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Friday, July 03, 2009 ..:: Actualites » Les_actualites_de_Francois_Lemaire ::.. Register  Login

     

 Rappel à l'ordre du CSA sur les temps de parole Minimize

"Actualité liée à l’élection
1° Lorsqu'il est traité d'une circonscription déterminée, les services de télévision et de radio veillent à ce que les listes de candidats et de leurs soutiens bénéficient d'une présentation et d'un accès équitables à l'antenne.
2° Lorsque le traitement de l’élection dépasse le cadre d'une circonscription, les services de télévision et de radio veillent à ce que les partis et groupements politiques présentant des listes de candidats et leurs soutiens bénéficient d'une présentation et d'un accès équitables à l'antenne.
3° Les comptes rendus, commentaires et présentations auxquels donnent lieu l’élection doivent être exposés avec un souci constant de mesure et d'honnêteté. Les services de télévision et de radio veillent également à ce que le choix des extraits des déclarations et écrits des candidats et de leurs soutiens, ainsi que les commentaires auxquels ils peuvent donner lieu, n'en dénaturent pas le sens général."
Texte complet

On aura compris que les instructions qui précèdent émanent du CSA... français. Ci-dessous le bricolage auquel nous avons droit en Belgique francophone, à savoir l'arbitraire absolu de la rédaction de la RTBF. Extrait :

"Pourront recevoir une invitation à une émission spéciale Mise au Point réservée aux principales listes francophones démocratiques non représentées simultanément au parlement européen, au parlement wallon et au parlement bruxellois, avec un maximum de six candidats, le dimanche 17 mai 2009 à 11h30, étant entendu que les rédactions de la RTBF disposent d’une appréciation souveraine dans le choix des critères d’invitation à cette émission, en fonction de la présence régulière de ces listes aux précédentes élections, de leurs résultats électoraux antérieurs, des personnalités qu’elles accueillent, des principaux thèmes de campagne qu’elles développent et de l’intérêt éditorial, journalistique et informatif qu’elles représentent pour les téléspectateurs."

En europe, il y a démocratie et démocratie...

François Lemaire, 1er suppléant en BW sur la liste WALLONS.


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 Deux élus MR appuient le PTB Minimize
S'il fallait une preuve de l'inconsistance des positions des grands partis politiques, elle s'est manifestée cet après-midi au Tribunal de Nivelles, lors du dépôt des listes pour les élections régionales. De l'aveu même des membres présents du PTB, il n'a pas été nécessaire au parti d'extrême gauche de faire remplir 200 formulaires de soutien signés par des électeurs, ni de faire le tour des maisons communales du Brabant wallon pour les faire avaliser une à une : deux députés sortants ont en effet appuyé le dépôt de la liste. Il s'agit vraisemblablement de deux députés du Mouvement Réformateur.

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 Il n'y a pas de problème communautaire en Wallonie - 10 janvier 2009 Minimize

Il n'y a pas de problème communautaire en Wallonie. Et depuis longtemps. La communauté flamande y est parfaitement intégrée, comme beaucoup d'autres minorités.

 

Que "la réciproque" ne soit pas vraie en Flandre pour la minorité francophone n'oblige en rien la Wallonie à s'en mêler. Ce qui existe en effet, et empoisonne la politique du niveau fédéral belge, c'est le conflit entre Bruxelles et la région flamande qui l'entoure, l''une s'étendant démographiquement sur le territoire de l'autre, et l'autre luttant sans relâche pour augmenter son emprise politique sur la première. La Wallonie y est étrangère. 

 

Il y a vingt ans, les Wallons ont sacrifié le combat légitime des fouronnais qu'on a forcé à devenir flamands, contre toute cohérence démographique et géographique. Ils l'ont fait à l'époque par solidarité avec Bruxelles. On peut estimer qu'ils ont aujourd'hui d'autres chats à fouetter que d'intervenir dans des querelles de voisinage en dehors de chez eux. Ils pourraient, par exemple, se concentrer sur le devenir de leur enseignement, sur la place de leur région dans l'Europe. Ils pourraient veiller à créer entre eux une communauté, constituée de tous les habitants sans exception, qui serait moins encline à se replier sur ses clochers, et développerait ses valeurs de solidarité, sa culture profondément romane et sa longue tradition d'excellence scientifique, technologique et industrielle.

 

Bruxelles a un autre projet. Bruxelles a pour ambition de rester la capitale de l'Europe, croisement des cultures, métropole internationale, autonome et prospère. C'est un tort de vouloir associer les deux destins d'une manière à entraver l'une et l'autre. La seule volonté des Bruxellois suffit amplement à dégager de sa route ce qui empêche aujourd'hui ce voeu admirable de se réaliser. L'arrière-garde ultra-belgicaine ne devrait pas en avoir pour longtemps. Il sera temps alors pour les Bruxellois de s'assumer pleinement comme tels.

 

On ne peut d'une part, et je vise la Flandre, exiger le démantèlement de la maison commune, invoquer le "chacun pour soi et les vaches seront bien gardées", et d'autre part exiger que ceux qu'on s'arrange pour appeller "les francophones" interviennent à la première demande pour sauver les meubles qu'on a soi-même jeté au feu. Or, c'est exactement la démarche sur BHV. On connait le pragmatisme, entendez l'absence de cohérence sur le plan intellectuel, qui caractérise la technique des petits pas et des compromis "à la belge". Ce pragmatisme a ses limites. Il mène par exemple aussi à violer les principes d'une élection démocratique. Ou à vendre une société sans en avertir les actionnaires. Ou à organiser des élections en laissant une société semi-publique décider de ce qui est démocratique ou pas. Je ne vise plus la Flandre, mais la RTBF et la "Communauté française" et leur démocratie des télétubbies, "les quatre partis démocratiques". Il n'y a pas de différence entre la manière dont on organise des tribunes électorales à la RTBF et celle dont Marino Keulen refuse de nommer les bourgmestres de la périphérie bruxelloise. Dans les deux cas, c'est du pragmatisme à la belge, ou à la flamande, comme on voudra. En tout cas pas de la démocratie.

 

Mais revenons à nos moutons. C'est là que, la mesquinerie prenant le dessus, on entend : "Oui, mais vous, les Wallons, vous êtes pauvres. Il vous manque trois milliards d'euros pour finir l'année. Alors vous ferez ce qu'on vous dira de faire. " Saura-t-on jamais ce qui énerve le plus la Flandre : les trois milliards annuels soi-disant payés aux Wallons, la méconnaissance du néerlandais des Bruxellois ? Les deux sans doute, c'est tellement commode d'associer les deux ! On oublie de dire que Bruxelles est riche du travail des Wallons, passé et présent, et que si la Flandre va si bien, c'est qu'elle profite à plein du bilinguisme imposé dans les institutions publiques et privées. Les Wallons, eux, ont tout intérêt, puis qu'il faut évoquer le choix des langues, à en choisir d'autres que le néerlandais, et à jouir sans complexe de la richesse immense de la langue française, que les dialectes wallons ont contribué à construire.

 

L'arrière-garde des barons belgicains (pour beaucoup, socialistes), qui, au vu la crise boursière sera bientôt aussi pauvre que la Wallonie, a tort de continuer à nous dénigrer.


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 La Flandre se vomit dessus - 25 novembre 2008 Minimize

"Les trois bourgmestres n'ont pas respecté la loi flamande, ils ne seront donc pas nommés. Il n'y a pas à revenir là-dessus". La sentence tombe de la bouche, non pas d'un ministre, d'un procureur ou d'un juge, mais d'un journaliste flamand sur les ondes de la RTBF (La Première, vendredi 21/11/2008). Silence de mort autour de la table. Pas un des confrères de la presse écrite francophone n'ose le contredire, de peur de provoquer l'esclandre en direct, ce qui ne se fait pas, à la RTBF.

"Le problème n'est pas politique, mais juridique.", prétend l'Exécutif flamand. Autrement dit, avec la meilleure volonté du monde, il ne pourrait pas effectuer cette nomination ! Vaste blague, que personne ne prend au sérieux. L'argument sert simplement à inciter les bourgmestres élus à se porter devant la Chambre flamande du Conseil d'Etat, qui, cela ne fait pas mystère, ferait corps avec la décision.

L'Exécutif flamand reproche à ces élus d'avoir violé un décret* (il n'existe en réalité pas de "loi" flamande, puisque nous sommes encore dans un Etat fédéral, qui seul est habilité à promulguer des lois). Ce décret, lui-même contesté, oblige à ce que toutes les convocations électorales soient envoyées en néerlandais, même aux habitants de la périphérie bruxelloise, dont tous les droits à s'exprimer en français sont pourtant protégés par la Constitution belge.

Mais il y avait une faille possible dans le dispositif juridique scabreux ayant fait l'objet de moultes compromis alambiqués. Qui n'essaie rien n'a rien. Un ministre flamand a donc produit une circulaire. Un autre l'a appliqué. Et c'est toute la Flandre qui conforte son sentiment national en attisant son animosité envers l'extérieur. Mais cette animosité s'exerce cette fois au mépris du fonctionnement le plus fondamental de l'exercice démocratique. Tous les européens, experts ou pas, qui se penchent sur ce dossier ne mettent pas cinq minutes à comprendre qu'il s'agit d'un viol flagrant : si une élection est validée, alors on en accepte le résultat. Si une personne commet une infraction, alors on la sanctionne en tant que telle devant une instance habilitée. Mais on ne modifie pas le résultat d'un scrutin au motif que l'élu ne convient pas à la tutelle, sans autre forme de procès.

Les choses sont pourtant évidentes : ou bien cette élection, qui a eu il y a deux ans, était entâchée d'irrégularité, et alors il fallait procéder à de nouvelles opérations de vote, sous le regard - neutre ou pas, c'est une autre question - de l'autorité de tutelle. Ou bien les élections sont valides, et la tutelle n'a autre choix que d'en accepter le résultat, quitte à poursuivre devant une juridiction administrative, pour des actes précis, les personnes coupable à ses yeux de n'avoir pas respecté la "loi flamande".  On ne peut pas à la fois valider une élection et invalider son résultat !

Les trois bourmestres en question étaient déjà en fonction et se sont fait réélire. Mais supposons un instant qu'il y ait eu un changement de majorité, ou simplement qu'un bourgmestre succède à un autre, qui aurait décidé de prendre sa retraite, mais aurait envoyé des convocations électorales en français à des francophones, et en néerlandais à des néerlandophones (ce sont les faits reprochés). Qui aurait sanctionné la loi flamande ?
Si le problème était réellement juridique, ce serait évidemment l'ancien, démissionnaire mais coupable. Une loi flamande aurait pu décider de le pendre par le cou, elle aurait été appliquée. Devant un tribunal, on ose l'espérer. Mais qu'aurait-on fait du nouveau bourgmestre? Ne pas le nommer, parce qu'il aurait été du même bord politique que son prédesseur ? Le nommer, parce qu'il n'aurait rien à se reprocher ? Si une loi flamande interdit de dépasser les trente kilomètres par heure, et qu'un bourgmestre s'étant fait réélire, a été flashé à 45 km/h la nuit précédent le vote, va-t-on refuser de le nommer ? La décision de l'Exécutif flamand relève donc du plus évident arbitraire politique, quoi que la propagande nationaliste soutenue des éditorialistes puisse prétendre.


Mais en invoquant, parmi quelques autres arguments, que d'autres bourgmestres - bons flamands - se sont essayés à des manoeuvres sans être sanctionnés, la classe politique francophone se fourvoie, entre dans le jeu dangereux du "c'est pas moi c'est lui", et pénètre sur le terrain glissant du compromis sur un sujet pourtant aussi fondamental. Les notions élémentaires de la démocratie semblent se dissoudre dans le magma communautaire belge.

La Flandre se vomit dessus. Il serait plus que temps de s'écarter d'elle. Mais, tout comme on a préféré fêter haut et fort, ces dernières semaines,  la monarchie plutôt que de se rappeler du vote historique du 7 novembre 2007, par lequel la Flandre réunie proclamait, sinon son indépendance, son mépris infini pour la Belgique, on prendra sans doute encore une fois la tangente, cherchant qui à personnaliser le problème, qui à le rejeter sur une famille politique, qui à en faire un u-kase finalement oublié pour servir la cause supérieure de "l'unité nationale".

 

* Erreur de ma part dans la première version de ce texte. Il ne s'agit en réalité pas d'un décret flamand, mais des fameuses circulaires ministérielles Peeters (socialiste), qui n'ont donc même pas valeur de norme juridique. La "loi flamande" se résume donc à une circulaire interprétative des lois linguistisques, qui sont, elles, officiellement coulée dans le bronze de la Constitution belge. On croit rêver.


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 Populisme, censure, démocratie - 10/11/2008 Minimize

L'équipe de Matin Première (RTBF radio) invitait ce matin un spécialiste en populisme. J 'ai profité de l'occasion pour lui soumettre ma contribution personnelle au programme qui sera défendu par nos listes lors des élections régionales, afin de connaître sa docte appréciation. Cet apport personnel se trouve ci-dessous. Les commentaires peuvent m'être envoyés à programme@biotos.be .

L'en-tête de l'émission désigne comme assurément populistes des personnes comme Jean-Marie De Decker et Rudy Aernoudt. Or, si j'ai bien compris l'émission didactique de ce matin, populisme, poujadisme, fascisme, extrémisme sont très proches les uns des autres. Comment expliquer que JM De Decker se vante lui-même d'avoir été invité à plus de quinze reprises par la RTBF ces deux dernières années ? Rudy Aernoudt quant à lui, était, avant d'annoncer ses ambitions politiques en Wallonie, référencé par les médias belges (francophones) comme le flamand idéal, tolérant, non-séparatiste... Le voici populiste. Pourtant, le 7 mars 2007 à Gand, il était le grand médiateur, le sage, lors d'une émission de la RTBF consacrée à la Flandre modérée.

J'ai été censuré par La Libre Belgique il y a environ quinze jour pour avoir écrit que sa démarche politique s'apparentait à du colonialisme. N'est-il pas pourtant établi, dans les ouvrages récents de R. Aernoudt, qu'il propose de mettre la Wallonie sous perfusion contrôlée, un peu comme agit la Banque mondiale avec les pays du Tiers-monde en dérapage budgétaire : un chèque annuel si tout a été fait correctement ? Et en bon Belgicain, le "correctement" s'évalue à Bruxelles...

Parlons un peu de censure. C'est un acte grave, que les modérateurs des forums en Belgique (francophone) pratiquent pourtant allègrement. Mais que penser de l'élimination par le CSA de deux stations de radio, que j'appréciais, en ce qui me concerne, pour leur liberté de ton lorsqu'elles traitaient de la politique intérieure ? L'interview politique, tous les matins à 8h15, sur Mint n'avait rien de commun avec ses équivalents du service public et de la chaîne privée principale. L'approche très directe et neutre des entretiens politiques sur BFM avaient aussi l'avantage de mettre cette actualité en perspective, d'un point de vue économique, et sur un ton plus proche de la franchise républicaine que de la mièvrerie monarchiste. La disparition simultanée de ces deux médias s'apparente, de mon point de vue, à de la censure politique.

Pire encore. Qui n'a pas été dégoûté par les paroles abjectes du président du FN enregistrées en Espagne à propos de martyre d'une petite fille juive ? Mais pourquoi donc Josy Dubié, sénateur Ecolo juge-t-il utile de préciser (Nostalgie, vendredi 7/11, 7h00) que même le Vlaams Belang a jugé ces propos indécents ? Faut-il comprendre, que du point de vue d'Ecolo, il y a extrême droite et extrême droite ? La condamnation pour racisme de ce parti devrait suffire à ce que son nom ne soit cité que si vraiment nécessaire.

La démocratie belge (francophone) se porte très mal. Ce n'est pas une raison pour sombrer dans le populisme. Par contre, il est grand temps de renouveler les mandataires publics. Voici donc quelques pistes de réflexion, ayant trait pour la plupart à l'actualité.

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Ecologie
- Moratoire sur le nucléaire : reculer de 20 ans la décision de mise hors-service.
- suppression des avantages liés aux voitures de société
- gratuité des transports dans les centre urbains financée par une hausse taxe des pour les longues distances => revalidation des centres urbains.

Emploi / fiscalité
- Maintien des allocations de chômage à durée indéterminée
- taxation des revenus du capital (plus values et grandes fortunes - avec bouclier à 55%)
- diminution de l'impôt sur le travail
- déductibilité totale des services à la personnes et des petits services ménagers (mais uniquement sur les revenus du travail) : le travail fourni par les ménages entraîne la création d'emplois moins qualifiés, et l'obligation de déclaration fiscale des petits ouvrages encore prestés au noir.

Enseignement
- fusion progressive des réseaux publics
- remplacement des cours confessionaux par d'autres selon le degré - en tronc commun (sauf le sport) : éducation civique, sport, philosophie, notions de droit et d'économies pour tous. Utilisation des moyens et des cadres libérés pour de l'assistance sociale et psychologique.
- université et grandes écoles : création de pôles de compétences sans égard aux réseaux.
- langue : privilégier en priorité l'anglais. Suivi des autres langues européennes (dont le néerlandais).

Institutionnel
- autonomie constitutive pour la région de Bruxelles
- signature du traité de protection des minorités par la Flandre
- référendum d'autodétermination dans les communes à facilités (y compris Fouron)
- scission de la sécurité sociale : soit elle est totale, et inclut les pensions, soit elle n'a pas lieu. En cas de scission des soins de santé : plan de rationalisation des hôpitaux wallons et du système des mutuelles, qui ponctionne une partie de la sécurité sociale en dépenses somptuaires et népotiques (exemple de la mutualité socialiste qui fait des campagnes publicitaires avant chaque élection politique...). Emprunts pour couvrir les besoins actuels qui seront à rééquilibrer avec l'avantage comparatif que la Wallonie a sur la Flandre en matière de pensions.
- refuser toute communautarisation supplémentaire (surtout celle de la justice) . N'accepter que des régionalisations, avec transfert des moyens sur base des coûts réeles (exemple du réseau ferré plus couteux en wallonie pour des raisons géographiques).
- suppression du niveau provincial comme entité politique, en ne gardant qu'une structure administrative

Audiovisuel / culture /tourisme
- régionailsation de la RTBF et des dépenses culturelles ou partage 1/4 3/4 des moyens avec la Région de Bruxelles
- politique culturelle . Exemple du PASS : le repenser entièrement en le focalisant sur l'histoire des charbonnages et de la sidérurgie. Il faut rendre aux Wallons la fierté et la conscience de leurs racines.
- intégrer la Wallonie dans les circuits touristiques français
- recentrer les moyens sur la Région, au lieu de les dépenses aux quatre coins du monde à défendre une identité "belge francophone" évanescente.

Vie publique / Moralité
- publication des patrimoines des mandataires
- transition vers un système d'élection directe du Ministre Président wallon
- renforcement des procédures d'enquêtes parlementaires et du droit d'évocation.
- obligation de présence des députés wallons lors des séances

Immigration
- régularisation au cas par cas
- prise en compte des liens d'attachement prouvés (nombre d'enfants scolarisés, travail, voisinage...)
- mise en place de procédures transparentes et rapides
- tenir compte de l'ancienneté du séjour sur le territoire (à partir d'un minimum de cinq années)

Europe
- consolider l'intégration européenne avec quinze les pays de la zone EURO, afin d'avoir entre autres une politique fédérale intégrée en matière financière et fiscale.
- La Wallonie et les Wallons peuvent devenir des moteurs de la construction européenne. Ils soivent en avoir chacun l'ambition.

Economie / crise financière
- diminuer les innombrables "aides aux entreprises" mais privilégier les réductions d'impôts pour les PME
- différentier en toute matière le traitement réservé aux PME et aux multinationales, qui ne partagent pas du tout le mode de fonctionnement : casser la vision duale syndicat / patronat qui ne s'applique que dans le système des grandes entreprises.


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 Contre la ségrégation religieuse des élèves en Wallonie - 26 août 2008 Minimize

Le débat sur l’utilité et la pertinence des « cours philosophiques » tels qu’ils sont organisés de manière ségrégative semble enfin relancé. Rappelons que ces cours représentent financièrement un pactole d’environ cent millions d’euros pour l’actuelle Communauté française. Qui plus est, ce montant financier pèse uniquement sur l’enseignement public, puisque l’enseignement libre est dégagé de l’obligation de pluralisme en la matière. Ces cent millions d’euros pourraient être utilisés autrement. Un débat démocratique à ce sujet devra avoir lieu au Parlement wallon. C’est un des éléments de notre programme politique.

 

Entretemps, j’ai relevé la malhonnêteté intellectuelle des réactions négatives déjà émises :

 

-         Un ministre socialiste repousse ce changement au motif qu’une pétition pour le maintien de la ségrégation aurait récolté 200 000 signatures. On ne mentionne pas que cette pétition date de 2001, et que le lobbying intensif des syndicats et des professeurs concernés a récolté 151 500 signatures, et non 200 000. Une information complète et précise du grand public à ce sujet aurait certainement raison du statut quo.

-         Dans la même veine, caractérisée par une formidable lucidité et un courage politique de matamore, un ministre réformateur écarte le débat, estimant inutile de « les remplacer par des cours de sports ». N’est pas réformateur qui veut… Et puis au fond, on ne parle que de cent millions d’euros.

 

L’heure étant aux programmes politiques, voici de manière brève deux autres projets wallons que nous défendrons aux prochaines élections.

 

-         Le réinvestissement dans l’énergie nucléaire. Non seulement il s’agit là de la seule alternative à moyen terme contre les émissions de CO2 et l’effet de serre, mais en plus, les ingénieurs wallons possèdent une expertise technique considérable dans ce domaine.

-         La suppression de l’avantage fiscal lié aux voitures de société. Cet avantage devrait être remplacé par une déductibilité élargie des dépenses de services à la personne et de travaux ménagers pour les revenus du travail. Ceux-ci sont surtaxés. Bien que militant pour la réunion Wallonie-France, j’estime saumâtre que des grandes fortunes françaises viennent profiter ici d’un système ne taxant ni la fortune ni les plus-values, tandis que les prélèvements obligatoires sur les salaires atteignent des sommets. Par ailleurs, cette déductibilité entraînerait automatiquement l’émission de factures, et réduirait donc le travail au noir, véritable plaie sociale. Tout ceci s’ajoutant à l’avantage écologique (moins de pollution) et à l’amélioration de la fluidité du trafic routier.

 

Je ne doute pas que ces propositions, et d’autres sur lesquelles nous travaillons, seront évoquées ici où là dans les prochains mois par les autres formations politiques. Mais elles resteront chez elles des paroles en l’air. Bien sûr, nous ne disposons pas, comme le Parti socialiste, de « mobile home » financés par l’argent du contribuable pour aller dans les quartiers populaires récolter les récriminations et en écrire un programme populiste. Mais nous avons le sens du bien public, et de l’ambition pour la Wallonie.


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 Belgique : un droit d'inventaire - 7 août 2008 Minimize

Je voudrais partager avec vous, Amis régionalistes et réunionistes,  quelques considérations sur les événements des douze derniers mois.

 

Tout d’abord un aparté sur le système fédéral belge. Il a la réputation d’être incompréhensible pour le commun des mortels. Mais l’est-il vraiment ? Si l'on accepte de le lire à travers le prisme du nationalisme, beaucoup de choses s'éclairent. Car en initiant en parallèle l’avènement d’une Communauté flamande, dont les pouvoirs s'étendent sur Bruxelles par le biais du droit des personnes, et une Région flamande, encerclant cette même ville par le droit du sol, le nationalisme de la Flandre aura, dès l’aube de son envol économique, au moment opportun pour elle de la fin de l’empire colonial belge et du déclin de la sidérurgie wallonne, créé les deux bouts de la tenaille qui, quarante ans plus tard, étrangle les autres acteurs de l’Etat belge et les confine à une position défensive. Ces derniers auront bien réagi, bon gré mal gré, en créant face à la Communauté-Région flamande unifiée, les régions bruxelloises et  wallonnes, les communautés françaises et germanophones, toutes « entités fédérées » minoritaires, errant longtemps comme des poules sans tête, avant de, bien plus tard, s’assumer un peu mieux. Car le cœur n’y a jamais été. Ce que les Belges non flamands ont aimé, ce qu’ils aiment encore, c’est la Belgique. N’en déplaise à nos propre convictions, encore minoritaires. La question demeure, épineuse : comment affronter ce nationalisme flamand ? La fin officialisée du pays ne la résoudra pas entièrement. Sa survie encore moins. C’est là que nos propositions prennent leur valeur et leur fondement : dans la lutte contre le nationalisme.

 

Les scénarios politiques et géopolitiques sont désormais à peu près tous ouverts et sans tabous. Quelques-uns peut-être ne sont pas encore avouables, comme la possible vassalisation à terme de la Wallonie par la Flandre, si cette dernière n’est pas contrecarrée dans ses projets expansionnistes. Mais la situation actuelle pourrait s'avérer en définitive celle qui présidera à la dissolution de l'état. Il parait utile de l'expliciter sous tous les angles. Autrement dit, il est temps de passer à l’inventaire. Si l’on compare à ce que la situation pourrait devenir  si les désidérata exprimés étaient acceptés, cet inventaire n’est pas si défavorable aux Belges non flamands. Cela explique sans doute en partie la brutale radicalité de ces derniers mois à tous les niveaux d'action possible pour le militantisme flamand.

 

( Par facilité de langage et par réalisme sociologique, on remplacera « Belge non flamand » par "Belge". Par opposition à « Flamand ». Les élites de cette dernière ne déclaraient-elles pas à l’unisson, le 21 juillet dernier, jour de la fête nationale, que leur fête nationale à eux, la fête nationale flamande, avait eu lieu dix jours plus tôt, le 11 juillet ? )

 

Cette radicalité nationaliste s’est manifestée pendant l’année écoulée par la rupture du "cordon sanitaire" qui jusqu’ici isolait l'extrême droite, cordon qui fut pendant des années le cheval de bataille des démocrates déclarés. Une décision majeure a en effet été votée, à deux reprises au Parlement, avec l'appui essentiel des votes fascistes. On l'écrit comme ça, l'air de rien… Mais mesure-t-on vraiment les conséquences de cette attitude, au delà du contenu lui-même, offensant, contraire aux usages de dialogue consensuel, et niant les droits acquis à la minorité belge de Flandre ? A-t-on vraiment conscience de ce que cette décision collégiale, fraternellement votée avec l'extrême droite, implique quand on la jauge sur des bases historiques plus larges que le simple contexte de crise de régime d’un petit pays ?

En d'autres temps, un ministre des affaires étrangères aurait pu interdire à ses ressortissants de passer leurs vacances en Flandre sur ce simple fait. L'affluence à la côte flamande pendant les jours chauds de cet été montre que ces injonctions n'aurait probablement pas eu plus d'effet ici que sur le tourisme autrichien, il y a dix ans. Pourtant, quelle est la différence entre un parti politique formant une coalition gouvernementale avec des fascistes, et un parti politique votant, dans un pays dépourvu de gouvernement, grâce à l'appui d'un parti fasciste, une loi faisant régresser des droits acquis à une minorité régionale? Aucune.

 

On se souvient des réactions affolées de la presse belge, qui ne pouvant concevoir cette réalité, imagina que le vote s’était fait avec l’assentiment du MR (parti libéral belge), dans le but supposé de dépasser les blocages par un vote symbolique, et de repartir ensuite du bon pied. On a bien vu, six mois plus tard, lors du second vote, poursuivant la procédure parlementaire unilatérale, que la Flandre avait bien l’intention de poursuivre ses symboles jusqu’au bout.

 

On entend dire en Flandre, de manière répétitive, quasi lancinante, que BHV n’est qu’affaire que de symbole, justement, et qu’il suffirait d’accepter cette scission pour calmer l’agressivité ambiante. Mais la frontière linguistique, dans les années soixante, était-elle autre chose qu’un symbole ? A l’époque, elle ne définissait que très peu de contenu de part et d’autre de son tracé. On sait maintenant la charge réelle portée par ce symbole, et qui se traduit de plus en plus par des différences de traitement entre citoyens du même pays.

 

Leterme affirme ses jours-ci : « Les Francophones (il veut dire les Belges) ont choisi de poursuivre la voie parlementaire sur BHV ». Sous entendu, ils ont refusé d’accepter sans condition le diktat flamand. « La procédure parlementaire ira donc jusqu’à son terme. » Se rend-t-il compte que c’est alors son propre gouvernement qui aura à trancher le nœud gordien ? Mais surtout, se souvient-il que les politiciens flamands, en mai dernier, hurlaient dans les micros qu’il fallait que les Belges (ils disaient les Francophones) fasse barrage à la majorité flamande, afin d’empêcher l’expression parlementaire de mettre en péril son accord de gouvernement ?

 

Voilà pour BHV. On a beaucoup parlé aussi du « problème » de Bruxelles. Cela ne m’empêchera pas d’y ajouter mon commentaire.

 

-         La revendication géopolitique flamande, la mainmise sur Bruxelles, fut longtemps reléguée au second plan, comme inavouable, contrairement à ses revendications culturelles et économiques qui sont brandies comme les étendards. Le pourrissement des négociations aura eu le mérite de la remettre en lumière. Ce que veut la Flandre, c'est l'homogénéité de son territoire, qui selon elle, inclut Bruxelles. Jamais il n'est donné de réponse directe par un responsable ou un éditorialiste flamand à la question de savoir si Bruxelles fait ou non partie du territoire flamand. Mais Bart de Wever lui-même se prend le pied dans le tapis quand, focalisé sur la pureté linguistique de la périphérie flamande de Bruxelles, il est obligé d'utiliser le terme de région distincte pour parler de Bruxelles. Celle-ci, dans l'esprit flamand doit cependant être cogérée (provisoirement !) par les deux "grandes communautés" (la belge et la flamande).

 

-         Son élargissement s'avérant impossible, les Belges vont être obligés de déplacer les débats vers une autonomie accrue de cette région bilingue, limitée à ses frontières actuelles des dix-neuf communes. La majorité écrasante qu'ils possèdent dans cette capitale enclavée en terre flamande leur donnera un argument de poids en la matière. Pourtant, cet argument n'a encore que très peu été mis en avant. La raison en est simple : il est synonyme de casus belli pour la Flandre.

 

Au-delà de tout ceci et des arguments de façade, comme l'argument financier régulièrement mis en avant par la Flandre pour justifier ses revendications ("Nous sommes en droit d'exiger, car nous payons"), ou comme l’argument du poids démographique (aussi fallacieux puisse-t-il être dans un système fédéral), il existe pourtant plusieurs raisons qui font hésiter la Flandre à aller jusqu’à une scission totale de l’actuelle fédération belgo-flamande.

 

-         Le premier, c’est la situation encore intermédiaire de Bruxelles, on vient d’en parler.

 

-         Un second, c’est que la Fédération belge représente un investissement important du point de vue de la représentation internationale. Je suis toujours surpris d’entendre des commentateurs parler de la Belgique ou de Bruxelles comme d’une entreprise, voire d’une simple marque déposée. C’est pourtant le fond de la vision flamande.

 

-         Un troisième argument : le marché captif que représente la Wallonie, grâce entre autres au système fiscal, et en particulier de la TVA fédérale, est un argument colossal en faveur du maintien de la fédération. En cas de scission, n’ayant plus le bénéfice d’une déductibilité immédiate, on verrait en effet les entreprises belges se tourner vers d’autres fournisseurs étrangers que ceux de la Flandre. Les ménages belges ne seraient plus non plus soumis à la panoplie retreinte de l’offre des produits concoctés par des décideurs flamands, mais le panier de la ménagère se remplirait autrement que « made in Vlaanderen ». La Flandre fait ses calculs. Symboles contre réalisme économique ? Gains en dépenses sociales contre pertes de rentrées économiques ? Faut-il tuer le coq aux œufs d’or parce qu’il consomme trop de grain ? La Flandre y réfléchit encore.

 

-         Quatrième argument : l’horizon 2030 est financièrement délicat pour les pensions flamandes. Sans gains énormes de productivité économique, sursaut de natalité, ou immigration massive, la Flandre ne pourra pas payer ses pensions. Il est vrai que le problème est plus général, et pourrait se résoudre par une inflation compensatoire (qui noierait les montants nominaux des retraites dans la masse monétaire). Cet argument peut aussi jouer dans l’autre sens, pour les plus optimistes : en récupérant dès aujourd’hui tous les leviers de sa politique économique, la Flandre peut nourrir l’espoir (à mon avis vain) d’atteindre justement ce taux de créativité qui en feraient une des régions les plus riches du monde. Dans ce cas, elle pourrait vraisemblablement se passer des forces vives belges pour payer ses pensions. Les plus futés en Flandre auront donc tendance à privilégier une approche à moyen terme : récupérer un maximum dès maintenant, faire le point vers 2020 et agir en conséquence à ce moment (séparatisme ou fédéralisme) en fonction des courbes économiques et démographiques.

 

-         Cinquième argument : l’exiguïté de son territoire. Même s’il venait à comprendre Bruxelles un jour, les quelques 14 000 km2 auront du mal à contenir l’évolution démographique, même faible. Surtout pour une population aisée. L’émigration hors de Flandre est d’ailleurs déjà très active, selon les derniers chiffres publiés. Cet argument en faveur du maintien de la Belgique, dans l’intérêt de la Flandre, contient aussi l’idée encore taboue qui pourtant doit habiter plus d’un esprit : de négociations en négociations, toutes menées par la Flandre en position de force et « de communauté à communauté »,  n’exclut pas à terme la mise sous tutelle de la Wallonie, voire sous protectorat, voire sous statut de colonnie.

 

Le pays a connu d’autres crises plus graves, répète-t-on. C’est vrai, l’affaire royale de 1945 à 1950 a creusé, en plus du clivage linguistique pré-existant, un fossé symbolique et culturel profond, qui ne s’est pas comblé. Il s’est depuis lors triplé d’un fossé économique. Toutes les forces en jeu, pour la plupart centrifuges, mais pas toutes, continueront de s’exprimer dans les mois à venir. Je vous invite, Amis régionalistes et rattachistes à vous exprimer démocratiquement le plus souvent et le plus calmement possible. On nous traite souvent « d’ennemis de la Belgique ». Nous ne  sommes que les amis de la démocratie.


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 L’idéal pluraliste d'un pouvoir par définition socialiste critiqué par une presse d'extrême gauche - 2 juillet 2008 Minimize

Se souvenant peut-être avec nostalgie du Second empire, pendant lequel les écrivains français dissidents se réfugiaient en Belgique pour échapper à la censure, les sites de la presse belge ne ratent jamais une occasion de donner un large écho aux attaques anti-sarkozistes, même les plus ridicules.

 

Ainsi donc, hier après-midi, Le Soir, bientôt suivi par La Libre, fut parmi les premiers à relayer la vidéo « off » du Président Sarkozy sur France 3. La scène se révèle en réalité passablement insignifiante, banale, et facilement explicable en vertu du contexte. J’invite à prendre connaissance de celui-ci dans le commentaire de Libération, journal de gauche.

 

Bref, pas vraiment de quoi fouetter un chat, sauf pour les excités qui sautent sur la moindre occasion pour vider leur bile sur l’actuel Président de l’Union européenne. C’est ainsi que sur le forum du Soir, Sarkozy était allègrement comparé par certains à Filip Dewinter, chef de file de l’extrême droite flamande. Au vu du contexte flamand d’épuration linguistique, l’image est clairement insultante, mais on en voit d’autres hélas, sur les fora.

 

Je me suis néanmoins permis, en réponse à ces personnes et dans le cadre du débat sur la pluralité du service public, de faire allusion au fait que la RTBF avait récemment réintégré une journaliste ayant fait trois semaines de prison préventive suite à une accusation de complicité de terrorisme. Cette journaliste n’a pas à être jugée sur cette complicité de terrorisme avant que la justice ne finisse son travail. Mon opinion personnelle est, au stade actuel, et cela n’engage que moi, qu’il y a insuffisance de charges et qu’il y a peu de chance qu’une condamnation de terrorisme survienne. Par ailleurs, je me range parmi ceux qui trouvent excessives et dangereuses les méthodes particulières d’enquêtes accordées aux enquêteurs.

 

Il reste néanmoins qu’une journaliste du service public présentant des sujets de société a, non pas seulement des sympathies ou des accointances avec l’une ou l’autre opinion politique, mais des activités militantes et des contacts personnels avec des groupements politiques extrémistes de gauche, et visiblement au su des responsables éditoriaux.

Cette affaire aura donc naturellement conforté mon opinion, déjà exprimée maintes fois par le passé et partagée par d’autres, que la tendance majoritaire au sein des rédactions de la RTBF était politiquement très à gauche… Je formulai ceci sur le forum du Soir dans les termes suivants :

 

« L’idéal pluraliste et démocratique de certains semble consister en une presse d’extrême gauche qui servirait de poil à gratter à un pouvoir par définition socialiste. »

 

J’ai été censuré dans la minute ! C’est un fait rare sur le forum du Soir (contrairement à celui de La Libre, où c'est très fréquent). Le Second empire est bien loin.


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 Enfin - 17 avril 2008 Minimize

La réaction immédiate et outrée du Président flamand à la profession de foi régionale de ses homologues bruxellois et wallon devrait indiquer, à ceux qui en doutaient encore, que cette approche est la bonne. Le communautarisme, dont la Communauté française est un avatar, est bien une voie dangereuse et sans issue.

Le communautarisme à la flamande, que nous avions adopté par résignation, est en effet une façade derrière laquelle se cache le nationalisme. En l'occurrence, au Nord, pas n'importe quel nationalisme. Un nationalisme soutenu par une propagande intensive de la part des éditorialistes, soufflant un jour le chaud, un jour le froid, mais toujours pour faire progresser la cause flamande. Un nationalisme incarné par des milices ultra-agressives, tolérées par les autorités, et qui opèrent des descentes sur le terrain aux moments cruciaux. Un nationalisme idéologiquement porté par une revanche à prendre sur l'histoire. Un nationalisme agacé par un conflit territorial. Un nationalisme aux yeux duquel une partie de la population représente "un problème".

Pour résoudre ce "problème", les actions du nationalisme flamand se succèdent et se multiplient. Elles peuvent s'exprimer dans la stricte observance des institutions belges, comme le vote de scission d l'arrondissement de Bruxelles obtenu par la majorité flamande, incluant toutefois un parti condamné pour racisme. Elles peuvent aussi violer les principes fondamentaux, comme le fait de nier le résultat d'un scrutin démocratique sans invoquer d'autre motif que la personnalité des nouveaux élus. Car le propre du nationaliste, c'est de mettre devant tout principe et toute loi, la défense de sa nation.

Mais ces actions revendicatrices peuvent aussi toucher à l'ignominie. Comme effacer, sur un monument, une inscription en français à la mémoire d'un fait de Résistance. Cette affirmation du nationalisme flamand, opérée par l'autorité communale d'Overijse, aurait dû immédiatement être corrigée par le Gouvernement fédéral. Et si la raison invoquée était que les milices flamandes s'obstinaient à souiller ce monument, alors il aurait fallu, pour peu qu'on ait eu la volonté de faire subsister le respect de ce qui nous unit encore, de notre histoire commune, et surtout des valeurs que nous sommes sensés partager et défendre au sein de l'Europe, faire garder ce monument jour et nuit.

Il est donc plus que temps de montrer à la Flandre que nous ne sommes plus ni les complices silencieux ni les victimes résignées de sa folle dérive.

En affirmant que désormais, à Bruxelles et en Wallonie, on considera d'abord et avant tout que la gestion de la chose publique se fera selon la situation géographique, et non plus selon l'appartenance linguistique des personnes, Rudy Demotte et Charles Picqué ont porté haut les valeurs démocratiques. Et si les lois sont bilingues à Bruxelles et le français reconnu dans sa périphérie, cela doit le rester, à moins qu'une majorité dûment habilitée à le faire en regard du droit n'en décide autrement.

Les régionalistes, les rattachistes, les "belgicains", ont au moins deux choses en commun. Ils expriment publiquement un attachement à une entité qui dépasse le cadre de leurs intérêts personnels. Mais surtout, ils expriment cet attachement de manière modérée et respectueuse des principes fondamentaux qui ont permis d'asseoir la démocratie moderne. Entre partisans d'une Belgique continuée mais pacifiée et les promoteurs d'une Belgique soldée à l'amiable et réunie (ou pas, ou en en partie...) à la République française, il y a un chemin commun, qui est un chemin unique et un chemin de sagesse : l'ancrage avant tout régional des institutions existantes. Nous y sommes arrivés. En tout cas dans les déclarations. Poursuivons donc sans faiblir par des décisions concrètes.


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 Le PS a le trouillomètre à zéro - 20 mars 2008 Minimize

L'éditorial de Béatrice Delvaux, dans Le Soir de mardi, résumait bien la situation, avant que soient connus les nominations et les remaniements en cascade entraînés par la composition de ce nouveau gouvernement fédéral :

"Leterme Ier, un leurre à usage de l’opinion publique qui n’aurait pas admis – et n’aurait pas pardonné – de n’être pas gouvernée ? Un leurre destiné à se rapprocher des élections régionales dans le moins mauvais état et le plus tard possible ? Ce ne sont pas les éléments qui manquent pour étayer cette thèse."

Deux jours plus tard, cette thèse ne peut qu'être confirmée. Désormais, la seule, l'unique préoccupation des partis sont les élections de 2009. (Cela peut se comprendre. Après tout, ces partis sont comme des entreprises, et ils nourissent des dizaines de milliers de familles.)

Côté PS, l'opération de sauvetage de Madame Arena, nommée Ministre de "quelque chose qu'elle aime bien" au Fédéral et son remplacement par Rudy Demotte, qui cumulera les présidences de la Communauté française et de la Région wallonne, ressemble à une opération de la dernière chance. Sans doute étonné que l'opinion publique ne soit pas dupe de sa posture de sauveur du pays, Elio Di Rupo tente de frapper un grand coup. Le message est clair. Il faut contrer sur son terrain Didier Reynders, qui se positionne, avec l'aide de Maingain, comme un farouche défenseur des francophones tout en restant bon copain des Flamands et capable de collaborer avec eux.

Bien sûr, qu'on ne s'y trompe plus, il n'y aura pas d'élargissement de Bruxelles. Bien sûr, les bourgmestres de la périphérie ne seront pas nommés (à moins de faire allégeance ou de se retirer en faveur d'un héritier plus docile). Bien sûr, il y aura scission de BHV, contre le droit accordés aux "périphériens" de prendre leur voiture pour aller voter à Bruxelles. La lecture de l'accord de gouvernement me confirme dans l'idée qu'il y aura sans doute communautarisation du premier niveau de justice, comme je l'évoquais récemment. Reste à savoir combien il faudra céder sur la régionalisation de l'emploi et de la fiscalité pour passer le cap de l'été 2008. Etant entendu que le cartel CD&V NVA, qui en a vu d'autres, n'éclatera pas à moins d'un an des élections, on peut raisonnablement supposer que le compromis sera atteint.

Mais revenons au réveil des régionalistes, mercredi, au Parlement wallon. Dans son optique belgiciste, la phrase lancée par Rudy Demotte "La Wallonie ne doit pas craindre l'autonomie" signifie tout simplement son contraire. Sa double casquette, acquise dans la nuit qui a suivi, en est la preuve. Ceux qui s'efforcent en vain de maintenir la Belgique en l'état n'ont d'autre stratégie possible que de renforcer à outrance la Communauté française et la mise sous tutelle de la Région. Tant que la Communauté persistera, la classe politique francophone pourra se nourrir sur les bas morceaux de Belgique que le lion flamand, occupé à son dépeçage, lui accordera.

Une alternative se présente dès lors aux régionalistes wallons et bruxellois. Ou bien ils entament un mouvement de résistance active pour tenter de forcer un fédéralisme à trois, qui peut avoir pour conséquence, à égalité de chance, un éclatement immédiat du pays, ou un prolongement belge sur des bases nouvelles. Ou bien ils se soumettent une nouvelle fois. Je voudrais donc adresser un message personnel à José Happart et à Charles Picqué : si vous croyez que la stratégie présidentielle est la bonne, qui consiste à faire de la surenchère communautariste avec le Mouvement Réformateur, ne touchez à rien. Mais le PS risque très fort de se prendre une deuxième défaite en 2009.  Car les citoyens wallons et bruxellois ont beau être d'abord soucieux de leur bien être et lassés des querelles institutionnelles,  ces dernières guideront leur choix, et il n'est pas sûr du tout que le PS sorte premier du lot. Le surplace actuel en est un indice très sérieux. Si au contraire, vous préférez suivre votre propre intuition pour le bien être des populations qui vous ont mandatés, tout en prenant, c'est vrai, un risque conscient pour ce pays, qui tôt ou tard, finira de toute façon par disparaître, considérez donc ce qui suit.

Sans la Communauté française, la Flandre se verra forcée de négocier avec deux partenaires au lieu d'un. Et le reproche qu'elle adresse à la Wallonie, à savoir d'être pauvre, elle ne pourra plus l'adresser à Bruxelles. Par ailleurs, l'absence de bilinguisme reproché aux Bruxellois, ne pourra, sauf à entrer en contradiction avec ses propres principes de droit du sol être adressé à la Wallonie. Elle a aujourd'hui beau jeu de reprocher aux francophones pris dans leur ensemble, leur indigence économique et leur absence d'intérêt pour le néerlandais ! Tandis que Bruxelles pourra gérer à elle seule, et de manière plus souple, son conflit linguistique et territorial avec la Flandre, la Wallonie pourra beaucoup plus paisiblement panser ses plaies, forte d'avoir récupérer la mainmise sur son rayonnement culturel et sur son enseignement, qui pourrait être rapidement adapté lui aussi aux ambitions économiques de la Région wallonne.

Sur un plan pratique, il n'est pas nécessaire de réclamer une révision de la Constitution belge. Sous la forme d’un décret unique, la Communauté française de Belgique peut très bien se limiter d’elle-même à rester compétente pour ce qui concerne la communauté francophone de Flandre (ce qui correspondrait mieux au sens usuel du terme communauté). Ce décret transfèrerait aux régions bruxelloises et wallonnes les compétences et les moyens y afférant sous une clé de répartition égale à la proportion exacte des populations, néerlandophones de Bruxelles inclus. Ces derniers, bien souvent très modérés, obtiendraient un droit de regard sur l'enseignement et la culture de la Région, mais cela ne contredirait pas le souhait majoritaire à Bruxelles de créer un dynamisme multiculturel. Des économies réalisées sur les dépenses somptuaires de la Communauté françaises ainsi que la fusion des COCOF, COCOM, et pourquoi pas COCON, avec la Région pourront également aider à la manoeuvre.

En cinquante ans de querelles (si on exclut l'affaire royale !), les Flamands ont commis une seule erreur majeure. Au bout d’un long bras de fer, ils ont fini par accorder à Bruxelles le statut de région, en échange de la soumission des Fourons. Ils l'ont fait car ils s'étaient laissés aveuglés par la mise en danger de leur souveraineté sur le territoire délimité par la frontière de 1961. Cette erreur a été en partie corrigée en leur faveur lors des accords de 2001. Il n'est pas trop tard pour forcer une étape en sens inverse. La vraie solidarité entre Wallons et Bruxellois consiste à ce qu'ils s'accordent une indépendance mutuelle, pour mieux collaborer étroitement sur les sujets pertinents. Les mêmes qui accusent les régionalistes de vouloir trahir la solidarité avec Bruxelles sont en train de préparer sa mise aux enchères en pièces détachées, à leur seul profit particratique à court terme. Nous avons plus d'un an pour leur démontrer qu'ils ont tort de prendre les gens pour des imbéciles. C'est largement suffisant.


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 Wallons et Bruxellois, citoyens par procuration - 17 mars 2008 Minimize

Etrange pays que la Belgique où l'intérêt médiatique pour la formation d'un gouvernement fédéral, après neuf mois de vacance de pouvoir, passe après celui que l'on éprouve pour les élections municipales du pays voisin, comme l'indique le choix éditorial du quotidien Le Soir. Mais cette légère aberration que l'on constate en ce lundi 17 mars, n'est rien à côté de la grande lessive intellectuelle qui nous attend pour la campagne des élections de 2009, qui a déjà débuté, et dont voici les grands axes.

Le sondage publié aujourd'hui par La Libre Belgique confirme que, contrairement aux Flamands, qui attachent une importance primordiale à leur unique région-communauté, les Wallons et les Bruxellois ne placent que peu de confiance dans les institutions équivalentes, diverses et variées, qu'on leur a fabriqué pendant quatre décennies d'évolution institutionnelle. Ceci s'explique par un double hiatus. La Communauté française possède en effet les attributions qui seraient les plus à même de susciter l'intérêt politique des citoyens : la culture, les médias, l'enseignement. Mais les membres de son Parlement ne sont même pas des élus directs ! Par contre, à la Région wallonne, on ne traite, parce qu'il n'y a pas d'autre choix, que de matières aussi peu attrayantes que le fonds des communes, ou celui des routes. Sans nier l'importance de ces sujets techniques, on comprend bien que le citoyen wallon ne se passionne pas.

S'agissant de la radio-télévision publique, l'éloignement entre les instances dirigeantes et le citoyen-contribuable est sidéral. L'exécutif de la Communauté, issu d'un arrangement entre les partis politiques majoritaires, signe un contrat de gestion, toutes les x années, avec l'exécutif de la RTBF, composé lui aussi, de représentants nommés par les partis politiques représentés au Parlement. Ce contrat ne contient aucun élément précis sur la manière d'organiser les tribunes électorales, mais seulement une obligation vague et générale. Aucun texte de loi n'encadre non plus cette matière, qui est donc laissée au libre arbitre intégral des partis en place. Dès lors, toutes les sortes de manipulations sont autorisées aux chefs des rédactions pour donner le change et faire croire à un pluralisme qui n'est jamais qu'une façade. Ces manipulations consistent en une certaine ouverture aux opinions non orthodoxes, mais en dehors des périodes électorales. Ces manipulations consistent à concéder l'un ou l'autre reportage aux "petites listes". Ces manipulations consistent à exiger des montants élevés pour la confection de tribunes, qui, s'ils elles sont fournies, sont reléguées aux heures de faible audience. En l'absence de texte de loi, aucun recours en justice ne peut aboutir, si toutefois un téméraire se risque à cette folle dépense. Le résultat de ceci est un fonctionnement en vase clos, conservateur à l'extrême.

C'est ainsi que les Wallons, rebutés par la complexité du système et le lissage des débats, ont une forte tendance à s'accrocher au niveau de pouvoir local, dans une attitude que l'on nomme aussi esprit de clocher. Les hommes et femmes politques ne s'y trompent pas, qui, dans l'optique des élections régionales de l'an prochain, vont concentrer leurs interventions de terrain, non pas sur la Région wallonne ou sur la Communauté française, mais sur l'intérêt qu'ils portent à leur ville, à leur province, à leur pays de Liège, de Charleroi, à leur picardie natale ou à leur projet culturel montois. Et donc, pendant que des débats stériles et creux, puisque sans contradicteurs radicaux, et difficilement compréhensibles à cause de la complexité des institutions et de la technicité des sujets, s'organiseront dans la presse et les médias, les politiciens flatteront au mieux l'esprit de clocher. Celui qui aura convaincu que, s'il est élu, sera en mesure de ramener, qui une école, qui un événement culturel, qui une rue principale rénovée et de beaux trottoirs pour son centre-ville grâce à son intervention à la Région ou à la Communauté, remportera la timbale. L'objectif commun des acteurs étant d'éviter de déstabiliser le système déjà très fragilisé par les querelles linguistiques fédérales.

Comment expliquer autrement que par la poursuite de ce même objectif le calendrier adopté par la Commission Wallonie-Bruxelles, qui a pour objet de repenser les institutions francophones ? Alors que les discussions fédérales se seront étalées pendant un an, pour aboutir, positivement ou négativement vers la fin de l'été 2008, cette Commission, accouchera sans doute à l'automne d'un rapport prônant la "solidarité francophone", la "loyauté fédérale" et toutes sortes d'autres formules creuses. Ce "message de la société civile" sera rendu public à une bonne distance des élections de 2009, afin d'éviter les perturbations sur la campagne, pendant laquelle chacun pourra ronronner dans son créneau : l'écologie, l'initiative, la solidarité, l'humanisme... Mais associer les citoyens dans leur ensemble à un débat institutionnel clair et explicite, il ne saurait en être question. Et donc, cette Commission, alors que ses travaux, s'ils étaient correctement menés, auraient dû servir à l'une comme à l'autre, aura réussi le tour de passe-passe de contourner à la fois la négociation institutionnelle fédérale de 2008 et l'élection régionale de 2009, tout en s'auto-proclamant citoyenne ! Bravo les démocrates...

Pour le reste, perdu dans ce dédale, le citoyen de seconde zone qu'est le Wallon et le Bruxellois, s'accroche à une Belgique evanescente et à de vagues idéaux européens. Mais l'essentiel de ses conversations, quand il s'agit de politique, porte sur la politique française, plus lisible, plus commentée, plus riche, plus démocratique, plus riche, plus intéressante. Ainsi se vit le débat politique en Belgique francophone. Essentiellement par procuration française. Ceci conduit parfois à des phénomènes de vases communicants, comme par exemple l'annonce en janvier de la suppression de la publicité dans le service public par le Président Sarkozy, qui entraîne chez nous une pétition visant le même objectif.


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 La communautarisation de la justice probablement au menu - 8 mars 2008 Minimize

Dans la fuite en avant qui consiste à maintenir l'Etat belge tout en en faisant tomber les symboles, la communautarisation de la justice pourrait bien figurer comme la trouvaille principale de la prochaine réforme. Deux pierres de base de ce nouvel édifice judiciaire ont été posées en régionalisant le Code de la route et la partie du Code civil portant sur les baux à loyers.

 

Il est d'ailleurs très, très étonnant que le FDF estime ces deux choses anecdotiques, alors que la Flandre aura tôt fait de se servir  des baux à loyers dans la périphérie bruxelloise, par exemple en n’octroyant de valeur légale qu’aux contrats rédigés en néerlandais, comme elle s'est empressée de le faire avec les contrats de travail dès qu'elle a eu en main les compétences nécessaires.

  

En fait de régionalisation, cette scission de la justice permettra à la Flandre d'épurer son territoire actuel de l’utilisation de la langue française et de minimiser l'influence de l'Etat belge. La justice ne serait ainsi rendue qu'en néerlandais en Flandre, et la composition des tribunaux et  les attributions de compétence dépendraient au Vlaams Raad. Cette compétence s’étendrait aux flamands de Bruxelles, par la magie de la fusion région-communauté, qui n’est en fait qu’une négation du fait régional bruxellois.

 

Après la culture et l'enseignement, on donnerait ainsi à la Flandre une troisième voie d'entrée majeure sur Bruxelles, tout en lui offrant de sécuriser sa périphérie d'un point de vue linguistique, puisque désormais la justice sera attachée au sol d'abord, en Flandre, tandis qu’elle dépendrait des individus à Bruxelles. La région wallonne passerait elle d’une tutelle et d’une législation belge à une législation dépendant de la Communauté française de Belgique. Il est évidemment exclu d’introduire une justice à trois vitesses, l'une wallonne, l'autre flamande et la troisième bruxelloise.

 

Les quelques aménagements permettant de sauver la face vis-à-vis des habitants francophones de la périphérie pourraient être identiques, ou comparables, à ceux que l’on trouvera pour l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La communication médiatique en la matière n’en sera que plus facile : « il y a un accord pour BHV. Il concerne aussi l’arrondissement judiciaire ». Et le tour sera joué d’un point de vue médiatique s’entend, car techniquement, il y a fort à parier pour qu’on assiste à un vrai casse-tête. Peut-être les juristes des cabinets sont-ils d’ailleurs déjà au travail.

 

Un autre élément important de cette réforme, c'est qu'il permettra à la partie francophone du pays de consolider son unité au niveau de la Communauté. Il faut bien comprendre qu'en attribuant à la Communauté française une responsabilité supplémentaire majeure, les partis politiques, tous centrés sur Bruxelles, reprendront du même coup sous contrôle les velléités régionalistes qui se sont fait jour ces derniers temps.

 

Côté flamand, cette copie du système américain où seules les juridictions supérieures appartiennent au niveau fédéral donnerait à la bourgeoisie bling-bling flamande l'impression de se retrouver à, Beverly Hills pour pas cher. Cette revendication d’une justice différenciée étant un des fers de lance des extrémistes du VB, l’occasion sera belle aussi de leur couper l’herbe sous les pieds.

 

En définitive, pour comprendre la Belgique de 2008, il y a deux choses au moins qu'il faut absolument éviter de prendre en compte :

- Les déclarations matamoresques de Maingain (FDF), de De Wever (NVA), et autres,…

- Les batailles d'oreillers entre partis politiques

 

Par contre, il faut absolument garder à l’esprit les deux éléments suivants :

- l'intérêt supérieur de la Flandre à long terme

- l'intérêt à court terme de l'intelligentsia francophone

 

 Or, deux choses sont nécessaires pour remplir ce double objectif :

 - donner l'espoir à la Flandre qu'en se montrant patiente, elle pourra obtenir un territoire homogène incluant Bruxelles, tout en lui lâchant à intervalle régulier des paquets de communautarisation.

- donner les moyens aux communautaristes belgicains de maintenir sous contrôle les régionalistes wallons, et les nouveaux venus, régionalistes bruxellois en faisant vivre le mythe belge dans les têtes des francophones.

 

La communautarisation de la justice remplit parfaitement ces deux objectifs.


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 A Namur, l'intelligence et le coeur des Wallons - 1/3/2008 Minimize
Comment expliquer que, rattachiste, républicain de droite, je me sois senti autant chez moi dans un congrès régionaliste, socialiste et syndicaliste, s'inscrivant dans la loyauté fédérale belge ? C'est que, comme le disait Jean-Emile Humblet dans une intervention improvisée, si l'intelligence cérébrale trouve toujours matière à contredire, l'intelligence du coeur, elle, sait par dessus tout réunir. L'une et l'autre étaient présentes hier à Namur. L'une et l'autre nous seront indispensable. La première même si elle est parfois calculatrice, politicienne et opportuniste, comme la seconde, parfois versatile, inconstante ou trop discrète.
 
Ce qui l'emportait hier soir, et qui doit continuer de nous guider, c'est le sens des réalités. Le courage de poser, jour après jour, l'acte concret qui fait de la Wallonie ce qu'elle mérite d'être. On sait que les résultats de la Wallonie depuis son autonomie dans les matières économiques ne sont pas brillants. Mais les orateurs d'hier soir, acteurs de ces deux décennies d'autonomie, n'ont pas tort d'affirmer que l'Etat belge aurait sans aucun doute fait pire. Pour ce qui est de la Communauté française en tout cas, les preuves sont là. Son empire débilisant a fait des ravages.
 
Non, nous ne demandons pas à José Happart la tête de Demotte au bout d'une pique comme un trophée de chasse. Mais nous attendons des dix élus présents hier qu'ils tiennent leur promesse de travailler au corps leurs collègues parlementaires wallons jusqu'à ouvrir une brêche dans l'omerta particratique. Les Wallons doivent avoir l'ambition de se rendre maîtres du calendrier des réformes institutionnelles. On a trop laissé de temps au temps. Mais il n'est pas trop tard pour le lui reprendre !
 
Oui, les programmes scolaires doivent être conçus à Namur. Oui, Namur doit être le lieu de rencontre des créateurs venus de Wallonie et d'ailleurs. A Namur, l'intelligence et le coeur des Wallons ! A Namur, le rendez-vous de nos artistes, le mélange de nos savoirs !
Hier, le coeur de la Wallonie a recommencé à battre. Nous l'attendions.

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 Fin du premier acte - 19/12/2007 Minimize

Fin du premier acte. Les acteurs méritent des applaudissements pour le scénario à suspens, à défaut de la qualité des interprétations, somme toute médiocres. Que pouvons-nous en retenir ?

 

-         La seule manière de sortir ce pays de l’impasse a été de faire usage d’une institution non démocratique – la Monarchie des Saxe-Cobourg, dernière trace dans toute l’Europe occidentale d’un pouvoir héréditaire dépassant le cadre protocolaire.

-         L’échec personnel relatif de l’acteur Leterme ne le positionne pas moins en excellente place pour la poursuite de ses objectifs majeurs

-         les partis francophones sont finalement tous prêts à discuter de réformes institutionnelles. Ils n’ont toujours pas d’objectif commun (ne parlons pas de destin) ni a fortiori de revendications claires.

-         Il existe autour de la table une majorité des deux tiers, qui peut être facilement consolidée par les voix favorables de l’opposition résiduelle

-         L’opinion publique francophone est majoritairement prête à accepter tout ce qu’on voudra pourvu que le pays continue d’exister, et du moment que cela n’ait pas d’effet immédiat et sensible sur son portefeuille.

-         Les vexations annexes comme la réforme unilatérale du code électoral, la négation de la démocratie locale, la violation des droits des personnes reconnus par la Constitution, ont été oubliées, voire même pardonnées.

 

La Flandre a avancé dans la direction d’homogénéité linguistique de son territoire. Celui-ci entoure Bruxelles, dans laquelle on active à plein rendement le principe du droit des personnes, qui est complètement renversé au profit du droit du sol dès que l’on quitte la capitale pour se trouver en Flandre.

 

Ce qui m’amène à conclure, que

-         Les choses vont évoluer dans le sens d’une scission de morceaux entiers des attributs du pouvoir fédéral, mais que cette scission sera étalée dans le temps pour éviter les ruptures brutales et les sursauts de l’opinion au sud du pays.

-         Certains dossiers précis vont être habilement restitués au niveau fédéral, comme par exemple les normes de bruit, qui seront montrés comme des compensations données  aux fédéralistes, alors qu’en fait on jouera les intérêts purement flamands sur les deux tableaux.

-         La prochaine offensive flamande sera dirigée vers une dualisation accrue de la capitale belge en vue de la mettre sous tutelle des communautés, en niant son autonomie régionale. On peut aisément situer d'ores et déjà cet épisode à l’horizon 2012 – 2015, lorsque les effets de la réforme en cours se fera pleinement sentir au détriment de la partie la plus pauvre.

 

Au milieu de cette perspective assez sombre, il y a néanmoins un élément d’espoir pour les démocrates. Le désarroi causé par le récent épisode a en effet amorcé un dispersement de l’électorat francophone vers un équilibre à quatre partis qui pourraient se retrouver à peu près égaux entre eux, au lieu du paysage actuel : deux gros, deux petits. Cet élément qui est une conséquence indirecte de la fermeture médiatique aux formations émergentes (l’électeur n’a d’autre choix que de « tourner en carré ») pourrait avoir un effet désastreux sur la mise en place future de coalitions au sud du pays, et conduire à une succession de scènes aussi pathétiques que celles que nous venons de vivre. On a vu à quel point le renversement de leadership en Wallonie et à Bruxelles et l’imprévue position de force de la droite libérale francophone a pu semer le trouble dans les scénarii d’avant suffrage. On a souvent entendu que les partenaires se connaissaient mal autour de la table. Le problème n’a pas tant été qu’ils ne se connaissaient pas, mais plutôt qu’ils ne s’attendaient pas à se trouver les uns les autres dans des rôles auxquels ils n’étaient pas préparés. L’absence du parti socialiste en face des appétits du CD&V NV&A a mis à mal son plan de campagne qui avait fait du PS la structure à abattre, autant que l’absence du même PS au côté du CDH a déstabilisé celui-ci. A tel point, qu’il a fallu adjoindre le PS à l’orange bleue pour qu’elle finisse par émerger…

 

Il aura donc fallu six mois pour que chacun retrouve sa partition. Combien la prochaine fois ? On peut espérer que malgré l’infantilisation dans laquelle elle est maintenue, l’opinion publique francophone se mettra, presque malgré elle, dans la situation de devoir se forcer un destin. Car rien d’autre que l’opinion publique francophone ne pourra détourner la Flandre de la trajectoire qu’elle s’est tracée, et qui est insensible, on vient de le constater, au type de coalition présent en Flandre. Il ne faut pas en effet compter sur le sacrifice d’une classe politique qui aurait, elle, tout à perdre d’une évolution différente que celle décrite ci-dessus (consistant à céder sur le moyen terme en sauvant la face à court terme). On peut prendre comme contre-exemple le poisson pilote issu récemment des rangs libéraux qui n'a, comme on le sait, plus grand chose à perdre sur un plan personnel : d'où l'attitude spontanée et sans doute sincère de se tourner vers la République française. On ne peut que le soutenir, évidemment.

 

Dans cette optique, outre les arguments linguistiques et culturels qui viennent immédiatement à l’esprit pour souhaiter orienter l'opinion publique vers la solution française, on insiste plus rarement sur l'aspect économique. En tournant l’ensemble de son tissu économique et de ses normes fiscales vers celui de l’Hexagone, la Wallonie s’ouvrirait en effet un appel d’air considérable, en particulier pour ses PME, tant au niveau de l’offre de fournisseurs que de débouchés commerciaux. Six millions de Flamands, malgré tout le respect que nous leur donnons, et tout celui qu’ils oublient parfois de nous témoigner, ne feront jamais le poids face à soixante millions de Français, que nous connaissons et qui nous connaissent déjà si bien. Le marché captif que nous représentons pour la Flandre grâce aux nombreuses législations encore nationales (en particulier  fiscales), se verrait ainsi libéré d'un seul coup. 

 

Un autre aspect positif d’une réunion à la France concerne l’horizon politique européen, ô combien cher à cette opinion publique francophone belge. L’Europe des régions est un danger considérable face à la mondialisation de l’économie. La seule transition stable et sécurisante de l’Europe actuelle vers une Fédération démocratique passera par la dynamique volontariste des grands pays. Tout wallon européen convaincu devrait savoir qu’en rejoignant la France, il renforcerait une Europe démocratique qui est menacée aujourd’hui d’être phagocytée au profit d’intérêts économiques mondialisés. On utilise parfois l’argument à des fins de sensiblerie un peu déplacée, mais il faut bien se l'avouer : la Belgique est un petit pays, même si sa forte densité de population lui fait atteindre les dix millions d’habitants. Je viens de dire quelle perte de valeur pour l’Europe donnerait ce petit pays réduit à deux régions. Mais par contre une France élargie à une région frontalière aurait tout le dynamisme nécessaire pour faire avancer la construction européenne, de la même manière que l’Allemagne réunifiée ne s’est pas faite priée pour signer les traités importants des années 1990, instituant entre autres la monnaie unique

 

Nous n’avons d’autre choix que de continuer à tenter de convaincre.


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