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Thursday, August 21, 2008 ..:: Actualites » Les_actualites_de_Francois_Lemaire ::.. Register  Login

     

 Belgique : un droit d'inventaire - 7 août 2008 Minimize

Je voudrais partager avec vous, Amis régionalistes et réunionistes,  quelques considérations sur les événements des douze derniers mois.

 

Tout d’abord un aparté sur le système fédéral belge. Il a la réputation d’être incompréhensible pour le commun des mortels. Mais l’est-il vraiment ? Si l'on accepte de le lire à travers le prisme du nationalisme, beaucoup de choses s'éclairent. Car en initiant en parallèle l’avènement d’une Communauté flamande, dont les pouvoirs s'étendent sur Bruxelles par le biais du droit des personnes, et une Région flamande, encerclant cette même ville par le droit du sol, le nationalisme de la Flandre aura, dès l’aube de son envol économique, au moment opportun pour elle de la fin de l’empire colonial belge et du déclin de la sidérurgie wallonne, créé les deux bouts de la tenaille qui, quarante ans plus tard, étrangle les autres acteurs de l’Etat belge et les confine à une position défensive. Ces derniers auront bien réagi, bon gré mal gré, en créant face à la Communauté-Région flamande unifiée, les régions bruxelloises et  wallonnes, les communautés françaises et germanophones, toutes « entités fédérées » minoritaires, errant longtemps comme des poules sans tête, avant de, bien plus tard, s’assumer un peu mieux. Car le cœur n’y a jamais été. Ce que les Belges non flamands ont aimé, ce qu’ils aiment encore, c’est la Belgique. N’en déplaise à nos propre convictions, encore minoritaires. La question demeure, épineuse : comment affronter ce nationalisme flamand ? La fin officialisée du pays ne la résoudra pas entièrement. Sa survie encore moins. C’est là que nos propositions prennent leur valeur et leur fondement : dans la lutte contre le nationalisme.

 

Les scénarios politiques et géopolitiques sont désormais à peu près tous ouverts et sans tabous. Quelques-uns peut-être ne sont pas encore avouables, comme la possible vassalisation à terme de la Wallonie par la Flandre, si cette dernière n’est pas contrecarrée dans ses projets expansionnistes. Mais la situation actuelle pourrait s'avérer en définitive celle qui présidera à la dissolution de l'état. Il parait utile de l'expliciter sous tous les angles. Autrement dit, il est temps de passer à l’inventaire. Si l’on compare à ce que la situation pourrait devenir  si les désidérata exprimés étaient acceptés, cet inventaire n’est pas si défavorable aux Belges non flamands. Cela explique sans doute en partie la brutale radicalité de ces derniers mois à tous les niveaux d'action possible pour le militantisme flamand.

 

( Par facilité de langage et par réalisme sociologique, on remplacera « Belge non flamand » par "Belge". Par opposition à « Flamand ». Les élites de cette dernière ne déclaraient-elles pas à l’unisson, le 21 juillet dernier, jour de la fête nationale, que leur fête nationale à eux, la fête nationale flamande, avait eu lieu dix jours plus tôt, le 11 juillet ? )

 

Cette radicalité nationaliste s’est manifestée pendant l’année écoulée par la rupture du "cordon sanitaire" qui jusqu’ici isolait l'extrême droite, cordon qui fut pendant des années le cheval de bataille des démocrates déclarés. Une décision majeure a en effet été votée, à deux reprises au Parlement, avec l'appui essentiel des votes fascistes. On l'écrit comme ça, l'air de rien… Mais mesure-t-on vraiment les conséquences de cette attitude, au delà du contenu lui-même, offensant, contraire aux usages de dialogue consensuel, et niant les droits acquis à la minorité belge de Flandre ? A-t-on vraiment conscience de ce que cette décision collégiale, fraternellement votée avec l'extrême droite, implique quand on la jauge sur des bases historiques plus larges que le simple contexte de crise de régime d’un petit pays ?

En d'autres temps, un ministre des affaires étrangères aurait pu interdire à ses ressortissants de passer leurs vacances en Flandre sur ce simple fait. L'affluence à la côte flamande pendant les jours chauds de cet été montre que ces injonctions n'aurait probablement pas eu plus d'effet ici que sur le tourisme autrichien, il y a dix ans. Pourtant, quelle est la différence entre un parti politique formant une coalition gouvernementale avec des fascistes, et un parti politique votant, dans un pays dépourvu de gouvernement, grâce à l'appui d'un parti fasciste, une loi faisant régresser des droits acquis à une minorité régionale? Aucune.

 

On se souvient des réactions affolées de la presse belge, qui ne pouvant concevoir cette réalité, imagina que le vote s’était fait avec l’assentiment du MR (parti libéral belge), dans le but supposé de dépasser les blocages par un vote symbolique, et de repartir ensuite du bon pied. On a bien vu, six mois plus tard, lors du second vote, poursuivant la procédure parlementaire unilatérale, que la Flandre avait bien l’intention de poursuivre ses symboles jusqu’au bout.

 

On entend dire en Flandre, de manière répétitive, quasi lancinante, que BHV n’est qu’affaire que de symbole, justement, et qu’il suffirait d’accepter cette scission pour calmer l’agressivité ambiante. Mais la frontière linguistique, dans les années soixante, était-elle autre chose qu’un symbole ? A l’époque, elle ne définissait que très peu de contenu de part et d’autre de son tracé. On sait maintenant la charge réelle portée par ce symbole, et qui se traduit de plus en plus par des différences de traitement entre citoyens du même pays.

 

Leterme affirme ses jours-ci : « Les Francophones (il veut dire les Belges) ont choisi de poursuivre la voie parlementaire sur BHV ». Sous entendu, ils ont refusé d’accepter sans condition le diktat flamand. « La procédure parlementaire ira donc jusqu’à son terme. » Se rend-t-il compte que c’est alors son propre gouvernement qui aura à trancher le nœud gordien ? Mais surtout, se souvient-il que les politiciens flamands, en mai dernier, hurlaient dans les micros qu’il fallait que les Belges (ils disaient les Francophones) fasse barrage à la majorité flamande, afin d’empêcher l’expression parlementaire de mettre en péril son accord de gouvernement ?

 

Voilà pour BHV. On a beaucoup parlé aussi du « problème » de Bruxelles. Cela ne m’empêchera pas d’y ajouter mon commentaire.

 

-         La revendication géopolitique flamande, la mainmise sur Bruxelles, fut longtemps reléguée au second plan, comme inavouable, contrairement à ses revendications culturelles et économiques qui sont brandies comme les étendards. Le pourrissement des négociations aura eu le mérite de la remettre en lumière. Ce que veut la Flandre, c'est l'homogénéité de son territoire, qui selon elle, inclut Bruxelles. Jamais il n'est donné de réponse directe par un responsable ou un éditorialiste flamand à la question de savoir si Bruxelles fait ou non partie du territoire flamand. Mais Bart de Wever lui-même se prend le pied dans le tapis quand, focalisé sur la pureté linguistique de la périphérie flamande de Bruxelles, il est obligé d'utiliser le terme de région distincte pour parler de Bruxelles. Celle-ci, dans l'esprit flamand doit cependant être cogérée (provisoirement !) par les deux "grandes communautés" (la belge et la flamande).

 

-         Son élargissement s'avérant impossible, les Belges vont être obligés de déplacer les débats vers une autonomie accrue de cette région bilingue, limitée à ses frontières actuelles des dix-neuf communes. La majorité écrasante qu'ils possèdent dans cette capitale enclavée en terre flamande leur donnera un argument de poids en la matière. Pourtant, cet argument n'a encore que très peu été mis en avant. La raison en est simple : il est synonyme de casus belli pour la Flandre.

 

Au-delà de tout ceci et des arguments de façade, comme l'argument financier régulièrement mis en avant par la Flandre pour justifier ses revendications ("Nous sommes en droit d'exiger, car nous payons"), ou comme l’argument du poids démographique (aussi fallacieux puisse-t-il être dans un système fédéral), il existe pourtant plusieurs raisons qui font hésiter la Flandre à aller jusqu’à une scission totale de l’actuelle fédération belgo-flamande.

 

-         Le premier, c’est la situation encore intermédiaire de Bruxelles, on vient d’en parler.

 

-         Un second, c’est que la Fédération belge représente un investissement important du point de vue de la représentation internationale. Je suis toujours surpris d’entendre des commentateurs parler de la Belgique ou de Bruxelles comme d’une entreprise, voire d’une simple marque déposée. C’est pourtant le fond de la vision flamande.

 

-         Un troisième argument : le marché captif que représente la Wallonie, grâce entre autres au système fiscal, et en particulier de la TVA fédérale, est un argument colossal en faveur du maintien de la fédération. En cas de scission, n’ayant plus le bénéfice d’une déductibilité immédiate, on verrait en effet les entreprises belges se tourner vers d’autres fournisseurs étrangers que ceux de la Flandre. Les ménages belges ne seraient plus non plus soumis à la panoplie retreinte de l’offre des produits concoctés par des décideurs flamands, mais le panier de la ménagère se remplirait autrement que « made in Vlaanderen ». La Flandre fait ses calculs. Symboles contre réalisme économique ? Gains en dépenses sociales contre pertes de rentrées économiques ? Faut-il tuer le coq aux œufs d’or parce qu’il consomme trop de grain ? La Flandre y réfléchit encore.

 

-         Quatrième argument : l’horizon 2030 est financièrement délicat pour les pensions flamandes. Sans gains énormes de productivité économique, sursaut de natalité, ou immigration massive, la Flandre ne pourra pas payer ses pensions. Il est vrai que le problème est plus général, et pourrait se résoudre par une inflation compensatoire (qui noierait les montants nominaux des retraites dans la masse monétaire). Cet argument peut aussi jouer dans l’autre sens, pour les plus optimistes : en récupérant dès aujourd’hui tous les leviers de sa politique économique, la Flandre peut nourrir l’espoir (à mon avis vain) d’atteindre justement ce taux de créativité qui en feraient une des régions les plus riches du monde. Dans ce cas, elle pourrait vraisemblablement se passer des forces vives belges pour payer ses pensions. Les plus futés en Flandre auront donc tendance à privilégier une approche à moyen terme : récupérer un maximum dès maintenant, faire le point vers 2020 et agir en conséquence à ce moment (séparatisme ou fédéralisme) en fonction des courbes économiques et démographiques.

 

-         Cinquième argument : l’exiguïté de son territoire. Même s’il venait à comprendre Bruxelles un jour, les quelques 14 000 km2 auront du mal à contenir l’évolution démographique, même faible. Surtout pour une population aisée. L’émigration hors de Flandre est d’ailleurs déjà très active, selon les derniers chiffres publiés. Cet argument en faveur du maintien de la Belgique, dans l’intérêt de la Flandre, contient aussi l’idée encore taboue qui pourtant doit habiter plus d’un esprit : de négociations en négociations, toutes menées par la Flandre en position de force et « de communauté à communauté »,  n’exclut pas à terme la mise sous tutelle de la Wallonie, voire sous protectorat, voire sous statut de colonnie.

 

Le pays a connu d’autres crises plus graves, répète-t-on. C’est vrai, l’affaire royale de 1945 à 1950 a creusé, en plus du clivage linguistique pré-existant, un fossé symbolique et culturel profond, qui ne s’est pas comblé. Il s’est depuis lors triplé d’un fossé économique. Toutes les forces en jeu, pour la plupart centrifuges, mais pas toutes, continueront de s’exprimer dans les mois à venir. Je vous invite, Amis régionalistes et rattachistes à vous exprimer démocratiquement le plus souvent et le plus calmement possible. On nous traite souvent « d’ennemis de la Belgique ». Nous ne  sommes que les amis de la démocratie.


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 La partie d'échecs - 18 juillet 2008 Minimize

Les Chevaliers protègent le roi blanc; le roi noir recule d'une case; la tour germanophone se déplace à droite.

La reine blanche reste fidèle à son monarque, tout en débitant son discours progressiste. Les pions régionalistes en sont pour leurs frais, mais continuent de s'éclater dans l'économie... au noir ultra-libérale comme des curés au bordel. De toute façon, la communautarisation du royaume est la seule option qui fédère l'opportunisme flamingant, les fidèles de la couronne et les barons financiers du régime.

Les petits hommes verts semblent aussi divisés entre communautaristes et régionalistes, ou font semblant de l'être. De toute façon, on ne joue pas aux échecs sur la planète Mars.

Prochain coup prévisible (après les vacances) : le fou noir républicain traverse la diagonale et met à nouveau en échec le roi blanc (qui a pourtant bien servi ses intérêts au dernier coup). Ce n'est pas encore échec et mat. Mais on s'en rapproche inexorablement.


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 L'OTAN va-t-elle quitter Bruxelles ? - 16 juillet 2008 Minimize

Chose devenue rare, la rumeur ne vient pas d'internet, mais de plusieurs sources aussi diverses que variées : la décision de déménager le siège de l'OTAN de Bruxelles serait en train d'être prise. Pour quelles raisons ? Vers où ? On aimerait en être informé, mais rien d'officiel.

Cette nouvelle serait pour autant, si elle se confirme, bien plus importante pour la Begique que la n-ième démission de Yves Leterme comme Premier ministre. Cela indiquerait que Bruxelles aurait cessé d'être le no man's land diplomatique, statut réservé à quelques rares villes sur la planète. La question du statut de capitale européenne en deviendrait alors de moins en moins tabou. Et de fil en aiguille, cette bourgade de un million d'habitants pourrait replonger dans sa quiétude séculaire. Ce serait tout bénéfice pour la Flandre, qui ayant vu se détourner l'attention des instances internationales pourrait digérer tranquillement ce qu'elle considère comme sa capitale, et en extraire, par toutes sortes de moyens, tout ce qui ressemble à du français.

La Belgique héritée du 19-ème siècle, puissante et influente, francophone et bourgeoise, aurait définitivement vécu, pour faire place à la nouvelle république de Flandre, populaire et inflexible sur sa destinée. Avec une Wallonie vassalisée servant de potentiel réservoir de terres et de main d'oeuvre sous-qualifiée ? C'est un choix qui nous appartient encore.


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 L’idéal pluraliste d'un pouvoir par définition socialiste critiqué par une presse d'extrême gauche - 2 juillet 2008 Minimize

Se souvenant peut-être avec nostalgie du Second empire, pendant lequel les écrivains français dissidents se réfugiaient en Belgique pour échapper à la censure, les sites de la presse belge ne ratent jamais une occasion de donner un large écho aux attaques anti-sarkozistes, même les plus ridicules.

 

Ainsi donc, hier après-midi, Le Soir, bientôt suivi par La Libre, fut parmi les premiers à relayer la vidéo « off » du Président Sarkozy sur France 3. La scène se révèle en réalité passablement insignifiante, banale, et facilement explicable en vertu du contexte. J’invite à prendre connaissance de celui-ci dans le commentaire de Libération, journal de gauche.

 

Bref, pas vraiment de quoi fouetter un chat, sauf pour les excités qui sautent sur la moindre occasion pour vider leur bile sur l’actuel Président de l’Union européenne. C’est ainsi que sur le forum du Soir, Sarkozy était allègrement comparé par certains à Filip Dewinter, chef de file de l’extrême droite flamande. Au vu du contexte flamand d’épuration linguistique, l’image est clairement insultante, mais on en voit d’autres hélas, sur les fora.

 

Je me suis néanmoins permis, en réponse à ces personnes et dans le cadre du débat sur la pluralité du service public, de faire allusion au fait que la RTBF avait récemment réintégré une journaliste ayant fait trois semaines de prison préventive suite à une accusation de complicité de terrorisme. Cette journaliste n’a pas à être jugée sur cette complicité de terrorisme avant que la justice ne finisse son travail. Mon opinion personnelle est, au stade actuel, et cela n’engage que moi, qu’il y a insuffisance de charges et qu’il y a peu de chance qu’une condamnation de terrorisme survienne. Par ailleurs, je me range parmi ceux qui trouvent excessives et dangereuses les méthodes particulières d’enquêtes accordées aux enquêteurs.

 

Il reste néanmoins qu’une journaliste du service public présentant des sujets de société a, non pas seulement des sympathies ou des accointances avec l’une ou l’autre opinion politique, mais des activités militantes et des contacts personnels avec des groupements politiques extrémistes de gauche, et visiblement au su des responsables éditoriaux.

Cette affaire aura donc naturellement conforté mon opinion, déjà exprimée maintes fois par le passé et partagée par d’autres, que la tendance majoritaire au sein des rédactions de la RTBF était politiquement très à gauche… Je formulai ceci sur le forum du Soir dans les termes suivants :

 

« L’idéal pluraliste et démocratique de certains semble consister en une presse d’extrême gauche qui servirait de poil à gratter à un pouvoir par définition socialiste. »

 

J’ai été censuré dans la minute ! C’est un fait rare sur le forum du Soir (contrairement à celui de La Libre, où c'est très fréquent). Le Second empire est bien loin.


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 Marre du communautaire ? Essayez le régional ! - 28 juin 2008 Minimize

 

Pour ceux qui n’auraient pas encore compris que l’affrontement communautaire était un piège à c…, voici quelques demandes politiques qu’il serait raisonnable d’obtenir, non pas en promesses, mais en réalisations effectives, et qui fixeraient le calendrier des transferts de compétence voulus par la Flandre. Il s’agit du désenclavement, non pas stupidement géographique, mais stratégique de Bruxelles.

En voici une liste concrète et sans doute non exhaustive.

-          Mise en site propre du TGV entre Hal et Bruxelles. Ceci ferait gagner dix minutes de temps de parcours vers Lille et Paris.

-          Accès réservé à la troisième bande aux véhicules de transport public sur la E411 à Overijse (aujourd’hui, c’est le cas à Auderghem et en Région wallonne, mais le bus doit réintégrer le trafic normal sur le territoire de la Région flamande). Paradoxe : les bus de « De Lijn » sont parmi les plus agressifs vis-à-vis des automobilistes empiétant sur le site propre !

-          Mise en site propre totale du TGV Bruxelles – Liège. Cette dernière se trouverait alors à la même distance ferroviaire que Lille, à savoir une demi-heure.

-          Finition effective et totale du RER vers Nivelles sur les territoires de Rhodes-Saint-Genèse et de Linkebeek. Il n’est pas étonnant que des francophones désirent s’installer à Hal et Vilvorde, quand on sait que ces deux faubourgs du sud-ouest et du nord-est, situés en Brabant flamand, sont reliés par une liaison régulière toutes les vingt minutes, tandis que les liaisons vers le Brabant wallon sont irrégulières, changeantes et insuffisantes.

-          Construction d’un échangeur au carrefour Léonard entre le ring Est et la E411, de manière à rétablir toutes les possibilités de changement de direction.

-          Mise en chantier et finition du tronçon de l’A8 au niveau de Hal. Aujourd’hui, cette autoroute donnant accès à la capitale aux habitants du Hainaut est barrée… par trois feux rouges à l'endroit où elle franchit la frontière dite linguistique !

-          Rendre au minimum bilingue l’affichage sur le réseau autoroutier autour de la capitale, si besoin, en « refédéralisant ».

-          Mise à trois voies du ring Est extérieur, au moins à des fins d’usage sélectif comme pour la E411. Précisons que ceci n’empièterait pas sur la forêt de Soignes.

-          Terminer la bretelle d’accès vers l'autoroute Mons-Paris à Drogenbos, qui est à l’abandon depuis trente ans.

 

Autant de dossiers bloqués stratégiquement par la Flandre : on a déjà connu ça à maintes reprises. Le nouveau paysage institutionnel tri-régional inclurait aussi le retrait des droits politiques exorbitants octroyés (temporairement…) à la minorité néerlandophone de Bruxelles, en lui maintenant bien entendu les facilités d’accès aux services publics dans sa langue. Et bien sûr, le déménagement du Parlement flamand vers un lieu plus propice à mûrir ses revendications en matière de droit du sol.

 

Voilà ce que j’appellerais une négociation qui tiendrait compte à la fois du symbolique et de l’économique. C’est ce que la Flandre veut, non ?

 

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 Haro sur le VanCau - 12 juin 2008 Minimize

 

 

D'après "Les animaux malades de la peste"

 

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
Le népotisme (puisqu’il faut dire son nom),
Capable d’appauvrir en un jour les Wallons,
Faisait aux socialistes la guerre.
Ils ne cédaient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une activité ;
Nul  met ne leur assurait satiété,
Loups et renards épiaient
La douce et l’innocente proie;
Les tourterelles se poudraient:
Plus d’amour, partant plus de joie.
Di Rupo tint conseil, et dit: «Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L’état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait? Nulle offense;
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut: mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi:
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d’honneur;
Et quant au berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.»
Ainsi dit le renard; et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses:
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
Le Carolo vint à son tour, et dit: «J’ai souvenance
Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler
A ces mots on cria haro sur le VanCau.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui! quel crime abominable!
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait: on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez Wallon ou belgolâtre,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Merci à Jean de La Fontaine


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 Chronique d'un renoncement - 23 mai 2008 Minimize

Au commencement, les francophones n'étaient demandeurs de rien (sauf d'un gouvernement "socio-économique").

- Après six mois sans gouvernement, les partis flamands votent la scission de BHV en commission de la Chambre. On crie au scandale, on jure ses grands dieux que sans excuses il n'y aura pas de gouvernement.
- deux semaines plus tard, un gouvernement intérimaire se forme et scelle des accords socio-économiques et communautaires (pour "stopper le compteur de la crise" et "sauver le pays").

- Six mois passent. Les partis flamands votent la mise à l'agenda de BHV à la Chambre. On crie au scandale, on jure ses grands dieux qu'il n'y aura pas d'accord communautaire dans ces conditions.
- Qu'entend-t-on, ce 23 mai, deux semaine plus tard exactement ? "Il n'y aura pas d'accord communautaire sans... un projet socio-économique préalable".

Si j'étais flamand, je ne changerais pas ma stratégie d'un iota.


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 Leterme : la Flandre tranquille - 10 mai 2008 Minimize

 

Après son « Marre marre marre de BHV » un rien névralgique dans un éditorial de cette semaine, Francis Van de Woestyne, de la Libre Belgique, observait assez justement que Leterme était comme « habité », tandis qu’il errait dans les couloirs du Parlement. Habité par quoi ? Ce n’est pas bien difficile à deviner : « Alles voor Vlaanderen en Vlaanderen voor Kristus » (AVV-VVK) « Tous pour la Flandre et la Flandre pour le Christ ».  Une espèce de martyre, en quelque sorte.

 

Personne ne devrait être surpris. Depuis « la Belgique n’est pas une valeur en soi », chacun devrait avoir compris que sa place de premier ministre belge ne serait destinée qu’à promouvoir, lentement, patiemment et sûrement la vision flamande du futur belge. C’est d’ailleurs pour cela qu’il l’a finalement obtenue, cette place. Peu importe que l’on mette d’abord l’aubergine, la pomme de terre ou la tomate dans le presse-purée. L’essentiel est de maintenir la pression pour obtenir bientôt une bouillie de Belgique à la sauce flamande. Et tant pis si cela éclabousse un peu la posture d’homme d’état du Premier des Flamands. Peu importe que BHV soir scindé demain ou dans un an, que le « premier paquet » vienne après le second et le second après le troisième. Vraiment, peu importe. Ce qui est sûr, c’est que ça passera, de gré ou de force. La Flandre est riche, la Flandre est unie, la Flandre saura être patiente. La classe politique francophone finira bien par lui manger dans la main. Elle a trop à perdre dans l’aventure.

 

A moins que, plutôt que de se débattre sous la pression, elle ne se décide à accoucher vraiment du projet annoncé le mois dernier par Demotte et Piqué. Il faudrait libérer la dynamique wallonne, de gauche comme de droite, en donnant à cette région la mainmise sur son enseignement et sa politique culturelle. Il faudrait aussi, et parallèlement, investir massivement à Bruxelles dans une politique d’enseignement gérée par la Région, qui serait axée, d’abord et avant tout sur l’apprentissage des langues. L’apprentissage du néerlandais, par la création d’au moins un athénée régional entièrement néerlandophone. L’apprentissage des autres langues européennes, sur le modèle des écoles réservées aujourd'hui aux enfants des fonctionnaires de la Commission. Mais aussi, il faudra enfin constater la réalité sociologique de cette capitale et le potentiel exceptionnel de sa minorité extra-européenne. Il faudra donc donner accès à tous ceux qui le souhaitent à des cours de langue arabe (entre autres) dès la première année du secondaire.

 

Pour cela il faut de l’argent. J’ai beau être jusqu’ici un politicien amateur ou un citoyen très critique, comme on voudra, je ne suis pas complètement naïf. Et bien pour, cet argent, il faudra faire des sacrifices. En tête de ceux-ci, les représentations Wallonie-Bruxelles à l’étranger seront à reconsidérer à la baisse. Qu’on se rende compte qu’à Bruxelles, chaque pays européen possède deux ambassades. L’une auprès de la Belgique, l’autre auprès de l’Union européenne. Est-il vraiment nécessaire que Bruxelles et la Wallonie ait une représentation dans ces pays ? L’Europe est à Bruxelles. Quelle utilité que cette dernière se disperse vers tous les horizons. Par ailleurs, la diplomatie belge a beau être sous la coupe flamande, elle est encore sensée nous représenter. Pour ce qui est de la « défense de la francophonie », prétexte si facile et si vite oublié, il semble évident que le réseau de consulats, d’Alliances françaises et d’ambassades maintenu par la République française pourrait nous servir de structure d’accueil.

 

Evidemment, la nomenklatura francophone devrait serrer les dents. Et c’est sans doute ce qui rend le projet difficile. Mais préfère-t-on attendre et ne rien faire ? D’autres gains budgétaires sont réalisables dans la rationalisation des réseaux d’enseignement et la suppression des cours confessionnaux, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer. Et s’il faut une révision constitutionnelle pour supprimer cet archaïsme (ce qui ne me semble pas absolument nécessaire d’après moi), il devrait y avoir suffisamment de choses dans le plateau flamand de la balance pour y ajouter cette petite chose dans le nôtre. Plutôt que d’imposer des cours d’islams au sein de l’école publique, proposons des cours de la langue d’origine des populations immigrées.

 

Ces propositions demanderaient un peu plus que cinq minutes de courage politique, mais il y a mieux à faire qu’à attendre qu’une hypothétique main invisible nous libère de la pression du presse-purée.

 

Enfin, puisque je commençais ce billet d’humeur par les états d’âmes à La Libre Belgique, je le finirai sur  la campagne politique qui anime la direction de la RTBF. Il y en a un qui considérait le débat à la Chambre comme capital, c’est bien Jean-Pierre Jacqmin. Pendant ce direct d’une demi-journée (on se serait crû sur le Tour de France), le ton contenu et sermonneur de « Matin Première » a fait place à une décontraction inhabituelle. Nul doute qu’il s’agissait de concurrencer son rival à la candidature pour le poste de directeur de l’information radio et télé, Benoît Balon-Perin sur son projet de rendre la RTBF plus populaire et moins dogmatique. On a bien failli s’y laisser prendre. Mais cela ne nous empêche pas de souhaiter à Benoît Balon-Perin tous nos vœux de succès. L’agressivité envers tout ce qui n’est pas socialiste, le rappell à l’ordre idéologique pour tout ce qui est du bon bord mais se montre déviant, cela n’a rien à faire avec du journalisme. Ce dont nous avons besoin, c’est de la spontanéité, de l’objectivité, et un détachement personnel du commentateur d’avec les faits qu’il relate, pas de remontrances belgicaines systématiquement ancrées à gauche. Un peu tard, Monsieur Jacqmin, qui n'est bien sûr pas sans qualités, pour se refaire un profil à l'occasion des événements récents !

 

Puisse la RTBF échapper à la pression dogmatique du PS et puissent les francophones renverser la pression politique de la Flandre !


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 Enfin - 17 avril 2008 Minimize

La réaction immédiate et outrée du Président flamand à la profession de foi régionale de ses homologues bruxellois et wallon devrait indiquer, à ceux qui en doutaient encore, que cette approche est la bonne. Le communautarisme, dont la Communauté française est un avatar, est bien une voie dangereuse et sans issue.

Le communautarisme à la flamande, que nous avions adopté par résignation, est en effet une façade derrière laquelle se cache le nationalisme. En l'occurrence, au Nord, pas n'importe quel nationalisme. Un nationalisme soutenu par une propagande intensive de la part des éditorialistes, soufflant un jour le chaud, un jour le froid, mais toujours pour faire progresser la cause flamande. Un nationalisme incarné par des milices ultra-agressives, tolérées par les autorités, et qui opèrent des descentes sur le terrain aux moments cruciaux. Un nationalisme idéologiquement porté par une revanche à prendre sur l'histoire. Un nationalisme agacé par un conflit territorial. Un nationalisme aux yeux duquel une partie de la population représente "un problème".

Pour résoudre ce "problème", les actions du nationalisme flamand se succèdent et se multiplient. Elles peuvent s'exprimer dans la stricte observance des institutions belges, comme le vote de scission d l'arrondissement de Bruxelles obtenu par la majorité flamande, incluant toutefois un parti condamné pour racisme. Elles peuvent aussi violer les principes fondamentaux, comme le fait de nier le résultat d'un scrutin démocratique sans invoquer d'autre motif que la personnalité des nouveaux élus. Car le propre du nationaliste, c'est de mettre devant tout principe et toute loi, la défense de sa nation.

Mais ces actions revendicatrices peuvent aussi toucher à l'ignominie. Comme effacer, sur un monument, une inscription en français à la mémoire d'un fait de Résistance. Cette affirmation du nationalisme flamand, opérée par l'autorité communale d'Overijse, aurait dû immédiatement être corrigée par le Gouvernement fédéral. Et si la raison invoquée était que les milices flamandes s'obstinaient à souiller ce monument, alors il aurait fallu, pour peu qu'on ait eu la volonté de faire subsister le respect de ce qui nous unit encore, de notre histoire commune, et surtout des valeurs que nous sommes sensés partager et défendre au sein de l'Europe, faire garder ce monument jour et nuit.

Il est donc plus que temps de montrer à la Flandre que nous ne sommes plus ni les complices silencieux ni les victimes résignées de sa folle dérive.

En affirmant que désormais, à Bruxelles et en Wallonie, on considera d'abord et avant tout que la gestion de la chose publique se fera selon la situation géographique, et non plus selon l'appartenance linguistique des personnes, Rudy Demotte et Charles Picqué ont porté haut les valeurs démocratiques. Et si les lois sont bilingues à Bruxelles et le français reconnu dans sa périphérie, cela doit le rester, à moins qu'une majorité dûment habilitée à le faire en regard du droit n'en décide autrement.

Les régionalistes, les rattachistes, les "belgicains", ont au moins deux choses en commun. Ils expriment publiquement un attachement à une entité qui dépasse le cadre de leurs intérêts personnels. Mais surtout, ils expriment cet attachement de manière modérée et respectueuse des principes fondamentaux qui ont permis d'asseoir la démocratie moderne. Entre partisans d'une Belgique continuée mais pacifiée et les promoteurs d'une Belgique soldée à l'amiable et réunie (ou pas, ou en en partie...) à la République française, il y a un chemin commun, qui est un chemin unique et un chemin de sagesse : l'ancrage avant tout régional des institutions existantes. Nous y sommes arrivés. En tout cas dans les déclarations. Poursuivons donc sans faiblir par des décisions concrètes.


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 Rions un peu : le Gouvernement Leterme est inconstitutionnel - 28 mars 2008 Minimize

Que s’est-il passé exactement le 20 mars dernier ? Avons-nous eu zéro, un, ou deux premier(s) ministre(s) ce jour-là ? Le respect de la Constitution aurait en effet exigé, pour assister à la création en bonne et due forme d’un nouveau gouvernement, que le précédent soit destitué par un vote de méfiance ou se voit refuser la confiance au Parlement. Un nouveau premier ministre aurait alors été proposé au Roi (*). Ce nouveau premier ministre aurait ensuite dû composer un nouveau gouvernement. Celui qui dirige le pays depuis le 20 mars est, en toute rigueur, le même gouvernement que le précédent.

 

Car on a préféré régler l’affaire en deux coups de cuiller à pot par le biais d’arrêtés royaux qui ne sont pas piqués des vers. Qu’on en juge :  

 

20 MARS 2008. — Arrêtés royaux

Gouvernement. — Démissions. — Nominations

 

**************

 

ALBERT II, Roi des Belges,

A tous, présents et à venir, Salut.

Vu l’article 96 de la Constitution,

Nous avons arrêté et arrêtons :

Article 1er. La démission offerte par M. Y. LETERME, de ses fonctions de Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget, de la Mobilité et des Réformes institutionnelles, est acceptée.

Il est nommé Premier Ministre.

Art. 2. Le présent arrêté entre en vigueur ce jour.

Art. 3. Notre Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Donné à Bruxelles, le 20 mars 2008.

ALBERT

Par le Roi :

Le Premier Ministre,

G. VERHOFSTADT

 

**************

 

ALBERT II, Roi des Belges,

A tous, présents et à venir, Salut.

Vu l’article 96 de la Constitution;

Nous avons arrêté et arrêtons :

Article 1er. La démission offerte par M. G. VERHOFSTADT, de ses fonctions de Premier Ministre, est acceptée.

Art. 2. Le présent arrêté entre en vigueur ce jour.

Art. 3. Notre Premier Ministre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Donné à Bruxelles, le 20 mars 2008.

ALBERT

Par le Roi :

Le Premier Ministre,

Y. LETERME

 

 

La question qui vient à l’esprit est de savoir quel est le premier ministre évoqué par le Roi à l’article 3 des deux arrêtés. En toute logique, c’est celui qui contresigne l’acte. Mais en vertu du second arrêté, Guy Verhostadt n’est plus Premier ministre à compter du  20 mars... Il n'a donc pas pu nommer Leterme, qui n'a pas pu démissionner Verhofstadt...etc.

 

S'il ne s'agissait pas du fonctionnement de notre démocratie, cela pourrait être désopilant ou romanesque, comme cet homme qui remonte dans le temps et tue son grand-père par inadvertance. Mais si les cours et tribunaux, les institutions et administrations du Royaume fonctionnent ainsi à la va-comme-je-te-pousse (et comme ça nous arrange), il y a vraiment de quoi s'inquiéter. Le droit, et plus encore le droit constitutionnel, n'est pas fait pour être tripoté. Il faudrait l'expliquer une bonne fois à nos amis Christelijk Democraten en Vlaams et à ceux de l'Open Vlaamse Liberalen Democraten.

 

On se demande en effet pourquoi le Constituant a prévu les mécanismes d’informateurs et de formateurs après une élection législative, et celui des votes de confiance et de méfiance pour remplacer un Gouvernement, si un arrêté royal suffit à changer le Premier ministre, qui lui même fait nommer son équipe avant de réclamer la confiance au Parlement.

 

Mais qui s’étonnera en définitive de cette incongruité, lorsqu’on sait la farce permanente que sont les institutions belges dans leur ensemble ? C'est en quelque sorte le premier avril tous les jours.

 

 

* Art. 96 de la Constitution
Le Roi nomme et révoque ses ministres.
Le Gouvernement fédéral remet sa démission au Roi si la Chambre des représentants, à la majorité absolue de ses membres, adopte une motion de méfiance proposant au Roi la nomination d'un successeur au Premier Ministre, ou propose au Roi la nomination d'un successeur au Premier Ministre dans les trois jours du rejet d'une motion de confiance. Le Roi nomme Premier Ministre le successeur proposé, qui entre en fonction au moment où le nouveau Gouvernement fédéral prête serment.


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 Le PS a le trouillomètre à zéro - 20 mars 2008 Minimize

L'éditorial de Béatrice Delvaux, dans Le Soir de mardi, résumait bien la situation, avant que soient connus les nominations et les remaniements en cascade entraînés par la composition de ce nouveau gouvernement fédéral :

"Leterme Ier, un leurre à usage de l’opinion publique qui n’aurait pas admis – et n’aurait pas pardonné – de n’être pas gouvernée ? Un leurre destiné à se rapprocher des élections régionales dans le moins mauvais état et le plus tard possible ? Ce ne sont pas les éléments qui manquent pour étayer cette thèse."

Deux jours plus tard, cette thèse ne peut qu'être confirmée. Désormais, la seule, l'unique préoccupation des partis sont les élections de 2009. (Cela peut se comprendre. Après tout, ces partis sont comme des entreprises, et ils nourissent des dizaines de milliers de familles.)

Côté PS, l'opération de sauvetage de Madame Arena, nommée Ministre de "quelque chose qu'elle aime bien" au Fédéral et son remplacement par Rudy Demotte, qui cumulera les présidences de la Communauté française et de la Région wallonne, ressemble à une opération de la dernière chance. Sans doute étonné que l'opinion publique ne soit pas dupe de sa posture de sauveur du pays, Elio Di Rupo tente de frapper un grand coup. Le message est clair. Il faut contrer sur son terrain Didier Reynders, qui se positionne, avec l'aide de Maingain, comme un farouche défenseur des francophones tout en restant bon copain des Flamands et capable de collaborer avec eux.

Bien sûr, qu'on ne s'y trompe plus, il n'y aura pas d'élargissement de Bruxelles. Bien sûr, les bourgmestres de la périphérie ne seront pas nommés (à moins de faire allégeance ou de se retirer en faveur d'un héritier plus docile). Bien sûr, il y aura scission de BHV, contre le droit accordés aux "périphériens" de prendre leur voiture pour aller voter à Bruxelles. La lecture de l'accord de gouvernement me confirme dans l'idée qu'il y aura sans doute communautarisation du premier niveau de justice, comme je l'évoquais récemment. Reste à savoir combien il faudra céder sur la régionalisation de l'emploi et de la fiscalité pour passer le cap de l'été 2008. Etant entendu que le cartel CD&V NVA, qui en a vu d'autres, n'éclatera pas à moins d'un an des élections, on peut raisonnablement supposer que le compromis sera atteint.

Mais revenons au réveil des régionalistes, mercredi, au Parlement wallon. Dans son optique belgiciste, la phrase lancée par Rudy Demotte "La Wallonie ne doit pas craindre l'autonomie" signifie tout simplement son contraire. Sa double casquette, acquise dans la nuit qui a suivi, en est la preuve. Ceux qui s'efforcent en vain de maintenir la Belgique en l'état n'ont d'autre stratégie possible que de renforcer à outrance la Communauté française et la mise sous tutelle de la Région. Tant que la Communauté persistera, la classe politique francophone pourra se nourrir sur les bas morceaux de Belgique que le lion flamand, occupé à son dépeçage, lui accordera.

Une alternative se présente dès lors aux régionalistes wallons et bruxellois. Ou bien ils entament un mouvement de résistance active pour tenter de forcer un fédéralisme à trois, qui peut avoir pour conséquence, à égalité de chance, un éclatement immédiat du pays, ou un prolongement belge sur des bases nouvelles. Ou bien ils se soumettent une nouvelle fois. Je voudrais donc adresser un message personnel à José Happart et à Charles Picqué : si vous croyez que la stratégie présidentielle est la bonne, qui consiste à faire de la surenchère communautariste avec le Mouvement Réformateur, ne touchez à rien. Mais le PS risque très fort de se prendre une deuxième défaite en 2009.  Car les citoyens wallons et bruxellois ont beau être d'abord soucieux de leur bien être et lassés des querelles institutionnelles,  ces dernières guideront leur choix, et il n'est pas sûr du tout que le PS sorte premier du lot. Le surplace actuel en est un indice très sérieux. Si au contraire, vous préférez suivre votre propre intuition pour le bien être des populations qui vous ont mandatés, tout en prenant, c'est vrai, un risque conscient pour ce pays, qui tôt ou tard, finira de toute façon par disparaître, considérez donc ce qui suit.

Sans la Communauté française, la Flandre se verra forcée de négocier avec deux partenaires au lieu d'un. Et le reproche qu'elle adresse à la Wallonie, à savoir d'être pauvre, elle ne pourra plus l'adresser à Bruxelles. Par ailleurs, l'absence de bilinguisme reproché aux Bruxellois, ne pourra, sauf à entrer en contradiction avec ses propres principes de droit du sol être adressé à la Wallonie. Elle a aujourd'hui beau jeu de reprocher aux francophones pris dans leur ensemble, leur indigence économique et leur absence d'intérêt pour le néerlandais ! Tandis que Bruxelles pourra gérer à elle seule, et de manière plus souple, son conflit linguistique et territorial avec la Flandre, la Wallonie pourra beaucoup plus paisiblement panser ses plaies, forte d'avoir récupérer la mainmise sur son rayonnement culturel et sur son enseignement, qui pourrait être rapidement adapté lui aussi aux ambitions économiques de la Région wallonne.

Sur un plan pratique, il n'est pas nécessaire de réclamer une révision de la Constitution belge. Sous la forme d’un décret unique, la Communauté française de Belgique peut très bien se limiter d’elle-même à rester compétente pour ce qui concerne la communauté francophone de Flandre (ce qui correspondrait mieux au sens usuel du terme communauté). Ce décret transfèrerait aux régions bruxelloises et wallonnes les compétences et les moyens y afférant sous une clé de répartition égale à la proportion exacte des populations, néerlandophones de Bruxelles inclus. Ces derniers, bien souvent très modérés, obtiendraient un droit de regard sur l'enseignement et la culture de la Région, mais cela ne contredirait pas le souhait majoritaire à Bruxelles de créer un dynamisme multiculturel. Des économies réalisées sur les dépenses somptuaires de la Communauté françaises ainsi que la fusion des COCOF, COCOM, et pourquoi pas COCON, avec la Région pourront également aider à la manoeuvre.

En cinquante ans de querelles (si on exclut l'affaire royale !), les Flamands ont commis une seule erreur majeure. Au bout d’un long bras de fer, ils ont fini par accorder à Bruxelles le statut de région, en échange de la soumission des Fourons. Ils l'ont fait car ils s'étaient laissés aveuglés par la mise en danger de leur souveraineté sur le territoire délimité par la frontière de 1961. Cette erreur a été en partie corrigée en leur faveur lors des accords de 2001. Il n'est pas trop tard pour forcer une étape en sens inverse. La vraie solidarité entre Wallons et Bruxellois consiste à ce qu'ils s'accordent une indépendance mutuelle, pour mieux collaborer étroitement sur les sujets pertinents. Les mêmes qui accusent les régionalistes de vouloir trahir la solidarité avec Bruxelles sont en train de préparer sa mise aux enchères en pièces détachées, à leur seul profit particratique à court terme. Nous avons plus d'un an pour leur démontrer qu'ils ont tort de prendre les gens pour des imbéciles. C'est largement suffisant.


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 Wallons et Bruxellois, citoyens par procuration - 17 mars 2008 Minimize

Etrange pays que la Belgique où l'intérêt médiatique pour la formation d'un gouvernement fédéral, après neuf mois de vacance de pouvoir, passe après celui que l'on éprouve pour les élections municipales du pays voisin, comme l'indique le choix éditorial du quotidien Le Soir. Mais cette légère aberration que l'on constate en ce lundi 17 mars, n'est rien à côté de la grande lessive intellectuelle qui nous attend pour la campagne des élections de 2009, qui a déjà débuté, et dont voici les grands axes.

Le sondage publié aujourd'hui par La Libre Belgique confirme que, contrairement aux Flamands, qui attachent une importance primordiale à leur unique région-communauté, les Wallons et les Bruxellois ne placent que peu de confiance dans les institutions équivalentes, diverses et variées, qu'on leur a fabriqué pendant quatre décennies d'évolution institutionnelle. Ceci s'explique par un double hiatus. La Communauté française possède en effet les attributions qui seraient les plus à même de susciter l'intérêt politique des citoyens : la culture, les médias, l'enseignement. Mais les membres de son Parlement ne sont même pas des élus directs ! Par contre, à la Région wallonne, on ne traite, parce qu'il n'y a pas d'autre choix, que de matières aussi peu attrayantes que le fonds des communes, ou celui des routes. Sans nier l'importance de ces sujets techniques, on comprend bien que le citoyen wallon ne se passionne pas.

S'agissant de la radio-télévision publique, l'éloignement entre les instances dirigeantes et le citoyen-contribuable est sidéral. L'exécutif de la Communauté, issu d'un arrangement entre les partis politiques majoritaires, signe un contrat de gestion, toutes les x années, avec l'exécutif de la RTBF, composé lui aussi, de représentants nommés par les partis politiques représentés au Parlement. Ce contrat ne contient aucun élément précis sur la manière d'organiser les tribunes électorales, mais seulement une obligation vague et générale. Aucun texte de loi n'encadre non plus cette matière, qui est donc laissée au libre arbitre intégral des partis en place. Dès lors, toutes les sortes de manipulations sont autorisées aux chefs des rédactions pour donner le change et faire croire à un pluralisme qui n'est jamais qu'une façade. Ces manipulations consistent en une certaine ouverture aux opinions non orthodoxes, mais en dehors des périodes électorales. Ces manipulations consistent à concéder l'un ou l'autre reportage aux "petites listes". Ces manipulations consistent à exiger des montants élevés pour la confection de tribunes, qui, s'ils elles sont fournies, sont reléguées aux heures de faible audience. En l'absence de texte de loi, aucun recours en justice ne peut aboutir, si toutefois un téméraire se risque à cette folle dépense. Le résultat de ceci est un fonctionnement en vase clos, conservateur à l'extrême.

C'est ainsi que les Wallons, rebutés par la complexité du système et le lissage des débats, ont une forte tendance à s'accrocher au niveau de pouvoir local, dans une attitude que l'on nomme aussi esprit de clocher. Les hommes et femmes politques ne s'y trompent pas, qui, dans l'optique des élections régionales de l'an prochain, vont concentrer leurs interventions de terrain, non pas sur la Région wallonne ou sur la Communauté française, mais sur l'intérêt qu'ils portent à leur ville, à leur province, à leur pays de Liège, de Charleroi, à leur picardie natale ou à leur projet culturel montois. Et donc, pendant que des débats stériles et creux, puisque sans contradicteurs radicaux, et difficilement compréhensibles à cause de la complexité des institutions et de la technicité des sujets, s'organiseront dans la presse et les médias, les politiciens flatteront au mieux l'esprit de clocher. Celui qui aura convaincu que, s'il est élu, sera en mesure de ramener, qui une école, qui un événement culturel, qui une rue principale rénovée et de beaux trottoirs pour son centre-ville grâce à son intervention à la Région ou à la Communauté, remportera la timbale. L'objectif commun des acteurs étant d'éviter de déstabiliser le système déjà très fragilisé par les querelles linguistiques fédérales.

Comment expliquer autrement que par la poursuite de ce même objectif le calendrier adopté par la Commission Wallonie-Bruxelles, qui a pour objet de repenser les institutions francophones ? Alors que les discussions fédérales se seront étalées pendant un an, pour aboutir, positivement ou négativement vers la fin de l'été 2008, cette Commission, accouchera sans doute à l'automne d'un rapport prônant la "solidarité francophone", la "loyauté fédérale" et toutes sortes d'autres formules creuses. Ce "message de la société civile" sera rendu public à une bonne distance des élections de 2009, afin d'éviter les perturbations sur la campagne, pendant laquelle chacun pourra ronronner dans son créneau : l'écologie, l'initiative, la solidarité, l'humanisme... Mais associer les citoyens dans leur ensemble à un débat institutionnel clair et explicite, il ne saurait en être question. Et donc, cette Commission, alors que ses travaux, s'ils étaient correctement menés, auraient dû servir à l'une comme à l'autre, aura réussi le tour de passe-passe de contourner à la fois la négociation institutionnelle fédérale de 2008 et l'élection régionale de 2009, tout en s'auto-proclamant citoyenne ! Bravo les démocrates...

Pour le reste, perdu dans ce dédale, le citoyen de seconde zone qu'est le Wallon et le Bruxellois, s'accroche à une Belgique evanescente et à de vagues idéaux européens. Mais l'essentiel de ses conversations, quand il s'agit de politique, porte sur la politique française, plus lisible, plus commentée, plus riche, plus démocratique, plus riche, plus intéressante. Ainsi se vit le débat politique en Belgique francophone. Essentiellement par procuration française. Ceci conduit parfois à des phénomènes de vases communicants, comme par exemple l'annonce en janvier de la suppression de la publicité dans le service public par le Président Sarkozy, qui entraîne chez nous une pétition visant le même objectif.


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 Les plus courtes sont les meilleures - 10 mars 2008 Minimize

Encore et toujours soutenu par la hiérarchie de la RTBF, Dutilleul nous sert un deuxième volume pour justifier la farce "bye bye belgium" de décembre 2006.

Et donc, on continue, à la RTBF, d'entretenir l'idée que "la Flandre va prendre son indépendance", même si on ne dit ni quand, ni comment. C'est de la désinformation, un parti pris qui n'a d'autre but que de canaliser l'opinion publique francophone. Ce qui est faux, ce n'est pas le montage médiatique, c'est le message lui-même. La vérité, c'est que la Flandre ne prend pas son indépendance : la Flandre tente d'imposer ses vues et son tempo afin de garder de la Belgique ce qui lui est utile (la situation internationale et le marché économique captif) et de scinder le reste, tout en maintenant intacte l'opportunité de flamandiser Bruxelles.

La technique de l'épouvantail fait des merveilles. Le processus de manipulation des masses ressemble à celui de l'affaire Dutroux : on a à ce point caricaturé les extrêmes dans les médias (prédateur isolé d'un côté, réseau pédophile de l'autre), qu'on a réussi à brouiller dans l'esprit du public ce qu'aurait dû être un soucis de recherche saine de la réalité des faits.

En continuant de nous servir "la Flandre va prendre son indépendance", la RTBF manipule l'opinion francophone pour entretenir en elle une conscience néo-belgicaine. Or la Belgique continuera d'exister tant qu'elle sera présente dans l'imaginaire francophone (elle est déjà morte dans l'imaginaire flamand). Les mythes, c'est bien connu se bâtissent sur la peur. Quel meilleur moyen pour renforcer la belgitude qu'en répétant à longueur de temps qu'elle est menacée ? La Belgique n'est pas menacée à court terme par l'impérialisme flamand. Ce qui est menacé à moyen terme, c'est le caractère francophone de Bruxelles.

Ce qu'on veut éviter au Sud du pays, c'est l'émergence d'un dynamisme régional wallon et d'un dynamisme régional bruxellois. Car ceux-ci seraient vraiment fatals à l'Etat belge. Tant que les problèmes institutionnels seront perçus comme "communautaires", c'est à dire opposant les tenants d'une langue à ceux d'une autre, la Belgique survivra. Le jour où Wallons et Bruxellois ne se sentiront plus liés entre eux par ce pacte "francophone" qui n'a d'autre finalité que de donner la réplique au nationalisme flamand, la Belgique aura cessé d'exister. Car ce jour là, la Flandre n'aura plus aucun espoir de conquérir Bruxelles qui se sera rendue autonome, et alors oui, elle prendra son indépendance. De même a contrario, si Bruxelles devenait flamande, la Wallonie serait larguée séance tenante. Les querelles communautaires, au sens littéral du terme, sont donc, paradoxalement, nécessaire à la survie de l'Etat belge. Il fait partie du rôle de propagande de la RTBF de les entretenir.

Mais peu rancunier, je suis prêt à faire des propositions à la RTBF pour faire le coup de poing sur d'autres sujets. Il faudrait d'abord penser à fonder une asbl "Défense et illustration de l'imposture" en co-présidence avec l'auteur de "Survivre avec les loups". On pourrait aussi y adjoindre l'entarteur, qui pondrait un manuel en plusieurs volumes sur la confection de la crème fraîche. J'ai aussi une proposition éducative pour simuler l'explosion d'une tête nucléaire iranienne sur Tel Aviv, avec agonie en direct du correspondant permanent, dérive du nuage radioactif sur la Méditerranée, manifestations de joie à Schaerbeek, et réaction en direct de Washington. En matière de prise de conscience, cela vaudrait son pesant de cocaïne. Le monde politique ne devrait pas être en reste. Il pourrait par exemple voter (mais pour de faux et sans le dire tout de suite, hein !) une loi rétablissant la peine de mort et la torture. Cela pour "éduquer" le public au fait que nous vivons dans une démocratie. Au sortir de cette "expérience unique", la classe politique se verrait félicitée par les citoyens que ce cauchemar soit un faux.

 


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 La communautarisation de la justice probablement au menu - 8 mars 2008 Minimize

Dans la fuite en avant qui consiste à maintenir l'Etat belge tout en en faisant tomber les symboles, la communautarisation de la justice pourrait bien figurer comme la trouvaille principale de la prochaine réforme. Deux pierres de base de ce nouvel édifice judiciaire ont été posées en régionalisant le Code de la route et la partie du Code civil portant sur les baux à loyers.

 

Il est d'ailleurs très, très étonnant que le FDF estime ces deux choses anecdotiques, alors que la Flandre aura tôt fait de se servir  des baux à loyers dans la périphérie bruxelloise, par exemple en n’octroyant de valeur légale qu’aux contrats rédigés en néerlandais, comme elle s'est empressée de le faire avec les contrats de travail dès qu'elle a eu en main les compétences nécessaires.

  

En fait de régionalisation, cette scission de la justice permettra à la Flandre d'épurer son territoire actuel de l’utilisation de la langue française et de minimiser l'influence de l'Etat belge. La justice ne serait ainsi rendue qu'en néerlandais en Flandre, et la composition des tribunaux et  les attributions de compétence dépendraient au Vlaams Raad. Cette compétence s’étendrait aux flamands de Bruxelles, par la magie de la fusion région-communauté, qui n’est en fait qu’une négation du fait régional bruxellois.

 

Après la culture et l'enseignement, on donnerait ainsi à la Flandre une troisième voie d'entrée majeure sur Bruxelles, tout en lui offrant de sécuriser sa périphérie d'un point de vue linguistique, puisque désormais la justice sera attachée au sol d'abord, en Flandre, tandis qu’elle dépendrait des individus à Bruxelles. La région wallonne passerait elle d’une tutelle et d’une législation belge à une législation dépendant de la Communauté française de Belgique. Il est évidemment exclu d’introduire une justice à trois vitesses, l'une wallonne, l'autre flamande et la troisième bruxelloise.

 

Les quelques aménagements permettant de sauver la face vis-à-vis des habitants francophones de la périphérie pourraient être identiques, ou comparables, à ceux que l’on trouvera pour l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La communication médiatique en la matière n’en sera que plus facile : « il y a un accord pour BHV. Il concerne aussi l’arrondissement judiciaire ». Et le tour sera joué d’un point de vue médiatique s’entend, car techniquement, il y a fort à parier pour qu’on assiste à un vrai casse-tête. Peut-être les juristes des cabinets sont-ils d’ailleurs déjà au travail.

 

Un autre élément important de cette réforme, c'est qu'il permettra à la partie francophone du pays de consolider son unité au niveau de la Communauté. Il faut bien comprendre qu'en attribuant à la Communauté française une responsabilité supplémentaire majeure, les partis politiques, tous centrés sur Bruxelles, reprendront du même coup sous contrôle les velléités régionalistes qui se sont fait jour ces derniers temps.

 

Côté flamand, cette copie du système américain où seules les juridictions supérieures appartiennent au niveau fédéral donnerait à la bourgeoisie bling-bling flamande l'impression de se retrouver à, Beverly Hills pour pas cher. Cette revendication d’une justice différenciée étant un des fers de lance des e