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Essai de bibliographie par Pierre-René Mélon
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Mais qui sont vraiment les Français ?
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La question belge à l’usage de nos amis du bout du monde
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Textes républicains
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Wallonie ? Pour un vrai projet mobilisateur !
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Par Pierre HUPET. Juriste et politologue.
Le quotidien "Le Soir", dans son édition du samedi 2 juillet 2005, proposait une interview de l’ancien ministre régional wallon Charles Michel, dont les éléments clés confortent les thèses soutenues par le RWF.
Hormis un certain nombre de lieux communs relatifs à l’évidente faiblesse du gouvernement régional, M. Michel a du moins le mérite de reconnaître l'intérêt stratégique de l'initiative française visant à redynamiser les régions, villes ou quartiers économiquement défavorisés. Ce sont les fameuses "zones franches" où les investisseurs bénéficient d'exemptions de charges, susceptibles de compenser un déficit conjoncturel ou structurel, en vue du redéploiement de ces zones. Il est clair que la région Wallonie, la réunion à la France devenue effective, pourra compter sur ce mécanisme de développement, fondé sur la solidarité républicaine. Il est tout aussi clair que, ce faisant, la France et les Français n'auront rien à perdre et tout à gagner. La région Wallonie, enfin dotée d'un leadership de qualité et d'une stratégie digne de ce nom, offrirait alors à la France une plus-value non négligeable. Nous ne quémandons rien. Nous apportons des infrastructures performantes, productives et créatives, reconnues sur le plan international et, pour nombre d’entre elles, déjà financées par des capitaux français, mais dont l’expansion est aujourd'hui contrariée par le clientélisme local. La région Wallonie, zone franche de la République française, assurerait ainsi à ses habitants le développement socio-économique qu'ils méritent et dont ils sont capables, mais dont les prive le fonctionnement actuel de nos institutions. De telles initiatives, à la fois réalistes et porteuses d'espérance, constituent l'essentiel du message délivré par le RWF aux Wallons, aujourd'hui paralysés par l'absence de perspectives.
Depuis des décennies, la "question communautaire" engloutit une somme vertigineuse d’énergies et de moyens, irrémédiablement perdus. Cette « guéguerre », pourtant toujours terriblement dommageable pour nous, n'intéresse plus personne, et encore moins les générations montantes. Les Flamands démocrates, qui, comme nous, veulent la fin de l'Etat belge pour valoriser leurs compétences propres, peuvent être là nos alliés objectifs. Cessons de vilipender nos ennemis putatifs, reconnaissons mutuellement la légitimité de nos aspirations respectives, et construisons, avec ou sans eux, un nouveau champ des possibles, mais dans un respect mutuel. Il ne s'agit pas de renier l'origine historique de notre mouvement : nous savons tous d'où vient le RWF et à qui nous devons la pérennité de ce projet absolument nécessaire. Il ne s'agit pas de renoncer à ce qui fait l'identité de ce mouvement, pas plus qu’il ne s’agit, pour les Wallons, de renoncer à ce qui fait leur fierté et leur spécificité. Il s'agit, au contraire, de renforcer la diffusion de nos propositions en démontrant qu'elles sont capables de fédérer les aspirations de tous, y compris des plus jeunes et quelle que soit leur filiation politique, avant qu'ils ne soient happés par la redoutable machine des baronnies féodales, entretenues par les partis traditionnels.
La réunion de la Wallonie à la France est un projet d'exception, dans tous les sens du terme. Notre parti a renoncé, preuve de maturité et de sérieux, à toute velléité de revanche belgo-belge. Notre discours est positif, créatif et volontaire.La réunion de la Wallonie et de la France ne se construira pas sur des cendres, fussent-elles historiquement fondées et socialement condamnables. La réunion de la Wallonie et de la France se construira, pas à pas, sur des perspectives à la fois enthousiastes et crédibles, auxquelles adhéreront celles et ceux que notre projet sera capable de convaincre.
L'avenir n'est pas le fruit d'un constat amer. C'est, avant tout, la représentation commune d'un projet mobilisateur.
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Citations...
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La frontière linguistique
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de Gaulle à Alain Peyrefitte
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10 novembre 1965, Alain Peyrefitte,
"C'était de Gaulle", De Fallois-Fayard, 2000, t. III, p. 329.
"Des Wallons m'avaient déjà demandé de les annexer à la fin de la guerre. Je n'ai pas voulu donner suite à leur démarche. En 45, il fallait respecter les frontières que nous a léguées l'Histoire, sauf les frontières des pays vaincus. C'est ce qui a été fait. La Belgique, il ne faut pas y toucher. Mais que les Wallons s'organisent pour défendre leur langue et leur culture, pour éviter que les Flamands ne leur marchent sur les pieds, nous n'y voyons aucune espèce d'inconvénient... Ou alors, il faudrait que les Flamands rendent la vie impossible aux Wallons, et qu'alors les Wallons se jettent dans nos bras. Mais nous n'avons surtout pas à bouger. Ce serait trop facile de nous accuser de vouloir nous arrondir aux dépens de la Belgique."
"Je sais bien qu'après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j'estimais qu'il ne m'appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l'initiative. La France n'avait pas à payer une dette comme au Canada. Un moment, j'avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j'ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j'aurais descendu la Meuse jusqu'à Liège, dont Michelet disait qu'elle était plus française que la France. Ç'aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j'ai résisté à la tentation.
"Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d'inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m'a jamais rendu l'invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie." Il reprend, après quelques secondes : « J'avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m'avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d'eux-mêmes sécession. C'est peut-être comme ça que ça finira.
"La Wallonie existe, mais il n'y a pas une nation wallonne, les Wallons n'ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie. C'est tout autre chose que, pour les Québécois, de s'émanciper de la domination anglo-saxonne.
"Beaucoup de Wallons pensent qu'ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C'est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d'appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines.
"Toutes choses qu'ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu'ils n'aiment pas. Pour les besoins de l'unité de la Belgique, on a raboté ce qu'ils avaient de différent. Ils en sont frustrés."
Le Général refusa toujours de s'immiscer dans les affaires d'un État souverain. Aucune allusion dans les discours prononcés en 1945, lors de sa visite à Bruxelles, ni dans ses Mémoires de guerre. Aucune réponse officielle aux démarches qui furent faites, en 1944, par le mouvement Wallonie libre (François Simon) et, en 1963, auprès de Jean Foyer, par quelques personnalités wallones. Selon Claude de Groulart (De Gaulle : vous avez dit Belgique, Lausanne, Pierre-Marcel Fabre, 1984, p. 41), de Gaulle aurait répondu à Robert Liénard, dans un entretien privé : "Bien entendu si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s'adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité. Avant, c'est impossible" .
http://www.c-de-gaulle.org/article.php3?id_article=116&page=1
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