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Crise économique à venir (28/04/2008)
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Chez nous, la politique monétaire est gérée par une Banque Centrale Européenne dont l'objectif principal est de maintenir la stabilité des prix, et qui est indépendante des institutions, organes et organismes de l'Union, donc du parlement. Ce dernier, tout comme la commission européenne, ne peut donc pas décider de réduire les taux d'intérêts de la BCE, par exemple, lorsque la croissance devenue trop faible engendre un accroissement important du taux de chômage.
Si l'indépendance de la BCE est une bonne chose, son objectif devrait aussi inclure une croissance économique minimale ainsi que la surveillance du niveau d'endettement. En effet, il faut assurer la stabilité, pas seulement des prix, mais aussi de toute l'économie. Il ne doit pas s'agir seulement de protéger des intérêts financiers, mais aussi l'emploi et le bien-être des travailleurs. Il n'est pas raisonnable d'ignorer les risques sur le système financier mondial, d'un endettement sans limites des ménages (hypothécaire et autres), qui entraînerait une baisse de croissance par une chute de la consommation.
Depuis 2007, l'économie américaine n'en finit pas de subir les effets négatifs de leur crise financière (crise des «subprimes»). Habitués à vivre à crédit, les ménages ont tiré autant que faire se peut sur la corde les différentes possibilités d'endettement, avec l'aval du système bancaire. A force d'exagérations, ils ont fini par dépasser la limite du raisonnable.
La recette qui leur a permis de vivre au-dessus de leurs moyens pendant des années, devient maintenant leur problème majeur. Défaut de remboursement des emprunts hypothécaires, chute du marché immobilier et de la bourse, diminution des mises en construction, baisse de la consommation, hausse du chômage, ?, bref la récession avec comme corollaire des baisses de taux d'intérêts.
En Europe, la plupart des «responsables» politiques disent qu'il n'y aura que très peu d'impact en Europe, mais ils se trompent. Dans le passé, une crise économique outre Atlantique a toujours eu des répercutions dans le monde entier. Avec la globalisation de l'économie mondiale, ça ne pourrait être moindre. Ainsi, en Belgique, le budget de l'Etat pour l'année
2008 se base sur l'hypothèse d'une croissance de 1,6%, alors que le FMI prévoit moins. Pour ce type de matières, surtout pour un gouvernement d'artisans pâtissiers et de techniciennes de surface (nous avons même un Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères qui ne parle pas l'anglais !), il ne faut pas s'attendre à des miracles ; il y aura donc un déficit budgétaire, suivi de coupes sombres pour le niveau de vie des travailleurs (sécurité sociale, pouvoir d'achat, ?).
Le «non-interventionnisme» libéral serait valable si, en cas de crise aux Etats-Unis, les travailleurs européens ne devaient pas payer la note ; mondialisation oblige. C'est pour cela qu'il est temps de mettre fin au «Far West» régnant dans les milieux financiers, par une régulation mondiale. Il y va de l'intérêt du plus grand nombre. De plus la révision de la mission de la BCE qui s'accroche à maintenir l'inflation à un niveau artificiellement bas, par rapport au reste du monde, ne serait pas un luxe.
Les taux d'intérêts européens doivent être diminués le plus rapidement possible pour anticiper la récession qui s'annonce en Europe.
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Le coût par ménage de la sortie du nucléaire - 22/01/08
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En Belgique la problématique du nucléaire est considérée sous l'angle idéologique au lieu de se baser sur des critères objectifs et des statistiques de production. Il faut savoir que partie d'électricité d'origine nucléaire représente 55% du total, alors que les éoliennes, par exemple, ne contribuent qu'à hauteur de 1,5% de la production d'électricité, sans parler des sommes fabuleuses consenties en subsides. Même en doublant cette production, plus de 50% des besoins en électricité ne seront plus couverts si l'on arrête les centrales nucléaires.
Avec l'accroissement de la consommation, la pénurie en électricité devrait se produire très rapidement. La seule alternative à moyen terme (5 ans) restera le pétrole ou le gaz dont les perspectives de prix sont à la hausse jusqu'à 60%. Je vous laisse imaginer l'implication d'une telle décision au niveau du prix de l'électricité pour le consommateur ! Certains vous feront des estimations alambiquées tout autres, mais une analyse macro-économique basée sur des observations de cas concrets (statistiques) les contrediront.
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Le plus grand scandale budgétaire de la décennie (05/11/07)
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En 2006, une idée géniale fut proposée par les "élites" libérales du pays, Messieurs G. Verhofstadt (Premier Ministre) et D. Reynders (Ministre des Finances). Il s'agissait des "intérêts notionnels". Evidemment, tout comme "l'incubateur numérique" de monsieur S. Kubla, financé par la Région wallonne, ce nom bien fleuri n'attira pas l'attention de la plupart des responsables wallons. Pourtant, ce devrait être une innovation fiscale que tous les pays allaient nous envier.
Grâce à cette mesure, les sociétés allaient pouvoir déduire de leur base imposable un montant d'intérêt fictif calculé sur les fonds propres corrigés. Il fallait, dans l'esprit du gouvernement Di Rupo-Reynders, éliminer la discrimination fiscale existante entre la rémunération des capitaux propres et celle des capitaux externes, mais surtout conserver un cadre fiscal accueillant pour les centres de coordination.
Pour ce qui est de conserver les centres de coordination, l'objectif a sans doute été atteint. Mais pour ce qui concerne les autres sociétés, déjà établies en Belgique, qui ont bénéficié de cette mesure, il n'y avait aucune contre-partie. C'était un pur cadeau fiscal. "Augmentez vos profits grâce aux intérêts notionnels" écrivaient-ils sur le site internet gouvernemental ! C'est ainsi que les sociétés se sont retrouvées avec un taux d'imposition réel de moins de 20% au lieu de 33,99%. Scandaleux n'est ce pas, quand on sait que l'impôt sur le travail n'a été réduit que de miettes !
Pour 2007, le déficit budgétaire de l'Etat sera probablement de 1,5 milliards d'euros. De toute évidence, la réduction de l'impôt des sociétés pour "intérêts notionnels" dont le coût est estimé à 1,2 milliards d'euros est l'élément principal de ce déficit. Sachant cela, les élus socialistes essayent de se dédouaner de leur bévue en faisant croire que les montages financiers permettant d'optimiser leur rendement fiscal, feront l'objet d'un contrôle accrû. Hors, des décisions de «ruling» (acceptation anticipée par l'administration fiscale d'un projet de montage fiscal) ont déjà été prises par l'administration fiscale, acceptant pour plus de 500 millions d'euros, ce type de réductions d'impôts. L'erreur semble donc irréversible, quoiqu'on en dise ! Qui va payer cette colossale erreur d'estimation ?
Directement ou indirectement, ce sera vous.
Finalement, nos élus dilapident les moyens dont ils disposent par incompétence et appauvrissent chaque jour un peu plus la Wallonie. Ce n'est pas de beaux sourires ni d'effets d'image dont les gens ont besoin, mais de gestionnaires clairvoyants qui redressent notre économie et rendent sa grandeur à la Wallonie.
Jean-Pierre Hellin-Robert
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