont donné hier leur feu vert pour la participation aux négociations gouvernementales flamandes. Le SP.A le fera aujourd’hui. En principe, la N-VA aurait également dû le faire hier soir, mais Bart De Wever veut avoir aujourd’hui un nouvel entretien avec Kris Peeters. Il sera vraisemblablement question ici d’un ticket Peeters-De Wever. Les deux  aimeraient autant se passer de l’Open VLD. De Wever met pour l’instant Peeters sous pression pour que celui-ci puisse dire plus facilement à l’Open VLD qu’il a dû choisir et qu’il a choisi la N-VA parce qu’elle a gagné les élections, tandis que l’Open VLD les a perdues. Il faut donc attendre.

 

Un gouvernement à quatre présente à la fois un avantage et un inconvénient. L’inconvénient est que la prise de décisions est plus difficile. Tous les partis voudront se retrouver dans les mesures à prendre, ce qui donne souvent des compromis dilués. On peut éviter partiellement cela avec un accord gouvernemental détaillé, disons une bible. C’est statique, on doit pouvoir réagir de manière souple aux nouvelles évolutions.

 

L’avantage, surtout pour le CD&V comme seul parti indispensable dans le nouveau gouvernement flamand, c’est que ni le SP.A ni l’Open VLD ni la N-VA ne sont en soi nécessaires pour la survie du gouvernement flamand. Ils peuvent donc exercer moins de pression sur le gouvernement flamand et, au départ de celui-ci, sur le gouvernement fédéral. Cela plaira surtout à Herman Van Rompuy.

 

Le fait que l’Open VLD se soit décidé aussi vite et de manière unanime pour participer aux négociations, est une surprise. Peut-être même pas. Les signaux que le CD&V a envoyés mercredi, étaient que le couteau était prêt (sous la forme de la note Peeters). Les libéraux n’avaient qu’à  le ramasser pour l’enfoncer dans leur propre poitrine. Le vieux renard Verhofstadt n’a pas offert ce plaisir à Kris Peeters. En outre, le couteau ne semblait pas vraiment acéré. La note est plutôt générale et donnait aux libéraux l’occasion de dire qu’il y avait à boire et à manger et qu’ils étaient prêts à discuter.

 

L’Open VLD s’est même incliné en ce qui concerne le « jobkorting ». Le parti voulait le doubler, Kris Peeters souhaite le rendre plus sélectif. Ici aussi, il y a une explication. Ce n’est plus le moment de faire des cadeaux. Le « jobkorting »  ne peut donc plus servir pour restaurer la crédibilité de l’Open VLD. Il faut pour cela d’autres choses, plus une ligne conséquente. Cela peut venir aussi bien de l’opposition que de la majorité.

 

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« Ce n’est plus le temps des dogmes » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 19 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Les électeurs ont donné également un signal clair : ils veulent une gestion sérieuse. Cela laisse aux partis peu de place pour les petits jeux. Verhofstast a trop de métier pour ne pas le savoir. Ce n’est plus le temps des dogmes et des points de rupture. Il faut placer l’intérêt général au-dessus de l’intérêt du parti. (...)

 

Le président Verhofstadt en tire ses conclusions. Il n’a pas lié son sort au « jobkorting ». Bart Somers et Dirk van Mechelen, eux, l’ont fait. Le premier est parti, le second devra voir lors des négociations ce qu’il peut en tirer. (...)

 

Le véritable travail peut maintenant commencer, à condition que le SP.A donne lui aussi son accord. Reste à savoir si chacun atteindra la ligne finale. Mais il semble qu’aucun des quatre partis - avec la réforme de l’Etat hors du chemin - ne désire une cure d’opposition.

 

Une « grande coalition » comme celle-ci ne peut être énergique qu’à une condition : que tous les participants mettent leur ego de côté, le chef en premier.

 

 

 

 « Une bombe sous Peeters II » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 18 juin 2009 – Traduction  Jules Gheude

(...) Kris Peeters opte résolument pour un gouvernement sans les libéraux. Ils ne peuvent pas être d’accord avec sa note. L’Open VLD, qui veut un doublement du « jobkorting », constate maintenant qu’il est diminué de moitié. Guy Verhofstadt avait demandé un accord préalable sur la manière d’aborder la réforme de l’Etat. Dans la note Peeters, ce point est renvoyé aux calendes grecques.

En 2004 et 2007, le CD&V et la N-VA ont gagné les élections en promettant une réforme de l’Etat rapide et approfondie. Aujourd’hui, ils la renvoient aux calendes grecques. (...) Il y a pourtant l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur BHV. Tout le monde sait que ce dossier ne pourra être réglé que dans un ensemble plus grand, dans le cadre d’une réforme de l’Etat. Pas un mot de cela non plus dans la note Peeters.

En agissant de la sorte, Kris Peeters place une bombe sous son nouveau gouvernement. A moins que ce ne soit justement l’intention du CD&V et de la N-VA, question de remporter aussi les prochaines élections avec de nouvelles promesses creuses.

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« Open VLD : l’opposition ou déculotté » - Titre de l’édito de Paul  Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 18 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Guy Verhofstasdt, le président ad interim de l’Open VLD était hier étonnamment positif à l’égard de la note Peeters. Cela nous surprend fort. Car en fait, cette note ne tient compte d’aucune exigence importante des libéraux flamands.

Prenons ces deux exemples.

Avant les élections, l’Open VLD avait placé un doublement du « jobkorting » à l’agenda. Mais le parti était le seul à revendiquer cela. (...) La note Peteers nous apprend aujourd’hui qu’il s’agira plutôt d’une diminution de ce « jobkorting ». (...)

Adieu le « jobkorting ». Adieu l’Open VLD.

Même chose avec la réforme de l’Etat. Avant les élections, l’Open VLD n’a rien dit à ce sujet. Après le 7 juin, le sujet est brusquement devenu le point le plus important pour Guy Verhofstadt.

Avant de discuter des autres thèmes, il a exigé un accord communautaire préalable entre Flamands. Les autres partis ne le suivent pas. Cette exigence tombe donc également.

C’est d’ailleurs logique, il me semble. Comment peut-on faire des accords avec les seuls Flamands ? On a besoin des francophones pour réformer l’Etat. Aussi longtemps qu’ils ne veulent pas, cela ne sert à rien de commencer. En outre, il est stupide de dévoiler prématurément la stratégie flamande.

Adieu l’Open VLD. A moins que le parti ne soit prêt à retirer toutes ses exigences et à se présenter déculotté sur la Grand-Place.

La politique est imprévisible. Avant les élections, chacun partait du principe qu’il y avait deux certitudes pour le gouvernement flamand : le CD&V et l’Open VLD. La seule question était de savoir qui prendre : le SP.A ou la N-VA. Aujourd’hui, les cartes sont  disposées de façon telle qu’une coalition CD&V-SP.A-N-VA est plus vraisemblable.

Et le gouvernement fédéral ? Herman van Rompuy n’avait-il pas insisté pour une participation de l’Open VLD à cause de la stabilité de son équipe ? Exact. Mais vu que le MR a été entre-temps débarqué, son équipe se trouve déjà sur un siège éjectable. Avec ou sans l’Open VLD au gouvernement flamand, Van Rompuy va rencontrer de gros problèmes.


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 Presse flamande du 17 juin 2009 Minimize

« Reynders est humilié, mais le PS n’est pas encore à la fête » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 17 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) La déconfiture est complète pour Didier Reynders. (...) L’humiliation peut difficilement être plus grande. Ces derniers jours, Reynders s’est pratiquement jeté à plat ventre pour pouvoir accéder à la piste de danse avec Ecolo et le CDH. En dépit de toutes les concessions et courbettes, c’est finalement le PS qui a été invité au tango de l’accouplement. (...)

Cependant, Elio Di Rupo n’est pas encore à la fête. Ce n’est pas parce que les négociations commencent qu’elles déboucheront sur un accord. Javaux a clairement prévenu le PS : un olivier peut se transformer rapidement en cactus. Autrement dit : le PS devra s’adapter à Ecolo et au CDH. Sinon, on ira rechercher le MR sur le banc de touche.

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« Didier » - Edito de Walter Pauli dans « De Morgen » du mercredi 17 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Didier Reynders a un problème. Il y a deux semaines, il était l’étonnant perdant des élections en Belgique francophone et aujourd’hui, Ecolo et le CDH choisissent une coalition olivier, donc avec les socialistes du PS et pas avec les libéraux du MR.

En Flandre, on est quelque peu surpris. Le PS, n’est-ce pas le parti de la corruption tenace ? Pourquoi les francophones optent-ils donc pour une cette construction ? Pourquoi ne répondent-ils pas à l’appel de Reynders pour « le changement » ?

Peut-être parce que la Wallonie – et donc le PS -  ne s’en sort pas si mal que cela. Le journaliste de la RTBF Christophe Deborsu explique, dans sa rubrique, que l’économie wallonne a fait mieux ces dernières années que la flamande. Qu’il y a de plus en plus d’emplois meilleurs, parce que modernes, et que c’est à des ministres PS comme Rudy Demotte que l’on doit ce succès.

Face à cela, il y a l’alternative fade de Reynders. Il prêche « le changement », mais la culture politique au sein de son MR est à peine meilleure que celle du PS. Sa propre soeur est une haute magistrate, mais elle avoue publiquement sa couleur politique. Le MR n’a pas manqué à l’appel lors du fameux « voyage d’études » américain d’une série de parlementaires wallons. Et la manière dont Didier Reynders dirige les Finances depuis dix ans est une caricature de la bonne gouvernance. Reynders doit être le premier libéral à ne pas avoir fait attention aux sous.

L’électeur francophone a sanctionné impitoyablement son discours faible. C’est la raison pour laquelle on ne retrouve Reynders qu’à une honteuse 65e place du hit-parade du taux de pénétration électorale (le rapport entre les voix de préférence et le nombre d’électeurs dans une circonscription). Didier Reynders n’est pas le grand politique pour lequel il se fait passer. Et à présent qu’il s’est fait dribbler par Ecolo, le CDH et le PS, nous le savons : il n’est pas non plus le maître-tacticien qu’il se vante d’être.

Il est quasi impossible que le MR ignore ces signaux. Reynders peut s’estimer content si son parti lui laisse le « choix » entre sa présidence et sa fonction de vice-Premier. Ce sera pour tout le monde, sauf pour Reynders, un choix captivant. Il est quasiment le plus mauvais ministre des Finances qu’on ait eu et il devient aussi un piètre président du MR. Didier Reynders décevra toujours : c’est-à-dire là où il ne pliera pas bagage.


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 Presse flamande post-élections (du 8 au 16 juin 2009) Minimize

« Une victoire pour la politique » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du lundi 8 juin 2009

En temps de crise, la Flandre a choisi des dirigeants pas des aventuriers.

La conclusion la plus importante de ces élections est que la politique l’a emporté d’une manière convaincante sur l’anti-politique. Peu importe la force avec laquelle on a tapé sur les parvenus, les faiseurs de compromis et sur l’"establishment", ce sont les partis traditionnels qui se sont taillé d’une manière claire la part du lion. En ces temps de crise la Flandre a opté pour des dirigeants et pas pour des aventuriers. Pour la raison et pas pour les slogans radicaux. Pour le compromis, pas pour l’enfermement dans sa propre logique. Pour le respect mutuel, pas pour les insultes stériles. Cela suffit à justifier un profond soupir de soulagement.

Les mots que Dirk Van Mechelen a adressés au ministre-président Kris Peeters lors du dernier grand débat préélectoral - "Kris, tu as fait cela parfaitement." - semblent avoir été prophétiques : le chef du gouvernement flamand a mangé tout le monde, son partenaire libéral en premier lieu. Peeters, avec son style refusant le "nonsense", son côté raisonnable, son dégoût pour les promesses non tenables, sa force de frappe dans les questions internes - il est l’homme qui mit fin au cartel - est pour le Flamand moyen qui en avait marre des querelles et des petits jeux politiques, le prototype du dirigeant qu’il veut croire et suivre. Le fait qu’il se soit tenu éloigné de tous les combats de boue semble avoir été une stratégie gagnante.

L’autre grand vainqueur est Bart de Wever, également un homme qui respire le sérieux et pas le populisme le plus plat. Plus inflexible dans sa ligne communautaire que le CD&V, mais un homme tout de même qui ne rejette pas le dialogue d’avance et qui croit encore en un modèle de consultation et pas au refus pur et simple. Un homme que la Flandre a appris à connaître, grâce au jeu "De slimste mens", d’une façon qui jusque-là n’était connue que de la rue de la Loi : plutôt intelligent et qui ne se prive pas de se moquer de lui-même. Ce qui fera sûrement le plus plaisir à Bart De Wever est qu’il a clairement su proposer une alternative crédible même à l’aile la plus nationaliste du Vlaams Belang et qu’il a ainsi pu dans une certaine mesure toucher au cœur sa bête noire.

Le résultat en est que l’ex-cartel, maintenant en formations séparées, est le vainqueur incontestable des élections et que par conséquent l’agenda communautaire passera encore plus à l’avant-plan du côté flamand.

Le grand perdant parmi les partis traditionnels c’est l’Open VLD qui saigne sur trois fronts en même temps : dans le match pour la bonne gouvernance il n’a pas fait le poids face à Kris Peeters, d’autres facteurs y ont contribué : la critique permanente de gouvernements dans lesquels ils siégeaient aussi n’a pas plu, laissons de côté les combats de boue avec les partis non conventionnels. L’Open VLD saigne aussi du côté "bleu foncé", la fraction du parti qui n’a jamais partagé ses ambitions centristes, a embrassé le libéralisme cru de la LDD.

Et enfin il y a eu l’électeur "violet" qui a toujours volé au secours du plus faible de ce type coalition. La fois passée ce fut pour l’Open VLD, cette fois il s’est porté au secours de Caroline Gennez qui échappe ainsi à une plus lourde défaite encore. Et alors que tout le monde s’attendait à voir la tête de Gennez sur le billot à la réunion de parti de lundi, c’est son concitoyen Bart Somers qui s’en est réservé l’honneur.

Le Vlaams Belang a vécu un dimanche noir et c’est peut-être la nouvelle la plus réjouissante du résultat des urnes : après la claque des élections communales l’équipe autour de Filip Dewinter doit digérer une deuxième défaite et il devient plus "irrelevant" que jamais. Là aussi on peut s’attendre à une montée d’échafaud.

Le CD&V, où Kris Peeters a pris définitivement le rôle de numero uno à Yves Leterme, a désormais l’embarras du choix : la tripartite classique reste possible, mais les coalitions avec la N-VA et l’Open VLD ou même avec le SP.A et la N-VA sont mathématiquement possibles.

Ce qui veut dire que nous n’aurons pas directement un nouveau gouvernement flamand, il faudra d’abord panser certaines plaies. Tout dépend de savoir si l’Open VLD tirera comme conclusion de sa défaite qu’il doit aller se ressourcer dans l’opposition, ou pas.

Non seulement en Flandre mais aussi en Wallonie les libéraux en ont pris un coup. L’"Olivier" avec un PS indétrônable, un Ecolo victorieux et le CDH semble la formule la plus logique. La Wallonie vire à gauche, la Flandre à droite. Ce qui une fois encore souligne que l’opinion publique diffère au nord et au sud de la frontière linguistique. Et c’est une mauvaise nouvelle pour la stabilité du gouvernement fédéral.

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« Des réalistes, et non des rêveurs » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du lundi 8 juin 2009

Les sérieux vont gagner, écrivions-nous samedi en faisant référence aux partis qui ont fait une campagne uniquement sur le fond, sans doute ennuyeuse et peu captivante pour les médias. C’est ce qui est arrivé. Les électeurs ont fait ce qu’ils font toujours dans des temps économiques difficiles, lorsque l’avenir est en danger : voter pour les réalistes, pas pour les rêveurs. La stabilité plutôt que le changement. Ceux qui ne savent pas cela feraient mieux de ne pas faire de politique. Les électeurs ont aussi mis fin à la politique des petits jeux stratégiques.

Auparavant, Noël Slangen (NdlR : le gourou média de Guy Verhofstadt) cachait toujours une stratégie derrière l’Open VLD. Il aura beaucoup manqué aux libéraux. Cette fois, ils ont tiré dans toutes les directions, y compris dans leurs propres pieds, sur les catholiques, les socialistes, les nationalistes. La même chose vaut pour Jean-Marie Dedecker. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Bart Somers en a tiré les conclusions comme un grand. Lorsqu’une équipe perd, on vire le coach. Dura lex, sed lex. Pour l’Open VLD, après 10 ans de pouvoir, une période de réflexion commence. Le parti n’a pas son sort en main. Kris Peeters distribue les cartes et il peut parfaitement échanger l’Open VLD et le SP.A. contre la N-VA. Dites seulement encore qu’il n’y a plus de grands partis : les anciens cartelistes remportent ensemble environ 40 % des voix.

Cette élection était aussi une élection flamande. Les électeurs ne se sont pas laissé mener par deux années d’immobilisme fédéral. Ils ont voté pour des leaders flamands et pour un parti flamand respectable, la N-VA., plutôt que pour ceux qui donnent de la Flandre une mauvaise image. Certains partis ont perdu, mais la démocratie dans son ensemble a gagné. Et cela fait chaud au cœur de tout démocrate.

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« La Flandre veut le retour du cartel » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 8 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Gros gain pour le CD1V et la N-VA, lourde perte pour la SP.A et surtout pour l’Open VLD. Pour le reste, on enregistre un gain de la LDD au détriment du Vlaams Belang, tandis que Groen reste en deçà des espérances.

 

Voilà un condensé des résultats électoraux. Le seule conclusion possible qu’on puisse en tirer, est que la Flandre veut le retour du cartel.

 

On peut dire que cette fois les sondeurs d’opinion ne se sont pas trompés, du moins avec leurs tendances. Mais les chiffres sont plus tranchés. C’est notamment le cas pour le CD&V et la N-VA. Sous la conduite d’Yves Leterme et ensuite de Kris Peeters, le gouvernement flamand a fait les choses correctement. Mais le gouvernement fédéral, sous la conduite du même Yves Leterme et ensuite d’Herman Van Rompuy a failli dans sa tâche. C’est notamment le cas au niveau de la réforme de l’Etat,  qui était pourtant le thème avec lequel le CD&V s’est présenté à l’électeur, tant aux élections régionales e 2004 qu’aux législatives de 2007.

 

Le parti de Marianne Thyssen n’est donc pas réprimandé et c’est quelque peu surprenant dans le mesure où la réforme de l’Etat reste chère à l’électeur flamand. Si l’on ajoute les voix du Vlaams Belang et de la LDD à celles du CD&V et de la N-VA, on obtient en Flandre une très grande majorité pour une nouvelle réforme de l’Etat.

 

C’est un job pour le Premier ministre Herman Van Rompuy. Il n’aura pas facile. Le PS et le MR ne veulent pas aller ensemble, au gouvernement wallon comme au gouvernement bruxellois. Etant donné que le PS – qui subit certes une forte perte – reste de loin le plus grand parti en Wallonie, on peut supposer que le MR restera là dans l’opposition. Dans ce cas, on peut craindre que le MR ne mène aussi l’opposition au niveau fédéral dans la perspective  des prochaines élections législatives de 2011. Le coup de griffe que Didier Reynders a administré la semaine dernière aux Flamands, ne laisse rien présager de bon. A moins qu’Ecolo ne prenne la place du MR  au gouvernement fédéral. Cela pourrait ramener le calme, mais on serait encore très loin de la majorité des deux tiers, nécessaire pour une réforme de l’Etat.

 

La surprise de ces élections est l’     ampleur de la défaite de l’Open VLD. Il y a à cela plusieurs explications. La principale est la gaffe de Bart Somers. Après le transfert avorté de Dirk Vijnck de la LDD à l’Open VLD, le parti a dû changer de stratégie et jouer un Dirk Van Mechelen non préparé comme challenger de Kris Peeters. Cela n’a pas marché. (…)

 

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« Bart De Wever devra mettre de l’eau dans son vin » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 10 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) C’est un langage étrangement clair pour un président de parti. Mais parfaitement logique et compréhensible. De Wever veut contrer les insinuations de l’Open VLD et de la SP.A. En déclarant publiquement qu’il est prêt à endosser des responsabilités gouvernementales, il veut ôter au CD&V, à l’Open VLD et à la SP.A toute excuse de partir ensemble. (...)

Tactiquement, ce n’est pas mal  vu. Mais pense-t-il vraiment ce qu’il dit ? Est-il prêt à faire preuve de suffisamment de souplesse ? L’avenir le montrera. The proof of the pudding, is in the eating.  Une chose est sûre : si Bart De Wever veut en être, il devra mettre de l’eau dans son vin.

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« Ca recommence »  - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mercredi 10 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Ma foi dans la démocratie à la flamande est mise à dure épreuve. Lors de la campagne électorale, presque tout le monde a évité le mot « réforme de l’Etat ». Ce n’était pas le thème principal. Même la N-VA s’en est tenue aux affaires qui pouvaient être réglées à l’intérieur des compétences flamandes. (...) Pas question de déclarations ronflantes, ni de BHV, ni des résolutions flamandes.

Dimanche, le ton a changé dès les premiers résultats. Lundi, nous étions dans une autre Flandre. Dans le premier débat des ténors, la réforme de l’Etat fut le seul thème, sur un ton agressif qu’on n’avait plus entendu depuis longtemps. (...) En résumé : le gouvernement flamand servirait à enfumer le fédéral  et à donner une petite leçon aux francophones.

Ma femme a poussé un cri d’horreur : « Ca recommence ! ». Des collègues ont entendu le même genre de réactions. Le cauchemar recommence et il a un nom. Bart De Wever. (...)

Comme membre du cartel, la N-VA a  pu prendre la Belgique en otage durant un an. Après la victoire, elle recommence avec une ardeur redoublée. (...)

Le gladiateur de Berchem  a dû s’effrayer lui-même. Hier, il a modéré le ton. Le loup était revenu (un peu) agneau. Mais le passé a montré qu’il n’aime pas négocier. Sur la méthode et les garanties, ça oui. Mais pas sur le contenu. Car négocier, cela signifie accepter un compromis. Bart De Wever a peur de cela. Il ne le fera pas. Ni aujourd’hui ni demain.

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« Pendant ce temps, au Sud » - Edito de Luc Standaert dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 11 juin 2009 – Traduction Jules Gheuded

Kris Peeters a tenu sa première conférence de presse en tant qu’informateur/formateur d’un nouveau gouvernement flamand. L’homme fort du CD&V a fait le tour des présidents de parti et débute maintenant ses consultations du milieu de terrain.

En Belgique francophone, on n’en est pas encore là. On doit y discuter de la formation de trois gouvernements : le gouvernement wallon, le gouvernement bruxellois (où siègent aussi les Bruxellois flamands) et le gouvernement de la Communauté française.

Pour la Wallonie, où le PS est le plus grand et mène donc la danse, Elio Di Rupo n’est pas pressé. Il ne commencera ses consultations que la semaine prochaine. Cela lui épargnera au moins l’affront qu’Armand De Decker a reçu. La tête de liste du MR, qui est devenu le plus grand parti à Bruxelles, avait invité les autres partis pour une discussion exploratoire, mais Ecolo et le CDH, les deux « petits » en Belgique francophone, lui ont fait savoir qu’ils n’avaient provisoirement pas de temps pour lui. Ils sont en effet en train de discuter. A l’invitation des écologistes, les deux partis essaient de formuler d’abord une série de points communs, avant de discuter avec les grands.

Il se pourrait bien que les élections en Belgique francophone puissent encore livrer le choc culturel politique que les résultats n’ont pas provoqué. Reynders avait fait de la rupture de l’hégémonie du PS l’enjeu des élections et là, il a lamentablement échoué. Les élections en Belgique francophone n’ont guère modifié la hiérarchie. Le PS reste de loin le plus grand parti et le MR est numéro deux. Le seul changement est que le numéro trois est maintenant Ecolo à la place du CDH. Ecolo a obtenu une grande victoire mais est resté en deçà des espérances que les sondages avaient suscitées.

Mais la superstar Jean-Michel Javaux essaie manifestement d’obtenir maintenant à la table des négociations ce qu’il n’a pas eu dans l’isoloir. Si Ecolo et le CDH parviennent à se mettre d’accord sur des points communs en ce qui concerne un programme de gouvernement, notamment à propos du cumul des mandats et la bonne gouvernance, ce seront eux qui auront le choix de s’embarquer avec le plus offrant - PS ou MR- pour les coalitions à Namur, à Bruxelles et en Communauté française.

Elio Di Rupo et Didier Reynders se sont parlé entre quatre yeux lundi et ils ont confirmé une fois de plus qu’ils ne voulaient pas aller ensemble. Ils pourraient le regretter.

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« Les doutes de l’Open VLD » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du vendredi 12 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) La politique a parfois plus à voir avec les relations interhumaines qu’avec l’idéologie. (...) Dans le petit monde des Bruxellois flamands, pas plus grand que le nombre de germanophones, tout le monde se connaît. Et c’est celui qui a les meilleures relations qui gagne, comme dans une ville ou un village. Dans le biotope flamand de Bruxelles, c’est Guy Vanhengel qui est le gagnant des élections. Le leader des socialistes, Pascal Smet, fait partie de ceux qui aiment jouer cavalier seul. Et cela suscite la méfiance.

Y a-t-il suffisamment de confiance en Flandre ? Loin de là. Ici aussi, la discussion porte sur la formation du gouvernement. L’Open VLD se trouve dans une situation où ce n’est pas la composition du gouvernement qui importe, mais bien ce que le parti pourra réaliser. Ses accents s’y retrouveront-ils ou pas ? Etant donné qu’une forte tendance penche pour l’opposition, les libéraux sont en ce moment le partenaire le moins sûr pour l’(in)formateur Kris Peeters. L’Open VLD ne dira pas oui si le parti ne peut pas gagner (plus ou moins) les négociations.

Il y a encore un facteur qui ne joue pas en faveur d’une quadripartie. C’est une règle d’or en politique : n’allez jamais dans une coalition où vous n’êtes pas mathématiquement nécessaire. Cela signifie qu’aucun partenaire, à l’exception du CD&V, ne peut menacer de faire tomber le gouvernement. Pour les libéraux, cela évoque la période de la quadripartite dans les années 80. Ils en faisaient légalement partie, mais en réalité ils n’avaient rien à décider. Patrick Dewael s’en rappelle encore, car il fut dans ce gouvernement un ministre de la Culture impuissant. Les trois partis étaient alors le CVP (CD&V), le SP (SP.A) et la VU (N-VA). Précisément ceux qui sont aujourd’hui concernés.

La conclusion s’impose. Si l’Open VLD devait entrer dans un tel gouvernement, il ferait bien de faire acter par un notaire chaque détail de la politique à mener.

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« Ne pas punir la Flandre » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du vendredi 12 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Le formateur flamand Kris Peeters a reçu hier le gouverneur de la Banque nationale Guy Quaden et Luc Coene, président du Conseil supérieur des Finances. Ils sont venus l’éclairer sur l’état des finances publiques. Quasi au même moment, le Premier ministre Herman Van Rompuy faisait savoir à la Chambre qu’il comptait sur le soutien des régions pour ramener ces finances publiques sous contrôle. (...)

Voilà un an que le budget flamand est en équilibre. Le gouvernement flamand n’a plus de dettes non plus. C’est une bonne chose. Mais à quoi cela nous avance-t-il ? Les Flamands sont aussi Belges. Le budget belge total est dans le rouge et la dette publique augmente rapidement. Pour reprendre les termes de Marianne Thyssen, nous sommes coactionnaires du problème.

Il est dès lors normal que la Flandre contribue également à l’assainissement des finances publiques. Mais cela doit se faire de manière correcte. Il n’y a aucune raison que la Flandre doive faire proportionnellement plus, parce que Bruxelles et la Wallonie ont des difficultés financières. Si c’était le cas, l’irresponsabilité financière des dernières décennies serait récompensée.

Nous partons du principe que ceci est inacceptable pour l’ensemble des partis flamands, en particulier pour la N-VA - vu les déclarations de Bart De Wever - et pour l’Open VLD qui, en la personne de Dirk Van Mechelen, a été, ces dix dernières années, le gardien des finances flamandes. La Flandre a besoin de tout son argent. Pour de nombreuses raisons. Mais la principale, c’est qu’elle doit prendre de nouveaux chemins industriels pour garantir l’avenir.

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« Peeters va-t-il en aligner trois ou quatre ? » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 11 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

L’informateur garde quatre coalitions possibles pour un nouveau gouvernement flamand. (...)

 

1. CD&V-Open VLD-SP.A

 

La fameuse tripartite classique. Cette formule a la préférence des trois partis traditionnels et des syndicats. Idéale donc, s’il n’y avait ce résultat embarrassant de la N-VA comme grand gagnant. Kris Peeters osera-t-il mettre sur pied un gouvernement avec deux perdants et qui va à l’encontre du signal du citoyen ? Herman Van Rompuy ne dirait pas non.

 

2. CD&V-N-VA-Open VLD

 

Sur le plan des programmes, ces trois partis sont peut-être les plus proches. Et avec l’Open VLD dedans, le gouvernement fédéral peut continuer normalement. Mais les libéraux flamands sont sortis meurtris du scrutin et ils risquent de se montrer capricieux. Au sein du parti, beaucoup de voix s’élèvent même pour aller dans l’opposition. En outre, Peeters risque de se mettre à dos les organisations sociales. Enfin, le formateur devrait laisser tomber, à contrecoeur, son bon copain Frank Vandenbroucke.

 

3. CD&V-N-VA-SP.A

 

L’ACW, un facteur important au sein du CD&V, verrait bien un tel gouvernement. Les trois partis concernés aussi. Le plus grand risque de cette formule est pour le gouvernement fédéral. L’Open VLD pourrait s’en retirer. En outre, se pose la question de savoir - comme pour l’option précédente - si la N-VA peut se contenter, en ce qui concerne le volet de la réforme de l’Etat, du dialogue de communauté à communauté tel que Kris Peeters veut le poursuivre.

 

4. CD&V-N-VA-Open VLD-SP.A

 

L’oeuf de Colomb ? Tout le monde content ? Oui, mais cela va à l’encontre des principes que Kris Peeters a jadis formulés, à savoir une équipe avec le moins de partis possible. Les gouvernements avec beaucoup de partenaires produisent souvent un programme terne. En outre, à quatre, un parti est arithmétiquement superflu et il peut donc toujours être largué. Ce qui n’est pas bon pour la confiance réciproque. Nous ne devons toutefois pas exclure cette possibilité, ne serait-ce que parce que le CD&V doit aussi tenir compte d’Herman Van Rompuy.

 

Conclusion. Si vous nous demandez notre avis, nous donnons le plus de chance aux négociations pour les options 3 ou 4.

 

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« Jour 4 de la formation du gouvernement » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du jeudi 11 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Kris Peeters se hâte lentement. Le ministre-président veut toujours un nouveau gouvernement pour le 11 juillet, jour de mariage de Bart De Wever. Mais Peeters doit temporiser, car il est difficile de contempler le paysage politique. Cà et là, il y a des dunes de sable dans le chemin. (...)

Le formateur flamand a découvert une nouvelle formule. La grande coalition. Mettre ensemble les quatre « grands » partis. Cela lui donne l’avantage de ne pas devoir choisir. En outre, chacun doit se mouiller, y compris la N-VA. Un choix CD&V typique. (...) Mais nous doutons que cela puisse permettre une gestion efficace. Le gouvernement Peeters Ier fut celui de l’abondance, le cabinet Peeters II sera celui de la privation. Et plus il y a de partenaires, plus il y a de dépenses. (...)

 

La « grande » coalition a encore un désavantage : le Vlaams Belang redevient le seul parti d’opposition de poids. Groen et la Lijst Dedecker pèsent trop peu dans la balance, surtout si Dedecker n’occupe pas son siège en Flandre. Vu sous l’angle démocratique, ce n’est pas une perspective agréable. (...)

 

Officiellement, Peeters n’observe pas les autres régions du pays et le gouvernement fédéral, mais officieusement il tient naturellement compte du fait que le gouvernement qu’il doit former ne provoquera pas le chute de son ami-Premier ministre Van Rompuy. Peeters sera très vite sollicité sur le plan financier pour contribuer à l’assainissement des finances publiques. Et du même coup la formation du gouvernement atterrit dans les eaux fédérales. (...)

 

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« Respirer un peu » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du jeudi 11 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Kris Peeters va recevoir dans les prochains jours  le milieu de terrain classique et cela donne aux partis politiques un peu de temps pour laisser décanter les choses, lécher les blessures et cesser de se regarder le nombril.

 

Ils devraient à cette occasion prendre conscience de deux choses : 1° les Flamands, dans leur grande majorité, ont accordé leur confiance aux partis politiques classiques et non à l’antipolitique ; 2° ceux qui ont manifesté le plus de leadership l’ont emporté. L’électeur attend des solutions, pas des problèmes supplémentaires et encore moins des querelles.  C’est dans ce centre politique, qui se laisse peu voir sur les forums publics, que se trouvent la plupart des voix.

 

Des solutions s’imposent de toute urgence. Nous savons que le nouveau gouvernement flamand devra épargner chaque année 1 milliard d’euros durant la prochaine législature, et ce  dans une conjoncture économique qui n’a jamais été aussi basse depuis qu’on mesure. Et on mesure déjà depuis 1982.

 

Au niveau belge, la situation n’est guère meilleure : selon la Banque nationale, il faudra faire 7 milliards d’économies sur les dépenses ou trouver de nouveaux impôts pour pouvoir atteindre les objectifs  lors de la confection du budget 2010. Sinon, nous fonçons vers un déficit budgétaire de 5,5%. On peut se le permettre une fois, pour sauver les banques et prendre des mesures contre la crise, mais guère plus. (...)

 

Dans ce cadre, peu de gens contestent aussi la nécessité de lever l’hypothèque de la réforme de l’Etat. Les partis doivent réfléchir, dans les jours qui viennent, sur ce qui les intéresse le plus : leur propre intérêt et le prochain résultat électoral ; ou une solution crédible de cette situation politique et économique. (...)

 

Si ces dernières élections révèlent quelque chose, c’est  bien ceci : essayer de résoudre les problèmes rapporte plus que d’en créer de nouveaux. (...) Le nombrilisme et la politique facile de démolition ne sont pas appréciés.

 

Il est temps qu’une coalition la plus large possible, peu importe sa composition, se mette au travail.

 

« Le retour des poids lourds ou le pourrissement » - Article de Dirk Vanoverbeke dans « Le Soir » du lundi 15 juin 2009

Le communautaire est redevenu la priorité. Mais, cette fois, la Flandre veut tirer les leçons du « non » francophone »

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C’était écrit dans les urnes. Depuis le triomphe des nationalistes, la réforme de l’Etat s’est invitée à la table d’honneur des négociateurs du Nord. Deux tactiques viennent de voir le jour pour réaliser cette avancée du modèle confédéral embourbé depuis 2007 par le frein à main francophone.

Depuis que Guy Verhofstadt a repris les commandes de libéraux flamands encore assommés par leur défaite historique, les bleus ont retrouvé la voix du maître. Verhofstadt met déjà la pression sur Kris Peeters, formateur du gouvernement flamand et ex-coprésident d’un dialogue de communauté à communauté stérile.

Pas question pour les libéraux flamands d’entrer dans la future équipe Peeters (et donc de rester à l’échelon fédéral) sans négociations menées entre les poids lourds, les présidents de parti. Fini le « praatcafé » stérile initié par Kris Peeters, chantre de la révolution copernicienne, qui rêve toujours de déplacer le centre de gravité du fédéral vers les entités fédérées.

Verhofstadt a de bons arguments, souligne Luc Van Der Kelen, dans son éditorial du week-end dans « Het Laatste Nieuws ». Rien ne se passe en Belgique sans l’accord des instances dirigeantes des partis. Ce sont les Reynders et les Di Rupo qui détiennent le pouvoir de conclure des compromis, pas leurs lieutenants ni les membres de l’équipe B qu’ils envoient au front. Peeters est donc prié par le VLD de cesser d’agiter du vent. (...) Soit il cède aux demandes des libéraux, soit Verhofstadt n’en sera pas.

C’est la première stratégie élaborée au Nord pour sortir la réforme de l’Etat des limbes, préalable indispensable pour les libéraux d’une politique économique susceptible de mettre fin à un immobilisme fédéral dévastateur en ces temps de crise.

Stratégiquement, Guy Tegenbos, éditorialiste du « Standaard », s’interroge sur la tactique des bleus flamands : Comment l’interpréter ? Parce qu’ils croient à cette bonne vieille méthode de négociations qui a fait ses preuves ? Pour pousser Guy Verhofstadt à l’avant-scène dans le rôle de super-réformateur de l’Etat ? Ou pour jouer la provocation en espérant que les autres partis les éliminent du jeu en les autorisant ensuite à mieux les tacler dans l’opposition ?

La seconde stratégie est celle du pourrissement, inspirée de la doctrine Maddens, du nom de ce politologue de la KUL, dont les idées furent au coeur de la campagne des nationalistes de la N-VA. Bart Maddens est interrogé, dans les éditions du week-end, du « Tijd ».

Après le scrutin de 2007, les francophones ont eux-mêmes choisi la stratégie du pourrissement. Ils ont refusé de négocier sérieusement des propositions de la Communauté flamande, explique Bart Maddens. Le problème de fond, c’est que la Belgique est composée de deux pays différents, de deux opinions publiques. Il n’y a plus aucune corrélation possible entre les résultats électoraux du Nord et du Sud.

Maddens propose que la Flandre ne soit plus demanderesse de rien, qu’elle s’en tienne à ses propres compétences jusqu’au moment où, lorsque les caisses de l’Etat seront vides et lorgneront vers celles de la Flandre, on soit contraint de revoir la loi de financement, prologue d’une vraie réforme de l’Etat. Et le maître spirituel de Bart De Wever ajoute : Bientôt les francophones seront demandeurs d’une réforme de l’Etat. Cela peut même aller vite : la Communauté française aura bientôt besoin d’argent pour son enseignement. Celui des accords du Lambermont est presque dépensé.

Dans les dernières éditions du « Morgen », Liesbeth Van Impe ne veut pas critique la légitimité du combat autonomiste mais s’interroge : Niera-t-on la volonté de l’électeur en laissant  la N-VA dans l’opposition ? Difficile à dire. Mais nous sommes prêts à parier qu’une étude postélectorale établira que l’électeur a davantage voté pour une approche crédible de la crise que pour des raisons communautaires. (...) Les chants de sirène de De Wever peuvent séduire. Mais s’il exécute ses plans, on vivra un chant du cygne. Peut-être de la Belgique mais sûrement de la crédibilité de la politique.

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« Egos libéraux froissés » - Edito de Rik Van Cauwelaert dans « Knack » du  mercredi 10 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Il y a des victoires électorales qui ne sont vraiment pas des cadeaux. La victoire du CD&V et de sa figure de proue, le ministre-président flamand Kris Peeters, en est une. Car l’éclatement du paysage politique flamand et surtout la défaite de l’Open VLD libéral risque maintenant  d’envoyer au tapis le gouvernement fédéral de l’ami politique de Peeters, Herman Van Rompuy. (…)

 

Le CD&V et la N-VA ont gagné en Flandre les élections régionales. Davantage peut-être par la manière calme dont ils ont mené leur campagne que par le contenu de leur programme. (…) Avec son nationalisme flamand démocratique, Bart De Wever a manifestement ressuscité l’ancienne Volksunie sous la forme de la N-VA.

 

Les chances paraissent toutefois minces de voir Bart De Wever aller au gouvernement flamand, comme remplaçant de l’Open VLD blessé. Il faudrait pour cela que Kris Peeters puisse garantir à la N-VA une grande réforme de l’Etat et la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

 

Du côté francophone, la stratégie du président du MR et vice-Premier ministre fédéral Didier Reynders s’est carrément soldée par un échec. L’infréquentable PS d’Elio Di Rupo s’est maintenu. Car la clientèle socialiste, manifestement alarmée par les sondages d’opinion qui indiquaient une forte chute du parti, s’est cramponnée à la gigantesque bouée de sauvetage que le PS est restée pour de nombreux compatriotes wallons.

 

Si Elio peut convaincre Ecolo, le grand vainqueur au sud du pays et à Bruxelles, qu’il a le PS sous contrôle et qu’il écartera les satrapes locaux qui piochent dans la caisse, il n’est pas exclu que le PS reste au pouvoir à tous les niveaux régionaux et que le MR de Didier Reynders reste sur la touche. Ce scénario aura incontestablement une répercussion sur la manière dont Didier Reynders se positionnera au gouvernement fédéral.

 

« Il est à craindre que les libéraux, aussi bien l’Open VLD que le MR, ne deviennent un facteur de longue instabilité », a-t-on pu entendre dans les milieux du gouvernement fédéral.

 

Maintenir à bord les libéraux n’est pas seulement une question de survie pour le gouvernement fédéral. La présence des libéraux est nécessaire pour mener des réformes énergiques.

 

Il faudra encore masser pas mal d’egos froissés pour en arriver là.

                                               

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« Une réforme de l’Etat flamande » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du samedi 13 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Les provinces sont-elle encore nécessaires ? Quasi tous les partis ont mis en avant dans leur programme électoral la suppression des provinces comme l’une des nombreuses solutions possibles à la surabondance d’administration et de réglementation.

 

A première vue, la suppression des provinces peut sembler une bonne chose. Les communes, les provinces, la Flandre, la Belgique et l’Europe. Cinq niveaux administratifs, avec chacun un organe législatif et exécutif, un déluge de petites règles et de grandes lois, des services internes et externes, une masse de fonctionnaires. Cela a un effet étouffant. Quelle est la valeur ajoutée de chacun de ces niveaux ? La demande de suppression des provinces s’impose d’autant plus que la Flandre n’est pas si grande.

 

A deuxième vue, la suppression des provinces est-elle une bonne chose ? Vu du Limbourg, nous en sommes moins convaincus. Peut-être bien  pour des raisons sentimentales. Ce n’est pas pour rien que nous sommes la seule province ayant son  hymne. Mais aussi pour des considérations rationnelles. Que serait-il advenu de notre province après la fermeture des mines sans province ? Sans doute le gouvernement flamand et aussi, dans une première phase, le gouvernement belge sont-ils intervenus financièrement. Mais le moteur de la reconversion fut l’administration provinciale sous la direction des gouverneurs successifs et des instances et organisations socio-économiques greffées sur la province. Un autre exemple. Au niveau touristique, la Flandre met l’accent sur nos villes d’art. Le Limbourg n’en a pas. Pourtant, au niveau touristique, le Limbourg, est une  marque forte. Cela aussi est dû à la province. Le mérite en revient notamment au député Sylvain Sleypen. Et nous pourrions continuer de la sorte.

 

Nous n’avons pas de problèmes avec la Flandre, au contraire. Mais la Flandre fonctionne aussi de manière très centralisatrice. (...) La distance d’Hasselt à Bruxelles est de 80 km. Mais elle est de 800 km dans le sens contraire. C’est une constatation. C’est pourquoi il vaut mieux que les provinces continuent d’exister. C’est d’ailleurs aussi la conclusion de diverses études récentes. Le niveau provincial a une valeur ajoutée comme défenseur des intérêts, coordinateur et arbitre.

 

Ne faut-il donc rien changer ? Bien sûr que si. La Flandre a besoin d’une réforme de l’Etat interne. La Flandre doit se débarrasser de sa mentalité jacobine. Elle ne doit pas vouloir toujours tout faire et régler elle-même et créer pour cela de nouveaux services, de nouvelles administrations. La Flandre doit faire elle-même ce qu’elle demande à la Belgique, décentraliser, mettre les compétences au bon niveau, le plus près possible des gens. Parfois, c’est la Flandre, dans d’autres cas, les provinces et les communes. Il est temps aussi que la responsabilité finale revienne au politique, et non pas aux fonctionnaires à qui on ne peut pas demander des comptes et qui se soucient souvent plus d’avoir raison que de l’intérêt du citoyen et de la société.

 

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« Aller vite mais sans précipitation » - Edito de Guy Tegenbos dans « De Standaard » du lundi 15 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

En Belgique francophone, Ecolo et le CDH feront sans doute aujourd’hui le choix entre une coalition Olivier ou jamaïcaine. En Flandre, ce choix prendra encore quelques jours, car le terrain n’est pas encore totalement déblayé. Surtout autour de l’Open VLD. (...)

 

La N-VA soulève également des questions : la direction veut entrer au gouvernement, mais qu’en sera-t-il si le cadre moyen du parti refuse ?

 

Toutes les possibilités de coalition restent donc ouvertes.

 

La « grande coalition » à quatre est contre nature, mais elle a quelques avantages : elle fonctionne avec un large consensus  et une roue peut se détacher en chemin.

 

Le « demi arc-en-ciel chaud » (SP.A-CD&V –N-VA) –  le rouge, l’orange et le jaune sont les couleurs « chaudes » qui constituent la partie supérieure l’arc-en-ciel – semble avoir le plus de chances, mais l’incertitude à propos du cadre moyen de la N-VA l’hypothèque.

 

La « tripartite classique » n’a pas mal gouverné ces cinq dernières années, mais l’électeur ne l’a pas récompensée. Elle semble stable, mais seulement si l’Open VLD retrouve son calme.

 

Une coalition « centre droit » (CD&V-N-VA-Open VLD) semble parfois facile, mais les ACW que compte le CD&V n’y sont pas favorables et la grande distance communautaire entre la N-V            A et l’Open VLD constitue un problème.

 

Quelles que soient les difficultés, la formation du gouvernement doit progresser. Un gouvernement d’affaires courantes ne peut pas affronter une crise économique ; il ne peut pas négocier non plus avec les Magna de ce monde et Opel en a grand besoin. On peut d’ailleurs travailler vite : une grande partie du travail préparatoire a déjà été faite. Beaucoup de choses se trouvent dans le « Pact Vlaanderen 2020 » que l’ensemble des partis ont approuvé.

 

Mais il ne faut pas agir dans la précipitation. Les quatre coalitions possibles contiennent une matière explosive. Sans un accord de gouvernement détaillé, cela échouera.

 

Sur le plan communautaire aussi, les partis doivent prendre de bons engagements. Ils ne doivent pas avoir l’illusion de pouvoir déterminer sans les francophones la façon dont les négociations se dérouleront. Mais ils ne doivent pas non plus attendre de gouverner jusqu’à ce qu’ils aient  un accord avec ces francophones. Les partis flamands qui veulent gouverner doivent convenir de minima communautaires. (...)

 

A côté de cela, il faut donc un accord de gouvernement détaillé. Et la confiance réciproque. Cela a constitué la base du succès du gouvernement précédent.

 

Mais cette confiance semble encore fort loin.

 

                                                                        °

 

« Peeters doit-il devenir un second Leterme ? » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 15 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Les libéraux n’ont évidemment pas tort lorsqu’ils disent que ce dialogue communautaire n’a rien apporté. En Belgique, les présidents de parti ont, en effet, toujours le dernier mot. (...)

 

Jusque-là, nous pouvons suivre Guy Verhofstadt dans son raisonnement. Mais nous nous posons quelques questions à propos de son cahier d’exigences. Il est surprenant que l’Open VLD vienne maintenant avec cela. Avant les élections, nous n’avons pas entendu ce parti à propos de la réforme de l’Etat. (...)

 

Pourquoi ce changement de cap ? J’ai l’impression que l’Open VLD veut faire de Kris Peeters un second Leterme. Ils veulent tellement charger sa voiture qu’elle ne pourra  pas avancer. Ils veulent le voir  s’enfoncer dans le sable communautaire.

 

La réforme de l’Etat est importante pour la Flandre. Mais il est impossible de vouloir la régler en quelques semaines. Par ailleurs, les choses seront plus faciles avec les francophones quand les Flamands  auront convenu entre eux d’un cadre de négociation.

 

                                                                        °

 

« New VLD » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mardi 16 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Guy Verhofstadt est redevenu par malheur président de l’Open VLD. (...) Il veut retourner aux fondements de son parti. Ce qui l’a rendu grand, c’est la force de sa conviction. Ce qui a causé sa ruine, ce sont les intérêts individuels et les petits jeux politiques.

 

Dorénavant, le nouveau-ancien président, veut que l’on parle à nouveau d’une seule voix. Pas de cacophonie d’interviews sur la stratégie du parti. Définir la stratégie est une prérogative du président.

Petit détail qui a son importance : avec son demi-million de voix, le président est aussi celui qui a vraiment reçu de l’électeur le droit de parler.

 

Second changement : le parti doit cesser  son passe-temps favori : les petits jeux politiques stratégiques. Il faut donc mettre fin aux exclusives contre d’autres partis et ne plus menacer de quitter un gouvernement parce qu’on ne se trouve pas dans un autre. (...)

 

Qui doit diriger ce parti quand Verhofstadt s’en ira pour poursuivre sa carrière européenne ? Cela reste une question ouverte. Céder le gouvernail à un jeune de 28 ans comme Mathias De Clercq n’est possible que si ce parti est stabilisé. Sinon, le nouveau président risque de se brûler les ailes, comme ce fut le cas de Freya Van den Bossche chez les socialistes. Un candidat de la génération des quadras, alors ?

On a des politiciens compétents qui font de bons scores, mais aucun n’a le rayonnement et l’éloquence du président-fondateur. La solution est pourtant évidente : le président reste et mène son parti aux élections législatives de 2011. Celui qui, à lui tout seul, obtient un quart des voix de son parti, ne peut pas partir ainsi, que cela lui plaise ou non. Steve Stevaert l’a fait un jour. Ils lui en veulent toujours.

 

                                                                        °

« Inquiétude » - Edito d’Yves Desmet dans « De Morgen » du mardi 16 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

De Crem a le devoir d’informer correctement son parlement, ce qu’il ne fait manifestement pas.

Un débat démocratique ouvert exige une information correcte. (...)

L’opération afghane n’est pas sans risques. Cela ne veut toutefois pas dire qu’elle n’est pas souhaitable. Mais la discussion à ce propos doit être menée avec les éléments sur la table et non en-dessous.

                                                                        °

« Faut-il encore une armée ? » - Edito d’Eric Donckier dans «Het Belang van Limburg » du mardi 16 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Si nous trouvons que nos militaires ne doivent jamais courir le moindre risque, nous n’avons absolument plus besoin d’une armée.

                                                                        °

Se préoccuper davantage de « nos garçons » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 16 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) La tâche de l’opposition est de faire de l’opposition. So far so good. Mais quand cela se fait aux dépens de « nos garçons » et de leur famille, alors on dépasse le jeu parlementaire normal de la minorité contre la majorité.

Vandemaelen (SP.A), par exemple, ment lui-même quand il prétend que De Crem ment. Le ministre de la défense n’a jamais nié que les militaires belges allaient sur le terrain. Il a toujours été dit qu’ils accompagnaient un bataillon afghan. Et lors des missions, qui ont lieu en dehors des murs des casernes, il est possible de rencontrer quelques Talibans. Il ne faut pas être général pour comprendre cela. (...)

On peut se poser des questions sur l’utilité de l’opération  de l’OTAN en Afghanistan, mais la Belgique peut difficilement décider elle-même de se retirer. C’est une décision solidaire, commune, de l’ensemble de l’OTAN. (...)

Vandermaelen ferait bien de se préoccuper davantage de la sécurité de « nos garçons » et un peu moins des petits jeux politiques.

 

 

 

 

 

 

 


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 Presse flamande du 4 juin 2009 Minimize

« Discuter ou attendre » - Editorial d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du jeudi 4 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Qui ira avec le CD&V et l’Open VLD dans le prochain gouvernement flamand ? Le SP.A de Frank Vandenbroucke ou la N-VA de Bart De Wever ? Tel est, selon Frank Vandenbroucke, l’enjeu de ces élections flamandes. Il espère évidemment que ce sera le SP.A. « Car la N-VA est dangereuse pour la Flandre », dit-il. De Wever n’a pas tardé à réagir : « Vandenbroucke veut rester ministre. Son poste est plus important pour lui que l’intérêt de six millions de Flamands. »

C’est le ministre fédéral des Affaires étrangères Karel De Gucht qui a amené cette discussion. Dans une interview à ce journal, il a déclaré que la poursuite de la coalition actuelle (CD&V, Open VLD, SP.A) n’était pas évidente. Selon lui, un gouvernement flamand avec la N-Va à la place du SP.A pourrait mener une politique socio-économique plus cohérente. Nous ne savons pas si tout le monde à l’Open VLD partage l’analyse de De Gucht. Avec ses déclarations, il a donné au SP.A l’occasion de mener une campagne à la Tobback. Après l’affaire Agusta, chacun attendait  une sanction pour le SP.A. Louis Tobback  amena alors le slogan selon lequel les socialistes étaient nécessaires pour sauver la sécurité sociale. Il a tenu le coup. C’est ce qu’essaie de faire maintenant le SP.A.

Ce qui est curieux, c’est que Frank Vandenbroucke vise moins l’Open VLD que la N-VA. Est-ce bien vu tactiquement ? Nous en doutons. Bart De Wever n’a pas l’intention de perdre son temps dans un nouveau dialogue communautaire. Le cas échéant, il fera de l’opposition, au départ du gouvernement flamand, contre le gouvernement fédéral jusqu’à ce que les francophones  soient demandeurs d’une réforme de l’Etat.

Cela agace Frank Vandenbroucke. On le comprend. Attendre, cela signifie en effet que les solutions pour la crise économique et le dérapage budgétaire se font attendre plus longtemps. C’est impossible, dit le ténor SP.A. (...)

Chacun sait que ce pays a besoin d’une réforme de l’Etat pour aborder sérieusement les finances publiques et la crise économique. Les deux  choses sont indissolublement liées.

Dans cette discussion, Bart De Wever a eu hier le  soutien inattendu du président du MR Didier Reynders. Celui-ci a  estimé nécessaire de provoquer les Flamands : pas de représentation garantie des Flamands à Bruxelles, nomination immédiate des trois bourgmestres, élargissement de Bruxelles...  (...)

Discuter ou attendre ? Vous votez dimanche.

                                                                       °

« Un chalet à Poupehan » - Edito de Rik Van Cauwelaert dans  « Knack » du mercredi 3 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Les dernières prévisions du Bureau du Plan et les chiffres que l’ancien gouverneur de la Banque Nationale Fons Verplaetse a sortis de sa mallette il y a deux semaines, montrent que la tâche fédérale est gigantesque. Tous les indicateurs belges sont dans le rouge. Durant deux ans, la caste politique belge a dansé sur les ruines de la Violette.

La crise bancaire a encore aggravé la catastrophe financière belge. Le Bureau du Plan prévoit un taux de chômage de 15,2% pour 2011. Rien que pour 2009-2010, on doit s’attendre, selon Verplaetste,  à 250.000 chômeurs de plus. La dette belge approche à nouveau les 100% du PIB.

Sans intervention radicale - notamment une réforme de l’Etat approfondie -, le système de sécurité sociale va continuer à se démanteler, jusqu’à peut-être disparaître complètement. Seul une tripartite classique peut s’atteler à une telle tâche, en concertation étroite avec les partenaires sociaux.

N’y aurait pas un chalet à louer quelque part à Poupehan ?

                                                                       °

 

« Donnez-lui encore 6 ministres » - Edito de Luce Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du jeudi 4 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

Didier Reynders trouve qu’il y a trop de Flamands au Parlement bruxellois – 17 sur 89. C’est son droit de le penser et de demander un « débat serein » à cet égard. Comme c’est le droit des partis flamands d’entamer « un débat serein » sur la surreprésentation des francophones dans TOUTES les institutions fédérales, du gouvernement à la Banque nationale, la justice, les généraux... la liste est longue.

Commençons par le gouvernement fédéral, qui se compose aujourd’hui d’un Premier ministre neutre, de 7 néerlandophones et de 7 francophones. Si l’on détermine le nombre de ministres francophones au prorata de la population, ils seraient encore 6 sur 15.  Voyons maintenant les nominations dans la fonction publique : le rapport 50-50 deviendrait 60-40. Etc., etc.

Monsieur Reynders ne doit pas non plus crier trop fort en ce qui concerne la présence francophone à Bruxelles. On peut estimer qu’il y a dans la capitale 100.000 Flamands, 400.000 francophones et 500.000 allochtones et étrangers, dont certainement la moitié parlent anglais. N’est-il pas temps de  réduire le nombre de parlementaires francophones ?

Jusqu’ici, l’absence d’attaques de part et d’autre de la frontière linguistique – à l’exception de quelques piques dans la périphérie bruxelloise – était un élément positif de cette campagne. Cela montrait que la plupart des partis étaient prêts, des deux côtés, à négocier vraiment après les élections. Reynders brise cette atmosphère par pur profit électoral. Il dit que de véritables réformes ne sont pas possibles avec le PS. J’ose en douter. Elio Di Rupo est un homme raisonnable, qui ne doit pas nourrir un serpent francolâtre, dont il est tributaire,  dans son sein. Didier Reynders doit se profiler comme le « meilleur francophone » au profit du FDF.

Il se pourrait qu’il soit bientôt plus facile de faire des affaires avec un PS affaibli au gouvernement qu’avec un président de parti qui se laisse entraîner par une bande d’extrémistes bruxellois.

 

 

« Le MR et le FDH hypothèquent le dialogue communautaire » - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du jeudi 4 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Le président du MR, Didier Reynders, a jeté une bonne dose de produit inflammable sur le feu communautaire. Via le micro de la RTBT Radio, il a mis trois thèmes à l’agenda du dialogue communautaire qui doit intervenir après les élections. Un : la nomination des trois candidats-bourgmestres à Crainhem, Wezembeek et Linkebeek.  Deux : l’élargissement de Bruxelles, et revoilà le corridor. Trois : la surreprésentation des Flamands au Parlement bruxellois. Tout cela doit être discuté dans un débat « serein ».

 

Le week-end dernier, le président du FDF, Olivier Maingain, avait déjà jugé excessive cette représentation flamande. Sur 89 sièges que compte ce parlement, 17 sont garantis aux Flamands. C’est trop, estiment Reynders et Maingain, car les Flamands ne représentent au plus que 15% de la population bruxelloise. Les votes flamands seront comptés avec précision dimanche. S’ils sont inférieurs à ceux de 2004, ce sera un argument nécessaire pour que les francophones remettent en cause la représentation flamande au parlement. Pour Maingain, il est temps de construire un modèle bruxellois avec une représentation politique qui corresponde à la réalité sociologique.

 

Mais alors il est temps aussi de construire un modèle « belge » qui corresponde à la réalité sociologique. Alors, les Flamands doivent également remettre en cause la parité entre francophones et néerlandophones au conseil des ministres. Car les francophones y sont indiscutablement surreprésentés. Alors, il faut revoir les possibilités de blocage, comme la sonnette d’alarme, dont les francophones disposent en tant que minorité sociologique dans ce pays.

 

Pour le MR, la périphérie bruxelloise est beaucoup plus importante que pour le PS pour racoler des voix francophones. Cela explique pourquoi Reynders entend démontrer, en pleine campagne électorale, qu’il n’a pas perdu de vue les francophones qui s’y trouvent.

 

La scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde n’est pas encore pour demain. L’exigence d’élargissement de Bruxelles est de la taquinerie. Aucun politicien flamand  n’entend que l’on touche aux frontières de Bruxelles. Avec leurs provocations, Reynders et Maingain remettent en cause les équilibres fragiles mais élémentaires dans ce pays. Avec de telles exigences, le dialogue est condamné à mort avant même de démarrer.

 

                                                                       °

« L’incivique Reynders » - Edito de Baret Sturtewagen dans « De Standaard » du jeudi 4 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Les investissements ne vont pas bien en Belgique. Le consultant Ernst&Young attribue notamment cela à l’imbroglio communautaire.

Dans ce contexte, Didier Reynders (MR) a jugé opportun de remettre en cause la représentation flamande à Bruxelles. En sachant bien qu’il est impossible de tirer un fil du tricot belge d’équilibres sans effiler l’ensemble.

 

Reynders entend naturellement aider son aile FDF pour éviter que trop de Bruxellois votent cette fois pour Ecolo, donné gagnant. Par ricochet, il donne à la N-VA l’occasion de se profiler. Le dégât indirect est pour la figure de proue du CD&V, Kris Peeters, qui devra bientôt entamer avec des gens comme Reynders un dialogue de communauté à communauté et qui rejette pour l’instant une stratégie de pourrissement. (...)

 

Qui est le plus grand incivique ? Celui qui constate l’impasse ou cela qui la cause ? Nous n’avons que faire des petits jeux de Reynders, alors que les défis socio-économiques nous attendent. Pourquoi éprouve-t-il tant le besoin de montrer que le modèle belge n’est pas tenable ?

 

 


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 Presse flamande du 30 mai au 3 juin 2009 Minimize

 

« Le pays des nez rouges » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du samedi 30 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Les élections fédérales  se tiennent sans politiciens fédéraux et les élections régionales portent sur le gouvernement fédéral. Il faut bien l’avouer, c’est tout simplement absurde.

La Belgique et la Flandre sont devenues la proie d’un morcellement du pouvoir. Les politiques les plus intelligents de la classe ont imaginé 19 coalitions possibles, mais ils oublient qu’il n’y en aura peut-être qu’une seule avec seulement trois partis. Si seulement il y en a une.

                                                                        °

«Parler de coalition future n’est pas inconvenant » - Edito de Paul  Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 3 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Bien sûr que l’électeur a le dernier mot. Il détermine finalement les coalitions qui sont mathématiquement possibles et celles qui ne le sont pas. Mais pourquoi serait-il inconvenant que les partis disent à l’avance au citoyen avec qui ils préfèrent aller ? Qu’est-ce qu’il y a de non-démocratique à cela ? Au contraire, je dirais. C’est une information importante qui nous aide à émettre une voix en connaissance de cause.

Prenez le cordon sanitaire autour du Vlaams Belang. Le veto le plus clair de tous. Qu’y a-t-il de mal à cela ? Les partis ont quand même le droit de choisir avec qui ils veulent gouverner.

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« Collaborer » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 3 juin 2009 – Traduction Jules Gheude

L’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, toujours figure de proue de l’Open VLD par excellence, a brisé hier à Hasselt son silence sur la politique belge. Les chiffres économiques sont mauvais, les pronostics sombres. Les grands dossiers politiques sont restés à l’arrêt. Son jugement fut donc acerbe. Nous citons : « Nous avons deux années dramatiques derrière nous. Deux années de crise politique latente. Nous ne pouvons pas nous permettre une troisième année de ce type. »

Il a donc lancé un appel à toutes les forces positives dans ce pays pour chercher ensemble une issue à la crise. Sous sa conduite ? Non, il a rappelé que son avenir se trouvait uniquement en Europe. Mais il veut bien contribuer à débloquer certains dossiers, comme la réforme de l’Etat. (...)

Les autres partis répondront-ils à son invitation ? Ce n’est pas évident. On est en période électorale. On n’est donc guère enclin à répondre à l’invitation des autres. Peut-être diront-ils aussi que Guy Verhofstadt a été Premier ministre pendant huit ans et qu’il a eu suffisamment de temps pour faire plus que ce qui n’a été fait. (...)

L’intérêt pour ces élections n’a pas été très grand en Flandre. Il y a beaucoup d’explications à cela. (...) La plus importante est peut-être que beaucoup de gens trouvent la politique sale. Parce que, ces deux dernières années, les politiques ont été plus occupés à se battre qu’à chercher ensemble des solutions. La manière dont nos politiques se fréquentent dégénère, elle a même dérapé en Wallonie. Les gens n’ont que faire de cela. Une fois qu’ils ont voté, ils veulent qu’on gouverne.

Dès le 8 juin, nos politiques auront une nouvelle occasion de le faire. Sinon, ils se rendront eux-mêmes superflus.

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 Presse flamande du 29/5/2009 Minimize

« Le moment est venu de prendre un cap offensif » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du vendredi 29 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

Voilà des semaines que, dans les milieux majorité, l’on craint pour la stabilité du gouvernement fédéral après les élections du 7 juin. On s’attendait depuis longtemps à ce que, du côté francophone, le MR soit écarté de tous les gouvernements. Comment le gouvernement Van Rompuy qui, de ce côté, se compose d’une tripartite classique, devait puiser dans cela plus de dynamisme ? Mystère.

A un plus peu d’une semaine du scrutin, une autre hypothèse gagne du terrain : celle de l’éviction du PS de tous les gouvernements francophones. (...) Ce changement de scénario s’est avéré possible, voire vraisemblable, après la tornade de scandales dans laquelle le PS s’est retrouvé empêtré, tout comme en 2007.

Depuis avant-hier soir, une chose est sûre en tout cas : MR et PS ne gouverneront pas ensemble à l’échelon régional. La haine réciproque est trop grande. Elio Di Rupo, le dos au mur, a abattu sa dernière carte face à son adversaire Didier Reynders : ce sera un gouvernement avec nous ou l’apocalypse de droite. C’est l’ultime signe de faiblesse d’un président du PS mentalement épuisé. Ce faisant, le vainqueur présumé, Ecolo, se retrouve définitivement dans une position clé. Les verts de la rockstar Jean-Michel Javaux détermineront ce qui va se passer. S’embarquer avec un PS durement touché, leur fera perdre rapidement tout crédit. La coalition namuroise, tous contre le PS, devient donc favorite chez les bookmakers.

Chaque élection  connaît sa surprise. Mais la plus grande surprise de toutes serait que la majorité fédérale sorte indemne de cette lutte. Le réaménagement ira plus loin qu’un simple glissement de portefeuilles. Les risques d’un écroulement total et de nouvelles élections fédérales ne cessent d’augmenter.

Pour les partis flamands, condamnés à observer tout cela, cela signifie le retour d’un vieux dilemme. Casser la mainmise du PS sur le pouvoir politique au sud, peut susciter une nouvelle dynamique importante dans ce pays à bout de souffle. Mais on n’est encore jamais parvenu à réaliser une grande réforme de l’Etat sans le PS.

Les Flamands devront décider de ce qui est le plus important : une nouvelle politique ou une nouvelle constitution. Pour ce qui est de cette dernière, une majorité fédérale des deux tiers ne sera pas évidente après le 7 juin. Cela ne sert à rien de se lamenter à ce sujet. Le nouveau gouvernement flamand devra vérifier les limites de l’équilibre actuel des forces au niveau fédéral. Le moment est venu de prendre un cap offensif. Si les électeurs francophones donnent l’impulsion pour une rénovation politique profonde à Bruxelles et en Wallonie, cela peut se révéler intéressant ici.


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 Presse flamande des 25, 26 et 27 mai 2009 Minimize

« Le Parti socialiste ferait mieux d’aller en quarantaine » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 27 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Si personne ne veut plus gouverner avec le PS, ce parti ne doit s’en prendre qu’à lui-même. C’est uniquement sa faute. La grande lessive promise par Elio Di Rupo n’a pas eu lieu. On est toujours confronté à de nouveaux cas d’enrichissement personnel indécents. Le PS ferait donc mieux d’aller réfléchir dans l’opposition, où les tentations sont moins fortes. Nous dirons même plus. Avant que le PS ne veuille revenir au pouvoir, il doit d’abord prouver qu’il s’est enfin débarrassé des parvenus. Jusque là, il doit rester en quarantaine.

 

« Socialistes » - Edito de Walter Pauli dans « De Morgen » du lundi 25 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

En se prononçant pour un gouvernement flamand sans les socialistes, Karel De Gucht a vraiment fait plaisir à ces derniers. Il a donné au SP.A la chance qu’il cherchait depuis longtemps sans la trouver : l’opportunité de devenir l’enjeu des élections.

Franck Vandenbroucke a immédiatement prévenu : ne votez pas pour PTB ou SLP mais pour le SP.A.

Qu’il ait dû mettre en garde, à un moment aussi crucial, contre le PTB , un petit parti qu’il a totalement ignoré ces vingt dernières années, est le signal que le business as usual ne suffit plus. (...)

Dans le Limbourg, Peter Vanvelthoven, l’actuel chef de groupe à la Chambre, veut devenir ministre flamand. En Flandre orientale, la même chose : Freya Van den Bossche lorgne le gouvernement flamand. Dans le Brabant flamand, Frank Vandenbroucke se voit succéder à lui-même comme ministre. En Flandre occidentale, le nouveau venu John Crombez se considère comme « ministrable ». Et à Anvers, Patrick Janssens estime que la tête de liste européenne Kathleen Van Brempt ferait mieux de « rester au gouvernement flamand ». L’intéressée n’a pas dit non.

En ce sens, la remarque de De Gucht pourrait être un cadeau pour les socialistes flamands. Non pas pour mobiliser l’électeur avec l’épouvantail classique d’un cabinet sans les socialistes. Mais bien parce qu’il pourrait amener les socialistes à prendre rapidement conscience qu’ils doivent d’abord se démener pour faire voter les électeurs pour eux avant de se répartir les portefeuilles.

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« Qui joue avec le feu » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 26 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Le pays étouffe sur plan financier. Après les élections, le gouvernement fédéral et les nouveaux gouvernements régionaux devront prendre ensemble des mesures pour remettre les finances publiques sous contrôle. A côté de nouveaux impôts et économies, une réforme de l’Etat - avec des accords clairs sur qui est exclusivement compétent pour quoi, en ce qui compris la responsabilité fiscale et financière -, serait de nature à faciliter ce processus d’assainissement. Une réforme de l’Etat ne peut se faire que dans un climat serein. C’est pourquoi tous les partis responsables, tant en Flandre qu’en Belgique francophone, feraient bien de ne pas jeter maintenant de l’huile sur le feu. C’est sans compter avec le FDF.  Un petit parti, mais qui est important en tant que partenaire du MR.

 

Un nouveau cercle vicieux est en cours dans la périphérie. Marino Keulen peut difficilement nommer les bourgmestres francophones de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem et les francophones continueront à réclamer leur nomination. Cela hypothèque la réalisation de la réforme de l’Etat. Sans réforme de l’Etat, pas d’assainissement des finances publiques. Et sans finances publiques saines, pas de relance de notre économie.

 

On anticipe peut-être les choses. Mais on ne doit rien exclure. Si cela se produit, le gouvernement fédéral est condamné et on aura à nouveau des élections législatives à l’automne, que BHV soit scindé ou pas.  Mais ces élections peuvent signifier également la fin de la Belgique. Sur base des sondages successifs, le VB, la LDD et la N-VA récoltent ensemble quelque 40% des intentions de vote flamandes. En cas d’élections anticipées, cela pourrait encore être plus si le gouvernement Van Rompuy chute à la suite de tensions communautaires. Ces trois partis sont pour une Flandre indépendante. Nous supposons qu’on le sait en Belgique francophone. Le FDF joue avec le feu. De façon inconsciente ou volontaire ? Qui sème le vent...

 

                                                                        °

 

 

 

 

« La lutte contre la législation linguistique se poursuit inexorablement »  - Edito de Dirk Castrel dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 26 mai  2009 – Traduction Jules Gheude

 

(....) Le comportement de la bourgmestre de Rhode est curieux. Le ministre Keulen l’avait nommée jadis parce qu’elle avait agi correctement lors des élections de 2007 en envoyant les convocations en néerlandais. Selon le règlement en vigueur, c’est-à-dire la circulaire Peeters, tous les documents officiels doivent être envoyés en néerlandais dans les communes à facilités. Celui qui le souhaite, peut demander un exemplaire en français à l’administration communale. C’est ce qui dit également le Conseil d’Etat, mais les francophones ne vont pas en appel. Ils préfèrent salir la Flandre entière via un lobbying tendancieux au Conseil de l’Europe. (...)

 

Marino Keulen avait laissé la porte ouverte pour la nomination des trois candidats-bourgmestres, s’ils se comportaient correctement en préparation des élections du 7 juin. Rien de tout cela. Celui qui s’était fait des illusions était fameusement naïf.

 

 


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 Presse flamande du 23 mai 2009 Minimize

 « Plutôt avec la N-VA qu’avec le SP.A » - Titre à la Une de « Gazet van Antwerpen » du samedi 23 mai

Dans une interview accordée au journal anversois, le vice-Premier Karel De Gucht (Open VLD) dit préférer une coalition avec la N-VA plutôt qu’avec le SP.A

J’entends dire partout que le prochain gouvernement flamand sera une tripartite classique. Et bien, je n’en suis pas convaincu. Qui peut dire que des formules ne sont pas possibles sans le SP.A ? Sur le plan économique, je me sens beaucoup plus proche de la N-VA que du SP.A.

Une chose qui est pour lui exclue, c’est de s’associer avec la Lijst Dedecker. En ce qui me concerne, je ne m’assiérai jamais à table avec cet homme. La LDD est un ramassis de naufragés politiques.

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« La N-VA peut se tenir prête » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du samedi 23 mai

(...) Je pense que De Gucht n’est pas le seul à penser de cette façon à l’Open VLD. Les libéraux flamands veulent mettre les socialistes dans l’opposition sur tous les fronts. Rappelez-vous comment Bart Somers s’est battu pour l’orange bleue lors de la formation du gouvernement fédéral. Il a finalement dû s’incliner devant Joëlle Milquet qui voulait le PS à tout prix.

La lutte entre les libéraux et les socialistes n’est pas aussi aiguë en Flandre qu’en Belgique francophone où Didier Reynders et Elio Di Rupo se battent à mort. Nous ne devons pourtant pas sous-estimer ici non plus les sentiments-anti réciproques. Si la chose s’avère possible, l’Open VLD choisira un autre partenaire que le SP.A.

Les alternatives ne sont toutefois pas nombreuses. En fait, il n’y a qu’une formule réaliste : CD&V, Open VLD et N-VA. Reste à voir si l’électeur permettra la chose sur le plan arithmétique. (...)

La formule est tout en cas plus réaliste qu’un olivier avec le CD&V, le SP.A et Groen. Selon les derniers sondages, cette composition n’atteindra jamais la majorité. Le SP.A est bien trop faible pour cela. Se pose aussi la question de savoir si le CD&V accepterait un tel gouvernement. (...) On ne voit pas Marianne Thyssen et Kris Peeters s’engager directement dans pareille aventure.

Pas question non plus, selon nous, d’un gouvernement constitué du CD&V, de l’Open VLD et de Groen. L’aversion entre bleus et verts est devenue trop grande. Une réédition du gouvernement flamand entre 1999 et 2004 est quasi impossible.

Bart De Wever ferait donc bien de se tenir prêt.


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 Presse flamande du 20 mai 2009 Minimize

 « Les critiques du Forum des Minorités à l’égard de Keulen ne sont pas justifiées » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mercredi 20 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

Le Forum des Minorités a émis hier de sévères critiques à l’égard du gouvernement flamand. C’est surtout Marino Keulen, ministre de l’Intégration, qui écope. Sa politique laisse « un goût amer », dit le Forum.

Le Forum a tort. (...) Il y a encore des problèmes, très certainement, mais il n’empêche que Keulen  peut être fier de ce qu’il a réalisé.

La semaine dernière, on a rendu hommage au 50.000e nouvel arrivant qui a suivi un parcours d’intégration. Cela se passe aujourd’hui d’une manière moderne, ouverte. Jadis la volonté d’intégration se mesurait via de stupides questions comme : « comment faites-vous le chou-fleur à la sauce blanche ». Les Pays-Bas, qui sont pourtant  souvent un exemple en matière de société multiculturelle, en sont toujours à ce stade. La Flandre est heureusement plus loin.

A côté des cours de langue, il s’agit ici notamment du sens des contacts parentaux à l’école, du dépôt des poubelles et du droit de la femme en Flandre. Une bonne cohabitation commence avec de petites choses quotidiennes. Quand chacun sort son sac poubelles à telle heure de la semaine, cela évite l’irritation et, plus tard, l’intolérance générale dans le quartier.

Les cours d’intégration coûtent cher aux pouvoirs publics : 80 millions d’euros par an. Pour cet argent, il est permis de demander quelque chose en retour aux candidats. Par exemple, une présence obligatoire. C’est ce qui se fait. Il y a des amendes allant jusqu’à 5.000 euros pour ceux qui veulent y échapper. Les nouveaux arrivants n’ont pas, en effet, que des droits. Des devoirs aussi.

Marino Keulen enregistre-t-il un succès ? Oui. Même si les leçons n’ont eu d’effet que sur la moitié des personnes intéressées, c’est un résultat fantastique. Ce sont des gens qui peuvent propager dans leur entourage une culture d’intégration positive.

Chaque personne qui a réussi son intégration est un pilier pour notre société. (...) Les nouveaux arrivants doivent être convaincus du sens de l’intégration. C’est la meilleure garantie pour qu’une société bigarrée tourne bien. Et la Flandre restera bigarrée, bien plus encore que ce n’est le cas actuellement. Mieux vaut donc nous préparer. Allochtones et autochtones.

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Van Rompuy ne veut pas trop de promesses électorales – « 2 milliards en moins pour la Flandre » - Titre à la Une de « Het Laatste Nieuws » du mercredi 20 mai 2009

Le gouvernement flamand devra faire l’an prochain avec 1,5 à 2 milliards en moins. C’est ce qu’à déclaré Herman Van Rompuy (CD&V). L’Etat fédéral enregistre, en effet, moins de recettes fiscales et il ristournera donc moins aux entités fédérées. 

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 Presse flamande des 18 et 19 mai 2009 Minimize

 « Combien  de visages Somers et Dedecker ont-ils ? – Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du lundi 18 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

 

Pour qui MM. Somers et Dedecker nous prennent-ils vraiment ? Pour une bande d’idiots qui ne savent pas lire ni écrire ?

 

Les voilà en train de faire des plaidoyers pour le « contenu ». Que la campagne électorale porte maintenant sur « quelque chose » ! Alors qu’ils n’ont fait que le contraire au cours des dernières semaines.

 

Au congrès de l’Open VLD, Bart Somers a trouvé un nouveau punching-ball : le CD&V, et plus particulièrement le ministre-président Kris Peeters. Ce sont des colombophiles : attendre, attendre et attendre encore. Un parti qui manque d’audace, prêche l’immobilisme et provoque ainsi une rupture de confiance avec le citoyen.        

 

Tout cela est peut-être vrai. Mais qui a gouverné ces cinq dernières années avec Kris Peeters ? Qui était vice-Ministre-président dans ce gouvernement ? Exact, Dirk Van Mechelen.

 

L’avons-nous entendu parler durant la législature, lui ou son parti, des listes d’attente dans le secteur des handicapés ? A ma connaissance, pas beaucoup. (...) Je n’ai guère entendu l’Open VLD parler des gens qui doivent vivre avec un revenu de remplacement ou qui sont gravement infirmes.

 

Lors d’une campagne électorale, on peut faire de la musculation, mais il convient tout de même de rester sérieux. Dégrader d’abord le parlement au rang d’une équipe de football qui vend et achète des joueurs, plaider ensuite pour plus de sérieux en politique, et rejeter immédiatement de la boue, ce n’est pas sérieux ni conséquent. Combien de visages Bart Somers a-t-il ?

 

Jean-Marie Dedecker, son adversaire dans l’affaire Vijnck - cet homme était-il hier dans la bonne salle ? -, en rajoute. « Parlons du contenu ». C’est aussi crédible que si le roi Albert se mettait à plaider en faveur de la scission de la Belgique. Combien de visages Dedecker a-t-il ?

 

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« On peut parler contenu » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du lundi 18 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

 

(...) Bart Somers a donc ramassé le gant et a défié à son tour le CD&V. Pour lui le choix entre le CD&V et l’Open VLD est un choix entre le statu quo et le changement. On est d’accord avec Bart Somers pour dire que le changement s’impose d’urgence. L’immobilisme absolu règne, que ce soit au niveau institutionnel, social et économique. Mais que le CD&V signifie statu quo et l’Open VLD, changement, nous en sommes moins sûrs. L’Open VLD n’est-il pas au gouvernement flamand et au gouvernement fédéral ? Quelque chose nous aurait-il échappé ?

 

L’attitude provocante de Bart Somers n’est pas dépourvue d’intentions tactiques. Le CD&V et l’Open VLD sont concurrents. Cela peut également aider à détourner l’attention du faux pas qui a été commis lors du transfert avorté de Dirk Vijnck de la LDD vers l’Open VLD. Si l’Open VLD devait perdre les élections, cela lui serait fortement reproché, il ne deviendrait pas ministre et il risquerait de perdre la présidence. Attendons. Pour l’instant, Bart Somers a veillé à ce que la campagne électorale porte dès maintenant sur ce que la Flandre doit faire demain. Et non plus sur les transfuges et détectives. C’est un mérite en soi.

 

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« Dénigrement de son propre clan » - Edito d’Eric Donckier dans « Het Belang van Limburg » du mardi 19 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) C’est le problème des francophones, pourrions-nous dire. Hélas, c’est aussi le nôtre. Il est quasi exclu que cette campagne électorale ne laisse pas de traces. Si le PS et le MR continuent à se battre après le 7 juin et que l’un d’eux reste dans l’opposition (MR) ou disparaît (PS), cela aura aussi de grandes conséquences pour le gouvernement fédéral. Il lui sera alors difficile de réaliser une nouvelle réforme de l’Etat. Et celle-ci est nécessaire pour aborder les problèmes sociaux, économiques et financiers.

D’ailleurs, le risque de déraillement existe aussi en Flandre. Des partis qui engagent des détectives ou qui essaient d’acheter des parlementaires, c’est inédit. (...)

Nos politiques dénigrent ainsi leur propre clan, ils favorisent l’anti-politisme, ils remettent eux-mêmes en question leur utilité pour la société. Comment peuvent-ils encore espérer que les électeurs les prennent au sérieux ?

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« Le PS et le MR n’osent pas regarder l’électeur dans les yeux » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 19 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) Vous parvenez à suivre ? Ne vous cassez pas la tête. Un chat ne retrouverait plus ses jeunes dans cette campagne de diffamation qui a de nouveau cours en Belgique francophone. On peut résumer tout cela comme suit : le PS et le MR ont tous deux perdu leur dernier grain de confiance en soi. Ils n’osent pas regarder le citoyen dans les yeux. C’est pourquoi ils ne cessent de se regarder l’un l’autre. Au lieu d’aller à l’électeur avec des propositions concrètes, ils essaient d’endommager l’adversaire. Chaque voix que l’adversaire perd est pour moi. Tel est leur raisonnement. (...)

Tout cela est mauvais pour le gouvernement. Même si le PS ne met pas sa menace à exécution et reste dans la majorité. Comment le PS et le MR peuvent-ils collaborer loyalement et de manière constructive au gouvernement fédéral s’ils s’en veulent à mort à la région. ? Et que va-t-il arriver après les élections ? Herman Van Rompuy a bien du travail de massage en perspective.

Les choses ont pris hier une tournure un peu plus positive du côté flamand. Enfin ( !), on parle contenu. (...)

Les sujets ne manquent pas : faut-il plus d’argent pour l’enseignement ou pour la protection de l’environnement et les économies d’énergie ? Allez, qu’on débatte de tout cela !

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« Couper le lien. Radicalement » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laatste Nieuws » du mardi 19 mai  2009 – Traduction Jules Gheude

La politique  se fait dans le sud d’une manière plus verbale que chez nous. (...) Celui qui crie le plus fort a le plus de problèmes. Généralement, c’est le PS. La dernière affaire, à propos de l’ex-ministre Didier Donfut, est une catastrophe pour le parti d’Elio Di Rupo, parce qu’elle se déroule dans sa ville et que son comité « mains propres » n’a rien trouvé à redire au fait qu’un ministre conserve une rémunération plus lucrative que son propre job. Voilà des années qu’Elio Di Rupo dit que son nouveau PS est clean. Mais l’ancien PS le rattrape chaque fois. La situation au PS fait penser à celle des banques. On pense que le problème est réglé, quand ressurgissent tout à coup de mauvais placements, quelque part dans un coin perdu et malgré les bonnes intentions de la direction. L’image qui reste d’Elio Di Rupo est celle d’un patron faible qui n’est pas le chef dans sa propre maison.

Depuis que l’affaire a éclaté, Di Rupo et Rudy Demotte essaient de sauver ce qui peut l’être. (...)

Le problème du PS est que le parti se présente comme rénové et nettoyé, tout en voulant maintenir son emprise sur la société wallonne dans toutes ses composantes, de l’Etat fédéral aux entités fédérées, en passant par les villes et communes, les intercommunales et les entreprises politiques, et cela de haut en bas, du boss à la femme de ménage. Cela a finalement donné une région où 42% de la population travaille pour la fonction publique, contre 26% en Flandre. Si Di Rupo veut remettre les choses en ordre, il doit d’abord couper le lien entre l’autorité et le PS. Radicalement.

                                               

 


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 Presse flamande des 12 et 13 mai 2009 Minimize

« Gouverner avec Dedecker ? » - Edito de Bart Sturtewagen dans « De Standaard » du mardi 12 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

(...) La figure de prouve CD&V Kris Peeters n’a pas explicitement exclu dimanche un gouvernement avec la LDD, alors qu’il aurait pu simplement dire que les électeurs devaient d’abord se prononcer. Cela témoigne de la crainte que tout ce que vous dites de la LDD peut être utilisé contre vous. (...)

Il se pourrait que le parti, à cause de son approche grossière, perde des voix au bénéfice par exemple de la N-VA – également contre l’establishment, mais plus propre – et gagne en même temps des électeurs du Vlaams Belang. Peut-être Dedecker va-t-il vraiment se révéler être maintenant le cancer du Vlaams Belang. Il montre comment on peut faire du mal à tous ces grands messieurs sans les isoler par un cordon. Un cauchemar pour Dewinter et Cie.

Il n’y a pas que l’électeur qui déterminera s’il faut gouverner avec Dedecker. L’hypothèse n’est pas folle de voir des coalitions olivier se former partout ailleurs : PS avec CDH et Ecolo. Avec un MR isolé, on peut dès lors oublier un gouvernement fédéral qui se mette subitement à travailler ferme. Que faire alors ? Des élections législatives à l’automne ou continuer à patauger lamentablement sans aucune perspective d’amélioration ? Un dilemme abominable.

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« Bart Somers reste général mais a perdu le commandement » - Edito de Paul Geudens dans « Gazet van Antwerpen » du mardi 12 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

L’Open VLD a serré hier les rangs. Le bureau du parti s’est rangé derrière Bart Somers. Il peut rester président et continuer à intervenir dans la campagne.

Mais ce n’est pas du tout de gaieté de coeur. (...) « Comment un homme de son expérience peut-il compromettre d’une manière aussi bête l’avenir du parti ? », nous avouait hier quelqu’un.

Une question très pertinente. Les grands hommes d’Etat ne doivent jamais se laisser submerger par les émotions. Surtout pas par des sentiments de vengeance. A cet égard, Somers a semé lui-même le doute sur ses capacités en tant que politicien de haut niveau. (...)

Mais l’Open VLD n’avait pas le choix. Il fallait resserrer les rangs. Car on est à moins de quatre semaines des élections. (...)

Il y en a un qui a déjà profité de cette agitation : Dirk Van Mechelen. Il y a deux semaines, il était « seulement » tête de liste. Comme Tommelein, De Gucht, Keulen et Ceysens. Aujourd’hui, il est, avec Guy Verhofstadt naturellement, la figure de proue libérale de la campagne.

En se déclarant candidat pour la ministre-présidence, il s’est promu lui-même. Enfin, serions-nous tentés de dire. Il était temps que l’Open VLD avance quelqu’un comme challenger de Kris Peeters. Dirk Van Mechelen est la personne appropriée. (....)

Le président du parti n’a pas été dégradé hier. Provisoirement, il peut conserver ses étoiles. Mais il y a d’autres commandants dans la pièce. Bart Somers traînera cette gaffe toute sa vie. Même si l’Open VLD obtient un résultat convenable le 7 juin et qu’il peut rester président.

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 « Didier qui ? » - Edito de Luc Standaert dans « Het Belang van Limburg » du mercredi 13 mai 2009 – Traduction Jules Gheude

Didier Donfut. Le nom ne vous dit peut-être rien et à partir d’aujourd’hui ce n’est d’ailleurs plus utile. Donfut a en effet démissionné hier comme ministre wallon de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances. Comme tant d’autres politiciens wallons, il était un parfait inconnu en Flandre, bien qu’il ait été, de 2004 à 2008, secrétaire d’Etat dans le gouvernement fédéral Verhofstadt II. Dans le gouvernement Leterme, il a même été ministre de la Santé, mais très peu de personnes doivent s’en souvenir. (...)

Il a démissionné hier à la suite de la révélation de « La Libre Belgique » selon laquelle il était rémunéré grassement pour un travail de consultance au sein d’une intercommunale hennuyère en plus de son traitement de ministre. (...) C’est une fraude politique. L’intercommunale, qui payait quelque 13.000 euros par mois à la société unipersonnelle de Donfut, était présidée par un conseiller communal de Frameries, dont Donfut est le bourgmestre. (...)

Revoilà le PS avec un scandale de taille, et ce au plus mauvais moment de l’histoire d’après-guerre. Le parti se trouve en effet engagé dans une lutte électorale à mort avec le MR. (...)

Jusqu’hier, les choses n’avaient pas l’air de se passer trop mal pour le PS. (...) Di Rupo semblait être parvenu à nettoyer les écuries du PS et à évincer un certain nombre de vieux crocodiles – genre Jean-Claude Van Cauwenberghe et Anne-Marie Lizin.

Une des innovations dont Di Rupo était assez fier, est le comité d’audit interne du PS. (...) Mais cet organisme n’a vu aucune objection à attribuer la troisième place à Donfut sur la liste tirée par Di Rupo lui-même dans le Hainaut. L’électeur wallon constatera peut-être qu’il y a encore du travail au PS.

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« Une politique saine » - Edito de Luc Van der Kelen dans « Het Laa