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 8 août 2008 - la Wallonie française dans le "Nouvel Obs" Minimize

A découvrir dans le "Nouvel Observateur" de cette semaine, un long et très intéressant article sur le possible avenir français de la Wallonie. Très bien fait, très bien résumé, très lucide. Très faborable à nos idées.

L'article est à découvrir ici: http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2283/articles/a380800-.html


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 4 août 2008 - Négociations pour la réforme de l’état : on avance ou on recule ? Minimize

Négociations pour la réforme de l’état : on avance ou on recule ?

 

Au 31 juillet, date de l’avant-dernier ultimatum fixé par le cartel CD&V/NVA, on devait s’attendre à un clash. Il n’en fut rien. On semble dans ce cartel fixer sans arrêt des ultimatums dont le seul effet est d’en lancer un suivant, une fois la date fatidique passée. Perdant au passage un peu plus de crédibilité.

 

Les négociateurs sont en vacances, le parlement est en congé jusque début octobre, et il ne se passera plus rien avant le 21 septembre, date à laquelle la NVA tiendra un congrès, lors duquel ses membres devront évaluer, c'est-à-dire descendre en flamme, les acquis communautaires obtenus par le cartel depuis les élections de juin 2007. Plus de reculade cette fois, car juin 2009 approche…

 

La NVA quittera alors certainement le cartel, à moins que le CD&V ne précède son partenaire séparatiste et ne provoque lui-même une crise, précipitant la chute du gouvernement et la convocation d’élections fédérales anticipées. En effet, le CD&V n’a aucune envie de perdre son partenaire de cartel au pire moment et de se présenter sous son plus mauvais jour – sans réforme de l’état et sans scission de BHV – aux élections régionales de juin 2009. Face à ses électeurs trahis, et face à une opposition flamande nationaliste plus forte que jamais[1].

 

On s’oriente donc, pour la rentrée politique de septembre, vers une nouvelle crise, dont l’ampleur est difficile à évaluer, tant la force des crises précédentes s’est révélée imprévisible. C’est également « dans la seconde moitié de septembre », tenez donc, que les trois médiateurs royaux devront présenter leur rapport définitif au roi, rapport établissant les garanties offertes par les francophones au cartel CD&V/NVA, garanties en matière de réforme de l’état. Le cartel a rappelé au passage ses exigences[2]. Cette liste d’exigences est plus lourde que tout ce qui a pu être présenté par le passé par le cartel, et est de toute façon parfaitement imbuvable pour les francophones. Le parlement wallon a d’ailleurs voté récemment sa propre position en prévision des futures négociations. Cette position ne pourrait être plus à l’opposé des revendications flamandes.

 

Alors, où sont les avancées depuis juin 2007 ? Nulle part. On recule, en vérité. Il n’a jamais vraiment été question, en plus d’un an de soi-disant négociations, du fond de l’affaire : on n’a réellement parlé ni frontière, ni partage des richesses[3]. Pendant un an, on s’est observé de part et d’autre, on s’est lancé des menaces et des ultimatums, pour toujours mieux reculer.

 

Pour bien mesurer l’absurdité de cette situation : depuis la démission refusée d’Yves Leterme, nous avons carrément fait un bond en arrière : à présent, il n’est non seulement plus question de fond bien sûr, mais il n’est même plus question non plus de la forme des négociations : l’exigence flamande de dialoguer à deux communautés, face à la volonté francophone de dialoguer à trois régions (avec Bruxelles), fait que l’on se dispute à présent sur qui convier à la table des négociations !

 

Tous les observateurs sont pessimistes. Il faut s’attendre à un sérieux chaos à la rentrée...



[1] Certains sondages créditent la Lijst De Decker de 20% des voix en Flandre, auxquelles s’ajouteront les 20% du Vlaams Belang et le résultat – très certainement en progression en cas de crise – de la NVA … On ne sera pas loin d’une majorité nationaliste et indépendantiste… C’est d’ailleurs une tendance que confirment de nombreux sondages ces derniers mois.

[2] Parmi ces exigences : la réforme de l'Etat doit conduire à un Etat confédéral (c’est nouveau, on charge la barque…) où les entités fédérées ont un rôle primordial. Il faut un dialogue de Communauté à Communauté (qui nie et évacue Bruxelles). Egalement, le dialogue sur les structures de l'Etat, la répartition des compétences et le financement doit se faire – pour le cartel - selon les principes du respect mutuel, du respect de l'intégrité territoriale, de la solidarité, de la subsidiarité, de l'efficacité et de la responsabilité financière et fiscale. Enfin, le processus parlementaire sur la proposition de loi de scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilovrode doit se poursuivre et le gouvernement fédéral ne peut prendre aucune initiative en la matière (donc obligation pour les francophones de renoncer à la sonnette d’alarme). C’est tellement gros qu’on pourrait croire à une blague, en fait. Ou à une volonté de nous pousser à la rupture ?

[3] On peut aisément résumer toute la crise belge à deux éléments fondamentaux : « tracement d’une frontière définitive » (dossier BHV, facilités), et « redistribution des richesses » (réforme de l’état). Il s’agit de ça, et rien que ça, toutes les revendications flamandes sont basées sur ces deux points.


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 30 juillet 2008 - les idées évoluent ... terriblement. Minimize

Voilà un sondage qui fait parler de lui. Réalisé pour le compte des journaux Le Soir et La Voix du Nord par l'Ifop, il révèle qu'en cas d'éclatement de la Belgique, 49% des Wallons seraient pour une réunion de leur région à la France (contre 43% contre). 60% des Français seraient également favorables à cette option. Ces chiffres sont spectaculaires de par leur progression en à peine quelque mois.

L'option réunioniste est dans la place, et elle est là pour rester. Fini le temps où nous étions considérés au mieux comme de doux rêveurs idéalistes, au pire comme de vilains séparatistes allumés.

La France est une option d'avenir désormais, crédible pour une moitié de Wallons. Voilà qui risque de briser quelques idées reçues et qui forcera les politiques, pour l'instant en vacances, à se positionner.

Le chemin est encore long, mais la progression de la solution française est à présent bien dans les esprits. Il faut s'en réjouir!

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/enquete-les-mentalites-2008-07-29-621179.shtml


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 17 juillet 2008 - La Wallonie se positionne Minimize

Dans le débat institutionnel actuel, celui qui patine depuis 13 mois, on connaît depuis longtemps la position de la Flandre : cette position, son parlement régional l’a votée à la quasi-unanimité en 1999, sous la forme de plusieurs résolutions faisant de la Belgique un état fédéral avancé, certains diront « coquille vide ». Kris Peeters, Ministre-Président flamand, fait sans relâche référence à ce schéma confédéral et aux résolutions du parlement flamand, ce qui lui donne une légitimité démocratique totale.

 

On attendait depuis longtemps cette prise de position de la part des élus wallons. Voilà qui est fait.

 

On remarque tout de suite que cette Résolution wallonne ne fait que reprendre ce que les présidents de partis francophones déclarent depuis juin 2007 et qu’elle s’aligne totalement sur la structure commune Wallonie-Bruxelles basée sur les régions, schéma défendu par les Ministres présidents Picqué et Demotte.

 

Voilà qui leur donne à M. Demotte la même légitimité démocratique qu’à Kris Peeters.

 

Quand le Parlement bruxellois fera-t-il de même ? Les Bruxellois sont en effet les seuls à pouvoir se déterminer sur leur avenir. Une résolution similaire votée à Bruxelles permettrait de compléter le puzzle : chacun aurait ainsi donné ses propres balises au débat institutionnel qu’il faudra bien trancher un jour.

 

Mais que contient cette résolution du Parlement wallon, concrètement[1]?

 

« le Parlement wallon n’est demandeur d’aucune réforme qui remettrait en cause le fédéralisme belge. »

« l’organisation des mécanismes de solidarité interpersonnelle, en particulier au travers de la Sécurité sociale, doit rester une mission essentielle de l’Etat fédéral. »

« tout réaménagement de compétences ne doit s’envisager que dans le souci d’améliorer l’efficacité des politiques au bénéfice des citoyens. Dans cette optique, la recherche de cohérence dans la répartition des compétences peut signifier tout aussi bien la refédéralisation de certaines compétences que le transfert de nouvelles compétences aux Régions. »

Refuser « tout transfert de compétences fiscales susceptible de créer une concurrence préjudiciable entre les Régions, en particulier en ce qui concerne l’impôt des sociétés.»

« l’équilibre institutionnel du fédéralisme belge s’appuie prioritairement sur trois Régions ». « Bruxelles bénéficie d’un statut de Région à part entière »

Déclarer une « solidarité active » des Wallons « vis-à-vis des francophones de la périphérie bruxelloise et des Fourons. »

« Le parlement wallon souhaite encore que le contentieux linguistique/administratif dans les communes à facilités soit du ressort des chambres bilingues du Conseil d’Etat. »

 

Voilà qui a le mérite d’être clair. Les 3.200.000 Wallons se sont exprimés, par la voie de leur Parlement. Comment concilier à présent les résolutions flamandes et wallonnes ?

 

Poser la question, c’est y répondre : mission impossible.


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 17 juillet 2008 - Qui sème le vent récolte la tempête Minimize

Lors d’une interview au journal télévisé de la RTBF ce 16 juillet, Jean Quatremer, correspondant du journal français Libération, a admirablement bien résumé la situation politique belge actuelle : les francophones se font des illusions lorsqu’ils pensent pouvoir négocier avec la Flandre. Car il n’y a rien à négocier. Il y a juste une Belgique confédérale flamande, à prendre ou à laisser. Or, la Flandre nous a montré à deux reprises ces derniers mois qu’elle était prête à passer en force si nécessaire.


Il semble bien, cette fois, que les dirigeants francophones ont compris qu'ils étaient face à un mur (flamand) : tout en se disant prêts à discuter d’une réforme de l’état, même de grande envergure alors qu’il y a à peine un an ils étaient juste « demandeurs de rien », ils n'ont pas cédé sur l’essentiel, et il ne céderont plus : BHV ne sera pas scindé sans contrepartie valable, et aucune réforme de l'état ne verra le jour si elle nuit aux droits et aux intérêts économiques des francophones.

 

Nos dirigeants sont en position de force, ils laissent venir. N’est-ce finalement pas  la meilleure manière de pousser la Flandre à la rupture ?

 

Ceux qui par contre sont dans une situation plus délicate que jamais, c'est le cartel CD&V/NVA. Car s’il a tenu bon, ils n'ont surtout rien à présenter à leurs électeurs en 2009 : BHV n’est pas scindé et il n’a pas de réforme de l'état. Ils ont trahi toutes leurs promesses électorales et passent en outre pour des irresponsables qui plongent la Belgique dans la crise noire au moment où le baril de pétrole est à 150 dollars...


Au CD&V, on a à présent le choix entre la peste (un gouvernement socio-économique d'affaire courante et le frigo institutionnel jusqu'en 2009 voire 2011 – c’est à dire tout ce que le CD&V a toujours juré ne jamais accepter…) et le choléra (forcer la réforme par leur Parlement régional, et mettre fin de fait à la Belgique).


En résumé, le pire cauchemar du CD&V est en train de devenir réalité. Tout ce qui aura pu être conservé, c'est le cartel avec les indépendantistes de la NVA.

 

Vis-à-vis de leurs électeurs, le CD&V a presque intérêt à défendre la voie de l'indépendance à présent... Finalement c’est un juste retour des choses : qui sème le vent, récolte la tempête.


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 15 juillet 2008 - Leterme 1er est tombé Minimize

Yves Leterme a présenté sa démission au Roi hier soir. Son gouvernement a vécu.

 

Leterme 1er est tombé sur la réforme de l’état, ce qui était prévisible. Après avoir reporté sans cesse le vrai débat (car un accord de budget et un accord socio-économique avaient tout de même été ficelés), Leterme aura pu constater comme tout le monde que les exigences et les positions flamandes et francophones sont purement et simplement inconciliables.

 

Pour les Flamands (tous les Flamands), il faut scinder BHV sans condition et faire une profonde réforme de l’état ne laissant au niveau fédéral que des compétences résiduelles, pour donner aux Régions (à deux régions : Bruxelles n’étant pas reconnue comme telle) la presque totalité des leviers de décision socio-économiques.

 

Pour les francophones, « demandeurs de rien mais prêts à dialoguer », il ne faut scinder BHV qu’à la condition qu’aucun droit francophone actuel ne disparaisse, et en élargissant la Région bruxelloise aux 6 communes francophones de Flandre (dites « à facilité ») afin que cessent les tracasseries linguistiques de la tutelle flamande. Les francophones sont prêts à faire une réforme de l’état à condition qu’elle ne touche pas à la solidarité interpersonnelle et ne mette pas en concurrence fiscale les Régions, ce qui serait préjudiciable à la Wallonie. En résumé, s’il faut vraiment se laisser imposer une réforme de l’état, il faut qu’elle stabilise le pays sur le long terme et ne nuise pas à nos intérêts.

 

Il est impossible de réconcilier ces positions, singulièrement sur BHV. Ce fait est évident depuis plus d’un an car les positions des uns et des autres sont connues et n’ont jamais évolué.

 

En démissionnant à la veille du vote qu’il a lui-même voulu[1], Yves Leterme aura voulu éviter l’humiliation d’un vote au Parlement lors duquel il était évident qu’il allait être lâché par son propre parti.

 

Mais encore une fois, on aurait tort de présenter Yves Leterme comme « otage de la NVA ». Car le CD&V, pour une bonne part de sa base militante et de ses cadres, est en parfaite phase avec les idées autonomistes qui prévalent non seulement à la NVA, mais aussi au Vlaams Belang et à la Lijst Dedecker. Ces partis pris dans leur ensemble représentent un sacré paquet d’électeurs qu’il aurait été suicidaire de s’aliéner à 11 mois des élections régionales flamandes.

 

Que va-t-il se passer à présent ? Difficile à dire. Nous sommes à un moment charnière.

 

Quoi qu’il arrive, les Flamands ne veulent plus reporter le débat institutionnel, ils veulent leur réforme de l’état maintenant, mais s’ils la veulent à leur manière, ils savent à présent qu’ils devront contourner le veto francophone, c’est à dire prendre leurs responsabilités et s’affranchir du cadre belge. Ou alors accepter le status quo.

 

Fait rassurant : le front francophone semble bel et bien exister. Ce matin, on calmait le jeu sur les ondes de la RTBF, et on répétait ses dispositions à dialoguer, mais pas à n’importe quelle condition. On se voulait ouvert, mais ferme.

 

Leterme a présenté sa démission mais le Roi réserve pour l’instant sa réponse. La volonté est évidemment de ne pas faire replonger la Belgique dans une zone d’instabilité aiguë, c’est à dire une longue période sans gouvernement.

 

De nouvelles élections seront compliquées à organiser car BHV n’est pas scindé et toute nouvelle élection pourrait être considérée comme illégale[2]. Et même si des élections fédérales anticipées s’organisent, la raclée guette pour le CD&V. Et tous les « bons Flamands » (VB, LDD, NVA) marqueront des points, rendant de fait tout dialogue nord-sud plus difficile encore, voire impossible.

 

A moins que les conseillers du Roi ne trouvent une nouvelle manière de prolonger l’agonie pour sauver la face, la Belgique retombe aujourd’hui dans l’instabilité pour y rester. A moins d’un an des élections régionales de juin 2009.


[1] Cette date du 15 juillet, date à laquelle la 2ème phase de la réforme de l’état devait être acquise, était pour le cartel CD&V/NVA la condition même de l’existence du gouvernement Leterme 1er. 

[2] La Cour d’arbitrage, aujourd’hui Cour constitutionnelle, imposait une solution à BHV pour juin 2007 – certains Flamands pourraient donc très bien boycotter toute nouvelle élection comme certains bourgmestres et assesseurs l’ont fait en 2007 (la justice flamande a refusé par la suite de les poursuivre…).


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 10 juillet 2008 - La réflexion de Daniel Ducarme est bien avancée Minimize

Le journal Le Soir fait état ce 10 juillet de travaux de Daniel Ducarme, lequel prépare en secret la « Belgique française » qu’il a défendue en décembre 2007 dans ce même journal, mais sur laquelle il s’est montré plutôt discret depuis lors.

 

Pourtant, il semble bien que ce Ministre d’Etat, ancien président du MR et Président du MR International, membre du Conseil de l’Europe, s’active en coulisse. Il travaillerait d’arrache-pied avec des juristes belges et français à un projet de « loi organique » composée de 132 articles et qui réglerait l’intégration de la Belgique francophone (Wallonie, Bruxelles et communes francophones de Flandre) à la République française, sous la forme d’une « collectivité territoriale autonome », qui serait une manière de conserver l’héritage légal belge et les symboles de la Belgique auxquels la population reste très attachée.

 

Est-ce une initiative personnelle ? A-t-il carte blanche de son parti, le MR ? S’agit-il de la part de Ducarme et/ou de son parti d’une carte maîtresse qu’ils comptent garder pour la fin ? Nul ne peut le dire à ce stade.

 

Mais ce qui est très intéressant, c’est de constater qu’un membre éminent du premier parti francophone s’attèle à réfléchir et à préparer notre avenir sous la forme d’une association de la « Belgique résiduelle » avec la France en cas d’implosion de la Belgique, sous un statut susceptible de séduire les Belges francophones. Pour tous les gens qui partagent cet idéal, c’est un fait majeur.

 

Il est rassurant aussi de constater que ça cogite ferme en coulisse et que ça travaille dans les milieux politiques, à l’abri des caméras.

 

Un vrai projet de réunion à la France, j’entends par là un projet crédible défendu par des gens sérieux, existe donc bel et bien. Un projet réaliste car il tient compte des aspirations des électeurs wallons et bruxellois, qui restent pour une grande majorité très attachés à la Belgique et à ses symboles.

 

L’article complet du Soir se trouve ici : http://www.lesoir.be/actualite/belgique/daniel-ducarme-prepare-la-2008-07-10-615017.shtml  Le journal le Monde en fait également état: http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/07/10/la-belgique-francaise-d-un-depute-francophone_1068594_3214.html#ens_id=926038 

 


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 9 juillet 2008 - Quand la Flandre de gauche s’exprime… Minimize

Le Journal La Libre publiait ce mardi 8 juillet une carte blanche du « Gravensteengroep », groupement de personnalités flamandes orientées politiquement à gauche (professeurs d’université, syndicalistes, etc), lesquels ont publié un manifeste en février dernier.

 

La Carte blanche est ici http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/432558/la-solidarite-politique-question-vitale-pour-la-democratie.html

 

Les bras de tous les démocrates de bonne foi en sont tombés. Je cite au hasard :

 

La Belgique souffre d'un manque cruel de solidarité politique (…)

Une partie de la classe politique francophone belge a de nouveau discrédité le Parlement et le gouvernement flamands, démocratiquement élus, auprès du Conseil de l'Europe. Elle a également tenté d'impliquer les Nations Unies dans cette logique dénonciatrice (…)

Des exigences, somme toute très raisonnables et équitables de la part de la Flandre, sont sans cesse associées à l'extrême droite (…)

Une application plus stricte des principes européens en Belgique serait de nature à appuyer la thèse flamande (…)

Tout ce que nous demandons, c'est que les règles de jeu européennes, et donc internationales, soient respectées en Belgique (…)

Nous souhaitons que les francophones du Royaume de Belgique cessent, une fois pour toutes, de vouloir régler les problèmes de façon nationaliste (…)

Les francophones se disent scandalisés lorsque les Flamands utilisent leur majorité dans la Chambre des Représentants pour modifier la loi électorale, alors que ceux-ci en ont parfaitement le droit selon la Constitution (…)

Mettre en question un tel état nous semble un acte de résistance démocratique. (…)

Les signataires de ce texte souhaitent que l'interminable crise belge soit traitée dans une approche européenne, démocratique et rationnelle. Nous n'acceptons pas que la raison démocratique triomphe partout en Europe, mais pas en Belgique. Nous n'exigeons ni territoire, ni argent, ni pouvoir. Nous défendons seulement les principes qui doivent nous guider vers plus de démocratie…

 

Droit du sol inconditionnel, victimisation de la Flandre, rejet de la responsabilité de la crise sur les seuls francophones, autorité de la majorité ethnique sur la minorité… ce manifeste aurait pu être écrit par d’autres bien plus à droite sur l’échiquier politique flamand… suivez mon regard.

 

Désormais, la Flandre, toute la Flandre nous envoie le message : « acceptez nos exigences sans conditions, ou c’en est fini de la Belgique… et ce sera de votre faute ».

 

Cette Carte blanche aura probablement suscité beaucoup de réactions. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de publier dans son intégralité la réaction que mon avocat de frère a envoyé directement groupe Gravensteen. On ne pourrait mieux dire :

 

“Dear Sir,

It is quite worrying to read the depiction you make in your manifest (http://www.gravensteengroep.org/) of the current political climate in Belgium, especially as it seems to emanate from left-leaning intellectuals. You basically present Flanders as a victim of the minority.  According to your views, the majority rule makes it unacceptable that the French speakers should refuse to give to Flanders the reforms Flanders wants.  You also stigmatise Flanders' terrible image abroad, and blame the French speakers for it.

1. Realpolitik

There are a few things you need to understand about Belgian realpolitik, as seen from the South. The francophone political parties do not like Belgium more than the average Flemish party does (with the exception maybe of the CDH).  Belgium = us (Wallonie Brussels), plus Flanders.  Concerning Flanders, French speakers strongly distrust Flemish politicians, and increasingly so Flemish people at large.  The reason why francophone politicians have been using the Belgian card, is because Belgium as it is now generates a significant share of Wallonia's budget, and as many voters in the South are afraid of changes (because it would mean more difficult times in terms of public spending), and cherish Belgium for these reasons. But this has all changed in the last 12 months.  The French speaking political class is now apparently convinced that Belgium will split, because they believe that no mutually agreeable solution, benefiting not only Flanders but Wallonia and Brussels as well, can be reached.  Ideas completely marginal only a few months ago are now on all lips: a Wallonia-Brussels federation, a union with France (!).  As the end of the country is foreseen, the French political class is refusing any concession to Flanders that does not result in proportionate advantages for French speakers, Wallonia and Brussels.  For instance, it is unacceptable that ANY right be taken away from the sizable French speaking minorities, locked in Flanders in the 1960's following the adoption by the Flemish majority of an unfair language border, without in exchange perennial solutions being devised to make sure that these minorities are sheltered from the constant harassment by the Flemish authorities.  The only solution of this type is to take these minorities away from Flanders, into Brussels. It is not acceptable either that the institutional changes could take any money away from the pockets of French speaking voters.  Any change must be neutral in terms of the current redistribution of wealth taking place in the Belgian structure. Belgium is no longer seen as worth any significant concession to Flanders.  The message from French speakers to Flanders seems to be: you either take it or leave it; you either take Belgium as it is, or you leave.  Between splitting Belgium or making dishonourable concessions to Flanders, the former is seen as a lesser evil. Especially as it is generally accepted in Wallonia and Brussels that we would actually benefit from a non-negotiated break up: we would be able to grab the communes à facilités, to tax Flemish workers in Brussels, and to decide our own future without constant interference from hostile Flemish parties. 

2. Nothing can be decided in Belgium without it being agreed by French speakers first. You present French-speakers as a minority.  It is true, but it is a very large one, nearly half of the population in fact.  And as such it managed to carve for itself some solid institutional protections. Our political system, as in many other countries (Netherlands, ...)  is designed in such a way that it needs to be governed by a coalition.  Changes to the Constitution needs an enlarged coalition.  There is another layer of protection specific to Belgium, created in order to prevent Flanders from doing exactly what it is trying to do now: most laws affecting the well being of one of the two large language groups needs to be approved by a majority within this language group.  A very sensible system you will certainly agree.  Also, all laws adopted by the parliament need to be approved by the Council of Ministers, and half of the ministers need to be from the French speaking group.  It is therefore impossible, even in the wildest nationalist dreams, to take over Belgium with the facsists of the Vlaams Belang and adopt a legislation that would be unacceptable to a majority of French speakers. In all scenarios, any solution needs to be agreed.  If the changes Flanders is seeking are not acceptable to the South, then there is no change.  The solution lies in negotiation, not unilateralism.  If for the splitting of BHV the French ask for the enlargement of Brussels, then it will be so. Or else BHV is not split.  There is nothing Flanders can do about this, apart from finding a solution that is acceptable to the French speakers.   Flanders may decide it no longer wants to play under the Belgian rules, but this is Flanders' decision to take, and its responsibility to shoulder. 

3.  This is a free country

The assumption underlying your reasoning is that one has to learn the language of the place one settles in.  You are a guest, you adapt to me, not the other way round.  You forget that everyone is FREE. Free to speak the language of one's choice; free of worshipping whatever god(s), or none; free of sleeping with people (or several people) of the same or opposite sex, etc.  People in Flanders are even free not to like Flanders, and not to like its language.  That is the beauty of modern democracies, those of Europe to which you appeal. I have many allophone colleagues living in Brussels who hardly speak any French (or Dutch).  No one would question their right to live here.  Many Dutch people living in Spain (retirees) do not speak the language.  The same is true for many Englishmen in Dordogne or Tuscany; or Germans in Minorca.  Everyone is free to speak one's language.  Period.  This involves the right to buy a place, and go to shops who have the courtesy (and commercial flare) of serving customers in their language. If people moving to Flanders often do not learn the language, it is because they essentially move to places that were never meant to be in Flanders in the first place, i.e., the six communes à facilités, where they enjoy administrative rights (of a permanent kind mind you).  People moving to other places do not always learn the language either, because Brussels is so close, and Flanders so unappealing. Because if Flanders looks ugly to a lot of independent observers (not to mention French speaking Belgians and expats here) it is because there are currently very ugly sides to Flanders.   Forcing people in need of social housing to speak a language before being authorised to have such housing, even extending this to spouses, can never be justified.  Restricting playing fields to local children neither. The same is true for policing the language of private individuals.  And most of these measures are aimed at poor French speakers in Brussels, the Arabs and the Blacks.  The fantasised French-speaker of the tache d'huile, a rich city-dweller moving to the Flemish leafy suburbs, has no need for social housing. If you do not see yourselves in this way, maybe you should look in the mirror again.  Trust the rest of the world, there is something seriously wrong.

 

With best regards

 

Yves Melin

Liège

 

Il n’y a strictement rien à ajouter.

 

Plus la peine de chercher de bons flamands pour se rassurer, il n’y en a pour ainsi dire plus. Les francophones qui espèrent envers et contre tout un sursaut de la gauche flamande pour condamner de l’intérieur ses dérives nationalistes et discriminatoires et trouver ainsi une solution mutuellement bénéfique à la crise belge - en seront pour leurs frais.

 

Le divorce est proche. L’heure est à l’urgence et à la mobilisation pour notre avenir post-Belgique, dans le calme et la dignité.


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 7 juillet 2008 - Deux faits marquants à relater ce lundi matin Minimize

Deux faits marquants à relater ce lundi matin

 

Selon Karel de Gucht, ministre (Open VLD) fédéral des Affaires étrangères « La loi du nombre finira toujours par l’emporter ». Ce qui veut dire que les Flamands obtiendront leur réforme de l’état, par la force du nombre s’il le faut.

 

On a l’habitude de ce genre de déclarations musclées de la part de Karel de Gucht (c’est déjà lui qui fin 2007 avait lancé un retentissant « les francophones doivent accepter notre réforme de l’état ou nous coupons le robinet ». Mais dans les moments de tensions et d’urgence que l’on connaît (le 15 juillet c’est dans 8 jours…) cette phrase mérite une distinction particulière.

 

Si cette nouvelle affirmation est brutale, elle est surtout fausse. La plupart des points réclamés par les partis flamands dans le cadre de la réforme de l’état relèvent de lois spéciales, c’est à dire de lois où la majorité est nécessaire dans chaque groupe linguistique. Donc non, monsieur de Gucht, dans le cadre belge, la loi du nombre n’existe pas.

 

A moins que Karel de Gucht ne veuille dire (il parle au futur) que les Flamands sont prêts à s’affranchir du cadre belge, c’est à dire à voter des mesures unilatérales au parlement flamand, illégalement, mettant de fait fin à la Belgique ?

 

Autre fait marquant : selon une étude menée par la KUL, les jeunes électeurs flamands seraient beaucoup plus radicaux que leurs aînés : près de la moitié des personnes ayant voté pour la première fois en juin 2007 en Flandre ont donné leur voix au Vlaams Belang ou à la Lijst de Decker. L’étude ne parle pas de la NVA ni du CD&V. Autre élément relevé par cette étude : la gauche flamande est totalement délaissée par les jeunes. Plus de chiffres sur le site du journal Vers l’Avenir http://www.votrejournal.be/article/belgique/les_jeunes_flamands_delaissent_la_gauche/166115.aspx

 

Il n’y a pas à dire : la relève nationaliste est assurée. Voilà qui ne va pas pousser les partis flamands à la modération communautaire dans les prochaines semaines et les prochains mois…


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 6 juillet 2008 - Des facilités linguistiques en Wallonie? Minimize

Notre ministre-président Wallon, Rudy Demotte, a fait une sortie remarquée en fin de semaine dernière en annonçant que la Région entendait financer les communes wallonnes qui proposeraient à leurs administrés non francophones, qu'il s'agisse des Flamands de Jodoigne, des Allemands de Verviers, des fonctionnaires européens de Waterloo ou des Hollandais de la Roche en Ardenne, ce qui s'apparente à des facilités linguistiques dans leur langue: traduction de brochures communales, permanence communale multilingue, traduction de documents officiels, etc.

Cette idée peut surprendre a priori.

Rudy Demotte a choisi son moment, c'est certain. En prenant ainsi volontairement le contre-pied des pratiques discriminatoires de la Flandre officielle pour monter que la Wallonie, décomplexée et ouverte, souhaite la bienvenue à ses habitants non-francophones, et entend leur simplifier la vie dans leurs démarches quotidiennes, il renvoit une image d'eux-mêmes aux Flamands qui est bien cruelle.

Mais que faut-il penser de cette initiative? Que du bien! Tout d'abord, le régime linguistique de la Wallonie ne change pas. Le français y est et reste la seule langue officielle. On ne cherche ici qu'à simplifier la vie des gens dans leur vie quotidienne. Que peut-on y trouver de mal?

Les Hollandais dans les Ardennes, pour ne prendre qu'un exemple y apportent richesse et dynamisme. Ils sont les bienvenus. Ainsi, ces gens étant chez nous pour y rester et y payant leurs impôts, quoi de plus normal que de leur montrer que nous apprécions leur présence et que nous voulons les aider dans leur vie quotidienne en Wallonie et dans leurs démarches administratives?

Merci Monsieur Demotte. Vous entretenez ainsi l'image de ce que la Wallonie a toujours été: une région ouverte sur le monde, et accueillante à tous.


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 4 juillet 2008 - L'heure de vérité approche ! Minimize

Cette fois serait-elle la bonne?

La pression monte terriblement depuis hier, Yves Leterme ayant déclaré pour la première fois qu'un échec des négociations en cours est possible.

Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même: il s'est mis lui-même dos au mur en se donnant comme date butoir le 15 juillet prochain pour arriver à un accord socio-économique et communautaire global, alors que rien ne l'y forçait (si ce n'est son propre parti qui s'est déculoté en montant au gouvernement sans avoir obtenu au préalable sa grande réforme de l'état, comme ils l'avaient promis à grand cri à leurs électeurs).

Les discussions n'en sont nulle part, et à 10 jours de l'échéance, l'échec est l'issue la plus probable.

Que va-t-il se passer maintenant? Impossible de répondre à cette question. Chute du gouvernement? Elections anticipées à l'automne? Initiative unilatérale du Parlement flamand? Tout est possible.

Nous vivons un instant de vérité pour l'avenir (le non-avenir) de ce pays.

Une lecture de la presse flamande de ce jour (voir la Rubrique "lu pour vous dans la presse flamande" de ce site) se passe de commentaire.


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 27 juin 2008 - Leterme affiche la Flandre aux sommets européens … Minimize

La Flandre prépare son indépendance, mais chuuut c’est un secret ! Enfin ça l’était. Parce qu’à présent on s’affiche ouvertement : le site du RWF nous apprend ce que personne par ailleurs n’a vu ni entendu (bizarre non ?) http://www.rwf.be/pages/Archives/Annee_2008/semaine26/la_une/Ezel.html.

 

Ca ressemble furieusement à un canular, mais il semble bien qu’il n’en soit rien. Les photos étant tirées du site même du Conseil européen des ministres, on peut difficilement croire à un montage. http://www.consilium.europa.eu/cms3_applications/Applications/newsRoom/GalleryViewer.asp?command=VIEW&BID=76&dateEvent=19/06/2008&rubrique=2345&cmsID=843&LANG=2

 

Afficher son appartenance à la région flamande de manière si univoque serait de toute manière et en toutes circonstances inacceptable pour n’importe quel premier ministre belge.

 

S’afficher ainsi, c’est plus que hautement symbolique. Ce n’est pas une bourde ni un hypothétique blason slovène obscur, c'est un petit coup de pub volontaire et délibéré pour la Flandre. Yves Leterme, « premier ministre de tous les Belges », affiche les seules couleurs de la Flandre aux sommets européens. Nous en prenons bonne note.

 

Il est impossible de comprendre ce geste autrement que comme une provocation ou comme une volonté de Leterme de faire un clin d’œil à ses partenaires européens. Il n’y a aucune explication à cet affichage des couleurs flamandes. Ou plutôt si, il y en a une. Les observateurs avertis l’ont compris depuis longtemps (ce n’était pas difficile : l’intéressé l’ayant lui-même avoué platement en août 2006 à Jean Quatremer, du quotidien français Libération) : Yves Leterme défend les intérêts de la Flandre et se sert de son costume fédéral pour cela. Il fait ce qu’il a dit : il affiche sa priorité aux yeux et à la barbe de tous les partenaires européens, mais beaucoup se refusent toujours obstinément à le voir.

 

Qui a dit que la Flandre ne préparait pas son indépendance ? Un tel signe, si symbolique et si fort, n’aura dupé personne au sommet. Espérons qu’en coulisses, nos responsables francophones l’auront enfin compris et préparent l’avenir des Wallons et des Bruxellois…


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 26 juin 2008 - Pourquoi les Wallons doivent-ils être solidaires des Bruxellois et des francophones de Flandre? Minimize

Dans les milieux dits « régionalistes wallons », où je me reconnais, on entend parfois certains en appeler à considérer le cas de Bruxelles comme étranger à la Wallonie, et à ne pas mêler les deux réalités. Quitte à laisser les Bruxellois se débrouiller seuls avec la Flandre. Parfois, on sent dans ces milieux un ressentiment à l’égard des Bruxelles, considérée à tort ou à raison comme « co-responsables des malheurs de la Wallonie ». Bruxelles c’est la Belgique, carcan dont certains veulent « libérer la Wallonie ».

 

Pourtant, dans le divorce belge qui s’annonce, Bruxelles est le meilleur allié de la Wallonie et des Wallons.

 

S’il est vrai que la Wallonie n’est pas Bruxelles et que les réalités n’y sont pas les mêmes (les populations sont différentes, de par l’histoire, de par leur milieu socio-culturel et leur environnement linguistique et économique), Bruxelles est aujourd’hui une « ville francophone », j’entends par là qu’elle est une ville dont la population se réclame du français à une écrasante majorité. C’est un fait incontestable.

 

Il est tout aussi incontestable que cette Bruxelles francophone déborde de ses frontières étriquées, frontières tracées de manière imparfaite, injuste diront les uns, de manière maladroite diront les autres. Cet état de fait explique tous les malentendus et le conflit de frontière auquel nous assistons en Belgique depuis que cette « frontière linguistique » existe (scission de BHV, remise en causes des facilités).

 

Par ce simple fait, et par ces temps de nettoyage linguistique d’un autre âge auquel la Flandre officielle se livre, tout démocrate qui se respecte, et a fortiori les démocrates francophones que sont les Wallons, se doivent d’être solidaires du sort des Bruxellois francophones et des francophones de Flandre dans la défense de leurs droits et de leur identité linguistique et culturelle.

 

Solidarité sans faille ne veut pas dire fusion. Il n’en est d’ailleurs plus question depuis que les ministres-présidents wallon et bruxellois ont récemment déclaré que la base de nos institutions, c’est les régions. Ce débat est donc dépassé. La crainte suscitée un temps par une possible fusion de Bruxelles et de la Wallonie, qui aurait pu gommer la Wallonie du paysage institutionnel, a fait long feu.

 

Les raisons invoquées par ceux qui souhaitent « laisser les Bruxellois régler leurs problèmes tout seul » ont trait – en gros – à une reconnaissance du droit du sol : « Bruxelles est une ville historiquement flamande, sur le sol flamand, sa population est composée de Flamands francisés ». C’est non seulement faire le jeu des nationalistes flamands, mais c’est surtout aller un peu vite en besogne. Pourquoi ?

 

Droit du sol oui, mais à condition que les frontières soient incontestées et incontestables et que les populations concernées acceptent la tutelle régionale qui leur a été imposée. Ce qui n’est pas le cas. Car la frontière intérieure belge est une frontière administrative artificielle qui ne correspond pas à la véritable frontière linguistique, qui englobe, elle, Bruxelles et au moins 6 communes francophones de Flandre.

 

S’il nous faut reconnaître et comprendre la peur flamande de la tache d’huile, il faut aussi exiger des Flamands la reconnaissance du fait indéniable que la présence francophone à Bruxelles et dans sa périphérie est historique et ne date pas d’hier. Il ne peut être question de l’éradiquer, d’aucune manière.

 

Présenter les francophones de Flandre comme des « immigrés qui doivent s’adapter », (comme le font les nationalistes flamands, et certains régionalistes wallons), compte tenu de la manière dont la frontière linguistique a été tracée, ne tient pas la route.

 

Les communes de la périphérie bruxelloise – bilingues depuis longtemps – doivent en toute logique être des communes bruxelloises bilingues, et non unilingues flamandes. Bruxelles, ville bilingue, capitale d’un état belge, à la population majoritairement bigarrée mais dont le français est la langue d’usage, doit rester ce qu’elle est : une région officiellement bilingue au minimum. N’en déplaise à certains, la minorité flamande de Bruxelles a droit au respect de ses droits et de sa culture, comme nos francophones de Flandre y ont droit. Ni plus ni moins.

 

J’ajouterais qu’en tant que rattachiste (certes tous les régionalistes ne sont pas rattachistes, loin de là) il est difficilement compréhensible et encore moins justifiable d’en appeler à la solidarité de la France (car tout rattachement de la Wallonie a la France aurait une part de solidarité, vu notre situation de retard économique), tout en appelant à laisser les Bruxellois à leur propre sort.

 

On peut aussi d’autant plus difficilement justifier ce qui apparaîtrait clairement comme un « largage des Bruxellois » francophones, qui ont besoin de la solidarité des Wallons pour obtenir leur désenclavement du territoire flamand.

 

Le désenclavement de Bruxelles (c’est à dire l’élargissement de la région bruxelloise après consultations populaires sur le terrain) n’est pas un objectif en soi. Mais il s’impose à présent à nous par l’agressivité de la Flandre qui tend à présent à faire disparaître ouvertement toute trace du français sur son sol. C’est inacceptable et nous Wallons ne l’accepterons pas.

 

Au point où nous en sommes, la rupture avec les Flamands est non seulement plausible, mais elle est devenue probable. Pour préparer l’avenir, élargir Bruxelles est une nécessité. Quoi qu’il advienne par la suite.

 

Tant que le cadre belge existera, nous serons plus forts à deux régions contre une qu’à 60 contre 40. Soyons donc solidaires de Bruxelles et des francophones de sa périphérie.


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 10 juin 2008 - Sondages : qui faut-il croire ? Minimize

Les sondages d’opinion ont l’avantage de prendre la température auprès d’une population donnée, à un endroit donné, à un moment donné.

 

Les résultats de sondages portant sur les mêmes problématiques donnent pourtant parfois des résultats a priori contradictoires, ce qui fait dire aux observateurs prudents qu’ils n’ont qu’une valeur purement indicative.

 

Ainsi, on a beaucoup parlé en Flandre le week-end dernier d’un sondage réalisé pour Het Laatste Nieuws, dont les résultats sont inédits : une majorité relative (49,70 %) de Flamands s’est prononcée en faveur l’indépendance de la Flandre. Si ce chiffre ne fera probablement que grimper à mesure que la crise gouvernementale reprendra cet été, il est surtout remarquable par le fait que c’est la première fois qu’un sondage de ce type donne pour résultat une majorité relative de Flamands en faveur de l’indépendance.

 

Comme pour conjurer le sort et pour démentir les signes alarmants des derniers jours[1], le journal Le soir s’empresse aujourd’hui de citer une étude menée sur plusieurs mois par un universitaire flamand, laquelle démontrerait qu’il y a… 9% de séparatistes en Flandre, et que ce pourcentage n’a pas varié depuis 1991. http://www.lesoir.be/actualite/belgique/seulement-9-des-flamands-2008-06-10-604560.shtml

 

De même, un sondage en ligne réalisé en début de semaine par le journal Metro en réaction à un entretien accordé à Jules Gheude, 75% de personnes sondées en ligne préfèrent un rattachement à la France à une Wallonie indépendante en cas de disparition de la Belgique. Par ailleurs, un sondage réalisé pour le journal Vers l’Avenir donnait lui … 20% seulement des opinions à la solution française (c’est moins que lors d’un sondage similaire réalisé en 2004).

 

Alors qui faut-il croire ? Y a-t-il 50% de séparatistes en Flandre ou à peine 10% ? Y a-t-il en Wallonie et à Bruxelles 75% de rattachistes potentiels ou seulement 20% ?

 

En fait, tout dépend de la manière dont on pose la question et des réponses qui sont proposées. C’est évident. Si nous avions demandé en avril 2007 à un panel représentatif de Wallons « Voulez vous liquider la Belgique pour rattacher la Wallonie à la France », nous aurions obtenu très peu de « oui » (probablement 2%, si l’on en croit les meilleurs résultats électoraux du RWF).

Si par contre nous demandions aujourd’hui à ce même panel : « et si la Belgique devait disparaître, préféreriez-vous rejoindre la France ou former une Wallonie indépendante », le résultat en faveur de la première solution dépasserait certainement les 50%. Si on ajoute d’autres possibilités de réponses (comme un « rattachement » au Grand-Duché de Luxembourg ou une Belgique résiduelle Wallonie-Bruxelles), la solution française y perdrait automatiquement des points. On peut tenir le même raisonnement pour le taux de séparatistes en Flandre.

 

Cela veut simplement dire que deux personnes ayant une vision très différente d’une même réalité pourront donner une même réponse à une question simple, sans pour autant être d’accord sur le fond.

 

Pour le dire autrement, la Belgique idéale du Flamand moyen est une « Belgique confédérale à deux » (Flandre-Wallonie), alors que la Belgique idéale du francophone moyen serait plutôt une Belgique unitaire unilingue ou une Belgique fédérale à trois (Flandre-Wallonie-Bruxelles). Si à la question « voulez-vous liquider la Belgique », le Flamand et le Wallon moyen répondent tous deux « non », doit-on en conclure qu’il n’y a pas de risque que la Belgique éclate prochainement ? Certainement pas, car la vision de l’un et de l’autre n’en restent pas moins profondément divergentes.

 

Et les exigences de part et d’autre en matière institutionnelle étant absolument irréconciliables, c’est bien à un constat d’incapacité de s’entendre que l’on risque d’arriver. Et comme dans un couple, lorsque les intérêts de l’un ne sont plus conciliables avec ceux de l’autre, on peut très bien décider de se séparer. Même si le partage des biens est un vrai casse-tête et même s’il est « plus simple » bien souvent de rester ensemble, « pour les enfants ».

 

Disons-le une fois pour toutes : non, la majorité des Flamands ne veut pas « liquider la Belgique un point c’est tout ». Mais entre un status quo et l’indépendance, après une longue période de crise, d’incertitude, de doute et de lassitude grandissante (ça ne vous rappelle rien ?), il est très probable qu’une majorité de Flamands choisiront l’indépendance.

 

En conclusion : si les sondages s’avèrent contradictoires, il y a bien une réalité qui elle, est incontournable, et qui ne permet guère de se laisser aller à l’optimisme : le résultat des urnes.



[1] On notera aussi la sortie remarquée de Marianne Thyssen, la toute nouvelle présidente du CD&V, qui a menacé lors d’un meeting à … Plopsaland le week-end dernier de remettre en cause la solidaité nationale voire le pays tout entier s’il n’y avait pas pour le 15 juillet une réforme de l’état à la hauteur des promesses électorales du CD&V…

On retiendra surtout que notre presse francophone, toujours à la recherche de bons flamands introuvables, présentait encore il y a peu Marianne Thyssen comme une « politicienne européenne, donc forcément modérée »… quelle naïveté !


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 5 juin 2008 - La Flandre nationaliste s’organise Minimize

Un grand rassemblemen